Une question, si un scénariste passe par là : quand vous décidez de mettre votre quota de minorités, pour être dans l'air du temps, vous consultez des représentants de ces "minorités "?
Non parce qu'ici, dans cette série, on massacre littéralement les minorités en leur collant les fameux clichés toujours véhiculés.
Hicham, doublement issu de l'immigration (deux courants migratoires d'époque et régions différentes, pour bien appuyer sur le ressort pour qu'il projette plus loin), qui se prend pour un Japonais et renie donc ses origines ( sushi, coiffe ) , souffre lui aussi d'une stigmatisation : comme il a réussi dans la vie, il écrase tout le monde et se venge.
Pas très fin comme portrait.
Ça me fait penser à
Djamel Debouz ou
Smaïn qui, que dès qu'ils sortent du rôle de l'" arabe de service", sont montrés du doigt et d'un coup attirent les inimitiés.
On nous colle dans des boîtes, comme ces diablotins qui surgissent de leur cube pour tant effrayer que faire rire.
Nous sommes si ridicules au fond: nous sommes minuscules, retenus par une ressort , dans une cage, mais nous voulons tout de même bondir à la gorge comme si nous croyions pouvoir nous défaire de ce qui nous entrave.
(En même temps c'est le mythe de Sisyphe qui qualifie toute l'humanité, de quoi nous nous plaignons ? )
Non sommes pathétiques, comme ces fauves dans un zoo.
"Pathétique" c'est bien le terme qu'on a attribué à
Smaïn quand il a transposé
le Schpountz, et pourtant c'est bien ce que nous sommes souvent pour le cinéma et certains hétéros, Le Schpountz, pas un Schpountz mais Le Schpountz

:
https://youtu.be/BtH54KM-61w
Ce n'est pas tant l' interprétation de
Smaïn qu'on n'a pas aimée, en vrai, mais le fait qu'il a osé sortir de la case dans laquelle on aimait à le trouver.
Pareil pour
cette vision du Dr.Knock avec Omar Sy.
Beaucoup d'interrogations quant à moi sur ce film, et sur sa réalisation, et les réactions qu'il a provoquées .
Marre qu'on serve de ressort comique pour rassurer les " vrais français" hétéros.