Pour revenir ici, M, celle qui avait du mal à croire que je la trouvais jolie, histoire de situer de laquelle je parle et pour rebondir sur ce que tu as écrit Cunini, il me sera très difficile d'entrer plus dans les détails ou du moins d'entrer dans la profondeur des détails. Pendant les années où on se voyait, on en est restées au stade de l'ambiguïté qui a pu augmenter en intensité, mais sans ouvertement se parler de ce qui pouvait bien se passer entre toutes les deux, donc je ne peux partager que des ressentis, des interprétations, mais rien de sûr de sa part, surtout après tout ce temps qui est passé...
Voici un peu plus d'éléments développés pour éventuellement mieux situer les choses.
Quand je lui disais que je la trouvais jolie, elle me croyait à peine, quand je voulais être attentionnée, elle trouvait que j'étais une bonne amie, alors ça ne me mettait pas à l'aise pour être plus explicite. J'avais même le sentiment que ça la faisait faire 10 pas en arrière, alors que d'un autre côté quand elle sentait que quelqu'un d'autre venait vers moi, je sentais qu'elle tiquait bien comme il fallait et ça aussi ça contribuait à me questionner, à me déstabiliser sur ce qu'elle attendait de moi au fond. Elle avait également un copain, avec qui elle s'est mise peu de temps après qu'on se soit connues, qui est devenu son ex assez rapidement car divers trucs ne fonctionnaient pas entre les deux à divers niveaux et puis quand elle était avec ce copain que des fois on pouvait sortir en groupe, elle flirtait avec moi. Une fois où ça a été assez flagrant à me demander ce qu'elle me faisait, sous les yeux de son copain, on était tous les trois, on se disait au revoir après une sortie entre amis, elle s'est mise à totalement éclipser son copain, à se mettre à être tactile de manière langoureuse avec moi, à jouer un numéro de séduction pour m'embrasser et seulement minauder avec moi. J'aurais clairement pu me dire encore une fois que j'étais dans l'interprétation la plus subjective sur son comportement, mais ce qui a encore plus souligné que je n'hallucinais pas > son copain l'a tiré vers lui à lui demander ce qu'elle était en train de faire sur un ton pas tranquille du tout. J'étais tout simplement très mal à l'aise avant de les laisser pour partir de mon côté.
Il y avait vraiment une réelle attraction entre elle et moi dès qu'on se trouvait dans un endroit ensemble, le langage du corps parlait tout seul, les regards échangés, des fois elle me disait de ne pas la regarder "comme ça" en se mettant à rougir à moitié sans en plus réaliser ce que mon regard projetait et dès qu'il y avait proximité physique, notamment en soirées, nos corps se cherchaient, elle se collait à moi, genre "j'entends pas bien je me colle à toi pour que tu me parles à l'oreille et que j'entende mieux ce que tu me dis " et elle prenait son temps à avoir du mal à entendre et moi pour trouver mes mots ça prenait du temps aussi, ahah. Alors ouais ouais en soirée, ya la musique et ya des cris qui camouflent une discu, mais sa manière d'approcher son corps au mien était dans la sensualité séductrice plus que dans une spontanéité amicale. Ce qui nous séparait au final dans ce genre de situation > les autres qui déconnaient et s'amusaient et on partait dans leur délire on se laissait entrainer. Il y a quand même une fille que je ne connaissais pas à une soirée, qui m'a demandé si M était ma petite amie. Pour qu'elle ait pu me poser cette question, sans me connaître en plus, encore une fois il y avait moyen de se dire qu'il y avait anguille sous roche dans ce qui nous relié toutes les deux.
Puis ce qui revenait à me déstabiliser encore plus, c'est que quand on se revoyait ensemble toutes les deux, qu'on organisait un truc ensemble, seulement elle et moi, où on parlait de trucs persos, enfin elle plus que moi, qu'elle me parlait de ses complexes physiques (que son copain devenu ex par la suite n'avait apparemment pas arrangé avec ses réflexions pas top sur son poids) , et où je tentais de la rassurer, tout en lui disant comment je la trouvais, j'avais le sentiment de créer une distance constatant sa réaction.
J'avais donc ce sentiment que suivant le cadre où on se trouvait, son comportement était différent. Avec d'autres autour, à croire qu'elle se sentait rassurée de quelque chose, notamment au travers d'un contact physique qu'elle pouvait chercher chez moi dans l'ambiance festive et quand on était seulement toutes les deux, elle mettait plus de distance d'un point de vue physique pour commencer, elle ne se collait plus du tout à moi, et ensuite niveau mental elle se confiait, mais en même temps avait besoin de souligner que j'étais une amie.
Alors je nageais clairement dans les eaux troubles parce que d'un côté je ne voulais pas la bousculer, d'un autre côté je me demandais si finalement elle n'attendait pas de moi que je sois plus explicite, que je sois celle qui fasse clairement le premier pas. Je ne savais vraiment pas dans cette situation et je n'étais pas non plus super sûre de moi pour tout mettre à plat. Du coup, quand tu dis Cunini
Je pense que dans ce genre de situations, il faut deux choses : lui répéter inlassablement à quel point on aime "ça" en la regardant bien dans les yeux pour lui montrer qu'ils ne mentent pas (mais ça peut être à double tranchant, ou l'énervement se dissipe de plus en plus, ou au contraire il augmente) dans des moments tendres, des moments de complicité, des moments intimes (surtout, pour le physique), et lui montrer, avec les regards, à quel point on l'aime et à quel point on est attiré-e par elle et par ça.
c'était très compromis car direct je la sentais en mode rétraction avec subtilité dans les moments intimes seulement toutes les deux. Je me voyais mal lui répéter inlassablement ce qui m'attirait chez elle.
Ce sont des complexes physiques qui ressortaient dans une distance qu'elle mettait et je me suis demandée si l'idée d'être touchée par une fille en prime ne l'effrayait pas, plus que par un gars, en m'ayant vaguement raconté une fois un moment de gêne avec une fille entreprenante qui avait tentée de lui caresser son ventre.
Après, quand tu écris :
D'ailleurs pour préciser ma pensée, je crois qu'il peut être positif d'attendre un peu avant de trop complimenter une complexée. D'abord lui prouver qu'on tient à elle, qu'on est sentimentalement attachée, qu'on est sous le charme, tout en lui disant qu'elle nous plaît bien sûr, mais sans trop insister au début, il faut y aller en douceur pour ne pas qu'elle se braque, je crois.
je pense que je suis vraiment aller en douceur. Je ne l'ai pas complimentée tout de suite, c'est venu avec le temps, en se voyant plus fréquemment et je ne lui ai pas sortie un roman de compliments non plus.
Ca me fait penser aussi à la seule fois où elle n'était pas contre que je la touche, c'était à la piscine, on était en extérieur, le soleil cartonnait, on s'appliquait de la crème solaire dans le dos. Et comme j'aime masser, vraiment, surtout quand la personne me plait bien :p, je lui en avais proposée un, en même temps de lui appliquer la crème solaire, pendant qu'elle était allongée sur sa serviette. Elle s'est montrée désireuse d'en recevoir un, chose qui était super positive.
Elle était donc allongée, j'y ai mis toute ma délicatesse avec mes mains en appliquant la crème dans tout son dos, en montant jusqu'à la nuque en descendant le plus bas en m'arrêtant vers le haut de ses fesses et en passant sur les côtés le plus intérieur possible vers la poitrine, j'ai clairement pris mon temps, ça a duré je ne peux pas dire combien de temps justement. Je me souviens que j'étais juste concentrée à la masser avec le plus de délicatesse et de profondeur possible et ce qui m'a marqué c'est la réaction de son corps qui se relâchait de plus en plus, je l'ai senti dans un moment d'abandon et de confiance, tout était entre mes mains, je la sentais un peu loin à ne plus se soucier de quoi que ce soit. C'était une sensation très positive, très très très plaisante. Et ce qui nous a sorti un peu de ce moment entre elle et moi, c'est la réaction d'une copine qui se demandait ce qu'on fabriquait sur la pelouse. La copine était un peu de trop ahah. Puis, du côté de M, elle a eu cette réaction qui m'a marquée, quand elle s'est relevée, je l'ai sentie dans la gêne de se retrouver face à moi, un peu comme si elle revenait dans la réalité de tout ce qui la préoccupait. Après on est repartie nager et ça s'est arrêté là pour cette fois-là. Et encore une fois, le constat que je pouvais faire c'est qu'elle avait accepté qu'il y ait un contact physique aussi délicatement et sensuellement que possible dans un cadre avec du monde autour.
Je peux présenter d'autres moments comme ça, mais le final était toujours le même.
Alors de mon côté, la période où elle m'a connue, je n'étais pas quelqu'un de très expansif sur les aspects personnels de ma petite personne, j'étais un peu sur ma planète, professionnellement je partais un peu dans tous les sens, j'aimais m'amuser aussi à ne pas me prendre le chou, je ne renvoyais donc pas toujours du grand sérieux. Du coup, je me suis demandée si ça avait contribué à ne pas la rassurer, à ne pas me croire des fois ou à moitié quand je pouvais être attentionnée avec elle verbalement, et aussi à mettre une distance avec moi quand on était seulement toutes les deux (par peur de pouvoir aller plus loin?), tout en ne la laissant pas indifférente et à préférer m'approcher dans des cadres avec du monde autour (pour éventuellement se trouver vite un échappatoire?). Je n'en sais rien, je suis entre des faits, de l'interprétation, des aspects flous là quand j'en parle, et je sais juste que des fois ça remonte quand j'ai ce sentiment que ça peut se reproduire avec d'autres. Et je réalise en fait que ça fait ressortir chez moi un point sombre qui me préoccupe, celui de ne pas pouvoir à mettre en confiance l'autre, me connaissant, sachant qui je suis, connaissant ma personnalité entre un labyrinthe et une excentricité à la Jenny Schecter, des aspects asociaux à la Will Graham, des mécanismes de pensées visuelles à la Temple Grandin, un comportement juvénile, fleur bleue, farfelu et joueur à la Harley-Quinn et un peu sauvage aussi, et le côté lent et neuneu à la Oggy, oh et j'ajoute le côté obsédé sexuel à la Kim dans Sugar Rush... et là je crois qu'on obtient un patchwork assez fourni de mon spirit. : )
Avec L, qui m'a aimée de A à Z par rapport à toutes les facettes de ma personnalité, avec qui je me suis sentie entière, qui m'a permis d'énormément me découvrir et de me sentir en phase avec moi-même, l'expression des complexes était encore plus prononcée, car là avec elle on était clairement en relation, elle s'est ouverte à moi (et moi à elle, c'était à double sens), elle m'a dit ce qui était dur pour elle, ce n'est pas de l'interprétation dans ce cas là. Le fait de se sentir superficielle, lisse, en parlant de son physique, de mal le vivre, ce sont ses mots, pas les miens, et de ne pas supporter l'idée de me perdre, et de penser que je pouvais trouver quelqu'un de mieux pour moi, idem encore ses mots. Et d'avoir préféré prendre des distances et de ne pas avoir su la rassurer, ça fait clairement ressortir cette question que je me pose, si j'arrive à mettre en confiance ou pas du tout. Et si je n'arrive pas à mettre en confiance, à partir d'où ça commence? question que je pose à moi-même.
AnnJas a écrit :Merci pour vos réponses, ma lanterne est en effet un peu plus éclairée, maintenant que j'ai lu vos réactions.
C'est vrai qu'on peut avoir tendance à oublier que le chemin est différent pour chacun de nous, que ce soit pour prendre conscience de son homosexualité, ou pour accepter celle d'un/d'une proche. Forcément c'est plus facile quand on est "au centre du débat" et on aimerait que tout le monde avance à notre rythme, mais ce que vos réactions m'ont rappelé, c'est qu'il faut aussi leur laisser du temps à eux. Surtout si la situation n'est pas claire.
Mais c'est vrai que certaines réflexions peuvent piquer un peu, quand on est de l'autre côté du placard.
Je pense que là les amis, des connaissances ouvertes, peuvent apporter un certain soutien, un certain réconfort, s'il y a possibilité/désir de s'ouvrir à eux, quand la famille de son côté ne se montre pas très réceptive...
PS: juste un ajout par rapport à M, l'histoire s'est terminée quand je suis partie en Angleterre et qu'il n'y a plus eu de prise de contact. C'est donc clairement resté dans le non-dit, dans le méga suspens.