Ton histoire est vraiment bien racontée Zahara. Et instructive aussi.
Pour ma part, je ne l'ai pas encore dit à mes parents, mais je crois - pour être franche, j'espère - qu'ils s'en doutent beaucoup. Et ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à avoir ce désagréable sentiment de "surjouer" comme dit Lesbionic, pour montrer qu'on ne change pas et que tout va bien, voire même mieux depuis qu'on a compris d'où venait le malaise.
Bon après, j'imagine même pas comment ce sera une fois que je l'aurais vraiment dit...
Allez, encore quelques grammes de courage et j'y vais...
" Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté ! " Femmes Damnées II, C. Baudelaire (Les Fleurs du Mal)
aujourd'hui, nouveau coming out à la meilleure amie de ma mère...
ça faisait pas mal de temps que elle me posait des questions sur mes petits copains, et je lui disais que elle ne posait pas les bonnes questions, et que je ne pouvais pas répondre...
rebelotte donc, aujourd'hui, à la grande bodéga de ma ville... elle me dit bonjour et me demande comment IL s'appelle, je ne dis rien... elle me demande 5 sec plus tard comment ELLE s'appelle, et là, je commence à rougir méchamment, comme j'ai l'habitude de le faire. elle me prend dans ses bras et me dis, c'est bien Emilie, c'est génial pour toi, je suis très contente... elle commence à avoir les larmes aux yeux et rajoute: c'est un cadeau que tu me dises ça, je suis super touchée... je te trouve courageuse, félicitations!!!
Wah... en moins d'une minute, elle a compris, elle l'a intégré dans son esprit, et elle m'a serré dans ces bras... c'était un moment magique, et on a pas arrêté de parler tout le repas après...
comme quoi, il y a des fois où les coming out se passent quand même super bien... courage à toutes celles qui n'ont pas cette chance (car j'en suis consciente, c'est une réelle chance que d'être entourée de gens comme ça)
Je l'ai déjà peut être dit mais sur des pages très anciennes du même topic, mais pour faire son coming out, il faut être prête à le faire sinon ça risque de créer un malaise avec l'interlocuteur qui va se braquer car les mots employés ne sont peut-être pas appropriés et ressentis comme une incompréhension.
Du coup, au lieu de le dire le plus simplement (je sais toutes les situations sont différentes), ça peut partir au clash rapidement.
Après, il y a un feeling qui passe ou pas avec la personne qui l'apprend...
Pour pouvoir avancer, il faut savoir tourner la page......
J'ai cet été cumulé 2 coming-out, à quelques semaines d'intervalles. Tout deux auprès d'amis (oui, la famille on verra quand j'aurais quelqu'un à leurs présenter, d'ici là...).
Et raconter ces 2 coming-out revient à faire une déclaration d'amour envers mes amis. Je savais que, au final, tout se terminerais bien (ce sont mes amis, je sais qu'ils sont géniaux), mais j'avais malgré tout quelques angoisses.
Bref, le premier :
Je pars déjeuner avec 4 amies. Sur le trajet, la discussion s'engage sur les histoires de cul de chacune. On va dire, les trucs qui sortent de l'ordinaire (lieu, circonstances...). Moi, dans ces cas là, je ne dis quasiment rien. D'abord parce que parler de sexe me gène. Ensuite parce que j'ai peu de choses à raconter et que la plupart font référence à une fille. A un moment donné, la conversation dérive sur le boulot, et là, il y en a une qui dit "Ah non, on change de sujet, pas de boulot pendant le repas. Que quelqu'un raconte autre chose". Je ne sais pas pourquoi, j'ai senti que c'était LE moment, j'ai pris une grande inspiration. Du coup, vu que personne ne s'attendait à ce que je parle, je me retrouvée face à un grand silence attentif. Et je me suis lancée. "Je suis sortie avec une fille pendant 6 mois, à la fac, ça va comme diversion ?"
Là, j'ai eu droit à exactement les mêmes questions qui fusent habituellement pendant les mêmes conversations. Enfin, à 2 exceptions près. "Tu as couché avec elle ?" et "C'était juste un plan cul, ou ?".
La phrase de conclusion a été "Ouais, donc on arrête d'essayer de te caser avec Boris."
Et le deuxième, autre groupe d'amis, autre ville (j'ai déménagé, 600 km entre les 2 villes) :
Toujours sur la même base, quand on parle d'histoires de cœur ou de cul, je suis généralement celle qui ne dit rien. Mes amis ont pris l'habitude de mes "non" à la question "et il y a quelqu'un de spécial ?" (ou autre variante). Et cette fois, ils ont eu droit à un "Ah, c'est compliqué" (ben oui, une fille me plaît vraiment mais elle est hétéro et très amoureuse de son copain avec qui elle vient de s'installer). Je sais plus comment, mais en gros, pour en savoir plus, ils devaient me poser des questions et essayer de deviner (je me sentais pas trop de tout balancer d'un coup, je préférais attendre la bonne question). Ils n'ont pas du tout deviné, même avec les indices suivant "hétéro, mais en couple avec un mec" (il était tard, on avait bu, les cerveaux avaient pris un coup). Au final, je leur ai dit et ils ont essayé de m'aider pour trouver le moyen de lui faire comprendre que... mais sans lui faire peur. Bon, les conseils n'ont pas été géniaux (il était toujours tard, on avait toujours bu et nos cerveaux étaient allés faire un tour), voire même très bourrins.
Enfin, voilà, une partie de mes amis sait. Pour les autres, on verra au fil des occasions.
Ah oui, une chose importante à dire. Ma mère m'a accompagnée à la gare quand je suis rentrée chez moi, après 2 mois de vacances (je suis prof) et m'a dit "Dans tes nouveaux collègues, il y aura peut être de charmants jeunes hommes. Ou charmantes jeunes femmes."...
Je pense mon avenir plus facile que d'autres et il y a des chances que raconter mon coming-out familial sera également une déclaration d'amour pour eux...
"L'hétérosexualité n'a rien de normal, elle est juste courante." Dorothy Parker.
oxynette a écrit :Je l'ai déjà peut être dit mais sur des pages très anciennes du même topic, mais pour faire son coming out, il faut être prête à le faire sinon ça risque de créer un malaise avec l'interlocuteur qui va se braquer car les mots employés ne sont peut-être pas appropriés et ressentis comme une incompréhension.
Du coup, au lieu de le dire le plus simplement (je sais toutes les situations sont différentes), ça peut partir au clash rapidement.
Après, il y a un feeling qui passe ou pas avec la personne qui l'apprend...
complètement d'accord, c'est vraiment une histoire de feeling!!!!
Pour ma part quand je l'ai dit à certaines amies, ça été très dur, j'ai du faire un gros tri, puisque je ne pouvais plus leur toucher le bras en parlant ou pour leur montrer quelque chose...
Ben oui hein, de peur que je saute sur tout ce qui bouge!!MDR
bulledesolitude a écrit :Pour ma part quand je l'ai dit à certaines amies, ça été très dur, j'ai du faire un gros tri, puisque je ne pouvais plus leur toucher le bras en parlant ou pour leur montrer quelque chose...
Ben oui hein, de peur que je saute sur tout ce qui bouge!!MDR
Ah ça c'est bien vrai! A partir du moment ou t'affirme tes préférences, les gens croient que toutes les nanas te plaisent! Euh beh non désolée, ça fonctionne pareil que pour vous hétéros en fait Ca rends les coming-out encore un peu plus difficile du coup.
"Je croyais que pour la séduire je devais la faire rire mais chaque fois qu'elle riait c'est moi qui tombais amoureux"
bulledesolitude a écrit :Pour ma part quand je l'ai dit à certaines amies, ça été très dur, j'ai du faire un gros tri, puisque je ne pouvais plus leur toucher le bras en parlant ou pour leur montrer quelque chose...
Ben oui hein, de peur que je saute sur tout ce qui bouge!!MDR
Ah ça c'est bien vrai! A partir du moment ou t'affirme tes préférences, les gens croient que toutes les nanas te plaisent! Euh beh non désolée, ça fonctionne pareil que pour vous hétéros en fait Ca rends les coming-out encore un peu plus difficile du coup.
Et oui... Comme si un homosexuel était plus porté sur la chose que les hétéro...
Ca me rappelle quand une copine a dit (en parlant d'un copain qui s'était retrouvé sans le vouloir dans un bar gay ), "Ouais mais ça doit être horrible de te sentir déshabillé"...
Je me suis retenue de lui dire "Et toi tu déshabilles tous les mecs que tu croises dans la rue ?"... Et oui, j'ai pas osé lâché ma bombe LOL
Pour ce qui est des amis, je m'estime heureuse parce que ça fait un certain temps qu'ils le savent et ils l'ont tous bien pris, y compris les filles. Je n'ai jamais eu à supporter de remarques de ce genre ou de peur subite... Mais ce sont mes amis.
Et c'est vrai que de la part de gens beaucoup moins proches - camarades, collègues ou connaissances - il y a toujours cette réaction de : "Elle est lesbienne ?! Je suis une femme ?! Tous aux abris !!!!!!!!!!"
Pas très encourageant...
" Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté ! " Femmes Damnées II, C. Baudelaire (Les Fleurs du Mal)
Oui et puis tu en as certaines qui te disent : mais vous faites quoi au juste entre deux femmes, c'est pas toujours pareil?
Et ce jour là, je remercie la spontanéité qui est venue à moi!
j'ai répondu : je prends surement plus mon pied moi que toi. As tu déjà eu un orgasme???
J'attends toujours sa réponse....