Tout est une question de temps Khay tu sais. Enfin, quand je dis temps, je dirais plutôt de rencontres. A partir du moment où tu es seule, tu cogites forcément sur ta dernière relation ou ton dernier coup de coeur, et à partir du moment où tu rencontres quelqu'un d'autres, que tu te mettes en couple avec cette personne ou pas, elle va progressivement chasser l'autre de ton coeur, et y prendre sa place tout doucement. Et même si elle ne l'effacera jamais, elle t'apaisera...
Je n'aime pas beaucoup parler de ma vie amoureuse mais puisque tout le monde se lance, j'y vais aussi...
Je n'ai jamais eu de problèmes avec mon homosexualité pour la simple et bonne raison que je ne suis jamais passée par les phases de questionnement que beaucoup d'entre vous ont connu à l'adolescence. Je suis née homosexuelle, tout comme je suis née avec deux yeux, deux bras etc. C'est tellement évident pour moi que je ne l'ai jamais remis en question. Déjà à l'école primaire je tombais "amoureuse" de mes petites camarades de classe. J'avais conscience que j'étais différente des autres, mais je n'ai jamais eu envie d'être comme eux, parce que même si j'étais différente, je ne me sentais pas anormale. J'étais une fille qui aimait les filles, rien de plus. J'ai donc toujours opté pour le "Pour vivre heureux vivons cachés".
J'ai aussi eu la chance d'avoir des relations sérieuses dès mon adolescence. A cette période je me contrefoutais des autres filles et des autres garçons et de ce qu'ils pouvaient bien faire ensemble puisque seule ma relation avec ma copine comptait. Mais bon, tout a commencé bien plus tôt...
Comme je le disais plus haut j'étais déjà sous le charme de mes petites camarades de classe. Puis arrivée au collège, en bonne lesbienne qui se respecte, je suis tombée amoureuse de ma prof d'anglais (

). Ca a duré les deux ans que je l'ai eu, puis j'ai rencontré mon premier flirt par l'intermédiaire d'un forum. Elle m'a fait oublié cette prof, mais malheureusement pour moi, pour diverses raisons, je ne me suis jamais mis en couple avec cette fille. Et c'est peut être mieux comme ça car quelques mois plus tard, je rencontrais ma première vraie copine, une des relations qui a le plus compté pour moi.
Je suis restée presque un an avec elle. C'était vraiment le grand amour comme on peut en rêver, avec les grandes promesses, les grands serments, le coeur qui s'emballe quand vous la voyez, les baisers qui vous font vibrer... Et elle était vraiment jolie. C'était vraiment la fille que j'attendais. J'aurais fait n'importe quoi pour elle, d'autant plus que jusqu'à présent elle n'avait pas eu une vie facile, et que la seule chose qui importait pour moi, c'était de la rendre heureuse. Je pense que de ce côté là je ne m'en suis pas trop mal tiré car pendant longtemps elle a envisagé de s'installer avec moi lors de notre entrée à l'université.
Malheureusement, au bout d'un an elle a commencé à faire entrer certaines personnes dans son cercle d'amis qui lui ont dit que nous deux c'était n'importe quoi, qu'à son âge il fallait profiter de la vie, blablabla. On lui a si bien monté la tête qu'elle m'a jeté du jour au lendemain, sur msn (ça fait toujours plaisir), sous prétexte qu'elle ne m'aimait plus, qu'elle voulait vivre autre chose, le même dialogue que ces gens lui tenaient quoi...
A l'époque nous vivions à 250 km l'une de l'autre (la distance n'a rien arrangé...). J'ai attendu une semaine, et je suis partie la rejoindre pour qu'elle ait le courage de me le dire en face. Elle n'était pas chez elle, j'ai traversé la ville pour la retrouver, et la seule chose qu'elle m'a dite c'est "J'ai rompu, tu pensais quand même pas que j'allais t'accueillir à bras ouvert?". Et elle m'a planté sur le trottoir, dans un état lamentable, pour rejoindre des copines... Je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. (Officiellement du moins, mais bon, on ne va pas rentrer dans les détails)
J'ai mis plus d'un an et demi à m'en remettre, presque autant en dépression, et puis j'ai rencontré quelqu'un d'autre, qui m'a redonné le goût de vivre.
Ca a été une histoire compliquée également. A nouveau une rencontre sur un forum, donc à distance. Et puis nous dialoguions depuis des mois déjà, nous étions des amies proches, et nous ne nions plus ou moins l'évidence. Evidemment pendant cette période j'ai eu des flirts ici et là, elle aussi, mais au bout d'un moment l'attirance (et surtout le fait de voir l'autre avec quelqu'un d'autre...) a été plus fort que tout. Elle est venue chez moi, et nous sommes sorties ensemble quelques mois.
Le problème c'est que nous n'avons pas été assez discrètes et que j'ai été amené à faire mon coming out par la force des choses. Ma famille l'a très mal pris, je vous passerais les détails puisque nous ne sommes pas dans le bon topic, mais au final ma copine n'a rien assumé du tout. Elle a coupé les ponts avec moi pendant plus d'un mois et m'a jeté par téléphone en me disant qu'elle ne m'avait rien demandé, que j'avais fait mon coming out parce que je le voulais bien, et que de toute façon elle n'avait jamais été amoureuse de moi.
Personnellement, à sa place, je pense que je ne me serais pas fatiguée à faire 1000km presque tous les weekends pour un vulgaire plan cul... Mais bon... Et après m'avoir planté là comme une conne, avec mon coming out et ma famille sur le dos, j'ai appris que Madame s'était cassée en Tunisie pour se dorer la pillule avec sa nouvelle nana. Charmant. Une fois tout cela digéré on a essayé de "rester amie", mais on n'a jamais réussi. Les choses ne sont pas claires entre nous, et je pense qu'autant de son côté que du mien il y a toujours de l'amertume d'avoir dû avorter cette histoire, parce qu'on ne s'est pas rencontré au bon moment. Depuis nous n'avons plus de contacts...
Et puis j'ai rencontré ma dernière copine en date. Enfin, rencontré, je la connaissais déjà. Elle faisait elle aussi partie de mon cercle d'amie et était également amie avec mon ex. Quand nous avons rompu elle est venue vers moi pour m'avouer ses sentiments, me dire que ça faisait des mois qu'elle était attirée par moi. De mon côté je suis un peu tombée des nues car je ne m'y attendais vraiment pas. Pour moi c'était mon amie, ma confidente.
Elle a attendu quelques semaines, quelques mois, et moi je me suis mis à la voir différement. Je ne voulais pas sortir avec elle car je ne voulais pas prendre le risque de perdre une autre de mes amies, et en même temps, notre entente était tellement parfaite que... nous sommes sorties ensemble, et nous sommes restées un an et demi ensemble. Relation à distance, donc compliquée évidemment, mais elle restera une de mes plus belles histoires également. Je ne me suis jamais aussi bien entendu avec quelqu'un. Evidemment, comme je suis une chanceuse, ça n'a pas duré...
Quelques semaines avant son anniversaire elle a commencé à prendre ses distances avec moi, à tous les niveaux. Elle m'a quitté quelques jours, puis est revenue car elle ne pouvait soit disant pas vivre sans moi, j'étais l'amour de sa vie, blablabla. Je me suis remis avec. Un mois plus tard elle me quittait définitivement au motif qu'elle venait d'avoir trente ans et qu'il était temps pour elle d'arrêter les conneries, que désormais elle préfèrait les garçons, qu'elle voulait avoir de "vraies" relations sexuelles, de "vraies" relations amoureuses, et qu'accessoirement elle s'envoyait en l'air avec son collègue de bureau...
Le problème c'est que comme j'étais "l'amour de sa vie" (la bonne blague...) j'avais demandé à être muté en région parisienne car elle devait m'y rejoindre, c'était la seule région où nous pouvions suivre notre boulot toutes les deux. Et aujourd'hui, je vis dans un studio merdique, loin de ma famille et de mes amis, parce que j'ai tout plaqué pour elle. Pour rien.
Suite à cette accumulation d'échec j'ai voulu faire comme toi Khay, devenir une serial loveuz à la Shane, accumuler les conquête, ne pas m'attacher, faire souffrir autant qu'on m'a fait souffrir.
Je me suis inscrite sur Gayvox pour ça. Et je n'ai jamais pu me transformer en Shane... Parce que ce n'est pas dans ma nature, parce que j'aime les femmes, que je les respecte, et que jamais je ne pourrais les voir que comme un corps, d'autant plus que je serais bien incapable de pratiquer le sexe pour le sexe. J'ai besoin d'un minimum de sentiment pour passer à l'acte. Le cas contraire je me sentirais super mal à l'aise, sale, ignoble...
J'ai quand même rencontré une fille par l'intermédiaire de Gayvox. Elle habitait à côté de chez moi, bossait, avait l'air équilibré. On a dialogué presque quatre mois avant de se rencontrer. Je m'étais attachée à elle, pour ne pas dire autre chose, et de son côté elle me disait que c'était la même chose. Elle avait déjà fait quelques projets pour nous... J'y croyais vraiment. Puis on a fini par se rencontrer et elle m'a jeté le lendemain sous prétexte qu'elle avait pas eu la petite étincelle et que son ex était mieux que moi. Je lui ai répondu du tac au tac qu'elle n'avait qu'à rester avec son ex. Elle m'a rétorqué qu'elle aurait bien voulu. Que voulez vous répondre à cela... Je lui ai donc dis que je coupais les ponts avec elle. Elle continue de venir me parler car "elle veut des amies". Elle est bien gentille mais moi en attendant ça ne me fait pas du bien... D'autant plus qu'elle s'est remise en chasse le soir même de mon largage sur ce site de rencontre à la con...
Une fois de plus j'ai servi de Kleenex. Ce qui me fait le plus mal dans toutes ces histoires c'est que je ne me suis jamais faite larguer parce que j'étais invivable, trop ceci, trop cela ou je ne sais quoi. Ce sont toujours des personnes ou des raisons extérieures qui viennent mettre le bordel dans mes relations et c'est pour ça que ça en devient un peu désespérant. Car même en me comportant de la meilleure façon qu'il soit, je ne pourrais jamais contrôler ces évènements extérieurs. Et ça me fait peur de me dire que ma prochaine histoire sera peut être vouée à un échec pour je ne sais quelle nouvelle raison débile.
Et en même temps je ne me décourage pas. Car je sais que quelqu'un, quelque part est fait pour moi. Je ne crois pas au destin, mais je ne crois pas au hasard non plus. Je sais juste que j'ai énormement d'amour à donner et qu'un jour quelqu'un sera ravi de le recevoir. Je ne cherche pas comme une malade, je ne reste pas passive non plus, je reste simplement moi.
Et je me console en me disant qu'au moins, on m'a déjà aimé réellement, et que je sais ce que c'est que d'aimer sincèrement...
Merci à celles qui auront eu le courage de lire ce pavé jusqu'au bout...
