Voilà, j'ai fini par voir ce film hier soir, je vous livre donc mes impressions ( pour celles qui n'ont pas vu le film... mieux vaut ne pas lire ce qui suit).
La façon de filmer avec de nombreux gros plans ne m'a pas dérangée, après c'est clair que niveau montage on est loin d'une production américaine et que pendant tout le film je n'ai cessé de me dire que les scènes étaient trop longues sans véritable raison, le film aurait pu être bien plus court sans rien perdre de son sens.
Les passages en cours de philo et littérature ne sont pas anodins dans les propos et sujets traîtés qui sont en lien avec l'histoire, pour autant je ne sais pas vraiment quoi en penser.
Concernant les " fameuses" scènes de sexe, contrairement à ce que j'ai pu entendre ou lire, rien à voir avec un film porno ( ou alors on a pas vu les mêmes!!!

), même les pornos amateurs ne sont pas filmés comme ça ( et non... je ne suis pas une spécialiste de la question... toutefois j'ai eu l'occasion d'en voir), la seule similitude que j'ai trouvé c'est la multiplication des positions...j'ai eu l'impression d'assister à une illustration du Kamasutra
Etait-ce nécessaire cet étalage de pirouettes??? Je ne pense pas.... mais bon après cela montre aussi que des ébats entre deux femmes ça ne se limitent pas à des caresses du bout des doigts...
Je ne suis pas persuadée que les pratiques représentées soient les plus répandues ni les plus orgasmiques... mais elles existent on ne peut pas le nier.
Après, je ferai remarquer que dans certains films ayant pour thèmes des relations passionnelles entre un homme et une femme.... les scènes de sexe sont également parfois peu crédibles ou du moins inimaginables pour de nombreux couples hétéros.... donc... c'est le propre du cinéma... " d'exagérer" les choses...
Pour moi ces passages ne sont ni choquants ni risibles... c'est réaliste dans le rendu...et c'est sans doute le réalisme qui est dérangeant ( perso , j'ai baissé le volume... parce que c'est le son qui me gêne plus que les images).
Par contre, franchement des nuits ou des week-ends torrides à ne pas sortir du lit, j'en ai connu ( et j'espère en connaître d'autres

) mais pour une première fois je ne me serais pas sentie de faire ce genre d'accrobaties ( de toute façon , à l'époque je n'avais pas idée de toutes les possibilités envisageables!!!

)
Alors peut-être que c'est moi qui suis " vieille" et que les jeunes de maintenant.. dès leur première fois ils font défiler les positions du Kamasutra...
En même temps, la scène de la première fois d'Adèle avec un garçon je ne la trouve pas non plus très crédible...
A partir du moment de la rencontre entre Adèle et les parents d'Emma j'ai vraiment ressenti la rupture avec la BD.
Cette scène et son pendant lorsqu'Emma rencontre les parents d'Adèle, marquent la différence de milieu social des protagonistes.
Le combat entre " huîtres " et "spaghetti bolognaises" m'a faite sourire mais en même temps c'est tellement vrai que ce que les gens ont dans leurs assiettes peut en dire beaucoup sur leurs origines sociales.
On voit les différences de préoccupations entre les 2 familles avec d'un côté les parents d'Emma qui prônent l'importance de faire ce qu'on a envie dans la vie, quelque chose qu'on aime vraiment ( ce qui est un luxe dans notre société) et de l'autre les parents d'Adèle qui s'inquiètent de l'avenir, des débouchés... Adèle elle-même recherchant la stabilité de l'emploi ( qui passe of course par le choix d'un métier de la Fonction Publique).
A ce sujet, j'ai trouvé que les éléments concernant le métier d'enseignant étaient pour une fois réalistes, bien renseignés ( le cursus, la vie de classe, le spectacle de fin d'année en maternelle...)
J'avoue par contre avoir tiqué au moment du repas avec tous les amis d'Emma où Adèle passe pour " une boniche" et une inculte... je suis bien placée pour savoir qu'on peut être " instit" et connaîte Klimt et Schiele!!!
A la différence de la BD, dans le film je n'ai pas été gênée par le "saut dans le temps", il est mieux amené je trouve.
Ensuite il n'y a plus vraiment matière à comparaison avec la BD, la suite des événements s'écartant de plus en plus de l'intrique de la BD.
J'ai trouvé les scènes en classe particulièrement longues inutilement ( genre le moment de la dictée), à moins que l'intention n'ait été de montrer que le métier d'enseignant est ennuyeux comparé à celui d'artiste.... auquel cas... l'objectif est atteint...
D'ailleurs l'insistance d'Emma à vouloir qu'Adèle se trouve une passion ( forcément "artistique" de la façon dont c'est dit), sous entend qu'on ne peut pas s'apanouir dans un métier autre qu'artistique.
Je conçois l'importance de ne pas tout miser sur son boulot, et d'avoir des loisirs , des intérêts autres... mais j'ai trouvé ces propos un peu exagérés ( y a des gens qui s'épanouissent dans le sport...la cuisine... y a pas que l'art qui soit source d'épanouissement...)
Que dire de la fin qui n'en est pas une.... si ce n'est que c'est un truc que je n'apprécie vraiment pas ( que ce soit dans les livres, séries, films...) mais l'espace d'un instant j'ai eu peur que ce ne soit bien pire... genre que ça se termine par l'arrivée " d'un homme providentiel" en la personne du pseudo comédien.... parce que là franchement cela m'aurait exaspérée...
En conclusion, pour moi ce film n'est ni génial ni minable, je l'aurais préféré sans longueurs... mais compte tenu de toutes les polémiques je m'attendais à pire.... finalement c'est regardable ( j'ai même pas été gênée par le jeu des actrices qui a été souvent critiqué), je n'y ai pas vu une interprétation hétérosexuelle de la sexualité lesbienne.
Je l'ai regardé comme n'importe quel film , si ce n'est que forcément ayant lu la BD avant je n'ai pu m'empêcher les comparaisons, je n'ai pas cherché à y voir plus que ce qui est montré ni à tout interpréter de façon critique.