Je viens de regarder ce film - enfin ! - et sans faire de pause ni d'avance rapide ; c'était un de mes objectifs du moment, donc mission accomplie. *fière*
Bon, j'avoue, ça partait mal pour que je puisse l'apprécier : modération oblige, j'avais déjà lu toutes les critiques précédemment postées ici, et la plupart sont relativement négatives. Ça partait mal, donc, et on voit rapidement Adèle Exarchopoulos manger de la manière la plus gracieuse qui soit : de la sauce tomate partout, mâchant la bouche ouverte. Juste un des trucs qui m'horripile le plus. Je sais, ça peut sembler exagéré, mais j'ai vraiment eu un blocage sur ce "détail" (qui n'en est pas un pour moi, vous l'aurez compris). Puis on en voit, des scènes de repas, sur 180min o_O !
Oh et je n'aime pas le bleu, donc forcément, ça complique les choses...parce qu'il y en a, du bleu, et du début à la fin ! Même les yeux de Léa Seydoux ont fini par m'être insupportables, c'est dire. En cinquante nuances de rouge, de jaune, de vert ou autre, j'aurais pu considérer que l'esthétique de ce film valait le coup d’œil, mais là, là...pas possible.
Le jeu de Léa Seydoux, d'ailleurs, pas possible non plus. La palme (d'Or, haha) pour la scène de la rupture ! J'avais l'impression d'assister à des répétitions entre une actrice ("Adèle") et une de ses amies qui l'aide ("Emma"). Sérieusement, il y en a parmi vous qui ont trouvé ses répliques convaincantes, sur ces 5min ?! Elle ne m'a pas particulièrement dérangée le reste du film, mais cette séquence-là...ça équivaut au baiser interminable de
Elena Undone niveau crédibilité, pour moi.
Pour rester sur l'aspect "crédibilité", difficile de ne pas évoquer les scènes de sexe entre les deux actrices principales. Ça va peut-être paraître fou à certain-e-s, mais vous savez qu'elles ne durent en réalité "que" 8min30 (au cumulé, approximativement) ? Bon, je n'ai pas compté l'épisode furtif du bar, bien que ce soit LE moment où leur relation sonnait le plus juste pour moi, le seul où je me suis vraiment sentie embarquée par leur jeu.
Bref, ça s'agite, ça enchaîne les positions, ça gémit, ça s'épuise, mais peut-on vraiment parler de jouissance ? Je ne crois pas. Et personne ne me fera avaler qu'en versant autant de larmes pour rien qu'Adèle, on peut ne pas pleurer en ayant un orgasme.
D'ailleurs, petite parenthèse : à la limite, que le film ne veuille pas faire la promotion du safe sex lesbien, bon...mais montrer un rapport hétérosexuel sans port de préservatif ?! Classe. Vive les IST et l'utilisation de la pilule du lendemain en guise de contraception.
Concernant le couple que forment Adèle et Emma, j'ai été quelque peu chiffonnée par la représentation qui nous est servie. Bien sûr, Emma a une vie sociale riche et remplie, en plus d'une activité professionnelle épanouissante, et c'est Adèle qui se retrouve à faire la cuisine et le service pour tout ce petit monde (j'espère que c'est Emma qui fait la vaisselle !). Oh et être institutrice n'est pas une ambition acceptable, il faudrait qu'elle laisse s'épanouir son côté artistique, évidemment. Mais la parfaite petite femme d'intérieur qu'elle est a le tort de travailler, donc, et va logiquement être amenée à compenser son sentiment de solitude par une aventure avec un de ses collègues. Pas DU TOUT prévisible. Ni cliché. Du tout. Non non. Bref. Et ne me dites pas que ça prouve qu'Adèle n'est pas lesbienne, mais juste amoureuse d'Emma : dès le début, elle ressent qu'il lui manque quelque chose quand elle est avec un homme, et elle a l'air de plutôt bien apprécier les baisers échangés avec sa copine de lycée, donc cette théorie tombe à l'eau. Elle aime les femmes, et pas seulement une.
Je ne parle même pas de la fin, inutile d'en rajouter.