J'ai bien aimé ce film.
Le carcan imposé combinant préjugés mortifères, dogmes étouffants, devoirs desséchants.
Face à tout cela, l'héroïne Christine est celle qui reste contre vents et marées fidèle à ses idées. Elle veut garder la liberté de choisir, échappant toujours aux stéréotypes où on veut l'enfermer, ce qui l'amène à multiplier les choix paradoxaux: la reine de la paix ordonne le pillage de Prague, la reine insoumise se soumet "à l'homme le plus puissant d'Europe" (le pape).
Et jusqu'au bout elle va narguer les coutumes pensées par et pour d'autres:
À l'opposé, son amie la belle comtesse Ebba est celle qui n'a pas le choix. Elle rentre dans le moule d'une société qui n'accepte pas les différences.
Reste donc la noble figure d'une souveraine; despote éclairée avant la lettre, qui réunit 500.000 livres de tous courants de pensées et promeut le traité qui autorise chaque prince à choisir sa religion. (pour les sujets, ça reste encore une autre paire de manches). Après, la "frustrante" scène au livre "écrit par le diable en personne" nous rappelle irrésistiblement un autre "interruptus" célèbre, celui de Tristan et Yseult, avec ici
Du reste pouvait-il en être autrement à une époque où les bûchers s'allumaient pour de quelconques peccadilles?
La fidélité historique du film? Autant se demander quelle est l'historicité des pièces de Shakespeare. Autre la fiction, autre le documentaire.
Christine, elle, reste tout simplement elle-même. Sans concession.
XN Borloz