Le Divan

Pour parler de tout et de rien.
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Aacryl

Re: Le Divan

Message par Aacryl »

PelvisPresley a écrit :
Je crois que quand on grandit trop vite, on reste à jamais un tout jeune enfant, et un enfant n'a pas sa place parmi les adultes.
pour ma part je crois qu´un enfant blessé ne peut devenir adulte que lorsque ses blessures seront guéries, alors effectivement, certains enfants restent enfants, d´autres finissent un jour par reprendre le cycle de maturation que les blessures avaient interrompu.
Je crois aussi que les enfants même âgés ont leur place parmi ceux qui se croient adultes et qui ont perdu le contact avec l´enfant qu´ils étaient. A côtoyer un enfant âgé ils retrouvent une connection avec l´enfant en eux qu´ils ont enfoui sous tout un gravas d´obligations et de certitudes. Pour certains c´est une chance qu´ils savent saisir, pour d´autres ca représente un danger.... les remises en question présentent toujours un danger.
Je crois que c´est une force, d´être en connection avec son enfant intérieur. L´enfant est instinctif, spontané, "naif", c´est à dire sans préjugé. Il explore et fait ses expériences.... Un enfant qui n´a pas faim de la vie c´est qu´il est déjà blessé.

PelvisPresley

Re: Le Divan

Message par PelvisPresley »

J'ai sincèrement aimé ton intervention, Aacryl, sur ces "enfants âgés".
Je connais une jeune femme handicapée, très fortement handicapée, avec un corps d'adulte, pour une âme d'enfant. Elle croit encore aux fées, aux ogres, Saint Nicolas, et autres contes qui font sourire les adultes. Dans son entourage, tout le monde joue le jeu, pour la préserver de la réalité, lui rendre la vie plus douce. Mais, quand j'y réfléchis, je ne suis pas sûre qu'elle croie à tous ces trucs: quand nous discutons ensemble, elle m'a l'air si lucide sur le monde pourri que nous entoure.
Au fond, je crois qu'elle joue le jeu, elle, pour que ses proches souffrent moins.

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Festayre33
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Re: Le Divan

Message par Festayre33 »

Je viens de réaliser qu'avec toutes mes peurs, je ne pourrais jamais passer par la tunnel sous la manche si l'envie me prenait d'aller en Angleterre (eau + espace clos + train).... Mdrrr
La défaite ce n'est pas de tomber mais de ne jamais se relever

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kakauete
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Re: Le Divan

Message par kakauete »

Je te rejoins totalement PelvisPresley.
À force d'avoir connu des mésaventures, j'ai fini par me forger un monde rassurant, un monde parallèle. Aujourd'hui, il serait temps de le laisser de côté, cet univers idéalisé, et affronter la vraie vie, mais ça me paraît irréalisable.
Une épreuve qui te force à grandir d'un seul coup. La petite fille en moi qui ne l'a jamais complètement accepté.
Les désillusions de la réalité comparé aux mondes dans lesquels tu grandis à travers les histoires, livres, films. Les héros, les princesses, la magie, les mondes où tout va bien, quelles belles illusions !

Un décalage maintenant avec la société actuelle, une différence de maturité de sensibilité avec ma génération. Le poids de la pression sociale, les angoisses,les peurs...
Et pourtant pour les autres tout va bien. Les gens ne voient que ce qu'ils veulent voir. Et c'est tellement facile de mentir.

Au jour d'aujourd'hui, avoir grandit trop vite c'est comme porter un fardeau sur mes épaules. Avec le temps, j'apprendrai à en faire une force.

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Elena33
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Re: Le Divan

Message par Elena33 »

Comme un peu tout le monde je crois, j'ai la peur de perdre un être proche, en l’occurrence ma chérie... (Quand je parle de perdre, je parle de la mort) Je ne suis pas sûre qu'il y est un nom pour ça, puisqu'une phobie par définition est irrationnelle. Es-ce le cas pour cela ? Je n'en sais rien. Ce pendant, chez moi, je trouve cette peut très présente et très gênante ce qui parfois m'empêche de profiter pleinement d'une journée. Le mal-être peut durer plusieurs heures quand il arrive, et c'est difficile de s'en débarrasser. Changer d'activité, se distraire, je n'ai pas le solutions miracle, et c'est bien dommage. Le pire, c'est que des détails peuvent favoriser ou même entraîner directement ce mal-être en un rien de temps, par exemple, je suis incapable de regarder un film dont l'un des personnage décède. C'est handicapant ^^

En dehors de ça, j'ai une sainte horreur des petites bêtes en tout genre, insectes, araignées, tout ce qui rampe, cours, vol, j'en passe et des meilleurs... Ou des pires ? La plus part du temps, j’essaie de garder mon sang froid, mais la bataille est rude, et je perd souvent. Ah ah x)
"Les barrières s’érigent, comme d’ultimes remparts voués à garder intact, ce qu’il y a de plus fragiles. Ce n’était pas arrivé depuis deux ans… Pourquoi maintenant ?"

Aacryl

Re: Le Divan

Message par Aacryl »

Elena33 a écrit : Ce pendant, chez moi, je trouve cette peut très présente et très gênante ce qui parfois m'empêche de profiter pleinement d'une journée. Le mal-être peut durer plusieurs heures quand il arrive, et c'est difficile de s'en débarrasser. Changer d'activité, se distraire, je n'ai pas le solutions miracle, et c'est bien dommage.
je connais cette peur aussi, peur qu´une personne que j´aime meure. Pour ma part je me l´explique par la mort de mon alter-égo quand nous avions tous les deux sept ans. Une leucémie foudroyante, et les êtres immortels que nous étions à l´époque ont dû intégrer la mort dans leur destin.
Quand je prends conscience de ce sentiment de peur, quand il me gagne, quand une amie part faire un périple á vélo de deux semaines par exemple et augmente ainsi á mes yeux les risques d´accidents, je tente de faire le vide, parce que je crois que la peur de quelque chose attire ce quelque chose... je crois que les ondes des sentiments et pensées que nous développons ont des fréquences, et tout comme nous sommes émetteurs nous sommes également récepteurs, le tout sur des mêmes fréquences. Donc je ne laisse pas la peur s´installer, déjà parce que ca n´a pas de sens de se faire du souci, s´il doit arriver quelque chose, ca arrivera assez tôt, pas la peine de se faire de la bile avant de surcroit. Et puis pour cette croyance, cette histoire de fréquences et d´émetteurs-récepteurs, je fais le vide, puis je pense positivement. C´est valable pour le sentiment de peur comme pour tout autre sentiment, la colère par exemple, sentiment destructeur qui n´attire que la foudre ;) Alors au moment de la montée de ces sentiments ce n´est pas facile dans un premier temps de faire le vide et surtout de penser positivement. Le plus simple alors est de penser à des choses agréables, à des personnes qu´on aime et dont la présence dans notre vie fait du bien, on peut penser aussi à des fleurs, un paysage qui nous apaise, une couleur, tout ce qui a pour effet sur nous de nous détendre. Et c´est très efficace 8-) Mais il faut le vouloir, et ne pas s´identifier à ses peurs ni à sa colère ni à tout autre sentiment qui nous pèse, mais parfois nous sécurise parce qu´il nous est familier. C´est complexe :roll:
Bonne chance Elena33! ;)

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Elena33
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Re: Le Divan

Message par Elena33 »

Merci Aacryl de ta réponse. Je ne connais rien de plus désagréable que se sentiment. J'aime beaucoup ta façon de voir la chose, ainsi que la manière dont tu remédie à tout ça. Faire le vide, ce n'est pas toujours évident, quand cette peur nous envahit. Ça relève même d'une sacré performance pour ma part, car dans ses cas-là, je psychote comme pas deux. Je n'ai pas encore essayer la musique, j'y songerai si cela venait à se reproduire, et je n'en doute pas. Même si depuis quelques temps, j'ai fais des progrès.
"Les barrières s’érigent, comme d’ultimes remparts voués à garder intact, ce qu’il y a de plus fragiles. Ce n’était pas arrivé depuis deux ans… Pourquoi maintenant ?"

hoof

Re: Le Divan

Message par hoof »

J'ai toujours eu la peur étouffante de ne pas avoir le temps d'accomplir ce qui me tient à coeur. Aussi, j'ai vécu très vite, fait beaucoup d'erreurs. Finalement, je n'ai rien accompli d'abouti.

Chrysalide

Re: Le Divan

Message par Chrysalide »

Pour diverses raisons, grâce à divers constats personnels dans ma petite tête depuis quelques temps et surtout en découvrant petit à petit par hasard des trucs sur des troubles du spectre de l'autisme, en découvrant la sensibilité d'autistes, il est tellement troublant pour moi d'y retrouver un énorme pourcentage de ma manière de fonctionner, de ma sensibilité, que je me demande si je ne peux pas en être atteinte. Ce n'est pas pour me trouver quelque chose à tout prix, mais j'ai commencé à être troublée par des similarités frappantes, un jour par hasard en tombant sur le film "Temple Grandin". Rien que sa première phrase "je pense en images" est plus que troublante pour commencer sachant que c'est une vérité dominante chez moi. Quand elle s'étonne que tout le monde ne pense pas de cette manière, j'ai eu la même réaction. Puis la manière dont le film est fait pour présenter sa manière de penser en images, j'ai aimé, mais surtout ça m'a tellement parlé et réconfortée.

Pour un petit peu expliquer ma vision personnelle à ce sujet.

Dans mon esprit nous sommes tous des images, pas qu'une seule, une multitude. Par exemple chaque expression de visage propre à chaque individu est une multitude d'images avec des variantes. Nous vivons dans un monde d'images avec diverses dimensions. Les mots sont images. Tout est image dans notre monde. Et dans mon esprit tout est mémoire d'images.
Je regarde le monde autour de moi en lignes, en courbes, soulignant diverses textures, soulignées par diverses intensités de lumières, de tons, idem pour les corps humains, pour tout.

Je me retrouve alors entre la conscience de l'existence des normes, des modes, des tendances, de notre époque, qui varient suivant les époques, qui sont totalement absurdes au fond de moi et ma manière personnelle de voir une diversité sans normes qui a son harmonie, ses charmes naturellement.

Quand je ferme les yeux, surtout au moment d'aller me coucher et que je suis en phase de relâchement, mais toujours éveillée, je vois des images se dessiner toutes seules, qui se métamorphosent, qui mutent, et qui du coup me donnent la sensation d'un film projeté sur mes paupières. C'est très particulier, très chouette à vrai dire. Je pensais que c'était un phénomène fréquent surtout dans une phase de repos notamment quand les pensées se relâchent, mais en ayant demandé à des personnes autour de moi, ça ne leur dit rien du tout.

- Faire des collages avec diverses images est une manière de projeter une harmonie d'une diversité.
- Mon mécanisme de dessin que j'ai commencé à développer il y a environ deux ans maintenant et que j'ai vraiment confirmé l'année dernière, joue avec les courbes, des lignes présentant un univers en perpétuel mouvement, sans utiliser de cadre, ne supportant pas les cadres. J'utilise des feuilles de papier que j'assemble au fur et à mesure, ce qui me permet de développer un concept entre base, directions, conséquences = harmonie. Un élément est modifié, l'harmonie est tout autre. Idem dans la vie. Je joue aussi avec diverses textures.
- La photographie est un autre langage avec les images que j'utilise me permettant de capturer ma fascination, de lui donner une prolongation.

La vidéo et la musique, moyen que je n'utilise pas directement, mais plutôt indirectement au quotidien, grâce aux fictions qui me passionnent et aux musiques qui me fascinent que je peux bouffer en boucle.
Des fois je souhaite créer des vidéos et sons, comme des fragments à assembler, chose que j'ai déjà fait à l'arrache en expérimentant, mais là il faudrait sérieusement que je pense à m'équiper.
Mais j'ai aussi la philosophie de m'adapter aux moyens du bord, de les exploiter autant que possible, avant de vouloir m'équiper de tout autre chose.

Tout ça c'était pour la phase pensée visuelle, que je pourrai certainement compléter, mais j'en resterai là pour l'instant.

> Ensuite, pour ma manière de vivre l'intime, je me retrouve énormément dans ce que je peux découvrir de la manière dont certains autistes vivent leur intimité, surtout ceux atteints du syndrome d'Asperger.

Ma conclusion toute bête pourrait être la suivante > ma manière de vivre l'intime est à la fois simple et complexe.
Pour approfondir, elle est simple quand je suis seule, que je m'y retrouve dans mes repères, mes rituels.
Elle devient complexe dès qu'un individu se trouve dans mon espace intime et pire si il se rapproche un peu trop de ma zone de sécurité que j'ai avec moi partout où je suis. Une personne dans mon espace c'est comme un nouveau facteur qui fait que je dois tout réadapter et je me sens en mode recroquevillement. Du coup, tant que la présence est temporaire, je peux à peu près le supporter, je peux faire un effort et essayer de m'ouvrir autant que possible à l'autre, du moins l'intégrer dans mon espace autant que possible, mais si la présence devient trop longue, et même si en jouant éventuellement l'imbécile ce n'est plus suffisant, je sens une forte oppression désagréable avec limite le besoin de partir ailleurs.

Vivre en couple me paraît impossible ou en tout cas, je n'ai jamais pu. Rien que l'idée de partager mon lit, j'essaie de visualiser comment je pourrais tout réadapter rien que dans mon lit, ce qui ne me réconforte pas. Ca me fait sourire en l'écrivant.

Enlacer quelqu'un je ne peux pas tellement. Naturellement, je ne peux pas, pas encore en tout cas. Et être enlacée, ce serait un moment étrange pour moi avec la sensation de tétanie ou de passivité ou même de dissociation qui dominerait en moi. La dernière fois que quelqu'un m'ait enlacée, je ne peux pas dire quand c'était. Je pense que la dernière fois pour me réconforter, ça devait être ma mère quand j'étais enfant et que j'acceptais encore son contact.
Même des amis que j'ai pu avoir, surtout des filles tactiles, elles ont toujours senti qu'avec moi, il ne fallait pas trop vouloir m'approcher de trop près. Enfin c'était toujours vécu sur le ton de l'humour, avec certaines qui ne pouvaient pas résister à me bécoter, me taquiner, ne me sentant pas dans mon élément.
Une seule, une fois, m'a fait une remarque sérieuse en me disant qu'il était étrange à quel point elle ne pouvait pas s'approcher de moi naturellement alors qu'elle était facilement tactile avec tout le monde.

> Dans le contact physique sans échanges intimes, idem, de ce que j'ai pu lire sur certains autistes, je m'y suis retrouvée.

Etre touchée, par exemple lors d'activités physiques, en sport, que je ne pratique plus maintenant, en tout cas plus en club, je me préparais à me sentir dans l'état d'esprit d'être en contact physiquement avec autrui. Mais si j'étais prise au dépourvu, là c'était plus délicat avec l'envie de repousser, me dominant.
Alors oui une vieille qui me tripotait le cul lourdement au karaté à l'occasion, quand j'étais ado, ce qui me fait rire en le racontant, le paradoxe que j'ai pu ressentir en moi sur le moment, c'est que j'étais tellement dans une position d'inconfort et plongée dans une forme d'incompréhension, que je l'ai accepté, je n'ai pas su réagir autrement, me ramenant en prime à des souvenirs plus tôt enfant. Ca c'est un exemple pour les situations les plus "malsaines".

Après, dans ma famille, nous ne sommes pas tactiles et absolument pas démonstratifs, je ne fais pas de bises à mes parents, je ne les enlace jamais, avec mes soeurs c'est la même chose. Puis la famille plus lointaine je n'ai plus de contacts. Il n'y a donc aucun problème à ce niveau là, je veux dire que je ne me sens pas face à une famille qui voudrait un contact physique chaleureux avec moi, mais qui se sent privée de le faire, comme j'ai pu le remarquer pour certains autistes. Bon après, certaines personnes ont pu penser que chez moi les rapports sont très froids et pouvaient être choquées ahah et moi j'ai été marquée de voir des amis embrasser leurs parents, tellement je n'y étais pas habituée.

Après, les bises pour dire bonjour, je peux en faire si quelqu'un vient vers moi, mais quelque part, je ne suis pas à l'aise.

Le regard d'autrui, que j'associe au toucher, me pose problème. Je me souviens d'une réplique de Will Graham qui m'a profondément parlé lors de l'une de ses premières rencontres avec Hannibal, remarquant que Will ne le regardait pas dans les yeux, et lui faisant la remarque, Will a répondu que dans le regard d'autrui soit on n'en voit pas assez, soit on en voit trop. C'est exactement ce que je ressens. Je peux regarder l'autre dans le regard par intermittences, j'ai besoin de me refixer entre temps dans une conversation sur d'autres points. Avant quand j'étais enfant, je ne pouvais absolument pas, ma mère n'arrêtait pas de me répéter de regarder les gens qui me parlaient, car l'inverse était très impoli. Je préférais baisser la tête, ou regarder ailleurs comme si je les ignorais, mais sans les ignorer. En grandissant, j'ai tenté de prendre sur moi, avec en prime la capacité de développer des fous rires par nervosité, tellement ya un truc tellement absurde pour moi dans le rapport avec autrui par moments.

> Sexuellement, qui fait parti d'une corde sur la guitare de l'intime on va dire, encore une fois les choses sont à la fois simple et complexe. Encore une fois de ce que j'ai pu découvrir d'autistes par rapport à leur manière de vivre leur sexualité, je me suis beaucoup retrouvée.

Pour commencer, personnellement je suis très paradoxale. J'aime des rapports charnels quand ils respirent la passion sans masques, se sentir soi, que je décrirai comme des courbes transpirantes qui s'entrecroisent, avec intensité, inlassablement. Mais je n'ai jamais pu me sentir moi. Je sens une dissociation avec quelqu'un d'autre, avec l'impression de chercher à faire plaisir tout en oubliant ce que je veux ou dois faire.
Je me demande si ce n'est pas pour ça que je suis essentiellement attirée par les relations improbables car elles permettent de partager à la fois une intensité, un mystère, une inconstance, sans avoir à s'engager.

La plupart des rêves érotiques que je peux faire et dont je me souviens, reflètent toujours cet aspect abstrait d'un rapport charnel qui m'attire, m'interroge, mais que je ne peux pas vivre concrètement. Il y a toujours la note surréaliste qui surgit, pleine de symboles forts. (Merci à la série Hannibal pour tout un milliard de choses sensorielles au passage)

La masturbation pour moi à l'occasion, est une forme de propre étude de mon sexe, de mon corps aussi, de mes réactions, un peu comme si je donnais vie à mon sexe et que j'acceptais de le faire vivre, de l'écouter depuis quelques années maintenant, chose que je ne pouvais pas faire avant.

La pornographie, à l'occasion, peut me fasciner pour tout un tas d'absurdités de dingue. Ya un truc aliénant, dingue, incompréhensible et réconfortant à la fois dans la pornographie je trouve. Ne pouvant pas tellement parler de pornographie ici, je ne développerai pas longtemps, mais c'est pour moi plus une observation, un sujet d'étude, entre chercher à comprendre dans cet univers tabou ce qui peut m'attirer, me repousser, mes limites parce que j'en ai, je ne peux pas tout voir et les acteurs dans tout ça, leur place, la place du sexe dans leur vie, entre le privé et le professionnel. Aussi je me suis aperçue que suivant les pays, il pouvait y avoir un style très différent, ce qui est encore un phénomène fascinant à prendre en compte. Le porno de ce que j'ai pu voir > c'est à la fois plus de normes et plein de normes.
Après, je me sens définitivement attirée par les émotions spontanée, les réels désisr et pas la simulation à tortiller trois heures du derrière, tout simplement.

Sexuellement, je pense que je suis vraiment à la fois intriguée, intéressée, par tous plein de facteurs, par l'aspect tabou qu'il peut représenter ce sujet avec tout un paquet de thématiques et l'aspect vendeur en même temps qu'il contient.
Puis l'opposition entre sexe positif et sexe destructeur, notamment quand un individu impose à un autre ce qu'il veut, quel que soit le degré et la manière de l'imposer, au fond de toute cette opposition m'interroge beaucoup car des fois je trouve que la frontière est très très fine.

> Au sujet de mon intégration sociale, en commençant par le scolaire, encore une fois je me retrouve dans ce que j'ai pu lire ou découvrir au sujet d'expériences d'autistes.

Pour commencer, je ne me suis jamais sentie bien dans le cadre scolaire. J'ai réussi à m'adapter petite, tout en éprouvant un décalage et un gros manque de confiance en moi avec un réel mal être que j'ai réussi à dissimuler et à compenser avec des activités physiques, mes petites passions et mon univers dans mon esprit. Il y a même une année une maîtresse qui me prenait pour une attardée, mais en même temps, elle n'était fine avec personne.
Pour faire avance rapide, au lycée, je n'ai plus pu m'adapter. Je ne faisais qu'acte de présence sans comprendre ce que je faisais là. J'ai redoublé plusieurs fois histoire de prolonger la torture, puis j'ai commencé à exploser et à ne plus supporter le simple fait de me retrouver dans une classe, surtout ma dernière année. J'ai fui, je ne suis plus allée en cours et je ne suis même pas allée au bout de l'examen final.
Une prof de littérature que j'ai eu plusieurs années ne comprenait pas ce qui m'arrivait, voyant en moi du potentiel que je n'exploitais pas. Mais la pire réflexion qu'elle ait pu me sortir que j'ai trouvé vraiment triste au fond c'est de ne pas comprendre ce qui m'arrivait parce que selon elle j'étais "jolie", "intelligente", "sympathique",comme quoi je n'avais aucune raison de ne pas pas m'en sortir. C'est là où je me disais que c'était triste d'être mis dans des cases de misère réductrices qui n'ont au fond aucun sens, sans non plus au fond savoir ce qu'il n'allait pas chez moi. Je me sentais juste dans un profond décalage, dans un monde guidé par des normes où l'absurdité domine et où ce qui a du sens pour une majorité n'a aucun sens dans mon esprit.
Avec mes parents, ça n'a pas été simple par rapport à mon parcours scolaire chaotique, ne comprenant pas mes réactions, pensant que je voulais juste glander dans la vie. Je ne leur ai jamais dit que je n'étais pas allée au bout de mon lycée, mais je sais pertinemment qu'ils le savent.

J'ai ensuite commencé à aller vers le domaine professionnel. Obligé. Mais là aussi intérieurement, c'était encore une fois entrer dans un groupe social où je me sentais comme une bombe à retardement qui n'allait pas tarder à exploser. J'ai eu divers boulots, j'ai diverses anecdotes toutes pourries d'ailleurs :p, mais ce n'était que des cdd ou des missions sur des courtes durées, ne pouvant vraiment pas en garder un seul trop longtemps. J'explosais rapidement.

Je suis entre temps partie à l'étranger, vivre quelques temps en Angleterre, puis quelques années après en Italie.
L'étranger m'a toujours attirée, mais dans tous les groupes sociaux que j'ai pu croiser, j'ai toujours eu besoin de vite retrouver mon coin intime pour respirer. Toujours la même incapacité à m'intégrer socialement à mes côtés. Mes principales passions étaient d'errer, d'observer, de m'imprégner d'une atmosphère, de faire quelques rencontres passagères. C'est tout ce dont je me sentais capable de faire.
En Italie, j'ai d'ailleurs vécu un grand tournant dans ma vie, qui a été une explosion n'ayant pas touché que moi et qui a marqué un départ vers l'acceptation d'une reconstruction qui se fait petit à petit.
Mais comme ça ne fait pas tellement partie du sujet que j'aborde, je ne développerai pas.

Entre le scolaire et ensuite le domaine professionnel, j'en suis arrivée finalement à m'adapter en faisant des trucs à distance, avec le soutien de mes parents qui apprennent à me découvrir depuis quelques années.
Puis je me consacre maintenant à un projet artistique qui a un sens profond et qui je me dis pourra peut-être, quand je l'aurai finalisé et pourrait l'exposer, servir éventuellement à d'autres qui peuvent se sentir plongée dans leur propre incompréhension.

Et côté social intégration sociale toujours, des amis, j'en ai eu, si on veut, mais je ne les ai jamais invités chez moi, dans mon espace intime. J'ai toujours été très solitaire dans mes activités, mes passions.
Aujourd'hui, je considère véritablement que je n'ai plus d'amis pour le sens que j'ai du terme "ami". Des fois je l'emploi le terme "ami", mais ça reste un raccourci quand j'ai la flemme d'ajuster mes propos. Il y a des connaissances, il y a des gens que je croise à l'occasion. Tout se limite à croiser des gens, à apprécier des moments. Il y a ceux qui attirent mon attention et me fascinent, puis ya ceux que j'attire qui viennent vers moi ou alors il y a les contacts à distance, mais ça s'arrête là.

> Dans l'expression orale, j'éprouve un mal être, un inconfort que certains autistes peuvent décrire.

Je m'exprime avec plus de développement à l'écrit, en tout cas je fais l'effort de m'exprimer le plus clairement possible.
A l'oral, je sens une oppression très forte qui me donne envie d'être concise, voire d'abréger très souvent, ou même de rester silencieuse. Je peux me mettre à bafouiller, à parler avec de la dyslexie qui reste très faible par rapport à des personnes fortement dyslexique et avec un bégaiement marqué.
Me retrouver avec des impossibilités à m'exprimer tellement j'avais comme un vide à l'esprit dû à du stress trop fort.
Mais au final, souvent je m'en sors avec de l'humour, avec de l'autodérision, je fais l'imbécile et ça peut passer. Je compense comme je peux je crois. : )

En grosse conclusion de tout ce post dans un bloc.

Pour tout un paquet de raisons tout au long de parcours dans ma vie, dans ma manière de regarder les choses, de les vivre, de les ressentir, dans ma manière de penser, de m'exprimer, plus je découvre des choses qui touchent à l'autisme, plus je m'y retrouve, sans pour autant connaître beaucoup d'éléments à ce sujet.
Alors cette observation m'intrigue énormément. Je sais que si je veux en savoir plus à mon sujet, il faudrait que j'aille subir des tests. Mais je n'en ai pas envie, car je me sentirai plus dans la peau d'un cobaye, que moi, ce qui n'est pas l'intérêt pour moi. Il y a quelques années, j'ai accepté d'aller voir un psychiatre parce qu'un médecin me l'avait conseillé s'inquiétant pour moi. J'y suis allée, mais j'étais dans une phase de curiosité, je me demandais qui analysait plus l'autre entre le psy et moi. Son regard se posant sur moi ne me mettait pas forcément à l'aise, car je le percevais comme un scanner à la recherche de petits quelques choses dans ma manière d'être pour lui donner peut-être des signes. Puis j'avais l'impression que lorsque j'avais capté ses directions, les points sur lesquels il s'arrêtait, je parais en modifiant des indicateurs chez moi. J'avais plus envie de savoir comment il fonctionnait, de le questionner, je me demandais comment il dirigeait, manipulait les conversations, sans avoir grand chose à dire me concernant. Je disais des trucs sur moi, en me sentant forcée, je ne savais pas quoi dire, où j'allais en venir. Le seul truc que j'avais eu besoin de lui demander, c'était si mes propos étaient cohérents, ou si ma manière de m'exprimer était complètement incompréhensible. J'avais besoin d'être rassurée sur ce point.
Le point qui le questionnait qui était la part flou chez moi, c'était mon mode de fonctionnement, qu'il aurait fallu approfondir pour en savoir plus si je l'avais voulu, mais je n'ai pas tellement voulu. Je crois que j'avais plus peur de me sentir piégée dans ma tête que de m'en sentir libérée. Puis je ne sais pas, je me sentais en total décalage une fois supplémentaire.
De me retrouver, dans mon coin personnellement, dans certains cas d'autisme, quelque part me réconforte et me permet de comprendre des choses chez moi que personne n'a pu comprendre. Je souhaite quand même évoquer une personne dans ma vie qui m'a apporté infiniment, qui n'a jamais voulu me mettre dans une case, mais qui m'a toujours encouragé à être la personne que je suis au fond de moi à l'explorer, puis son amour m'a énormément aidée à ne pas me rejeter mais à me découvrir.
Sinon, toujours par rapport au mental, je suis parasitée par d'autres trucs, dû à des expériences traumatiques, donc le mental, la construction de quelqu'un, c'est un tout. Et pouvoir faire le tri pour trouver la réelle source de chaque réaction, vraiment de chacune, me paraît impossible, voire une perte d'énergie considérable pour n'être sûr de rien au final.
Disons que là il y a tellement de choses qui dominent et qui me frappent par rapport à des trucs sur l'autisme qui me parlent énormément, que je ne peux pas passer à côté, en tout cas plus maintenant.

Une note.

J'ai mentionné un peu plus haut la série "Hannibal" que j'ai découvert il y a quelques mois et que je suis avec passion tout en prenant mon temps. Et sérieusement cette série est fantastique pour moi, je trouve que les créateurs ont conçu avec magie une sorte de labyrinthe sensoriel qui est très réconfortant malgré la part obscure du sujet principal concernant le cannibalisme et divers crimes commis. Il y a une profonde sensibilité, une profonde intelligence émotionnelle que j'y aime qui me parle et ceci me rappelle que les fictions peuvent être des alliés, dans le sens de soutien, dans sa petite vie, que je raccorderai à l'Art, qui est malheureusement un domaine pas tellement pris au sérieux à l'école à côté des matières principales > mathématiques, français, histoire. En tout cas, je ne sais pas s'il y a eu évolution à ce niveau, mais de mon temps, sans qu'il soit si ancien, c'était l'impression qui en ressortait.

Une dernière note.

Je me dis que je me suis retrouvée parachutée sur ce forum par le plus grand des hasards, en farfouillant il y a quelques années, dans des conditions très particulières, dans une phase de transition très déstabilisante en parallèle dans ma petite vie, dont je n'ai jamais vraiment parlé ici. Puis entre temps je suis venue un peu faire chier dans le coin et je suis toujours dans les parages à pouvoir balancer des grosses cagades de misère et j'y aime croiser des personnalités qui me touchent beaucoup. : )

Aacryl

Re: Le Divan

Message par Aacryl »

j´ai lu ton post attentivement Chrysalide, merci de l´avoir écrit.
je suis émue, d´avoir cette possibilité de suivre ton évolution sur le forum ;) je n´étais pas là du temps de Clémentina, mais j´ai rattrapé le retard :D j´ai tout lu.
Je me suis posé une question tout au long de ma lecture de ton post: tu as une grande capacité de réflexion, est-ce que les autistes peuvent analyser de cette manière et "réfléchir" les évènements, les sentiments, les idées...?
Dans ma communauté il y a un garcon de 16 ans qui a été diagnostiqué autiste d´Asperger, mais une de ses coloc´qui le connait bien et l´apprécie beaucoup refuse cette catégorisation. Dernièrement j´avais entendu dire que ce garcon stagnait dans son évolution, alors j´ai voulu avoir l´avis de sa coloc´avec qui je suis copine, elle n´a pas apprécié du tout ma question, elle a répondu que chacun avait son propre rythme d´évolution.
Je comprends d´un côté le soulagement de lire des choses dans lesquelles on se retrouve et qui tout à coup semblent nous apporter des réponses. Quand j´avais lu Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Marc Haddon, j´avais été déroutée, je me trouvais beaucoup de points communs avec le héros. Alors je m´étais intéressée à l´autisme. Puis j´ai rencontré le thème de Borderline et je m´étais découvert à l´époque aussi beaucoup de points communs. Et sur le coup, ca fait du bien d´avoir comme un miroir devant soi dans lequel on peut voir une image de soi qui nous vient "de l´extérieur", ca a quelque chose de... d´apaisant.
Tu es une grande défendeuse d´un monde sans étiquette, pourquoi vouloir porter celle-ci d´autiste plus qu´une autre? Mais peut-être que tu ne penses pas être autiste, j´ai peut-être mal compris ton intention, peut-être veux-tu simplement souligner les points dans lesquels tu t´es retrouvée?

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