Le Divan
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Denton010
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- Enregistré le : dim. 27 sept. 2015 10:23
Re: Le Divan
L'autisme est le nom que les non-autistes donnent à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.
Là, moi j'me comprend, mais pas sûre qu'j'ai envie d'être comprise.
Là, moi j'me comprend, mais pas sûre qu'j'ai envie d'être comprise.
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Chrysalide
Re: Le Divan
Il y a un paradoxe dont j'ai conscience, auquel quelque part j'ai donné une réponse ici dans ma conclu >Aacryl a écrit :Tu es une grande défendeuse d´un monde sans étiquette, pourquoi vouloir porter celle-ci d´autiste plus qu´une autre? Mais peut-être que tu ne penses pas être autiste, j´ai peut-être mal compris ton intention, peut-être veux-tu simplement souligner les points dans lesquels tu t´es retrouvée?
qui se retrouve en intro ici >Chrysalide a écrit :Sinon, toujours par rapport au mental, je suis parasitée par d'autres trucs, dû à des expériences traumatiques, donc le mental, la construction de quelqu'un, c'est un tout. Et pouvoir faire le tri pour trouver la réelle source de chaque réaction, vraiment de chacune, me paraît impossible, voire une perte d'énergie considérable pour n'être sûr de rien au final.
Disons que là il y a tellement de choses qui dominent et qui me frappent par rapport à des trucs sur l'autisme qui me parlent énormément, que je ne peux pas passer à côté, en tout cas plus maintenant.
C'est un peu comme m'être habituée à être comme je suis dans mon parcours avec ces obstacles, chacun a les siens bien évidemment, seule avec moi-même et soudainement je croise en chemin des trucs qui flashent, qui me parlent au plus profond de mon cerveau labyrinthique. Sans vouloir dire que je suis comme ça à tout prix, Asperger, ou autiste, d'ailleurs comme je l'ai dit aussi il faudrait que je subisse certainement des tests que je n'ai pas envie de subir, je constate simplement à plusieurs reprises que je m'y retrouve, une grande partie de ma manière de fonctionner en tout cas, pour la partie la plus intime. Quelque part ça m'apporte un certain réconfort c'est sûr et en même temps ça me permet d'approfondir des trucs chez moi, de continuer ma recherche personnelle au sujet de ma personnalité, de ma sensibilité, de mes observations. Les trucs qui me parlent sont indéniablement une source principale d'approfondissement.Chrysalide a écrit :Ce n'est pas pour me trouver quelque chose à tout prix, mais j'ai commencé à être troublée par des similarités frappantes, un jour par hasard en tombant sur le film "Temple Grandin".
En même temps, même si la vérité de tout ça c'est que je ne suis pas atteindre d'autisme quel que soit son degré, ne sachant pas comment ça fonctionne au niveau du(des?) diagnostic(s), peu importe, mon constat est je m'y retrouve et ça me permet malgré tout de toucher des choses, de me remettre en question. C'est là où je veux en venir quelque part dans tout ce que j'écris.
Je pense qu'on peut tous se retrouver dans des particularités mentales, d'une manière ou d'une autre, à un moment de sa vie, des particularités qui peuvent être classées dans des bouquins d'étude de la psychologie. Certainement qu'il y a un nom pour ça, mais je ne le connais pas. Mais est-ce important de vouloir s'étiqueter, tant qu'on peut vivre sans? je ne pense pas. Ce qui n'empêche pas comme je le souligne en gras et sur lequel j'insiste > il y a un truc qui m'intrigue, qui retient mon attention, qui me communique des choses familières, je ne souhaite pas l'ignorer, je souhaite creuser, sans non plus être dans l'étiquetage de ma personne. Je sens juste que ça me donne des clefs pour ouvrir de nouvelles portent chez moi, c'est tout ce qui m'intéresse. : )
Je ne sais pas si tout est clair. J'espère en tout cas que ça répond à tes questions.
Pour commencer, du peu de connaissances que j'ai à ce sujet, il y a divers degrés d'autisme. Certains ne parleront jamais de leur vie, seront complètement dans leur monde, seuls eux-même sauront où, je ne fais que supposer, d'autres vont écrire des bouquins par exemple. Ce n'est pas une question d'intelligence que je compare, mais une capacité de communication, ici verbale. Communiquer c'est entrer en contact avec le monde extérieur. Certains autistes n'entreront jamais en contact avec le monde extérieur par la parole, mais certainement par leur regard qui sera muet et mystérieux pour autrui, par leurs autres sens, pour présenter un fait. Après en ce qui concerne leur esprit, ce qu'il contient, c'est leur jardin secret j'ai envie de dire. D'autres, en évoquant l'exemple de ceux qui écrivent des bouquins, pourront entrer en contact avec le monde extérieur avec la parole, le verbal, poser des réflexions épatantes, en plus de leurs autres sens.Aacryl a écrit : Je me suis posé une question tout au long de ma lecture de ton post: tu as une grande capacité de réflexion, est-ce que les autistes peuvent analyser de cette manière et "réfléchir" les évènements, les sentiments, les idées...?
Je résume là en présentant deux opposés. Mais il y a tellement de cas divers et variés, comme pour le mental de tout individu qui existe sur cette planète.
Encore dans les exemples concrets.
Temple Grandin autiste diagnostiquée depuis l'enfance, qui n'a pas parlé pendant longtemps pendant son enfance, elle communique sa manière de penser en images, elle a une manière d'analyser les choses qui est épatante. C'est le nom qui me vient en premier.
Daniel Tammet, je te fais un copier-coller d'un petit paragraphe de wikipédia >
L'autisme, je pense que le piège c'est de l'accoler à un seul cas et finalement d'en faire un cliché, comme pour tous les clichés qui peuvent exister dans notre monde quels soient les sujets, qui ne correspondra pas à tous les cas d'autisme.En 2007, pour casser l'image d'homme-ordinateur qui lui colle à la peau depuis sa participation à ce documentaire, il écrit un livre de mémoires Je suis né un jour bleu, qui est traduit en 19 langues. Il insiste sur son humanité et sa sensibilité malgré le fait qu'il soit atteint du syndrome d'Asperger et doué d'une mémoire hors du commun : « L'aventure est insolite, parfois déroutante et souvent captivante. » Il y raconte des souvenirs d'enfance, des épisodes d'agoraphobie, ainsi que des tests auxquels il s'est soumis pour des chercheurs en neurosciences du monde entier. Il est parfois présenté comme « la pierre de Rosette de l'autisme », car il est l'un des rares individus autistes à pouvoir mettre des mots sur ce qu'il vit et à en faire la synthèse.
En conclusion de ce post.
Une chose est certaine, c'est une particularité mentale qui me touche beaucoup, et avec mes créations, j'y réfléchis, je souhaite pouvoir entrer en contact avec des autistes, pour découvrir leurs réactions, leurs regards. J'y travaille. : )
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Chrysalide
Re: Le Divan
Ton emploi de "l'autisme" pourrait être remplacé par tout autre nom.Denton010 a écrit :L'autisme est le nom que les non-autistes donnent à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.
Là je pense à > L'art est le nom que les non-artistes donnent à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.
PS: c'est quoi comprendre?
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Aacryl
Re: Le Divan
merci Chrysalide d avoir répondu, je pense que si, ta démarche est claireChrysalide a écrit : (...) Je sens juste que ça me donne des clefs pour ouvrir de nouvelles portent chez moi, c'est tout ce qui m'intéresse. : )
Je ne sais pas si tout est clair. J'espère en tout cas que ça répond à tes questions.
je viens préciser un point parce que j´ai l´impression de ne pas m´être bien exprimée
je ne pensais pas à la réflexion sur soi-même ni sur la capacité de faire passer ses visions dans le monde extérieur, je pensais à la capacité de "voir" les autres et leurs mécanismes de fonctionnement, chose que tu réussis beaucoup mieux que la majorité des personnes que je côtoie ou que je lis. Tu touches souvent "dans le mille" quand tu t´adresses à quelqu´un. Cette capacité est le fruit de nos neurones miroirs (en allemand ils sont appelés Spiegelneuronen, alors je traduis mot à mot, mais peut-être qu´en francais ils portent un autre nom) Toujours est-il que ces neurones nous permettent de ressentir les émotions des autres, d´évaluer leurs mouvements, d´anticiper leurs intentions.... d´être en relation avec les autres, et il semblerait que les autistes n´aient pas ces neurones, cette absence de neurones miroirs serait leur point commun à tous et l´explication de base à leurs comportements "pas ordinaires".Pour commencer, du peu de connaissances que j'ai à ce sujet, il y a divers degrés d'autisme. Certains ne parleront jamais de leur vie, seront complètement dans leur monde, seuls eux-même sauront où, je ne fais que supposer, d'autres vont écrire des bouquins par exemple. (...) D'autres, en évoquant l'exemple de ceux qui écrivent des bouquins, pourront entrer en contact avec le monde extérieur avec la parole, le verbal, poser des réflexions épatantes, en plus de leurs autres sens. (...)Aacryl a écrit : Je me suis posé une question tout au long de ma lecture de ton post: tu as une grande capacité de réflexion, est-ce que les autistes peuvent analyser de cette manière et "réfléchir" les évènements, les sentiments, les idées...?
Alors je posais la question que tu as citée, parce que je suis loin de connaitre bien le sujet, mais écrire un livre par exemple n´inclut pas la capacité de "voir" les autres.
Je voulais juste réagir sur ce point, mais je pense que j´ai compris ta démarche
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Denton010
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Re: Le Divan
@ Chrysalide, je ne peux pas dire "c'était l'effet recherché", parce que c'est pas exactement comme ça que ça fonctionne.
Les mots, pour moi qui considère que l'écrit est la chose la plus sacré que l'être humain puisse à la fois posséder et ne pas posséder, sont limités la plupart du temps. Mais une certaine grammaire, autre que la collective, permette parfois le mouvement.
J'avais lu un morceau d'un livre de Ouaknine, un rabbin contemporain assez connu et reconnu pour son étude de la Torah, qui parlait du fameux passage des table de loi. Le moment ou Dieu est censé avoir "gravé" les mots sur la pierre.
Il reprenait le texte initial de la Torah et expliquait que le mot utilisé n'était pas "gravé" mais quelque chose de l'ordre de "transpercé". Ce qui change tout si on s'y arrête deux secondes. Car si Dieu a transpercé la pierre, alors les mots sont dans le vide qu'il a "créé" dans la pierre. Les mots sont le vide laissé.
Pour moi ça a eu l'effet d'un éclair. Une grande lumière. Les mots qu'on écrit, ouais ok. Mais ceux qui sont lus, que font-ils dans la tête du lecteur?
Et j'y suis encore.
Les mots, pour moi qui considère que l'écrit est la chose la plus sacré que l'être humain puisse à la fois posséder et ne pas posséder, sont limités la plupart du temps. Mais une certaine grammaire, autre que la collective, permette parfois le mouvement.
J'avais lu un morceau d'un livre de Ouaknine, un rabbin contemporain assez connu et reconnu pour son étude de la Torah, qui parlait du fameux passage des table de loi. Le moment ou Dieu est censé avoir "gravé" les mots sur la pierre.
Il reprenait le texte initial de la Torah et expliquait que le mot utilisé n'était pas "gravé" mais quelque chose de l'ordre de "transpercé". Ce qui change tout si on s'y arrête deux secondes. Car si Dieu a transpercé la pierre, alors les mots sont dans le vide qu'il a "créé" dans la pierre. Les mots sont le vide laissé.
Pour moi ça a eu l'effet d'un éclair. Une grande lumière. Les mots qu'on écrit, ouais ok. Mais ceux qui sont lus, que font-ils dans la tête du lecteur?
Et j'y suis encore.
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Chrysalide
Re: Le Divan
Je souhaite revenir sur des trucs, pour un peu tenter de faire le tri dans tout ce qui est dit depuis mon post, concernant mon observation personnelle à mon sujet.
J'ai commencé par mentionner dans mon intro
Je vais citer un paragraphe qui parlera peut-être mieux que ce que j'exprime avec mes mots :
Encore plus loin je lis cette citation
Quand tu écris Aacryl, pour prendre en compte tout le cheminement de ta réflexion
Mais j'en reviens au fait que médicalement, je n'en sais rien ce qui fait la particularité commune de tous les autistes en plus de tous les troubles du spectre autistique que chacun peut avoir, je me demande même s'il y en a vraiment une commune à tous.
C'est plus d'un point de vue sensoriel et d'un point de vue artistique que mon regard a été attiré par les sensibilités de divers autistes, des sensibilités à plusieurs reprises qui m'ont énormément parlé intimement. : )
Après, j'en reviens à l'exemple de David Tammet, pour approfondir ce que tu soulevais.
Il analyse sa manière de fonctionner, il la présente, mais également en prenant en compte autrui. Il analyse et voit le monde qui l'entoure, se positionne, fait ses synthèses. Il y a une réelle connexion entre sa position et celle du monde qui l'entoure. Il a appris à le faire avec le temps, et à le communiquer, en résumant de ma part tout en rapportant ses mots. Puis ses particularités lui permettront de voir ce qu'une majorité d'individus ne verra pas quelles que soient les situations et la direction du regard.
Temple Grandin également présente son analyse de sa manière de fonctionner, qui a pris du sens en découvrant dans son parcours, peu à peu, d'autres personnes. Dans sa manière de présenter les choses, il y a le constat de comment fonctionnent d'autres personnes et de sa manière de fonctionner dans son esprit qui a permis de mieux se positionner, de mieux s'analyser.
Et je peux coller cette phrase ici aussi à son sujet > Puis ses particularités lui permettront de voir ce qu'une majorité d'individus ne verra pas quelles que soient les situations et la direction du regard.
Ce sont des observations qui se sont construites avec le temps.
D'ailleurs, je pense sincèrement qu'une personne qui s'analyse avec autant de perspicacité, quel que soit le temps que ça lui a pris, c'est qu'elle voit avec profondeur les autres, le monde qui l'entoure, lui permettant de se positionner. Ca me rappelle des mots > "sans autrui il n'y a pas de sujet".
Ca me laisse penser que leur véritable challenge a été de s'adapter pour trouver un moyen de communication, notamment verbal, avec le monde extérieur, pour projeter leurs observations et les rendre accessibles à une majorité d'individus notamment non-autistes.
Il y a une citation de David Tammet que j'avais laissé il y a quelques temps que je relaisse ici et que j'aime beaucoup :
"L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres."
Ensuite, je souhaite revenir sur cette remarque de ta part et apporter une nuance importante à mes yeux
Les paradoxes en font pleinement partie de la diversité. Le monde est de toute manière construit sur des paradoxes.
Je suis également pour l'approfondissement d'une notion. Ici c'est la notion des troubles du spectre de l'autisme que j'évoque. Et je ne suis pas pour la précipitation d'une conclusion. Ce n'est en tout cas ce que je souhaite atteindre ici.
Face aux constats depuis quelques années que des sensibilités de certains autistes me parlent au plus profond de mon intimité, en constatant des similarités frappantes, quand je fais la démarche de parler ouvertement de cette observation de ma part, tout en ayant conscience que ça pourra être pris de diverses manières, vive la diversité :p, je ne suis pas là pour me catégoriser, je ne fais qu'oser partager un questionnement de ma part sur ma personne, mais je questionne également les personnes qui liront mes mots aussi.
Quand j'écris
J'ai d'ailleurs trouvé intéressant de lire que des personnalités présentent divers traits du syndrome Asperger de manière assez frappantes pour des spécialistes, mais n'ont jamais été diagnostiquées Asperger pour diverses raisons. Du coup, elles en font partie, sans vraiment en faire partie. Ca me fait réfléchir.
Par mon partage public de mes questionnements plus haut, je n'ai fait que présenter une direction ciblée, que j'ai essayé de développer, d'illustrer, pour tenter d'être efficace dans certaines recherches personnelles par rapport à des trucs frappant qui me font des clignos et qui me susurrent plein de reconnaissances intimement par rapport à des vérités qui font partie de moi depuis toute ma vie j'ai envie de dire et qui ont pu troubler mon développement et continuent encore.
Il faudrait peut-être inventer pour le fun, s'il n'existe pas déjà, le syndrome "Jemyretrouv". : )
Pour revenir sur un autre point
Et sinon Denton, quand j'ai lu ta phrase, je me suis dit qu'elle était là posée comme une graine pour faire germer de la réflexion pour qui en avait envie, au milieu des autres posts. Mais je me suis dit que le piège de ta phrase c'est son aspect vérité générale qui fige tout en véhiculant du sous-entendu et pas du tout de franchise. Mais les sous-entendus peuvent à la fois être justes et faux suivant les situations, c'est variable.
J'ai commencé par mentionner dans mon intro
C'est important pour moi de revenir sur cette formulation, de la souligner parce que je trouve qu'elle offre une diversité de facettes concernant l'autisme notamment grâce au terme spectre. Le terme spectre me permet de visualiser une décomposition, une multitude reliée à autisme. Parler seulement d'autisme tout seul, que j'ai pu employer aussi par la suite dans mon post, un peu comme un raccourci, a le piège de présenter plus une généralité qui camoufle une diversité.Chrysalide a écrit : des troubles du spectre de l'autisme
Je vais citer un paragraphe qui parlera peut-être mieux que ce que j'exprime avec mes mots :
J'ai lu aussi que les troubles du spectre autistique, sont aussi appelés troubles envahissants du développement.La notion de spectre autistique permet de reconnaître des troubles du développement désignés autrement que par le terme autisme mais qui répondent à ses critères. Elle permet de mieux reconnaitre la diversité des comportements des personnes autistes et la possibilité qu'elles ont d'évoluer sur le spectre.
Encore plus loin je lis cette citation
Mais je me dis que c'est peut-être encore restreint.Il est devenu usuel de réunir sous l'étiquette générale de "troubles du spectre autistique" l'autisme typique, dit "de Kanner", les autismes "de haut niveau" et le syndrome d'Asperger.
Quand tu écris Aacryl, pour prendre en compte tout le cheminement de ta réflexion
tout d'abord je souhaite juste dire de ne pas peut-être idéaliser ma petite personne, sans non plus vouloir douter de tes observations personnelles à mon sujet. Elles t'appartiennent en tout cas. : )Aacryl a écrit :
je ne pensais pas à la réflexion sur soi-même ni sur la capacité de faire passer ses visions dans le monde extérieur, je pensais à la capacité de "voir" les autres et leurs mécanismes de fonctionnement, chose que tu réussis beaucoup mieux que la majorité des personnes que je côtoie ou que je lis. Tu touches souvent "dans le mille" quand tu t´adresses à quelqu´un.
ensuite, sincèrement, je me sens un peu distante par rapport à ce point souligné en gras, car je ne m'intéresse pas à ce sujet d'un point de vue médical. Je n'y connais rien c'est certain médicalement et il y a quelque chose de catégorique qui me laisse sceptique, qui apparemment peut aussi laisser sceptiques certains spécialistes, d'après ce que j'ai pu croiser dans certaines de mes trouvailles. Les études sont variables. Après je n'oublie pas "il semblerait" que tu emploies, me laissant penser que tu n'es pas dans la certitude, mais dans la présentation d'une notion que tu as peut-être entendu ou lu, bref qui est venue jusqu'à toi d'une manière ou d'une autre.Aacryl a écrit :Cette capacité est le fruit de nos neurones miroirs (en allemand ils sont appelés Spiegelneuronen, alors je traduis mot à mot, mais peut-être qu´en francais ils portent un autre nom) Toujours est-il que ces neurones nous permettent de ressentir les émotions des autres, d´évaluer leurs mouvements, d´anticiper leurs intentions.... d´être en relation avec les autres, et il semblerait que les autistes n´aient pas ces neurones, cette absence de neurones miroirs serait leur point commun à tous et l´explication de base à leurs comportements "pas ordinaires".
Mais j'en reviens au fait que médicalement, je n'en sais rien ce qui fait la particularité commune de tous les autistes en plus de tous les troubles du spectre autistique que chacun peut avoir, je me demande même s'il y en a vraiment une commune à tous.
C'est plus d'un point de vue sensoriel et d'un point de vue artistique que mon regard a été attiré par les sensibilités de divers autistes, des sensibilités à plusieurs reprises qui m'ont énormément parlé intimement. : )
Après, j'en reviens à l'exemple de David Tammet, pour approfondir ce que tu soulevais.
Il analyse sa manière de fonctionner, il la présente, mais également en prenant en compte autrui. Il analyse et voit le monde qui l'entoure, se positionne, fait ses synthèses. Il y a une réelle connexion entre sa position et celle du monde qui l'entoure. Il a appris à le faire avec le temps, et à le communiquer, en résumant de ma part tout en rapportant ses mots. Puis ses particularités lui permettront de voir ce qu'une majorité d'individus ne verra pas quelles que soient les situations et la direction du regard.
Temple Grandin également présente son analyse de sa manière de fonctionner, qui a pris du sens en découvrant dans son parcours, peu à peu, d'autres personnes. Dans sa manière de présenter les choses, il y a le constat de comment fonctionnent d'autres personnes et de sa manière de fonctionner dans son esprit qui a permis de mieux se positionner, de mieux s'analyser.
Et je peux coller cette phrase ici aussi à son sujet > Puis ses particularités lui permettront de voir ce qu'une majorité d'individus ne verra pas quelles que soient les situations et la direction du regard.
Ce sont des observations qui se sont construites avec le temps.
D'ailleurs, je pense sincèrement qu'une personne qui s'analyse avec autant de perspicacité, quel que soit le temps que ça lui a pris, c'est qu'elle voit avec profondeur les autres, le monde qui l'entoure, lui permettant de se positionner. Ca me rappelle des mots > "sans autrui il n'y a pas de sujet".
Ca me laisse penser que leur véritable challenge a été de s'adapter pour trouver un moyen de communication, notamment verbal, avec le monde extérieur, pour projeter leurs observations et les rendre accessibles à une majorité d'individus notamment non-autistes.
Il y a une citation de David Tammet que j'avais laissé il y a quelques temps que je relaisse ici et que j'aime beaucoup :
"L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres."
Ensuite, je souhaite revenir sur cette remarque de ta part et apporter une nuance importante à mes yeux
je suis pour la diversité avant tout, ne pas imposer un mode de fonctionnement par rapport à un autre. La diversité inclut pour moi, entre autres, les personnes qui ont besoin d'étiquettes pour s'y retrouver et avancer, chose que je trouve intéressant tant qu'elles sont ouvertes à la discussion et qu'elles ne pensent pas que tout le monde doit fonctionner de la même manière.Aacryl a écrit : Tu es une grande défendeuse d´un monde sans étiquette
Les paradoxes en font pleinement partie de la diversité. Le monde est de toute manière construit sur des paradoxes.
Je suis également pour l'approfondissement d'une notion. Ici c'est la notion des troubles du spectre de l'autisme que j'évoque. Et je ne suis pas pour la précipitation d'une conclusion. Ce n'est en tout cas ce que je souhaite atteindre ici.
Face aux constats depuis quelques années que des sensibilités de certains autistes me parlent au plus profond de mon intimité, en constatant des similarités frappantes, quand je fais la démarche de parler ouvertement de cette observation de ma part, tout en ayant conscience que ça pourra être pris de diverses manières, vive la diversité :p, je ne suis pas là pour me catégoriser, je ne fais qu'oser partager un questionnement de ma part sur ma personne, mais je questionne également les personnes qui liront mes mots aussi.
Quand j'écris
en parlant personnellement de moi, j'aurais pu poser la chose ainsi >je me demande si je ne peux pas en être atteinte.
Peut-être que pour des spécialistes, la réponse sera évidente, je n'en sais rien. Pour moi, avec le peu de données que j'ai, depuis là où je suis, elle ne l'est pas évidente, je ne pense pas être la seule pour qui ça ne l'est pas évident. Et je trouve que cette question permet d'offrir encore une diversité par rapport aux troubles du spectre de l'autisme entre ce qui est évident, diagnostiqué et ce qui ne l'est pas, ce qui est hors du cadre (hors du cadre comme peut le pointer Denton si je suis bien la direction de tes idées).je me demande si des personnes peuvent être atteintes de troubles du spectre autistique sans le savoir.
J'ai d'ailleurs trouvé intéressant de lire que des personnalités présentent divers traits du syndrome Asperger de manière assez frappantes pour des spécialistes, mais n'ont jamais été diagnostiquées Asperger pour diverses raisons. Du coup, elles en font partie, sans vraiment en faire partie. Ca me fait réfléchir.
Par mon partage public de mes questionnements plus haut, je n'ai fait que présenter une direction ciblée, que j'ai essayé de développer, d'illustrer, pour tenter d'être efficace dans certaines recherches personnelles par rapport à des trucs frappant qui me font des clignos et qui me susurrent plein de reconnaissances intimement par rapport à des vérités qui font partie de moi depuis toute ma vie j'ai envie de dire et qui ont pu troubler mon développement et continuent encore.
Il faudrait peut-être inventer pour le fun, s'il n'existe pas déjà, le syndrome "Jemyretrouv". : )
Pour revenir sur un autre point
sans connaître le garçon ou la copine, quelque part je suis d'accord avec sa remarque que "chacun a son rythme d'évolution". : )Aacryl a écrit : Dans ma communauté il y a un garcon de 16 ans qui a été diagnostiqué autiste d´Asperger, mais une de ses coloc´qui le connait bien et l´apprécie beaucoup refuse cette catégorisation. Dernièrement j´avais entendu dire que ce garcon stagnait dans son évolution, alors j´ai voulu avoir l´avis de sa coloc´avec qui je suis copine, elle n´a pas apprécié du tout ma question, elle a répondu que chacun avait son propre rythme d´évolution.
Et sinon Denton, quand j'ai lu ta phrase, je me suis dit qu'elle était là posée comme une graine pour faire germer de la réflexion pour qui en avait envie, au milieu des autres posts. Mais je me suis dit que le piège de ta phrase c'est son aspect vérité générale qui fige tout en véhiculant du sous-entendu et pas du tout de franchise. Mais les sous-entendus peuvent à la fois être justes et faux suivant les situations, c'est variable.
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Denton010
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Re: Le Divan
Juste ou faux suivant les situations, c'est variable?
Ben c'est ça le truc. Si un truc est vrai dans une situation, mais faux dans une autre, quid de la définition du vrai et du faux?
En fait il n'y a que des interprétations.
Ex: je suis convaincue de faire oeuvre dans ma thèse, j'ai besoin pour ce faire d'être à la fois sincère et d'accepter de défendre ma perception des choses comme "vrai" pour avancer. Mais j'ai bien conscience que ça n'est valable que pour moi ici et maintenant. Un jour quelqu'un passera sur ma thèse comme je passe sur celles qui ont pu être pondu sur l'auteur que j'étudie et dira quelque chose comme ce que j'ai dit sur elles: "'tain!!!mais c'est n'importe quoi!!!"
C'est le jeu.
Ca ne veut pas dire que ce que je fais n'a aucune valeur. Ce que je fais a une valeur pour moi ici et maintenant, et c'est déjà pas si mal.
Si elle peut permettre dans 50 ans à ce qu'un autre petit Mastereux ou Mastereuse d'aller encore plus loin en me traitant d'ignoble inculturable, tant mieux.
Ben c'est ça le truc. Si un truc est vrai dans une situation, mais faux dans une autre, quid de la définition du vrai et du faux?
En fait il n'y a que des interprétations.
Ex: je suis convaincue de faire oeuvre dans ma thèse, j'ai besoin pour ce faire d'être à la fois sincère et d'accepter de défendre ma perception des choses comme "vrai" pour avancer. Mais j'ai bien conscience que ça n'est valable que pour moi ici et maintenant. Un jour quelqu'un passera sur ma thèse comme je passe sur celles qui ont pu être pondu sur l'auteur que j'étudie et dira quelque chose comme ce que j'ai dit sur elles: "'tain!!!mais c'est n'importe quoi!!!"
C'est le jeu.
Ca ne veut pas dire que ce que je fais n'a aucune valeur. Ce que je fais a une valeur pour moi ici et maintenant, et c'est déjà pas si mal.
Si elle peut permettre dans 50 ans à ce qu'un autre petit Mastereux ou Mastereuse d'aller encore plus loin en me traitant d'ignoble inculturable, tant mieux.
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Aacryl
Re: Le Divan
ta mise au point est claire et très intéressante, j´écris ce post parce que tu t´es adressée à moi directement à certains passages alors puisque tu ne peux pas le voir je le note: j´ai souvent acquiescé de la tête, sans rien avoir à ajouterChrysalide a écrit :
Je suis également pour l'approfondissement d'une notion. Ici c'est la notion des troubles du spectre de l'autisme que j'évoque. Et je ne suis pas pour la précipitation d'une conclusion. Ce n'est en tout cas ce que je souhaite atteindre ici.
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hoof
Re: Le Divan
Quand je te lis , Chrysalide, tout particulièrement au sujet des tes questionnements sur l'autisme, je ressens cette impression: que tu es en quête de toi-même, avec une sorte de besoin de t'autoapprivoiser, pour avancer, te construire, en ayant un maximum de clé en mains.
Alors, il me semble que savoir si tu présentes ou nom le syndrome d'Asperger, est avant tout une nouvelle étape pour cette découverte de toi-même. Parfois, tu me donnes l'impression de t' observer dans la rue, comme si t'y regardais une étrangère qui t'intrigue. Tu me fais penser à quelqu'un qui veut se réapproprier sa propre personne, reprendre le contrôle, en comprenant.
Je ne ressens aucune envie, personnellement, de vouloir te trouver d'excuses en te mettant une étiquette, mais seulement ce besoin de savoir.
Tu es très curieuse, ouverte, et, à mon sens, courageuse de faire cette démarche de tenter de trouver les clés nécessaires à ta propre découverte, sans rien écarter.
Aussi, je te souhaite bonne chance dans ta quête, Chrysalide.
(j'espère que je ne fais pas trop psy de comptoir, sinon, corrige-moi
)
Alors, il me semble que savoir si tu présentes ou nom le syndrome d'Asperger, est avant tout une nouvelle étape pour cette découverte de toi-même. Parfois, tu me donnes l'impression de t' observer dans la rue, comme si t'y regardais une étrangère qui t'intrigue. Tu me fais penser à quelqu'un qui veut se réapproprier sa propre personne, reprendre le contrôle, en comprenant.
Je ne ressens aucune envie, personnellement, de vouloir te trouver d'excuses en te mettant une étiquette, mais seulement ce besoin de savoir.
Tu es très curieuse, ouverte, et, à mon sens, courageuse de faire cette démarche de tenter de trouver les clés nécessaires à ta propre découverte, sans rien écarter.
Aussi, je te souhaite bonne chance dans ta quête, Chrysalide.
(j'espère que je ne fais pas trop psy de comptoir, sinon, corrige-moi
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Chrysalide
Re: Le Divan
Tu me fais sourire. Je me sens étrangement, des fois quand je me pose, dans le mensonge de la personne que je suis au fond de moi, par rapport à ce que je peux extérioriser naturellement, sans tout maîtriser et ne laissant pas forcément paraître celle qui est observatrice derrière ses jumelles en moi. Il est clair que je me sens comme plusieurs êtres en un corps. Et il y a cette petite conscience, une des miennes, peut-être la plus lucide, peut-être celle qui n'est dans aucun rôle, qui se sent dans l'obscurité et qui tente d'éclairer sa grotte avec sa frontale, de regarder autour d'elle entre ce qu'elle peut percevoir et ne pas percevoir. Il est évident que dans mon labyrinthe, je souhaite ouvrir des portes et pour cela il me faut des clefs, des vérités, sans précipitations, juste grâce à des rencontres, des échanges que je ne peux pas prévoir, menant à des éventuels approfondissements, simplement pour me sentir entière, en phase, en creusant encore et encore autant que possible.
Là dans ma démarche, je me sens attirée par la curiosité, l'ouverture, la mise en perspective en posant à l'écrit mes pensées, mes constats, mes observations, pour me questionner, mais questionner autrui aussi, pouvant permettre éventuellement de faire des découvertes, de réfléchir à des trucs que d'autres pourraient apporter avec leurs réflexions, leurs expériences personnelles. J'aime les constatations pour les remettre en question. C'est l'intérêt de l'échange sur un forum je me dis.
Pour ce que tu qualifies de "quête". Tu sais elle a toujours été là consciemment ou inconsciemment, elle sera toujours là, et toujours variable, mutante même, par rapport à des facteurs dans le parcours qui auront influencé la mutation. Je crois que c'est pareil pour tout le monde, chacun à sa manière. : )
Là dans ma démarche, je me sens attirée par la curiosité, l'ouverture, la mise en perspective en posant à l'écrit mes pensées, mes constats, mes observations, pour me questionner, mais questionner autrui aussi, pouvant permettre éventuellement de faire des découvertes, de réfléchir à des trucs que d'autres pourraient apporter avec leurs réflexions, leurs expériences personnelles. J'aime les constatations pour les remettre en question. C'est l'intérêt de l'échange sur un forum je me dis.
Pour ce que tu qualifies de "quête". Tu sais elle a toujours été là consciemment ou inconsciemment, elle sera toujours là, et toujours variable, mutante même, par rapport à des facteurs dans le parcours qui auront influencé la mutation. Je crois que c'est pareil pour tout le monde, chacun à sa manière. : )