J'avais aimé. Et largement oublié : j'ai redécouvert le film.
Je renvoie d'abord à la fiche du film sur le site faite par Isabelle : http://www.univers-l.com/la_repetition.htm.
Et j'ai envie de rebondir à partir de cette première phrase de l'avis personnel, que je lis toujours en premier : "Dans La Répétition, Louise est amoureuse de Nathalie et le spectateur le réalise dès leur premier rencontre".
C'est ça : c'est l'énigme du film, c'est pour cela que j'ai eu envie de le revoir. Que ressent vraiment Louise (Pascale Bussières) pour Nathalie (Emmanuelle Béart) ? On ne le sait jamais vraiment car la caméra n'est pas subjective : elle est omnisciente et ne nous montre que ce qu'elle veut qu'on voit.
Ce qui m'a surpris dès le début, c'est la petite musique de "Chercher le garçon" sur des jeux de deux petites filles collées l'une à l'autre, comme dans un jeu de miroir. Louise et Nathalie passent une enfance heureuse en Bretagne et, à l'adolescence, elles passent leur temps à draguer un peu les garçons et à jouer des rôles écrits par l'un des garçons du groupe, l'artiste torturé. Rien de très sérieux... sauf que Nathalie a plus de succès avec les garçons et joue mieux au théâtre. Louise s'en rend compte. Pire, elle ne suffit plus à son amie. D'emblée, se mêlent donc rivalité culpabilisante entre amies, quête de fusion de la part de Louise sans réciprocité de la part de Nathalie, envie ou jalousie de Louise envers Nathalie. Louise fait une tentative de suicide et l'on se dit : elle est jalouse ou bien elle est amoureuse et ne peut pas faire face au dépit qu'elle ressent. Excessive, elle rompt par l'entremise de sa mère toute relation avec Nathalie, qui ne comprend rien.
En permanence les fils de la jalousie, de la rivalité (l'envie d'être à la place de Nathalie, y compris en acceptant sa mort) et de l'amour à la fois passionnel, destructeur, vaguement teinté d'homosexualité et surtout complètement empreint de désir pour le corps de Nathalie, se mélangent.
Nathalie est tellement vue par la caméra comme un objet de désir (pour les hommes et pour Louise) qu'elle en devient difficile à comprendre : elle subit les désirs des autres et comme la poupée désarticulée des pièces de théâtre dont elle joue les héroïnes, elle semble ne faire aucun choix. La seule chose que l'on sent monter en elle est la haine ou le ressentiment pour Louise. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle embrasse Louise, pourquoi elle prend l'initiative de la scène d'amour...
Et vous ? Qu'en avez-vous pensé ?