Bee :
"pourrais-tu clarifier ce "on" qui manipulerait l'attaque et ce que tu entends par "journaleux et/ou militants" ?"
Quand il y a une polémique, un coup médiatique, toujours regarder qui en est à l'origine.
Parfois les personnes à l'origine l'ont fait sans intention particulière et sans se douter que ça prendrait une ampleur négative, mais le plus souvent c'est fait intentionnellement.
Ici, la vidéo que tu avais mise en lien (et encore et toujours merci à toi et aux participants de ce forum pour cette constante veille que je qualifierais de sanitaire

) semble tournée de manière à laisser penser que la polémique est très grande en Australie et que "les" australiens sont comme ça.
Qui est à l'origine de cette vidéo et des articles en rapport avec la polémique ? Des militants homos, des journalistes ?
Dans un cas comme dans l'autre je trouve le résultat douteux.
"Son extension au thème de l'homosexualité (avec l'idée sous-jacente : ce qui est vu est pensé comme possible et donc ferait sauter un verrou moral et mental) est révélatrice à la fois d'une augmentation très nette de la visibilité de l'homosexualité à l'écran et d'une augmentation aussi très nette de la perception de cette visibilité nouvelle.
La question que je me pose est donc la suivante : ce genre de polémique est-il un indicateur pour savoir si nous sommes ou non entrés dans un moment plus conservateur ou pas en matière de visibilité homosexuelle ?"
La polémique australienne n'est effectivement pas un bon indicateur, en tous cas pas de la manière dont elle est présentée sur Internet, et aussi parce que l'Australie n'a pas assez de séries et de films à contenu homosexuel pour être un bon exemple (L'Espagne en serait un peut-être).
Mais même sans m'appuyer sur cette polémique, mon sentiment est que nous sommes arrivés au point crucial où la visibilité accrue de l'homosexualité dans les médias de loisir peut faire pencher (ou non) la balance dans le sens du ras le bol de la part de ceux qui ne sont pas concernés.
De même qu'au début des fêtes et manifestations publiques LGBT, au bout d'un moment ça reveillait les antis et ça éveillait un certain nombre de neutres contre tout ce tintouin.
J'étais de ces neutres agacés à une époque, non pas anti-homo, bien sûr, c'aurait été le comble, mais agacée parce que je trouvais que ça ne valorisait pas l'image des homos en général et que ça renforçait leur marginalité (et que c'était voulu, consciemment ou inconsciemment). Etant quand même interessée par le sujet, j'abordais assez souvent le sujet, et j'ai eu de nombreuses discussions à ce propos avec ma famille et mes amis : la plupart des "neutres" avaient les mêmes réactions.
Donc je sais ce que ça peut créer comme sentiment de "rejet", le trop plein d'un thème sur quelqu'un qui ne se sent pas directement concerné, même sans être à priori anti.
J'ai en partie changé d'avis sur l'effet de l'activisme homo, du moins d'une certaine forme d'activisme. J'ai pu constater que ça avait eu un effet bénéfique sur la tolérance sociale, dans les lois aussi bien sûr, et contrairement à ce que je craignais aussi sur la "normalisation" de l'homosexualité (on est très loin d'un idéal, mais impossible de nier qu'il y a eu des avancées en 20 ans).
Alors actuellement on est sur le faîte du toit : d'un côté la pente de l'apaisement et de la normalisation, retombée progressive des polémiques et nivelage progressif des sexualités et des vies sentimentales quelles que soient leurs orientations ?
De l'autre la pente de la régression.
Celle qu'on descend pour tant d'autres thèmes actuellement, hélas, avec notamment la remontée de l'envahissement par les religions de la vie quotidienne, sociale et intellectuelle des gens dans de plus en plus de pays.
Alors renforcement et explosion des haines de ce qui est différent de soi et de ce que des siècles de martelage ont embrigadé à penser, qui touchera bien sûr en priorité la sexualité et la vie publique sociale ?
Je ne suis pas très optimiste...
Peut-être faut-il qu'on se calme un peu avec la médiatisation LGBT en attendant que les choses se tassent ?
(Mais ça risque de durer un moment et notre génération va probablement morfler ; je n'ai pas le goût du sacrifice.)
Ou bien on continue l'activisme en tablant sur l'effet positif des années précédentes ?
Mais il faut tenir compte du contexte social et politique contemporain, et probablement modifier les formes d'activisme, les "adoucir", les rendre plus subtiles, et surtout eviter tout ce qui est suscpetible de créer l'effet inverse et les contre-réactions anti.
C'est à inventer encore et encore.
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