Je crois qu'effectivement, c'est ce qu'il fallait (entre autres).Michelle :
"L word est passé en France, avez vous constaté une différence en terme de visibilité ?
Aux USA elles n'ont rien vu... Ha si, les hétéros fantasment encore plus sur les lesbiennes
Youpiiiiiiiiiii juste ce qu il nous fallait"
Que c'est ce qu'il fallait au "milieu lesbien" de France et d'ailleurs.
Ca a sûrement aidé à dépoussiérer l'image de "la" lesbienne, à casser l'image de la lesbienne = forcément femme moche frustrée au look ultra-masculin...
Que la quasi exclusivité des canons dans la série relève de l'utopie et du fantasme ne change rien au fait de ce dépoussiérage est positif, inducteur d'attirance et de séduction, donc d'acceptabilité pour les spectateurs.
Quant aux "hétéros qui fantasment sur les lesbiennes" c'est un faux paradoxe...
Mais en ce qui concerne les vraies hétéros (non attirées par les femmes), vu qu'elles constituent à peu près la moitié de la population, c'est un vrai plus si elles ont regardé et apprécié la série, puis celles qui suivent.
Les toutes jeunes femmes regardent beaucoup les séries télévisées.
On a des chances qu'avec cette génération là au moins, il y ait moins de prévention envers les lesbiennes, plus de tolérance, voire une acceptation pacifiée. Ces femmes auront forcément une influence sur la partie masculine de cette génération.
Puis ces jeunes femmes deviendront mères, etc.
Nous pouvons espérer que ça contrebalance le conservatisme ambiant qui revient au galop.
Alors oui, pour ça et pour les nombreuses femmes attirées par les femmes que ça a aidé à se désinhiber (cf. les témoignages qui affluent sur les forums et blogs de tous pays), cette série a été un révélateur, une avancée, un facilitateur (d'autres séries, d'autres films, d'autres facteurs de "normalisation").
Pour en revenir au faux paradoxe...
Un des reproches que j'ai envers cette série quant à l'aide à la visibilité, c'est qu'elle est trop axée sur un milieu lesbien fermé, et ne met pas suffisamment en scène la bisexualité. D'un autre côté, sa représentation du rejet des bisexuelles par ce milieu fermé est assez juste (avec notamment le personnage de Tina), quoique j'y ai vu trop peu de critique de ce rejet.
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