Visionnage hier soir de
L'hermine de Christian VINCENT avec Fabrice LUCHINI et Sidse Babett KNUDSEN.
Je viens souvent à des films par le biais d'acteurs.
C'était le cas avec Sidse Babett KNUDSEN vue dans
The Duke of Burgundy, qui m'avait beaucoup plu dans son jeu.
Pas déçue du voyage.
J'en ai appris sur le rôle de jurés dans les Cour d'Assises (une expérience qui doit bouleverser), sur la difficulté d'établir la vérité, sur la subjectivité des parties entendues.
Il y a un côté un peu narratif dans l'explication de l'organisation judiciaire que veut donner le film mais au final, l'information est intéressante.
Le film est agrémenté de belles scènes d'approche du personnage principal auprès de cette jurée, qu'il connait d'une rencontre fortuite antérieure. J'ai intensément vibré à l'écoute des sentiments exprimés, de cette mise-à-nu, de cette énorme prise de risque.
.
Sidse Babett KNUDSEN crève l'écran de son sourire solaire, de la générosité que dégage son visage, de son apparente passivité à l'écoute des sentiments amoureux que développe le président de cour auprès d'elle mais qui s'insinuent et la touchent en profondeur.
Peut-être le réalisateur a-t-il un peu trop joué sur cette passivité. Les sourires sont parfois redondants et un peu mièvres mais une réelle présence. Il y a une douceur et un calme profonds chez ce personnage.
Le manteau rouge et le manteau bleu qu'elle porte, dénotent sur les autres protagonistes et rehausse la beauté déjà naturelle de l'actrice.
Le personnage de l'adolescente est très bien joué. J'ai retrouvé des attitudes très parlantes, qui reflètent un réalisme actuel dans les comportements de cet âge.
Fabrice LUCHINI égal à lui-même, dans une diction aux syllabes détachées, scandées comme dans une pièce de théâtre, quelque peu emphatique, déclarative, mais qui au final, produit une certaine musicalité.
L'accent de Sidse Babett KNUDSEN provoque également une certaine musicalité, agréable à mon oreille.
Très belle BO de Claire DENAMUR surtout sur le titre
Dreamers, intimiste, ryhtmiquement très simple et calme, incluant des doubles voix, très jolies dans leur parfaites harmoniques, une ligne de guitare acoustique très simple elle aussi, étayant le morceau, tout ces éléments arrondissant et approfondissant l'intensité émotionnelle des personnages.
Un thème au piano, superbe de simplicité (avec des accents de celui de
La leçon de piano à la réécoute), dans la scène finale, agrémenté de l'entrée d'un violon qui se pose comme sur un fil, puis d'un second en double voix, le son grave et chaud du violoncelle et de nouveaux ces doubles voix épurées. C'est beau.
Je ne connaissais pas cette compositrice.
Le renfort de la bande son à l'atmosphère du scénario est réussie.