L'homosexualité ne s'attrape pas au travers de sa visibilité c'est sûr

. Néanmoins, et c'est ce qui effraye certains , après réflexion, je suis persuadée que plus nous serons représentés, plus il y aura des personnes plus ou moins jeunes qui oseront enfin sortir du placard . Enfant, je savais que j'étais hors norme, mais comme nul autour de moi n'abordait le sujet de l'homosexualité et encore moins de la transidentité, je me croyais tout simplement malade, et me persuadais qu'un jour moi aussi je serais attirée par les garçons.
Et puis, par hasard, certes dans des termes peu élogieux, j'ai découvert au travers de quelques films que je n'étais pas unique. Ce fut une libération. Toutefois, encore très peu représentée et comme dit , puisque c'était au travers de personnages qui soit faisaient rire, soit étaient diaboliques, jamais à cette époque personne ne le sut. Au fond mon coming out, mon premier, fut vers mes trente ans et avec ma meilleure amie. Aujourd'hui, qui le sait ? A peine une dizaine de personnes, malgré mes prises de position largement connues du public en faveur de la reconnaissance de l'égalité des droits pour tous , sans distinction de race , de religions, de sexe, appartenance à une quelconque catégorie sociale, attirances affectives, attirances sexuelles, etc . En effet pour la plupart des gens , je milite, certes , mais je suis hétéro. Je ne fais rien pour qu'ils le croient, mais ne fais rien non plus pour les dissuader.
Parfois , sous l'effet de la colère , en réaction à de l'homophobie évidente, je le dis, mais en règle générale , je n'en parle pas. A ce propos, une voisine m'a lancé dernièrement :
" Au fait , ma cousine, tu sais , la lesbienne, a appris pour ce qui t' est arrivé depuis son déménagement . Elle en est malade . "
Elle me parlait comme si j'étais hétéro. Je n'ai pas honte de qui je suis mais je trouve que c'est mon intime et que ça ne regarde que moi. C'est sûrement un tort, j'en ai conscience.
Donc, ce n'est pas tant de nous voir propager 'le virus LGBT' qui terrorise les homophobes mais bien la sensation qu'au travers de notre visibilité croissante , en tant que minorité , nous remettons en question des siècles d'une civilisation injuste et codifiée par la majorité. Le respect de nos droits est le reflet d'une nécessité de respecter toute minorité. C'est politique, sociétal, religieux. ..
Dans ce sens, voici une vidéo qui va donner à réfléchir sur l'accessibilité de tous et toutes à un droit anodin aujourd'hui, à part pour certains qui prônent l'obscurantisme et la négation des droits individuels, celui de porter un pantalon, si on veut. C'était hier ou presque, dans la Ville Lumière. Apparemment, c'est alors la magistrature qui s'était montrée la plus acerbe sur le sujet .
(De nos jours, dans mon quartier, il demeure une église, non loin de celle qui est la plus fréquentée, où il est écrit que toute femme ou fillette en pantalon sera interdite de culte ) :
https://youtu.be/QEE21_i0-l4