
Réalisé par Lee Daniels, le film raconte l'histoire de Precious, une jeune adolescente noire américaine de 16 ans, obèse et illettrée, qui vit dans les quartiers pauvres de New York. Elle vit seule avec sa mère dans un appartement minable. Sa mère, méchante et cruelle, qui ne cesse de la violenter à la fois physiquement et moralement et qui passe ses journées devant la télé grâce aux allocations qu'elle gagne grâce à Precious. Precious qui se fait aussi régulièrement violer par son père depuis sa naissance et dont elle est enceinte, après avoir déjà eu un bébé trisomique confié à sa grand-mère. En bref Precious est loin d'avoir une vie rose. Mais tout va commencer à s'arranger à partir du moment où elle va commencer à fréquenter une école alternative, qui va lui faire entrevoir un futur plus prometteur.

Alors bien sûr, si je parle du film, c'est qu'il y a un personnage lesbien, la professeur de Precious, Blu Rains. Mlle Rains est la personne qui porte les élèves de sa classe. Belle et très cultivée, elle est attentionnée, à l'écoute et cherche toujours à les éveiller, à leur ouvrir les yeux. Elle vit en couple avec sa femme, et elles vont d'ailleurs accueillir Precious à un moment donné chez elles.

Ce personnage est l'occasion d'une très belle réflexion sur l'homosexualité. Precious est un personnage qui a vécu dans la misère et auquel on a toujours dit que l'homosexualité était le mal. Pourtant, au fil de sa relation avec Mlle Rains, elle va s'apercevoir que l'orientation sexuelle n'a rien à voir avec le bien ou le mal. Il y a une scène assez terrible, pendant laquelle Precious fait un bilan assez effrayant : elle explique que être homo c'est mal, mais que pourtant, Mlle Rains et sa femme ne l'ont jamais frappée, ni insultée, ni violée, ni volée, etc. J'ai aussi beaucoup aimé la scène dans laquelle Precious parle de sa prof, qui vient de lui expliquer que ses parents n'acceptent pas son homosexualité. Je ne me souviens plus très bien des paroles exactes, mais en gros elle se dit en l'observant que certaines personnes rayonnent, qu'elles rayonnent comme si elles avaient été enfermées dans un tunnel sombre, et que pour pouvoir en sortir, elles avaient dû être leur propre lumière ; et que même une fois sorties du tunnel, ces personnes continuent de rayonner. j'ai trouvé ce passage très joli.

En bref un film à voir, quoi qu'assez dur par moments. Les scènes avec sa mère notamment sont très dures, on ne comprend pas pourquoi autant de haine gratuite... Et en plus de cette super représentation de l'homosexualité, il y a de bons second rôles (la mère de Precious, mais aussi maria Carey en assistante sociale à peine reconnaissable !). En bref un film émouvant et plûtot sympa.
J'aime beaucoup les différentes affiches du film :

Sur celle-ci on voit bien le manque de confiance et la piètre idée qu'elle a d'elle-même ; elle se considère comme une grosse masse qui n'a pas le droit à une vie comme les autres ; c'est traduit ici par le manque de traits sur le visage.

Là encore une fois on voit bien la disparition de l'identité de Precious, qui disparaît sous sous apparence physique. On voit aussi à quelle point elle est brisée par la vie, par les violences subies depuis son enfance.

J'aime beaucoup cette affiche-là, elle est pleine d'espoir. Elle retranscrit bien le côté rêveur de Precious et cet autre monde auquel elle aspire. Aussi cette nouvelle école et l'action de sa prof vont lui donner les moyens de toucher un monde meilleur, vont lui donner les moyens de se libérer de ses chaînes et de s'éveiller.
