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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Better Than Chocolate il y a 21 ans et 1 mois
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Pourquoi Pas Moi ? il y a 21 ans et 1 mois
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Camille, Eva, Nico et Ariane sont homosexuels. Camille vit avec Ariane et travaille avec Nico et Eva. Lorsqu’elle découvre que ces derniers n’ont t […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, The L-Word : Saison 2 – On a toutes quelque chose d'Helena Peabody il y a 21 ans et 1 mois
La deuxième saison de The L-Word arrive dès le 19 juillet sur Canal et à compter du 8 septembre sur PinkTV. Parmi les nouveaux personnages, Helena Peabody, incarnée par la ravissante Rachel Shelley.
Il y a toujours un doute, lorsque l’on interviewe un acteur. Joue-t-il la comédie ou est-il vraiment tel qu’il se montre ? De passage à Paris en mai 2005, Rachel Shelley a su séduire les journalistes venus partager avec elle un petit-déjeuner copieux. À l’époque, la diffusion de The L-Word, déjà culte outre-Atlantique, n’a pas encore commencé en France, mais certains, par la magie d’Internet, suivent les épisodes au même rythme que le public américain, à quelques heures près. Étrange expérience, pour une actrice qui débarque pour la deuxième saison d’une série, de rencontrer la presse d’un pays qui n’a pas encore eu la chance de découvrir la première.
Une chose est sûre: ce n’est pas le chef opérateur qui rend Rachel Shelley si jolie, elle l’est vraiment. Son personnage, Helena Peabody (la fille de Peggy Peabody), est une riche héritière, femme d’affaires habituée au pouvoir et à ce que personne ne lui résiste, que ce soit professionnellement ou en amour. Seule sa mère, Peggy Peabody, que les téléspectateurs ont rencontrée dans la saison 1, la déstabilise.
Helena s’immisce dans la vie professionnelle de Bette (Jennifer Beals) et s’intercale très vite entre elle et Tina (Laurel Holloman). Glaciale, sublime, bitchy, elle vole à Bette le rôle de Superwoman et à Marina (Karina Lombard, qui ne figure plus au générique de cette nouvelle saison) celui de l’Européenne de service. Car Rachel est Anglaise, elle est même la première actrice britannique à avoir joué un premier rôle dans un film bollywoodien, Lagaan (nommé aux Oscars en 2002 dans la catégorie «meilleur film en langue étrangère»), et c’est en partie ce qui a séduit Ilene Chaiken, la créatrice de The L-Word (TLW), et son équipe. «Les Américains aiment bien avoir un personnage européen, s’amuse Rachel. Et depuis quelque temps, les rôles de méchants sont souvent attribués à des Anglais.» Une question d’accent. Pourtant, dans son pays d’origine, Rachel s’est surtout vu proposer des rôles à la Mary Poppins, comme elle dit, des filles sympas et douces. Rien à voir avec Helena. Qui, si l’on en croit Rachel, n’est pas si salope que ça. Pour elle, Bette et Tina ont rompu, la voie est libre. Néanmoins, précise l’actrice, «lorsque j’ai passé les auditions, on m’a bien précisé qu’il ne s’agissait pas de Dynasty . Mais je me voyais bien en nouvelle Joan Collins!» Selon le scénario, Helena Peabody a «autour de 30 ans, ne se maquille pas. Une sorte de Katharine Hepburn, qui porte pour 5.000 dollars de vêtements à la coupe masculine. Cool, sûre d’elle, incroyablement belle. Un rien butch. Sensuelle sans le faire exprès, avec un sourire à couper le souffle. Elle est sublime et glaciale, sa beauté et sa présence sont frappantes. Chaque geste, chaque parole ne sert qu’à souligner le pouvoir d’Helena». « Lorsqu’on m’a suggéré d’envoyer une vidéo pour le casting, je n’ai pas hésité, raconte-t-elle. The L-Word, ce n’est pas juste une série sympa à faire, elle a un impact très fort, on a l’impression de servir à quelque chose. Et vous connaissez beaucoup de séries avec autant de rôles de femmes, qui ne sont pas définies par rapport aux hommes qui les entourent? Jusqu’ici, j’avais surtout joué la soeur de, la petite amie de. Lors de l’audition, j’ai appris que si j’étais prise, je devrais rester quatre mois pour le tournage, sans rentrer chez moi à Londres. Depuis, je vis sur deux continents.»
Pas trop dur de s’intégrer à une équipe qui a déjà tourné toute une saison? « Nous étions trois petits nouveaux, Sarah Shahi (Carmen), Eric Lively (Mark) et moi. Nous sommes restés un peu ensemble au début, mais tout le monde a été très accueillant. » Rachel s’est même fait des amies parmi les autres actrices: Laurel Holloman (Tina), Erin Daniels (Dana) et Meredith McGeachie, apparemment (et heureusement pour elle) beaucoup plus sympathique que son personnage de Tonya.
Sa première scène d’amour avec une femme? « C’était avec Laurel Holloman, qui joue Tina. C’était la première fois que je touchais une femme enceinte. Et elle était très enceinte! Nous nous entendons très bien, nous avions chorégraphié la scène, mais lorsque je l’ai vue nue, je suis restée figée. Et pendant ce temps, le réalisateur me disait que la passion d’Helena devait être plus flagrante! »
Justement, jouer un rôle de femme qui aime les femmes, ça ne lui a pas fait peur ? Elle rigole à cette question, qui a été posée des milliards de fois à toutes les actrices de la série. «Embrasser un acteur qui ne vous attire pas n’est pas plus facile qu’embrasser une actrice qui ne vous attire pas.» C’est ce genre de réponses qui font que l’on a beau aimer détester Helena Peabody (dans la deuxième saison tout du moins), on ne peut s’empêcher de tomber sous le charme de Rachel Shelley, star en puissance. Elle ne veut pas dire son âge et laisse tomber un sublime «Vous n’avez qu’à écrire ce que vous voulez. Les actrices ne disent jamais leur âge.» Elle n’a pas ce côté «je joue une lesbienne parce que c’est cool» que peuvent avoir certaines actrices, et quand elle dit que c’est un rôle comme un autre, qu’on oublie l’orientation sexuelle des personnages, elle le pense, elle ne se cherche pas d’excuses. Elle est aussi loin d’être bête, ou naïve. «Je suis sûre que certains passages touchent plus les lesbiennes que les autres téléspectateurs, mais si la série a un tel succès, c’est parce qu’elle joue sur des ressorts classiques, comme le triangle amoureux, par exemple. Qu’elles soient homos ou hétéros, les femmes sont confrontées aux mêmes problèmes.» Non contente d’être une bonne actrice, qui plus est ravissante (on ne se lassera jamais de le répéter), Rachel Shelley a aussi un joli brin de plume et une bonne dose d’autodérision. Elle a, par trois fois, fait bénéficier les lecteurs du quotidien britannique The Guardian, de son journal de bord : lors du tournage de Lagaan, à son arrivée à Hollywood et sur le tournage de The L-Word. Sous le charme, on vous dit. Encore plus quand elle remarque, comme si c’était une évidence, que «les homos ont vu des hétéros à la télé pendant des années, il est temps que ce soit l’inverse».
Interview originale sur Têtu

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Buffy contre les Vampires : Interview d'Alyson Hannigan, l’interprète de Willow Rosenberg il y a 21 ans et 5 mois
Alors, qu’est il arrivé à votre personnage ces temps-ci ?
Et bien, elle est devenue un peu accro à la magie. Donc, elle a dû arrêter de la pratiquer, ce qui est en quelque sorte, notre petite analogie à nous av […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, The L Word il y a 21 ans et 5 mois
The L Word est une série télévisée américaine créée par Ilene Chaiken. Diffusée pour la première fois le 18 Janvier 2004 sur la chaîne du câble Showtime, elle se compose de soixante-dix épisodes de cinquante-d […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, The L-Word : interview de Jennifer Beals, l'interprète de Bette Porter en compagnie d'Ilene Chaiken la créatrice il y a 21 ans et 5 mois
La réalisatrice Rose Troche a apparemment fait une cassette vidéo composée de plusieurs scènes d’amour pour que les actrices la regardent. Est-ce que cela vous a aidé ?
Oui, elle a fait une cassette pour nous de séries et de scènes d’amour lesbiennes et hétérosexuelles et elle pensait que certaines de ces scènes fonctionnaient et que d’autres non. Elle voulait que nous jugions par nous même lesquelles fonctionnaient et lesquelles ne fonctionnaient pas et pourquoi.
Quels étaient ces films ?
Bound qui fonctionnait réellement bien, Claire of the Moon, The Hunger. Et quand nous les regardions, ceux qui étaient crédibles, malgré la réalisation, étaient ceux où les acteurs n’étaient pas effrayés. Quand quelqu’un est effrayé, vous pouvez vous en rendre compte. Cela vous fait sortir de l’histoire et ça doit être évité à tout prix.
Donc cet enseignement vous a aidé ?
JENNIFER BEALS : Hé bien ce n’était pas un enseignement. Cependant, il y avait une version “allégée” de cet enseignement que nous a donné une femme nommée Iman. Il était assez intéressant. Nous avons parlé de sexe environ trois minutes et nous avons passé le reste de l’heure à discuter de politique et des classes. Ce qui était très révélateur !
ILENE CHAIKEN : Elle était supposée être une “experte du sexe”. Nous étions là pour parler du sexe entre lesbiennes parce que nous avions juste commencé le pilote et nous étions un groupe de personnes qui, vraisemblablement, avait des questions. Nous voulions avoir une discussion ouverte. Et que s’est-il passé ? Nous étions là et j’ai pensé que nous avions tous réalisé que nous savions tout ce que nous avions à savoir à propos du sexe ! (Rires)
JENNIFER BEALS : (rires) Oui, c’est assez vrai !
OK, je voulais vous parler de votre performance dans la scène de prison. A-t-elle était dure à faire pour vous ?
Non, parce que je venais juste de regarder le film de Genet et j’ai juste imité le type dans le film.
Quel était le titre de ce film ?
Il s’appelait Querelle et il était clair que l’épisode ou au moins la scène de prison, était un hommage au film. J’avais regardé le film et j’ai dit à la réalisatrice Lynne Stopkewich “Regarde ce type et regarde ce qu’il fait contre le mur. Je veux être ce type, je veux faire ça.”
Quel épisode a représenté le plus grand défi cette saison ?
Le final. L’épisode final, absolument.
Un grand nombre de personnes a été surprise quand vous avez accepté ce rôle de lesbienne, mais vous avez en réalité un passé gay. Vous étiez dans Twilight of the Golds et vous jouiez un travesti dans le film baptisé Sons.
Oui, j’ai adoré faire Twilight of the Golds et Sons était très amusant.
Est-ce que ce film est disponible en vidéo ? Je suis persuadée que de nombreuses personnes voudront le voir.
Je pense que Sons est disponible en vidéo. J’espère.
Pensez-vous que Bette et Tina soient un bon couple ?
Bette et Tina représentent un excellent couple. (Elle regarde Ilene) Et je pense que tu es une canaille de m’avoir écrit cette liaison !
Attendez, Bette n’a pas encore eu de liaison.
Coucou ! A votre avis, qu’est-ce que c’était que la scène de prison ?
Non, parce que techniquement ce n’était pas du sexe.
Oh, écoutez l’excuse de Bill Clinton !
Je ne veux pas que vous ayez une liaison ! Bon d’accord. OK, à votre avis, qu’est-ce qui a attiré Bette vers Tina la première fois ?
Je pense qu’au début, quand Bette l’a rencontrée, elle est tombée amoureuse de la beauté de Tina. Et après, je pense que finalement, aussi loin qu’elle ait été amoureuse, je pense qu’elle est très différente de Bette. Elle a tellement de connaissances, elle a un si grand coeur et elle est généreuse si facilement avec les gens, vous savez ? Et je pense que Bette est plus une personne qui juge et que les choses comme ça sont un peu trop dures pour elle. Et je pense (elle regarde encore Ilene) qu’elles devraient se remettre ensemble ! (Rires)
OK, êtes-vous prête pour les questions personnelles ?
Oui, je m’amuse.
Quel est votre statut personnel actuel ?
Je suis mariée à un homme.
Quelle est la chose la plus romantique que quelqu’un ait fait pour Jennifer Beals ?
Mon mari fait tellement de choses romantiques pour moi, c’est absurde. Mais je me rappelle d’un jour, j’étais sur le chemin de la maison et je l’ai appelé sur son téléphone portable et il savait que je n’avais pas eu une bonne journée. Quand je suis arrivée à la maison, il avait écrit « je t’aime » avec des pétales de roses sur la porte. Et oui, il avait fait cette déclaration d’amour sur la porte, vous savez, avant que je sois rentrée dans la maison.
C’est joliment impressionnant. Et pour vous ? Quelle est la chose la plus romantique que vous ayez jamais faite pour quelqu’un ?
Hmmm. Je ne sais pas. Je suppose que vous devriez leur demander !
Quand est-ce que vous avez craqué pour quelqu’un pour la dernière fois ?
Il y a deux ans, j’ai terriblement craqué pour Eddie Vedder. J’ai dit à mon mari “Ne me laisse pas seule dans la même pièce qu’Eddie Vedder”. Il a répondu “Ne t’inquiète pas, je ne le ferai pas” (rires)
Est-ce qu’il y a une caractéristique particulière que vous trouvez attirante chez une personne ?
Le sens de l’humour.
Quelle partie de votre corps aimez-vous le moins ?
(Rires) Je ne vous le dirais pas. Seule mon habilleuse le sait, c’est sûr !
Vous avez interprété une grande variété de personnages au cours de votre carrière. Quels sont vos préférés ?
Daphne Monet dans Devil in a Blue Dress, son parcours et ce qu’elle est devenue. Et j’adore Bette. Elle est parfois dure, j’aime ça.
Quels sont les films que vous avez préféré faire ?
C’est vraiment dur à dire parce qu’ils sont très différents. J’apprécie Devil in a Blue Dress. J’aime Twilight of the Golds. J’apprécie beaucoup A House Divided. Je pense que Vampire’s Kiss est vraiment bon.
Pour en revenir à Twilight of the Golds, si vous étiez enceinte et que vous appreniez que votre enfant va devenir gay, que feriez-vous ? Qu’est-ce qui vous passerez par la tête ?
Etre certaine que lorsque mon enfant ira à l’école, les gens seront suffisamment éclairés pour ne pas le torturer, vous savez ? Et je ne voudrais pas qu’ils se sentent seuls ou deviennent des parias. Et peu importe où ils seront dans le monde, je veux qu’ils se sentent toujours incroyablement confiants et fiers de ce qu’ils sont.
C’est une belle réponse. Merci, Jennifer.
Merci !
Interview Originale sur Planetout.com

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La série qui se déroule dans la ville de Miami conte les histoires personnelles et professionnelles de Christian Troy (Julian McMahon) et Sean McNamara (Dylan Walsh). Tous deux sont chirurgiens esthétiques et amis depuis de nombreuses années. Ils ont ouvert leur propre clinique de chirurgie esthétique où travaille Liz Winter (Roma Mafia). Cette femme d’une quarantaine d’années est médecin-anesthésiste. Elle travaille avec et pour Christian et Sean qui sont les patrons de cette clinique à parts égales.
Lors de l’épisode pilote, un meurtre est commis sous les yeux de Liz, sur la table d’opération. Sean et Christian se voient alors dans l’obligation de se débarrasser du corps sans avertir la police. Après cet incident et les pratiques peu éthiques des deux hommes, Liz démissionne. Mais Sean, ne pouvant se séparer de sa meilleure anesthésiste et d’une excellente amie, la rappelle au cours de l’épisode 2.
Dès ce second épisode de la saison 1 intitulé « Mandi Randi », Liz est définie comme lesbienne. Elle explique à Sean qu’elle a changé depuis ce qui leur est arrivé. Celui-ci lui demande de revenir travailler avec eux. Afin de la convaincre, il lui propose de doubler son salaire et d’accorder ce que Christian et lui ont toujours refusé, c’est à dire la sécurité sociale pour sa compagne. Mais à cet instant, Liz lui annonce qu’elle a rompu avec celle-ci.
LIZ : Je ne suis plus avec Jan.
SEAN : Je suis désolé.
LIZ : Moi pas. Pendant quinze ans, j’ai supporté ses joints et son cynisme. Et finalement, il y a quinze jours, j’ai juste dit : « Chérie, je t’aime mais je ne suis pas amoureuse de toi. » […] J’ai changé. Je le sens. J’ai rompu avec Jan parce que je veux tomber profondément amoureuse.
Le mot n’est pas prononcé mais ça a le mérite d’être clair.
Contrairement à Vanessa, l’ex-petite amie de Matt, Liz assume parfaitement son homosexualité. Elle le prouve d’ailleurs lors de l’épisode 5, « Kurt Dempsey », lorsqu’elle annonce à Christian, alors qu’ils parlent de tatouages :
LIZ : J’ai un tatouage sur le sein droit. Deux symboles féminins entremêlés.
CHRISTIAN : Deux gouines ?
LIZ : J’exprime mon identité lesbienne.
Le personnage de Liz apparaît dès les premiers instants comme la conscience de la clinique. Liz Winters sert la morale. Elle confronte régulièrement Christian et Sean à leurs décisions lorsque celles-ci s’éloignent un peu trop de l’éthique. Elle s’oppose à eux comme au cours de cet épisode 5 où elle n’apprécie pas le fait qu’ils aident un homme blanc à ressembler à un asiatique.
La jeune femme a énormément de réparti et n’a pas sa langue dans sa poche. Elle n’hésite pas à s’opposer à Christian même si ce dernier est son patron. Elle dit ce qu’elle pense, elle dit la vérité, même au risque de blesser. Elle possède une franchise et un sens de la répartie rares. Son humour pince-sans-rire lui permet de ne jamais s’attirer les foudres des autres.
Liz n’a aucune liaison à l’heure actuelle. Elle a fait table rase du passé et de son ancienne relation amoureuse. On ne la voit pas avec une femme tout le long de la première saison. Elle se contente d’attendre et de chercher l’âme sour, mais hors champ. Liz le déclare elle-même à Sean et Sophia Lopez, un transsexuel, lors de l’épisode 9 intitulé « Sophia Lopez II ».
LIZ : Quarante ans. Seule. Difficile.
SEAN : A nouveau célibataire, Liz ? Quelle chance.
LIZ : Courir les bars et se faire envoyer balader, pour moi, c’est pas de la chance.
A propos de Sophia Lopez, Liz et elle se sont embrassées. Sophia est un transsexuel qui s’est imposé en tant que patiente de la clinique lors de l’épisode 4 qui porte d’ailleurs son nom. Lors de sa seconde apparition durant ce neuvième épisode, elle doit subir la dernière opération qu’elle attend avec impatience et qui fera enfin d’elle une véritable femme. Lors de sa consultation pré-opératoire, Liz et Sophia discutent et c’est tout naturellement que cette dernière l’invite à dîner afin de lui apprendre à se maquiller. Au domicile de Sophia, après la transformation, Liz lui demande :
LIZ : Je suis comment ?
SOPHIA : Plus féminine. Bon, regardez.
LIZ : J’ai l’air d’une hétéro.
SOPHIA : Désolée. Il n’y a pas de rouge à lèvres spécial « goudou virile ». […] Vous avez toujours été lesbienne, Liz ?
LIZ : Une fois, en fac, j’ai couché avec un homme aux cheveux longs et quand je fermais les yeux et que je les sentais sur mon visage, je me disais que c’était Joni Mitchell. […]
Liz peut tour à tour faire rire ou émouvoir. Tout simplement parce que ce qu’elle dit est vrai. Son discours est ancré dans la réalité, dans le présent.
LIZ : Je suis tellement triste. (Elle pleure).
SOPHIA : Pourquoi ?
LIZ : Je veux quelqu’un à aimer. Et je veux quelqu’un qui m’aime. Maintenant, je vais dans des bars et. Quand j’étais plus jeune on me regardait, vous savez ? Maintenant, je suis invisible. Comme si toute la culture était centrée sur les gens de 25 ans. Et je ne les ai plus.
SOPHIA : Je sais ce que vous ressentez, Liz. Moi aussi, je suis seule. […]
LIZ : Je vois l’être qui est en toi, Sophia. En ce moment, je te vois.
SOPHIA : Moi aussi, je te vois, Liz.
Les deux jeunes femmes s’embrassent et passent la nuit ensemble. Seul le baiser et visible, le reste est éludé. Par contre, les implications de cette nuit ne sont pas passées sous silence. Sophia ne veut plus se faire opérer. Le lendemain, elle se lève soudain de la table d’opération.
SEAN : Qu’est-ce qui se passe ?
LIZ : Elle ne veut pas se faire opérer.
SEAN : Quoi ? Pourquoi Sophia ?
SOPHIA : Désolée, Docteur McNamara mais j’ai une crise d’identité et de préférences sexuelles. Je suis perturbée.
CHRISTIAN : Que s’est-il passé ?
SOPHIA : Hier soir, j’ai eu une relation intime avec quelqu’un. Et aujourd’hui, je ne peux pas faire ça. Je ne sais plus où j’en suis.
SEAN : Désolé, moi non plus. Je vous croyais avec Liz, hier soir.
A cet instant, le visage de Sophia trahit que c’est effectivement le cas. Christian tourne la tête vers Liz, Sean fait de même, Liz regarde ailleurs.
Quelques heures après, Liz se rend chez Sophia. Elle lui déclare alors : « Soyons réalistes, Sophia. C’est la solitude qui nous a rapprochées, pas la passion. En fait tu aimes les hommes, et moi les femmes. »
Liz sait qui elle est, même si elle ignore où elle va.
Nip/Tuck est une série qui en une saison de 13 épisodes a présenté deux lesbiennes. Deux lesbiennes récurrentes qui ne sont pas ensemble et sont extrêmement différentes l’une de l’autre. Le personnage de Vanessa appartient à l’arc qui se rapporte à Matt et son lesbianisme et au centre de celui-ci. Par contre, le personnage de Liz aurait aussi bien pu être hétérosexuel. Son homosexualité n’a pas d’importance particulière et c’est ce qui est appréciable. Elle aurait pu être hétéro mais non, elle est lesbienne !
La plupart des femmes, dans la série, ont ou auront une relation sexuelle avec Christian, Sean ou Matt. Liz, en tant que lesbienne, n’est pas destinée à entretenir une quelconque liaison avec l’un d’entre eux. Et par conséquent, ce personnage reste en retrait, apparaît comme secondaire. Seulement même si son temps de présence à l’écran peut sembler faible, Liz marque la série de son empreinte. Elle est lesbienne et qui plus est, elle n’est ni blanche, ni jeune.
Lors du dernier épisode de la saison 1, « Escobar Gallardo », Liz se fait tirer dans la jambe par un trafiquant de drogue. Celui-ci menace Sean et Christian depuis plusieurs mois. Il les oblige à opérer des femmes qui sont des « mules » et transportent de la drogue dans leur poitrine. Devant le refus de Sean de prélever un rein à l’une de ces jeunes femmes, Escobar tire sur Liz. Refusant de la mettre en danger plus longtemps, les deux chirurgiens lui offrent des vacances au soleil et lui promettent de la rappeler dès que les choses seront réglées. Soutenue par deux béquilles, Liz quitte Los Angeles. Elle reviendra comme les autres pour la saison 2.
La série The Shield, du Câble, a défié les conventions pratiquées à la télévision. Nip/Tuck s’est engagé sur la même voie en brisant les tabous. Et cette série est entrain de prouver que les téléspectateurs apprécient les histoires présentant des lesbiennes réalistes. Alors, nous pouvons espérer que dans un avenir pas si lointain, les autres chaînes créent ce genre de séries.



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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Nip/Tuck : Un triangle amoureux rare entre une lesbienne et deux hétéros il y a 21 ans et 6 mois



En juillet 2003, a débuté la série Nip/Tuck sur la chaîne FX du Câble Américain. Controversée parce qu’elle montre des passages sanglants, difficilement supportables, d’opérations chirurgicales, elle n’en est pas moins acclamée par la critique. Les scénarii sont riches et la vie y est dépeinte d’une manière dramatique et réaliste. Nous sommes très loin des séries manichéennes qui fleurissent à la télévision. Ici chaque action à des conséquences qui ne sont forcément celles souhaitées.
La série conte les histoires de deux chirurgiens plastiques, Christian Troy (Julian McMahon) et Sean McNamara (Dylan Walsh). Ces deux hommes, amis depuis l’école de médecine, ont ouvert leur propre clinique de chirurgie esthétique. Leurs vies privées et professionnelles sont difficiles et étroitement entremêlées. Autrefois, Christian a eu une liaison avec Julia (Joely Richardson), avant que celle-ci ne devienne la femme de Sean. Il est le parrain de Matt (John Hensley), le fils de 17 ans de Sean et joue le rôle d’oncle irresponsable pour l’adolescent. La série développe les relations personnelles et professionnelles de Sean et Christian, ce qui inclus leurs relations avec Julia et Matt.
Au cours de l’épisode pilote, Sean apparaît comme un homme pressé et préoccupé qui n’écoute pas son fils et laisse sa femme s’occuper de tout à la maison. Il ne semble s’intéresser qu’à son métier. Rapidement, Matt, son fils, lui parle de circoncision. Le jeune homme essaye de convaincre son père de pratiquer cette intervention sur lui. En effet, il souhaite avoir des relations sexuelles avec sa petite-amie, Vanessa et celle-ci a été dégoûtée quand elle a vu que Matt n’était pas circoncit. Sean refuse d’opérer Matt, ce dernier pratique alors seul la circoncision après avoir bu une bouteille de vin. Devant le résultat de cette auto-mutilation, le père du jeune homme se voit dans l’obligation de pratiquer l’intervention.
Une fois les points retirés et la cicatrisation terminée, Matt se rend chez Vanessa dans le but de faire l’amour avec la jeune femme, à la fin de l’épisode 3 « Nanette Babcock ». Seulement lorsqu’il ouvre la porte de la chambre de Vanessa, il découvre celle-ci allongée sur son lit, embrassant une autre pom-pom girl, Ridley. Quand Vanessa aperçoit Matt, elle repousse Ridley d’un geste brusque et le regarde sans bouger. Le jeune homme quitte la maison, rentre chez lui et laisse entendre à son père que tout c’est bien passé avec Vanessa. Puis il s’enferme dans la salle de bain et se met à pleurer.
Durant l’épisode 6 intitulé « Megan O’Hara », Vanessa et Ridley discutent au lycée, devant leurs casiers. Nous découvrons qu’elles entretiennent une liaison mais Ridley semble souffrir de l’homophobie ambiante et être elle-même homophobe.
VANESSA : On t’as déjà dit que tu es canon dans cette jupe ?
RIDLEY : Arrête. (Elle la repousse en haussant violemment l’épaule). T’exprimer en privé, ça va. Mais le fait pas en public, d’accord ? J’ai dit que je ne voulais pas qu’on sache pour nous.
VANESSA : Ça va, Rid. Personne ne regarde.
RIDLEY : Pourquoi t’es si collante ? T’es pitoyable. (Elle recule, Matt arrive et les observe de loin).
VANESSA : Attends, ne t’en va pas.
RIDLEY : Ne me touche pas, gouine. (Ridley s’en va, Matt s’avance vers Vanessa).
MATT : Tout va bien ?
VANESSA : Mon Dieu ! Tu as bien espionné ?
MATT : J’espionnais pas. Je t’ai juste demandé si ça allait.
VANESSA : Ça va Matt. Ma petite copine à le blue du zizi, mais ça va.
MATT : Alors utilise un godemiché, Vanessa.
VANESSA : Elle est allergique au latex.
MATT : C’est pas mon problème. (Il fait mine de partir).
VANESSA : Mais tu pourrais être la solution.
MATT : Quoi ?
VANESSA : Tu tiens à moi, pas vrai ? Tu comprends mes sentiments envers Ridley, n’est-ce pas ? Ce sont les mêmes que tu as pour moi.
MATT : Et alors ?
VANESSA : Alors aide-moi. T’es le seul en qui j’ai confiance. Aide-moi à la satisfaire pour que je puisses la garder. Et je te satisferai.
MATT : Quoi, tu me proposes un ménage à trois ?
VANESSA : Oui.
Matt accepte pour être avec Vanessa, parce qu’il l’aime. Il a encore des sentiments pour elle bien qu’il prétende le contraire. Son intérêt pour la jeune femme apparaît de manière évidente lors d’une autre conversation entre eux, au cours du même épisode.
MATT : Tu sais, il ne s’agit pas que de Ridley. Qu’est-ce que tu veux ?
VANESSA : Je veux juste qu’elle m’aime. C’est tout.
MATT : Ça vaut tous ces efforts ?
VANESSA : A toi de me le dire, Matt. Ça vaut toute cette douleur pour toi ?
MATT : Douleur ? Je suis un gars qui va avoir une triple.
VANESSA : Écoute. Je sais que tu penses que c’est un moyen d’être ensemble pour nous. Mais je dois être franche avec toi. Ce n’est pas ça. Tu ne pourras jamais m’avoir comme le fait Ridley. Je t’aime. comme un ami. Mais c’est tout.
MATT : C’est parfait. Moi aussi. Je t’ai dit que j’étais là pour aider une fille qui a un problème. (Vanessa l’embrasse sur la joue. Matt semble déçu de ne pas avoir eu plus).
VANESSA : Mon Dieu, Matt. Si seulement tu étais une fille. (Il hoche la tête de manière affirmative).
Matt est amoureux de Vanessa et espère qu’elle l’aimera également en retour. Pourtant, lors de ce dialogue, il apparaît clairement que Vanessa est lesbienne. Elle ne pense qu’à Ridley dont elle est très amoureuse. Et la jeune femme est franche vis-à-vis de Matt. Il n’est rien de plus qu’un simple ami.
Personne ne semble au courant de l’homosexualité de Vanessa, à part Ridley et Matt. Ce dernier, en surprenant les deux jeunes femmes, a ôté le poids du coming-out à Vanessa. Puis il est devenu l’ami et le confident auquel celle-ci peut parler et se livrer en toute sincérité. Il n’est pas ce qu’il souhaitait auprès de la jeune femme mais possède pourtant un rôle fondamental et primordial.
A la fin de cet épisode, Matt, Ridley et Vanessa ont leur première fois à trois.
Leur ménage à trois continue. Puis, au cours de l’épisode suivant, « Cliff Montegna », Matt, Vanessa et Ridley sont surpris en pleine action par Julia, la mère de Matt. Cette dernière les découvre en rentrant à l’improviste alors qu’ils ont mis la musique au maximum et qu’ils sont dans la chambre de Matt. Elle programme aussitôt une « intervention sexuelle » avec les parents des deux jeunes femmes. Julia insiste sur l’idée que ce qu’ils ont fait est mal. Puis elle demande à Matt d’affirmer que c’était la première et dernière fois, qu’il ne s’agissait que d’une regrettable expérience qui ne se reproduira pas. Bien que Matt ne partage pas cet avis et pense, comme son père, ne rien avoir fait de mal, il accepte de ne plus recommencer pour faire plaisir à sa mère et également pour protéger Vanessa. En effet, les parents de celle-ci sont très conservateurs et ils accusent déjà Matt et ses parents d’être les seuls responsables de ce qui s’est produit. Seulement Ridley refuse de cautionner ce mensonge. En avouant la vérité, elle révèle que Vanessa est lesbienne et ébranle profondément les cinq parents présents.
RIDLEY : On l’a déjà fait. Désolée Vanessa. J’ai essayé. Ce que le Docteur McNamara dit est vrai. Je dois être honnête envers mes sentiments, quels qu’ils soient. Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas gouine.
MÈRE DE VANESSA (à son mari) : Qu’est-ce qu’une gouine ?
MÈRE DE RIDLEY : Votre fille aime la chatte.
RIDLEY : Je t’aime beaucoup, Vanessa. Je te trouve cool, jolie, sexy, tout ça. Mais je suis amoureuse de Matt. On se voit.
VANESSA (les larmes aux yeux) : Ce n’est pas vrai. Matt, dis-le. Matt, dis-le. (à Ridley) Mais je t’aime !
MÈRE DE VANESSA : Ça suffit. Viens. (Elle prend Vanessa par la main et elles sortent accompagnées du père de Vanessa).
C’est ainsi qu’apparaît l’un des triangles amoureux les plus intéressants qui soit, à la télévision, aujourd’hui. Vanessa aime Ridley, Ridley aime Matt et Matt aime Vanessa.
Seulement ne pouvant avoir Vanessa, Matt se met à fréquenter Ridley. Puis le jeune homme a une discussion avec son père.
SEAN : Alors tu vas devenir ce genre d’homme ? […] Je me suis peu soucié de tes résultats scolaires ou sportifs ou de ce que tu décidais de faire de ta vie. La seule chose que je veux, c’est que tu sois quelqu’un de bien et non quelqu’un qui fasse du mal intentionnellement.
MATT : Je n’ai pas voulu lui faire de mal… Non.
SEAN : Vanessa est lesbienne. Ce n’est pas un choix. Mais sortir avec sa copine en est un.
Ceci est suffisamment rare et exceptionnel pour être souligné. L’orientation sexuelle de Vanessa apparaît comme prédéterminée. La jeune femme ne traverse pas une phase ou une période particulière et extraordinaire. Elle ne fait rien de mauvais, hormis le fait qu’en n’aimant pas Matt, Vanessa l’oblige à renoncer à elle.
Vanessa est un personnage sympathique et réaliste. Bien sûr, elle cache son homosexualité à tous. Mais elle semble avant tout se protéger de ses parents, des adultes extrêmement conservateurs et intolérants. Le fait qu’elle dissimule sa relation avec Ridley à Matt et lui brise le cour, aurait pu nuire à ce personnage, seulement se serait faire abstraction de sa propre souffrance, de son propre mal être face au rejet de Ridley à son encontre.
La sexualité de Ridley est bien plus floue, bien moins déterminée. Est-elle bisexuelle ou simplement curieuse ? Ceci pourrait être sans importance si l’on excepte le fait que Ridley, en fin de compte, choisit le garçon. Encore un cliché à la vie dur, bien qu’il s’agisse du seul présent dans la série.
Après sa conversation avec son père, il semble évident que Matt va cesser de voir Ridley. Et effectivement, il n’est plus question de Ridley. ni de Vanessa. La vie privée et sexuelle de Matt n’apparaît plus dans les épisodes suivants. Il n’est plus ni question de Ridley, ni de Vanessa. Les deux jeunes femmes ont tout simplement disparu.
Et cette disparition est vraiment dommage. Parce que quelque part, c’est faire abstraction de deux personnages riches et exceptionnels. D’autant plus qu’elle renforce l’idée que les lesbiennes et bisexuelles sont condamnées à vivre dans l’ombre et à être oubliées. Heureusement, il reste Liz, l’anesthésiste lesbienne de la clinique.



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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Nip/Tuck il y a 21 ans et 6 mois
Nip/Tuck est une série télévisée américaine créée par Ryan Murphy. Elle a été diffusée aux États-Unis entre 2003 et 2010 et comporte six saisons pour un total de 100 épisodes.
Controversée parce qu’elle mont […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Sous le Soleil : Un épisode lesbien stéréotypé et convenu il y a 21 ans et 8 mois



Sous le Soleil, dont la production a débuté en Mars 1996 et continue encore à ce jour, compte plus de 297 épisodes (ce qui en fait l’une des plus longues de l’histoire de la télévision). 2,5 millions de téléspectateurs en moyenne suivent chaque épisode le samedi après-midi ce qui représente environ 35 % de part de marché. Vendue dans plus de 110 pays à travers le monde sous le nom de St Tropez , elle est très populaire.
Cette série française est centrée sur le destin de trois amies. Laure, Jessica et Caroline mènent vies familiales et professionnelles de front. Laure Olivier (Bénédicte Delmas) est médecin et mère de deux enfants (Clara et Gabriel), son amie américaine, Jessica Lowry (Tonya Kinzinger) est gérante d’une plage et professeur de danse, elle a une fille et un fils. Caroline Drancourt (interprétée par Adeline Blondieau) est une ancienne chanteuse de rock reconvertie en avocate qui vit dans un haras avec ses deux enfants (Tom et Yanis).
Au cours de l’épisode 278 intitulé « la confusion des sentiments », une relation homosexuelle naît entre l’un des trois personnage principaux et une lesbienne.
L’histoire débute sur Caroline hébergeant Mélodie (Karine Adrover), une architecte, pendant que celle-ci travaille sur les plans de réaménagement du haras. Lorsque Caroline découvre l’homosexualité de sa locataire, elle réagit tout d’abord de manière agressive. Après avoir compris son erreur, elle s’excuse auprès de Mélodie et lui demande de terminer son travail. Perturbé par sa rupture difficile avec son mari David qui l’a lâchement abandonné, préoccupée par la défense de Baptiste (David Brecourt) accusé de harcèlement sexuel par une infirmière, Caroline est perdue. Tellement perdue qu’elle ne trouve réconfort et compréhension que dans les bras de Mélodie. Elles font l’amour mais au matin, Caroline réalise qu’elle n’aime pas la jeune femme. Mélodie comprenant la situation, elle quitte le haras.
Cet épisode est introduit par Caroline qui déclare « Je crois que je ne m’entends pas très bien avec les hommes en ce moment. ». Ce prélude apparaît comme une justification à sa relation homosexuelle à venir. Les hommes l’ayant fait souffrir, elle se détourne d’eux. Elle ne se sent pas prête à revivre cet enfer. Elle ne recherche pas une nouvelle liaison. La jeune femme souhaite seulement que quelqu’un lui manifeste attention, écoute, soutien, douceur, et réconfort. Et la seule personne à lui apporter tout cela est Mélodie.
Mélodie est très psychologue, intelligente, douce, gentille et romantique. Elle est lisse et sans défaut. Elle est rapidement décrite parce que l’histoire doit être mise en place en moins d’une heure (en fait plutôt 25 minutes étant donné que l’épisode s’attache à traiter deux histoires en parallèle). Ce personnage est peu crédible et nous éprouvons des difficultés à nous attacher à lui. D’autant plus que la jeune femme reste passive tout au long de l’épisode. Elle est passive et résignée. Même son enthousiasme au matin, après la nuit qu’elle a passé avec Caroline sonne faux.
L’intrigue apparaît rapidement comme convenu et certains passages sont volontairement occultés pour ne pas choquer. Le politiquement correct.
Pourquoi, alors que Caroline parle sans cesse de sa douleur après sa rupture, Mélodie ne dit-elle rien de la sienne ? En effet, tout le monde sait que Mélodie est lesbienne et qu’elle sort d’une difficile rupture. avec une femme. Elle a énormément souffert mais se tait. Elle ne paraît pas aussi bouleversée que Caroline sans compter qu’elle ne parle que des hommes qu’elle a connu, son ex-mari et ses anciens amants. Pourquoi la souffrance du personnage lesbien de l’histoire est-elle absente, niée ?
Caroline réagit de manière virulente quand elle découvre que la femme qu’elle héberge depuis une semaine est lesbienne et qu’elle l’ignorait. L’avocate se sent mal et critique le travail de Mélodie qui reste passive. Caroline choisit alors de la licencier et en fait part à son ami Baptiste qui répond :
« Tu vas la licencier parce que tu la soupçonnes d’envisager de te séduire un jour. C’est ça. Un peu réac, non tu trouves pas. Ah moins que ça ne cache un désir inavoué, je sais pas ».
L’entente cordiale est suivie d’une violente dispute puis d’une prise de conscience qui entraîne la réconciliation. Un schéma éculé et sans surprise.
Finalement Caroline se ravise, s’excuse et met les choses au clair. Mélodie lui explique :
« Vous êtes jolie, sensible, intelligente, tout ce qui me plait chez une femme. Mais pour qu’il y ait une quelconque ambiguïté il faudrait que moi je vous plaise. »
Pourtant l’attitude de Mélodie est clairement équivoque. Ses regards, ses paroles, son attitude envers Caroline, prouvent qu’elle est attirée par la jeune femme. Jusqu’à ce qu’elle l’avoue par un sous-entendu.
Elles s’embrassent et font l’amour. Le lendemain matin, Mélodie fait déjà de grands projets et Caroline se sent mal à l’aise. L’avocate prône alors la discrétion mais annonce directement à Baptiste qu’elle a fait l’amour avec Mélodie. Elle veut protéger sa réputation mais embrasse la jeune femme dans le couloir du tribunal. Elle n’aime pas Mélodie mais fait tout pour lui faire croire le contraire. Comme le titre l’indiquait au début de l’épisode, Caroline est en pleine confusion. Pourtant la plaidoirie de l’avocate lors du procès de Baptiste est d’une telle limpidité !
« J’aimais passionnément un homme qui m’a quitté. J’imagine que la douleur est la même quand on aime quelqu’un qui vous ignore. Une douleur lancinante et atroce. On serait prêt à tout pour la faire disparaître. On ferait n’importe quoi pour avoir moins mal. Dans ce cas là c’est à ceux qu’on aime, à ceux qui sont gentils avec vous, à ceux qui vous font confiance que vous faites du mal et on s’en veut tellement. »
Nous n’avions pas besoin d’un tel laïus pour comprendre que la liaison Caroline/Mélodie était vouée à l’échec. La morale est sauve.
Comment imaginer qu’une série française va risquer de proposer un personnage principal lesbien ? Pourquoi songer que Willow (Buffy contre les Vampires) et Kerry (Urgences) ont ouvert la voie ? Comment croire que la sexualité d’un personnage peut être remise en question dans nos séries ? Pourquoi penser que les choses peuvent changer ? Nous savons pourtant qu’en matière de séries télévisées, la France a beaucoup de retard par rapport aux États-Unis ou à l’Angleterre !
Enfin, Mélodie embrasse extrêmement bien. Caroline elle-même le fait remarquer à la fin de l’épisode. Alors, on peut toujours espérer.



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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Xena : Princesse Guerrière : Le dernier épisode de la série, la mort de Xena il y a 21 ans et 8 mois



« A l’époque des Dieux de la mythologie, des Seigneurs de la guerre et des Rois de légende, un pays en plein désordre demandait un héros. Alors survint Xena, une prestigieuse princesse issue du cœur des batailles. Combats. Passion. Danger. Par son courage, Xena changera la face du monde. »
Telle est l’introduction de la série Xena : Princesse Guerrière, sortie en 1995 sur les écrans américains et comprenant 134 épisodes répartis sur 6 saisons. Le personnage de Xena est tout d’abord apparu dans un arc de trois épisodes de la série Hercule. Cette dernière a pris les armes, après avoir vu mourir son frère Lyceus lors de l’attaque de leur village. Entraînée par M’Lila, Xena cherche ensuite à tuer Hercule alors qu’elle est à la tête d’une bande de pillards. Hercule parvient à la convaincre d’ouvrer pour le bien et sa rencontre avec Gabrielle est décisive. Dorénavant, Xena se battra pour protéger la veuve et l’orphelin dans sa propre série, spin-off d’ Hercule.
Xena (Lucy Lawless) est une guerrière forte, indépendante, stoïque et sombre. Elle parcourt la Grèce Antique aux côtés de Gabrielle (Renée O’Connor), une jeune femme, insouciante, inexpérimentée, bavarde et maladroite. Elles protègent les populations en difficultés lors de superbes combats au corps à corps ou à l’épée. Le plus grand adversaire des deux femmes n’est pas Callisto (Hudson Leick), une tueuse sanguinaire assoiffée de sang qui cherche à détruire tout ce qui compte pour Xena mais bien ce qu’elle personnifie. Elle est l’incarnation même de la Xena du passé, de ce monstre qui a assassiné, pillé, et détruit des villages entiers. Avant d’être la personne respectable qu’elle est aujourd’hui, Xena était une meurtrière sans foi ni loi. L’obscurité de ce personnage qui pourrait sembler parfait au premier abord est sans cesse rappelée, à chaque fois qu’elle veut expier une faute. Dès qu’elle veut tendre la main à une personne, celle-ci a peur ou lui rappelle qui elle était, une criminelle sans scrupule.
En quête de rédemption, Xena initie Gabrielle aux réalités de la vie. La jeune femme qui a quitté une vie confortable pour suivre Xena est bien plus qu’une simple compagne de route. Elle est la lumière qui empêche Xena de sombrer à nouveau dans une violence inconsidérée et destructrice. Gabrielle est la conscience de Xena. Même si c’est elle qui évolue le plus durant leur périple en passant d’une jeune fille timide à une guerrière armée d’un bâton puis à une amazone, elle influence positivement son amie en la protégeant. C’est elle qui empêche Xena de commettre l’irréparable, c’est elle qui lui enseigne le respect, le courage, la bravoure, le don de soi, l’écoute, le sacrifice.
Xena poursuit une quête, une quête de rédemption. Elle cherche à racheter ses fautes alors qu’elle sait ne pouvoir les effacer. Elle doit expier ses crimes. La véritable force de la série réside dans ce concept. Xena doit accepter son passé de tueuse sanguinaire pour vivre en paix avec elle-même. « Le monstre qu’elle a en elle et qu’elle combat sans cesse pour garder le contrôle » est le pire adversaire qu’elle ait à affronter comme l’a dit R.J. Stewart, l’un des scénaristes phare de la série.
Et après toutes ces aventures, tous ces combats, l’irrémédiable se produit dans le double épisode final. Xena meurt.
Dans cet épisode intitulé « La Mort de Xena », Xena et Gabrielle répondent à l’appel d’Akemi et se rendent au Japon combattre Yodoshi, le Seigneur des Terres Noires. Durant leur voyage en bateau, Xena raconte à Gabrielle comment elle a rencontré Akemi, à découvert l’amour avec celle-ci et aussi la trahison. A leur arrivée au Japon, Xena découvre qu’elle ne peut tuer Yodoshi qu’une fois morte en l’affrontant ainsi sur son propre terrain. Elle apprend à Gabrielle les derniers enseignements qui font ainsi de la jeune femme, une princesse guerrière à part entière. Elle l’initie au secrets de la pression, cette technique qui consiste à appuyer en certains points précis sur le cou de l’adversaire et à couper de cette manière l’apport de sang au cerveau. La victime n’a alors plus que quelques secondes à vivre. Xena guide les mains de Gabrielle sur son propre cou et exerce cette méthode sur elle avant de la stopper par les gestes appropriés. Alors que Xena agonise parce que son cerveau n’est plus irrigué, elle déclare à Gabrielle :
XENA : Si je n’avais plus que trente secondes à vivre, voilà comment je voudrais les vivre. Les yeux dans les yeux.
GABRIELLE : Je t’en prie. Je t’en prie.
XENA : N’oublie jamais que je t’aime.
Xena va donc au devant de la mort. Lors d’un ultime combat, elle se fait cribler de flêches puis décapiter par un samourai qui pend son corps sans tête en haut d’un arbre. Gabrielle qui a compris trop tard le sacrifice de Xena, se lance à la recherche de celle-ci mais tout est terminé. Xena lui apparaît sous la forme d’un fantôme et lui explique que pour ressusciter, Gabrielle doit récupérer son corps et disperser ses cendres au dessus d’une fontaine sacrée avant le lever du soleil. Gabrielle affronte le samourai qui a tué Xena et gagne par deux fois alors que Xena détruit Yodoshi. Mais ensuite, une fois que Gabrielle veut ressusciter Xena, cette dernière refuse. Elle lui explique que sa mort est nécessaire pour sauver quarante mille âmes qu’elle a tué accidentellement lors de son dernier voyage au Japon et leur éviter ainsi un tourment éternel.
Gabrielle ne peut accepter cette réalité. Xena lui explique qu’elle n’a plus besoin d’elle maintenant. En effet, Gabrielle connaît aujourd’hui tous les secrets de Xena. Elle est devenue une véritable guerrière, le chakram lui obéit et elle sait écouter. Gabrielle doit apprendre à vivre seule, sans la femme qu’elle aime.
Cet épisode final regorge de références, surtout chinoises. De nombreux éléments du scénario rappellent Histoire de Fantômes Chinois de Tsui Hark, un classique de Hong-Kong. Il faut aussi parler des combats qui intègrent de manière intéressante et spectaculaire les arts martiaux. D’autres références apparaissent comme Zu, les guerriers de la Montagne Magique et Wing Chung, ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Rob Tappert s’inspire du cinéma chinois.
La couleur des costumes a une grande importance dans la série. Une fois arrivée au Japon, Xena est vêtue de rouge. La couleur rouge représente le triomphe, l’incandescence, l’activité et la colère. En Grèce, le rouge symbolisait l’amour régénérateur. Et en langage des fleurs, cela signifie force et passion. Ce sont des adjectifs qui caractérisent extrêmement bien Xena. Gabrielle, elle, est habillée de bleu. Or le bleu symbolise la quiétude, le repos et l’eau qui nettoie, nourrit et rafraîchit. En Grèce, les prêtres de Chronos, le maître du temps, étaient vêtus de bleu. C’est une couleur qui représente l’immortalité. En survivant à cette épreuve et en continuant sa route, Gabrielle devient en quelque sorte immortelle. Et Akemi qui est vêtue de rose, incarne la jeunesse, l’amour neuf et une grande admiration.
Enfin, c’est au cours de « La Mort de Xena » que les subtexts prennent finalement fin. Dans ce dernier épisode, les déclarations des deux jeunes femmes deviennent enfin explicites et non plus équivoques. Il est impossible de continuer à parler de sous-entendus alors que tout est dit.
GABRIELLE : Tu es toute ma vie, je refuse de te perdre.
XENA : Tu ne me perdras pas.
Gabrielle dit à Xena qu’elle l’aime mais cela n’est pas nouveau. Seulement quand Xena présente Gabrielle aux autres fantômes prisonniers, elle déclare : « Je vous présente mon âme sœur. » C’est simple, clair et direct. Et à la fin, alors que Xena vient d’arrêter Gabrielle alors que celle-ci s’apprêtait à la ressusciter, elle annonce :
GABRIELLE : Mais si jamais je te ramène à la vie.
XENA : Ces âmes seraient perdues à tout jamais.
GABRIELLE : Xena, ça n’a pas de sens. Ça m’est égal. Tu es tout ce qui compte pour moi.
XENA : Tu sais bien que je donnerai tout pour revenir dans ce monde. Mais s’il y avait une seule raison à tous les voyages qu’on a fait ensemble et bien cette raison, c’est qu’il fallait que j’apprenne avec toi, comment prendre le moment venu la seule décision qui s’impose. Je ne reviens pas. Je regrette.
GABRIELLE : Tu sais que je t’aime. Qu’est ce que je vais devenir si tu n’es plus là ?
XENA : Je serai toujours avec toi Gabrielle. Toujours.
Et puis le baiser tant attendu entre les deux jeunes femmes a finalement lieu. Alors que Xena est grièvement blessée, elle demande à Gabrielle de lui apporter de l’eau sacrée. Gabrielle boit l’eau à la fontaine lorsque Yodoshi lui envoie une boule de feu arrêtée par son tatouage de protection. Elle se précipite auprès de Xena, allongée au sol et l’embrasse. Elle l’embrasse d’une manière tendre et délicate et lui restitue ses forces grâce à une goutte d’eau sacrée. Ce baiser pudique a déplu à de nombreux fans qui n’ont vu ici qu’une astuce scénaristique. Pourtant, à mon sens, il conclu magnifiquement une relation lesbienne dépeinte de manière exceptionnelle, durant plusieurs années, dans une série familiale.
Pendant 6 ans, les deux jeunes femmes ont chacune mené leur quête. Xena étaient en quête de rédemption et Gabrielle en quête d’elle-même. Mais finalement, au cours de ce périple, elles auront découvert le respect mutuel, le soutien, la confiance et l’amour.
Xena et Gabrielle ont appris ce qu’est l’amour, le véritable amour. Il me semble ce que c’est ce que nous devons retenir de cette série.
GABRIELLE : Tes voyages incessants t’ont menée sur les terres les plus éloignées, aux limites de la Terre.
XENA : Et à l’endroit que je ne quitterai plus jamais… Ton cœur. Où va-t-on maintenant ?
GABRIELLE : Nous mettons le cap sur le Sud, vers la terre des pharaons, ils recherchent une fille avec un chakram.
XENA : Où que tu ailles, je serai à tes côtés.
GABRIELLE : Je savais que tu dirais ça.



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