Barcelone un soir de Néry

Barcelone un soir de Néry

Extrait de l'Album : La vie c'est de la viande qui pense...

Date de Sortie : 18 Mai 1999

Paroles : Néry Catineau

Musique : Bertrand Belin, Néry Catineau

Nationalité : Française

Genre : Variété Française

Durée : Inconnue

Titre Original : Barcelone un soir

Barcelone un soir : Avis Personnel

Néry, de son nom complet Néry Catineau, est un artiste français à la fois réalisateur de courts-métrages et auteur-compositeur-interprète. Il débute la musique aux environs de 1986 après avoir achevé ses études de cinéma d’animation à l’École des Gobelins à Paris. Il crée alors le groupe Les Nonnes Troppo et quelques années après Les VRP. Ils se produisent à travers la France et de nombreux autres pays.

En parallèle, Néry réalise plusieurs clips, notamment Toi pour la Mano Negra. Ce n’est qu’en 1996 qu’il se lance dans une carrière solo. Il autoproduit son premier album La Vie c’est de la viande qui pense… qui s’éloigne de l’esprit rock de ses deux précédents groupes. Il reçoit pour ce dernier Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros en 1999. Il enchaîne ensuite plusieurs autres albums.

Aujourd’hui il travaille principalement à mettre en scène les spectacles musicaux d’autres artistes comme Romain Didier, Olivia Ruiz ou Daniel Lavoie.

Paroles

Barcelone, le soir, d’un mercredi à boire.
Petite rue près du port, restaurant argentin.
Une enfilade de tables, un bandonéoniste.
À ses côtés une femme qui doit être sa femme,
Quelques amis, des proches qui entourent l’artiste
Des amis musiciens, des aficionados.
Compagnons bienveillants, Argentins tout de noir,
Tenues d’expatriés, rigueurs ambassadées.
Des clients satisfaits par avance réjouis,
Des habitués stoïques stoïquement habitués.
“Las carnes se comen, el vino se traga
El musico toca, el publico canta.
¡ Cosecha del alma, la musica llora
Me planto las unas y me como el pais !”
À gauche de l’entrée, une table, deux garçons
Vingt-deux ou vingt-trois ans, sagement captivants.
Discrètement, ils s’aiment, mais ils s’aiment sûrement.
L’un, des yeux, dévore l’autre, défiant la bienséance.
L’autre sourit au lointain de la salle qui s’élance.
Il sourit aux étreintes en caresses insistantes
Auxquelles, moins discrets, leurs pieds aimants se livrent.
Les deux garçons sourient, pensent-ils à eux deux,
À eux deux, seuls, plus tard dans la dérive du soir ?
Ils parlent, puis ils se taisent puis ils reparlent encore.
La musique déchirée en notes lacérées
Devient respiration torture et tentation.
Le vin lourd et charnu rassemble toutes les tables
En tâches pourpres qui unissent les corps et tous les diables.
Les yeux des deux garçons s’attirent et se désirent.
Plus rien n’a d’importance tant s’impose alentour
Jaillissante et sauvage 1’évidence de 1’amour.
Personne, pas même Dieu, nierait être troublé.
Le temps soudain s’arrête, on chuchote et l’on guette.
D’un élan transportées, leurs bouches se dévorent
S’acharnant en baiser, leurs langues se confondent.
Et puis comme deux aimants devenus soudain contraires
Tout aussi vivement leurs lèvres se desserrent,
S’arrachant, s’éloignant elles lâchent et s’abandonnent.
Leurs yeux glissent et se fuient loin là-bas, loin de l’autre,
Loin de lui, loin de nous, vers ailleurs, loin, très loin.
Leurs visages s’opposent, et rien ne s’était passé.
Leurs pieds même sont rangés bien sagement scolaires,
Sur la table les mains posées sur les couverts.
Mais, brillantes leurs lèvres, figées dans un sourire,
Et leur teinte rougie tendrement les trahit.
Mon regard sur eux prudemment s’éternise.
Je ne suis pas le seul à avoir vu la scène,
Et ceux qui ont tout vu font ceux qui n’ont rien vu. “Obscène !”
Mes yeux sont attirés et piochent encore vers eux
Leur visage de jeunes hommes, leur image d’hommes heureux
Je souris, ils me voient, vont-ils le prendre mal ?
Je me lève, ils s’étonnent, et je m’approche, idiot.
Je me penche sur eux et je leur dis un mot
Ils éclatent de rire visiblement surpris,
Je retourne m’asseoir et c’est moi qui rougis.

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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