Antonia Et Ses Filles

Une fable contemporaine

Année de Production : 1995

Réalisation : Marleen Gorris

Scénario : Marleen Gorris

Avec : Willeke van Ammelrooy (Antonia), Els Dottermans (Danielle), Dora van der Groen (Allegonde), Veerle van Overloop (Thérèse), Esther Vriesendorp (Thérèse à 13 ans), Carolien Spoor (Thérèse à 6 ans), Thyrza Ravesteijn (Sarah), Mil Seghers (Kromme Vinger), Jan Decleir (Boer Bas), Elsie de Brauw (Lara), Reinout Bussemaker (Simon), Marina de Graaf (Deedee), Jan Steen (Lippen Willem), Catherine ten Bruggencate (Malle Madonna)

Nationalité : Belge, Britannique, Néerlandaise

Genre : Comédie, Drame

Durée : 1h 42min.

Titre Original : Antonia's Line

Antonia Et Ses Filles : Résumé

Le jour de sa mort, entourée de toute sa famille, Antonia se remémore sa vie et son retour dans son village natal. À la fin de la guerre, elle était revenue avec sa fille Danielle et avait choqué la population locale par sa force, son indépendance et son excentricité.

Après le décès de sa mère, Antonia hérite de la ferme où elle élève seule sa fille Danielle, passionnée de peinture. Désirant par-dessus tout apprendre, Antonia l’inscrit aux Beaux-arts et la soutient dans ce choix de vie. En parallèle, elle refuse la demande en mariage de son voisin mais accepte de le voir, lui et ses nombreux fils tous les week-ends.

Un jour, Danielle avoue à sa mère qu’elle veut un enfant mais qu’elle n’a pas besoin de mari. Les deux femmes se mettent donc en quête d’un géniteur et Danielle tombe enceinte. Le village condamne cette naissance mais les habitants ne découragent pas la jeune femme qui met au monde une petite fille baptisée Thérèse.

Rapidement Thérèse s’avère une enfant prodige et son institutrice accepte de lui donner des cours particuliers.

Le jour de sa mort, entourée de toute sa famille, Antonia se remémore sa vie et son retour dans son village natal. À la fin de la guerre, elle était revenue avec sa fille Danielle et avait choqué la population locale par sa force, son indépendance et son excentricité. Après le décès de sa mère, Antonia hérite de la ferme où elle élève seule sa fille Danielle, passionnée de peinture. Désirant par-dessus tout apprendre, Antonia l'inscrit aux Beaux-arts et la soutient dans ce choix de vie. En parallèle, elle refuse la demande en mariage de son voisin mais accepte de…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Un petit bijou à découvrir.

Note des lectrices : 4.45 ( 2 votes)
76

Antonia et ses filles est un bol d’air frais dans le paysage cinématographique. Après l’avoir vu vous êtes serein et détendu comme après le visionnage de Beignets de Tomates Vertes ou Le Bonheur est dans le Pré. C’est une superbe fable contemporaine féministe. Une ode aux femmes et à leur force. Un superbe long-métrage empreint de poésie, de tendresse, d’humour et d’amour.

Dès le premier instant, lorsqu’Antonia présente son village à sa fille, on découvre une femme forte et volontaire qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle ose dire tout haut et de manière directe et franche ce que tout le monde pense tout bas. Danielle la suit, intéressée, et révèle rapidement ses talents de rêveuse quand elle donne vie aux morts ou aux objets. C’est drôle et léger.

Il y a un nombre incroyable de passages cultes qui restent inoubliables. Et à ce titre, l’annonce soudaine de Danielle concernant le fait qu’elle veuille un enfant est à mourir de rire. Elle travaille paisiblement avec sa mère dans les champs lorsqu’elle lui exprime son désir et réplique de manière catégorique qu’elle n’a pas besoin d’un mari. Ça rappelle la force de sa mère lorsque celle-ci avait refusé d’épouser son voisin quelques années plus tôt. Antonia est surprise par la nouvelle mais n’est ni choquée ni offusquée. Elle pèse le pour et le contre et accède à la demande de sa fille : elles iront en ville et trouveront un géniteur ! (Ce qu’elles font).

Thérèse vient ainsi au monde neuf mois plus tard et l’enfant désiré est tout de suite aimé. Elle révèle rapidement des talents insoupçonnés et Danielle est conviée chez la directrice de l’école avec Antonia. Là, elles découvrent que Thérèse n’est pas normale, qu’elle est une surdouée. Alors qu’elles demandent comment cela va se passer, l’institutrice arrive et leur explique qu’elle avait pensé à des cours particuliers mais qu’elle aura besoin d’aide. Alors qu’elle demande à Danielle si elle est d’accord, celle-ci ne décroche pas un mot, subjuguée par la jeune femme qu’elle imagine telle la Naissance de Vénus (le tableau de Botticelli). Hilarant et décalé à souhait.

Évidemment, les deux femmes tombent amoureuses et finissent leur vie ensemble, comme tous les autres couples qui gravitent autour d’Antonia. En effet, une fois que vous avez affronté tous les obstacles vous menant à la personne que vous aimez, vous restez avec elle jusqu’à la fin. J’adore les histoires romantiques de ce type.

Enfin bref, se moquant des préjugés et des voisins, elles emménagent ensemble, ce qui passe franchement inaperçu vu ce qu’elles ont déjà accompli. À ce titre, elles partagent d’ailleurs une très belle nuit. Leur scène d’amour intervient en parallèle des autres scènes des autres couples et est assez osée. Les deux jeunes femmes sont nues l’une en face de l’autre et s’embrassent assises sur leur lit. Alors on peut reprocher à cette scène de durer et de ne pas aller plus loin alors que les autres couples miment franchement la pénétration et l’orgasme. Mais en même temps, les autres ne sont pas nus. Alors il y a certes une différence de traitement, mais quand elles s’allongent enfin sur le lit pour continuer, les autres ont terminé.

L’histoire d’amour saphique n’est pas au centre du long-métrage mais elle n’est pas niée. Elle a autant d’importance que les autres et est traitée de la même manière. C’est ce qui lui donne tout son sens et son poids. L’égalité de représentation et de traitement.

Au final, Antonia et ses filles est un magnifique film à découvrir pour ça et pour tout ce que je n’ai pas cité et qui me traverse l’esprit en ce moment tel le chantage envers le prêtre, les petits amis de Thérèse et tout le reste.

Discussion sur le Forum à propos de Antonia et ses Filles

Antonia Et Ses Filles : Critiques Presse et Récompenses

Vainqueur aux Academy Awards en 1996 dans la Catégorie Meilleur Film Etranger.

Nommé pour la Silver Condor aux Argentinean Film Critics Association Awards en 1997 dans la Catégorie Meilleur Film Etranger.

Nommé aux BAFTA Awards en 1997 dans la Catégorie Meilleur Film Etranger.

Nommé aux GLAAD Media Awards en 1997 dans la Catégorie Meilleur Film.

Vainqueur aux Joseph Plateau Awards en 1996 dans la Catégorie Meilleure Actrice pour Els Dottermans.

Golden Calf au Festival du Film Néerlandais en 1995 dans la Catégorie Meilleure Actrice pour Willeke van Ammelrooy.

Golden Calf au Festival du Film Néerlandais en 1995 dans la Catégorie Meilleur Réalisateur pour Marleen Gorris.

Prix du Public au Festival International du Film de Toronto en 1995.

Nommé au Festival International du Film de Valladolid en1995.

“Here is female empowerment as you’ve never seen it on screen before, with the narrative daring to make no compromises at all.” Joe Baltake (Sacramento Bee)

“A wonderfully eccentric film about the high value of feminine friendship, independence, intuition, and solidarity.” Frederic and Mary Ann Brussat (Spirituality and Practice)

“A little movie with an enormous heart.” Brian Gorman (Jam! Movies)

“Can women live happily without men? This is the question posed by the Dutch director Marleen Gorris in her idealized feminist fairytale about one independently minded woman and her family.” Emanuel Levy (EmanuelLevy.Com)

“If only Gorris … had pandered less to her audience.” Shlomo Schwartzberg (Boxoffice Magazine)

“A feminist fable for all time.” Marjorie Baumgarten (Austin Chronicle)

“The magical realism in Antonia’s Line is neither magical nor real.” Carlo Cavagna (AboutFilm.com)

“This is the rare film that does actually succeed in suggesting the experience of a lifetime.” John Teegarden (Film.com)

Antonia Et Ses Filles : Extraits

VOIX OFF  : Bien avant que le soleil ne se soit levé, Antonia sut que ses jours étaient comptés. Elle sut plus que cela, elle sut que ce serait son dernier jour. Non pas qu’elle soit souffrante. Mais comme certains, Antonia savait quand trop c’est trop. Elle voulut appeler ceux qu’elle aimait à ses côtés dans le lit, les informer de sa mort imminente, fermer les yeux et mourir.

VOIX OFF  : Les jours se transformèrent en semaines puis en années. Antonia plantait, Danielle peignait, les champs devenaient verts puis marron.

DANIELLE  : Maman ? (Aucune réponse). Maman !
ANTONIA  : Oui.
DANIELLE  : Maman, je veux un bébé.
ANTONIA  : Qu’est-ce qui t’a donné cette idée ?
CROOKED FINGER  : Un bébé ?
ANTONIA  : Et que penses-tu d’un mari pour aller avec ?
DANIELLE  : Je ne crois pas.
ANTONIA  : Choisir un villageois créera des problèmes. Les fermiers ici ne font que des garçons et ils ne voient pas plus loin que le derrière d’une vache. Prends une profonde inspiration ! Par le nez ! (Antonia inspire profondément et Danielle sourit). Dans quelques mois nous irons en ville. Et là-bas nous te trouverons un père.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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