Une femme manipulatrice se fait passer pour lesbienne

Article lié à la série Breakout Kings

Breakout Kings

Synopsis :

En échange d’une remise de peine, des détenus spécialistes de l’évasion aident des U.S. Marshals à retrouver des évadés. En revanche, si l’un d’entre eux tente de s’enfuir, tous retournent en prison et leur peine sera doublée.

Résumé :

Breakout Kings est une série télévisée américaine de 23 épisodes de 43 minutes qui a été diffusée pour la première fois aux États-Unis entre mars 2011 et avril 2012.

L’épisode qui nous intéresse ici est l’épisode 6 de la saison 2. Il s’ouvre sur un cours de littérature donné dans un centre de détention pour femmes de l’état de New York. Emmy, l’une des détenues, commence à faire des blagues graveleuses et du rentre-dedans à Claire, la professeure chargée de cours, cette dernière d’abord génée va ensuite l’envoyer balader :

EMMY : Pourquoi t’es boutonnée jusqu’en haut ? C’est nos copains les matons qui t’ont dit de planquer la marchandise ? Allez, fais voir ce que t’as là-dessous ma belle, sois pas farouche !
CLAIRE : Vous avez l’air d’avoir plein de choses à raconter Emmy, peut-être qu’en vous appliquant vous auriez pu vendre un roman pour un million au lieu de vous prostituer sur un parking.

D’entrée de jeu on peut dire que ça clashe ! On se doute bien au regard mauvais d’Emmy que ça ne va pas en rester là. Devant les moqueries des autres détenues, elle se lève et se met à arracher le chemisier de la prof et à la peloter, jusqu’à ce qu’une gardienne ne vienne l’arrêter.

Lors du transfert jusqu’à l’audience au tribunal, Emmy est prise de coliques, oui oui, des vraies coliques avec tout ce qui s’ensuit : les gros bruitages bien gras, les grimaces, les râles de douleurs et les mines dégoutées des deux matons qui l’escortent (et qui hurlent « t’es trop crade », « préviens-nous avant » ou encore le sublime « magne-toi c’est l’horreur »). Là, je dois le dire, les scénaristes et metteurs en scène ont mis le paquet pour rendre crédible la nécessité d’une halte à la station service la plus proche qui, on le sent venir, fera partie d’un plan d’évasion déjà prémédité par Emmy.

Arrêt en panique au Truck Stop le plus proche avec le maton qui lui crie « allez grosse dégueu sors de là », oui, je vous jure, c’est sublime, et tout ça dans les trois premières minutes, vous comprendrez donc pourquoi j’ai été obligée de regarder la suite quand, innocemment, je zappais devant ma télé…

Bien sûr c’était un coup monté, Emmy s’évade et le générique est lancé.

On retrouve les héros de la série, des détenus spécialistes de l’évasion donc, qui font un briefing sur la situation et qui vont tenter de retrouver Emmy. Ils commencent par aller voir sa meilleure amie qui est allée lui rendre visite souvent ces derniers temps pour en savoir un peu plus.

On retrouve Emmy qui entre par effraction dans une maison. Les enquêteurs la soupçonnent de vouloir se venger en tuant des ex-clients, ils n’ont pas tout à fait tort mais se rendent à la mauvaise adresse. Elle a tué un homme et se dirige vers la chambre à coucher. Dans cette chambre se trouve Claire, la professeure qu’elle avait agressée au début de l’épisode. Et là, ô surprise, elles se jettent l’une sur l’autre et s’embrassent. L’homme qu’Emmy vient d’assassiner était Shawn, le mari de Claire. Le lendemain elles s’enfuient ensemble.

Breakout Kings

Dialogue des enquêteurs, le lendemain sur la scène de crime :

RAY : D’après le voisin, Shawn et Claire n’étaient pas vraiment heureux en couple. Il ne l’a jamais emmenée en voyage de noces et en plus il ne pensais qu’à son boulot.
ERICA : Ouais tu parles.
LLOYD : C’est normal que Claire se console dans les bras d’une femme, c’était une épouse modèle, 100% hétéro, prisonnière d’une relation fausse pendant des années qui s’est laissée convaincre de changer d’équipe par une professionnelle à la sexualité protéiforme, et tout à fait capable de s’adapter au partenaire.
ERICA : C’est peut-être une proviz…
RAY et LLYOD (et moi) : ???
ERICA : Une lesbienne provisoire… c’est une nana qui couche avec d’autres femmes pendant qu’elle est en prison et qui redevient hétéro à sa sortie.

L’horreur quoi, un nouveau concept… Tadaaa… Vous en rêviez et Breakout Kings l’a fait… J’ai nommé… La Proviz, soit la lesbienne provisoire qui couche avec des femmes quand elle n’a rien de mieux à se mettre sous la dent.

 Bon, je vous la fais rapide, les deux femmes sont en cavale, les enquêteurs ont compris qu’elles étaient ensemble et les traquent. Au fur et à mesure de leur fuite, elles se rappellent comment elles en sont venues à se mettre ensemble : des petits mots échangés qui ont donné lieu à des confidences, un premier baisé caché, des déclarations d’amour… On apprend que leur plan est de s’acheter un gros terrain dans le Montana pour vivre une vie tranquille et rangée. On les retrouve au lit après l’amour, Emmy envoie Claire faire couler un bain et pendant ce temps va ouvrir la porte de la chambre d’hôtel. Pourquoi ? Pour faire entrer son amant et complice, et oui, l’enquêtrice avait raison, il s’agissait bien d’une proviz manipulatrice, dialogue révélation pour couronner le tout :

EMMY : Je veux que tu saches que j’étais vraiment sincère quand je t’ai parlé de notre premier baiser. Mais tu me vois jouer les cow-boys sans un ranch du Montana ?
CLAIRE : Pourquoi tu me dis ça ?
EMMY : Je sais que c’est moi qui t’ai draguée, d’ailleurs je t’ai toujours trouvée très sexy mais c’était qu’une étape de notre plan.

 Le « notre » fait référence au plan d’Emmy et de son mec qui fait une apparition flippante dans la salle de bain et qui noie Claire sous les ordres d’Emmy. Un massacre quoi.

À la fin les enquêteurs parviendront à rattraper Emmy et son mec et à les arrêter, tout est bien qui finit bien, sauf pour le cadavre de Claire et pour l’image renvoyée du lesbianisme.

Breakout Kings

Breakout Kings

Retour à la fiche de présentation Breakout Kings

A propos de Edwine Morin

Avatar
Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

Répondre