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  • Kim et Sugar sont de retour pour une deuxième saison de Sugar Rush sur Channel 4, mais Sugar a une nouvelle rivale…
    Lorsque l’homosexualité a commencé à être clairement abordée dans les fictions télévisées britanniques, les réactions ont été diverses. Quand, en 2004, les scénaristes de Footballers’ Wives ont projeté de diffuser une très brève scène de sexe entre deux hommes, le Daily Star s’est indigné et a encouragé ses lecteurs à envoyer des lettres de plainte à la chaîne. Cette pression effectuée par le tabloïd a finalement eu raison de la scène visée qui a été coupée avant la diffusion de l’épisode. Deux ans plus tard, la même série comportait une storyline lesbienne assez torride et personne n’a trouvé à y redire. Le cas de la première saison de Sugar Rush diffusée en 2005 est similaire. Sugar Rush est une “dramedie” à propos d’une adolescente, Kim, qui a craqué sur Sugar, son amie. Contrairement à Queer as Folk de 1999, qui suivait un jeune homme gay et ses relations sexuelles avec d’autres hommes, Sugar Rush ne va pas aussi loin. “Je ne pense pas que ce soit très surprenant, c’était une série opportune et très bien reçue” , explique Sarah-Jane Potts, qui joue Saint dans la seconde saison. “Je pense que ça a fait du bruit mais pas une émeute non plus. Sugar Rush n’est pas aussi choquante que Queer as Folk. Je pense qu’avec Queer as Folk ils ont vraiment voulu être délibérément choquant dans la manière dont ils présentaient l’homosexualité. Dans Sugar Rush il y a une exploration de la sexualité et il se trouve que c’est avec une personne du même sexe. Je pense qu’il y a beaucoup plus d’innocence dans Sugar Rush, mais il faut dire qu’il y a aussi, de nos jours, une plus grande ouverture d’esprit lorsqu’on voit des relations homosexuelles à la télévision. Je pense que c’est une bonne chose.”
    A la fin de la première saison, Kim est encerclée par la police alors qu’elle s’est enfuie dans un hôtel avec Sugar, l’objet de son affection. Au moment de commencer la deuxième saison, Kim a besoin de nouveaux repères dans sa vie et il semble que Saint, une jeune lesbienne attirante et branchée soit exactement ce qu’il lui faut. “Kim est plus âgée que dans la saison 1; elle tombe amoureuse pour la première fois, et elle a sa première relation avec une femme – Saint” , continue Sarah-Jane Potts. “Ce n’est pas fait gratuitement, même si on fouille en profondeur dans l’intimité pour savoir ce qu’il se passe dans ses relations, comme on l’aurait fait pour un garçon et une fille. Il se trouve juste qu’ici ce sont deux femmes. L’élément important à retenir, c’est qu’elles sont amoureuses l’une de l’autre. Je pense que la saison dernière était comme une dragée: c’était ce cadeau sucré, joli et coloré que l’on reçoit au milieu de quelque chose. Cette année, pas d’enrobage sucré, on va droit au but.”
    L’actrice de 28 ans, qui a déjà joué dans quelques films et eu des rôles dans les séries Felicity et Keen Eddie, savourait l’idée de jouer un personnage ‘de l’autre côté de la barrière’. “Jouer une lesbienne a été une expérience vraiment, vraiment intéressante pour moi. C’était un véritable challenge que d’arriver à m’accorder de cette manière avec Olivia Hallinan,” ajoute Sarah-Jane Potts. “Tu peux te sentir un peu vulnérable en faisant ça, parce que c’est une chose à laquelle tu n’es pas habituée. Mais j’ai trouvé ça vraiment amusant. Explorer ce côté de moi-même était une chose que je n’avais jamais faite auparavant. Saint est DJ dans une boîte de nuit. C’est une fille très cool, le genre de fille que chaque lycéenne rêve d’être.”
    Alors qu’il y a une grande différence d’âge entre Saint et Kim (27 et 17 ans), la première possède certaines qualités de Sugar, et en particulier sa capacité à mettre en confiance Kim. “Kim se sent en sécurité avec elle. Elle est plus vieille, elle a un peu plus de 25 ans, et littéralement tout le monde veut être son ami(e) et faire partie de la vie mystérieuse mais passionnante qu’elle a,” termine Sarah-Jane Potts en parlant de son personnage. “C’est vraiment amusant parce que je ne suis pas comme ça, je suis plutôt le genre de fille maladroite. Lorsqu’on m’a demandé de jouer Saint je me suis sentie très heureuse. Je dois jouer quelqu’un qui est ‘too-cool-for-school’ !”
    Sugar, jouée par Lenora Crichlow, a passé la plupart du temps de la première saison à tourner autour des garçons tel un renard affamé, pendant que son amie Kim, accro à elle, ne pouvait que la regarder consternée. Elle est de retour dans la deuxième saison avec une attitude désinvolte et une nouvelle philosophie de vie : vivre pour le moment présent.
    “Je pense que la série parle plus des personnages, de l’amitié et des relations que du sexe ou du côté sordide,” nous dit Lenora Crichlow à propos des côtés osés de la série. “Chaque chose est mise en contexte et tout est là pour une raison expliquée, donc on oublie le côté provoquant au profit de l’histoire. Quand Kim et Sugar s’embrassent pour la première fois, cela a un grand impact sur les deux personnages. Ensuite, quand elles s’embrassent à la fin, tout a été construit pour arriver à cette scène, elle est donc belle et tendre et est juste une partie de l’histoire. Kim est simplement une adolescente qui a craqué pour sa copine et pas une lesbienne enragée. Elle a un béguin auquel tous les ados peuvent s’identifier, hétéros ou homos.”
    Lenora Crichlow poursuit en expliquant si pour Kim c’est le grand amour ou juste une poussée d’hormones passagère. “Je pense que Kim aime Sugar, et dans la deuxième saison vous allez voir qu’il y a un lien très fort entre elles,” explique-t-elle. “Je pense vraiment qu’elle l’aime, pas seulement dans un sens romantique, mais comme une amie, une compagne, et quelqu’un dont elle veut prendre soin. Il y a là quelque chose de très profond dont on se rend encore plus compte dans la deuxième saison. Il y a un lien invisible entre elles, et elles sont incapables de se quitter l’une l’autre, donc leur amitié est la chose la plus forte, et c’est ce qui est le fil conducteur de la seconde saison. C’est une amitié avec une frontière floue.”
    Dans la première saison de la série, basée sur un roman de Julie Burchill, Sugar (Melissa Sweet de son vrai nom) ne pense que très rarement aux conséquences de ses actes et de ses flirts, mais si elle veut récupérer Kim qui est partie vers Saint, comme amie ou comme petite amie, elle doit changer certaines choses dans son comportement. Bien sur, on peut s’attendre à ce qu’une fille de ce genre préfère rester hétéro.
    “Il y a des conséquences à leurs actions; Sugar va en prison quand elles commencent. Mais à la fin, elles sont ensemble, leur amitié renforcée, et c’est le sens qu’elles veulent donner à leur aventure,” explique Lenora Crichlow. “Elles sont sur le point de partir et de faire quelque chose de mal! Il y a énormément d’aventures dans la saison 2.”
    Sugar Rush, comme l’a découvert Lenora Crichlow dans les lettres des fans qu’elle a reçues, plaît à des groupes d’âges très variés, ce que l’actrice apprécie.
    “Je pense que la série plaît à de nombreuses catégories d’âge,” dit-elle. “J’ai reçu des lettres de nombreuses personnes de tous âges, et ça a l’air de plaire surtout aux jeunes. Son côté coloré et son originalité leurs plaisent. Ca a l’air de toucher aussi pas mal de jeunes ados, ce qui est bien. ‘Kim est une lesbienne’ n’est pas le fondement de l’histoire; vous pouvez être aussi intéressé par toutes ses aventures.”
    Au centre de tout ce pétillement, ses démêlés et ses peurs, il y a Kim, le personnage de Olivia Hallinan.
    “Dans la première saison, Kim était à un âge où elle essayait de venir à bout de cet horrible fardeau qu’est l’adolescence, et avec ça elle avait aussi sa famille de cinglés, et le fait qu’elle est homosexuelle,” explique Olivia Hallinan. “Sugar est la seule personne stable dans sa vie. Elle est devenue son support et, en même temps, Kim est une évasion pour Sugar. Vous allez le voir encore plus dans cette nouvelle saison. Sugar compte plus sur elle pour la soutenir. Je pense que toutes les deux ont autant besoin l’une de l’autre.”
    Alors que Julie Burchill confiait à un moment qu’elle serait “bouleversée si personne n’est bouleversé” par le contenu de la série, il y avait des indices qui indiquaient que certains téléspectateurs étaient choqués par le sujet abordé. Sugar Rush ne fait rien juste dans le but de faire du sensationnalisme ou pour choquer et provoquer des réactions,” dit Olivia Hallinan. “La série n’est pas juste un ‘drama à propos d’adolescentes lesbiennes’ et ça n’est pas non plus une excuse pour voir deux filles le faire! Ca va complètement à l’opposé de ça.”
    A propos de la saison 2, l’actrice explique: “Nous sommes 18 mois après la fin de la première saison, Kim a avancé dans la vie. Elle va mieux, elle est fier de ce qu’elle est et est à la recherche d’une copine. Sugar a du mal à assumer le fait que Kim n’aie plus autant besoin d’elle qu’auparavant. On a une sorte de triangle amoureux qui apparaît. Kim est toujours amoureuse de Sugar, il y a un lien très fort entre elles qui ne s’en ira pas de sitôt.”
    La série, malgré ses intrigues sérieuses, arrive aussi à avoir des moments d’humour, notamment en introduisant un groupe qui dit pouvoir ‘guérir’ l’homosexualité.
    “J’ai trouvé ça très drôle à filmer,” déclare l’actrice à propos de cette intrigue. “L’homme jouant le ‘guérisseur’, le gourou était tellement hilarant. Tout était dingue, comme ces 10 semaines de travail intense. Tout allait si vite et il fallait être partout à la fois, mais on y est arrivé. Parfois, on n’avait plus l’impression de travailler. On n’avait pas la possibilité de se détendre beaucoup en-dehors du tournage parce qu’on travaillait aussi la nuit. Nous étions tous dans le même hôtel, on s’amusait bien.”
    La deuxième saison de Sugar Rush est diffusée depuis le 15 juin dernier sur Channel 4 au Royaume-Uni. Aucune chaîne francophone ne semble s’y être intéressée pour le moment mais qui sait ? Cela viendra peut-être.
    Interview Originale sur Serieslive
    Sugar Rush - Kim et Sugar

  • « The L Word », un gros coup d’elles
    Rencontre avec Guinevere Turner, 38 ans, figure phare de la galaxie lesbienne d’Hollywood et ex-coscénariste de la série.
    Aux Etats-Unis, on la qualifierait de « lipstick », qui veut dire « rouge à lèvres » mais aussi, dans le langage codé homosexuel, une lesbienne chic ­donc forcément fardée. Ce matin-là, Guinevere Turner, 38 ans, est arrivée sans maquillage, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une sacrée dégaine. Et, en ça, conforme au superbe casting de The L-Word. Miss Turner est de passage à Paris pour rendre visite à des amies, dont la costar de Go Fish, premier long métrage d’auteur lesbien qui l’a révélée en 1994. Née à Boston et élevée à Chicago, elle est devenue à Hollywood l’une des plus importantes figures d’un microréseau ­les lesbiennes ­moins caché qu’avant. Ilene Chaiken, créatrice de The L-Word, lui a proposé d’en concevoir les scénarios. Le contact s’est fait via une autre membre éminente de cette galaxie underground, la réalisatrice Rose Troche, qui, après Go Fish, fit deux films assez moyens, avant de collaborer à Six Feet Under et The L-Word. Guinevere Turner, moins d’un mètre soixante et plein de rires en stock, a coécrit American Psycho, signé un biopic de Betty Page et un film de vampires cryptolesbien, BloodRayne. Dopée par l’expérience The L-Word, elle s’est mise à l’écriture de sa propre série. L’héroïne sera une agent du gouvernement chargée du programme de protection des témoins. Donc « undercover », y compris à propos de sa sexualité. « Le temps du pilote, à l’issue duquel on me dira sûrement : “Où est son petit copain ?” Une fois qu’un studio aura dit OK, je glisserai qu’elle préfère les filles. » Etrange précaution ? Pas vraiment : « Malgré les mentalités qui changent, il y a un avantage professionnel certain à ne pas dire qu’on est gay, encore aujourd’hui à Hollywood. »

    A L’ORIGINE DE « The L-Word »
    « J’ai collaboré aux deux premières saisons de The L-Word. On était une petite dizaine à l’écriture : Ilene Chaiken, mon amie Rose Troche, moi, plus un homme hétéro, quatre lesbiennes et deux nanas hétéro. Mélange parfait. Pour la première saison, on s’est enfermés au bureau tous les jours pendant six semaines, de 9 heures du matin à 7 heures du soir, à parler, parler, parler. On développe des intrigues les uns devant les autres et parfois, après deux jours passés à creuser une piste, on entend : “Non, c’est nul ton truc.” La meilleure à ce jeu, c’est Rose Troche. Elle n’hésite pas à dire : “OK, c’est à ce moment que les téléspectateurs se lèvent pour aller chercher du pop-corn !” Chaque scénariste se retrouve avec l’un des six premiers épisodes à écrire. Scénarios qu’Ilene, Rose et moi reprenons, réécrivons le cas échéant. »

    L’ECRITURE
    « C’est vraiment différent du cinéma, car là on est à la moitié du processus, qu’on commence déjà à tourner. Parfois, ça crée des soucis. Lors de la saison 1, la production avait engagé une actrice qui, dans les épisodes suivants, devait avoir un rôle important. Mais elle était si mauvaise qu’en deux jours j’ai dû réécrire tout un épisode en l’escamotant presque entièrement.
    Sinon, on s’inspire vraiment de nos histoires. A Los Angeles, je vis comme les personnages de The L-Word (mis à part le fait que j’ai une petite amie et que je ne veux pas d’enfants), y compris dans les anecdotes. Un exemple ? Lors de notre première semaine de travail, on s’ennuyait un peu avec Angela Robinson (réalisatrice de Debs et scénariste de The L-Word). La connaissant de vue, mais sans plus, je lui ai dit : “Angela, je suis sûre qu’on peut tracer plein de liens entre nous, via nos ami(e)s et nos ex.” On a commencé à faire de grandes flèches sur le mur, suivant le principe des six degrés de séparation. Puis Rose Troche est arrivée, s’y est mise aussi, enfin Ilene est entrée, et après s’être moquée de nous, elle a dit : “Attendez, attendez, c’est génial.” C’est ainsi qu’est né le “mur” d’Alice dans la série. »

    LA SAISON 2
    « Le succès était là. Ce qui signifie : plus de moyens, mais aussi une attente énorme, notamment dans la communauté homosexuelle. C’est normal. Si je n’avais pas travaillé sur The L-Word, peut-être serais-je critique, comme toute lesbienne (ou, plus largement, membre d’une minorité) jugeant la première représentation fictionnelle de soi. Parfois, c’est assez casse-pieds. Aux Etats-Unis, on nous a reproché de ne pas avoir assez de personnages butch, que les actrices sont trop jolies et que sais-je encore. Je me souviens d’une projection-test où une grosse lesbienne aux cheveux ras s’est levée : “Mais où est la gouine chauffeuse de poids-lourds ?” Ça nous avait fait rire ! Bien sûr que les actrices de The L-Word sont branchées et ultramignonnes, il ne manquerait plus que ça (rires). C’est aussi un choix politique que de représenter des filles féminines qui ne soient pas “menaçantes” pour le grand public non gay. C’est frustrant, mais bon si j’avais montré toutes les sortes de lesbiennes que je connais, les gens auraient pris peur ! Il ne faut pas oublier qu’on fait de la télé, qu’on s’adresse à un public le plus large possible et à qui l’on fait quand même découvrir un continent inconnu. »

    LA FIN DE L’HISTOIRE
    « Lors de l’écriture de la saison 2, il y a eu des tiraillements entre Ilene et moi. Il fallait trouver le bon équilibre entre le côté série dramatique et la légèreté, car les gens n’ont pas envie de regarder un show de lesbiennes qui se coupent les cheveux en quatre. Mon credo, c’était d’aller vers la légèreté, une certaine drôlerie ; après tout, The L-Word est un peu un soap opera. Alors qu’Ilene Chaiken avait une écriture plus portée vers la noirceur. A l’arrivée, j’ai été débarquée du show. Je pense que je l’ai trop ouverte ! La plupart du temps, je travaille sur des films dont je suis l’auteure. Là, j’avais une patronne et ça allait à toute vitesse. Ça m’aura au moins appris ça : travailler vite. »
    Interview Originale sur Ecrans.fr
    Guinevere Turner

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    Fingersmith est une mini série composée de trois épisodes créée par la chaîne anglaise BBC, qui avait initié Tipping The Velvet. Il s’agit d’une adaptation homonyme du roman de Sarah Waters (Du bout des doigts en version française). Après les records battus par Tipping The Velvet, les Britanniques ont décidé de se lancer dans cette nouvelle adaptation et l’on peut dire qu’il s’agit également d’une réussite.
    Fingersmith conte l’histoire de Susan « Sue » Trinder (Sally Hawkins) et de Maud Lilly (Elaine Cassidy). Nous sommes en 1862, en Angleterre. Dans le quartier de Land Street, le quartier des voleurs, des fripons et des receleurs, Sue, abandonnée à la naissance par sa mère qui a été pendue, vit chez Mrs Sucksby (Imelda Staunton). Mrs Sucksby est une nourrice qui élève des orphelins pupilles de l’État. Elle a gardé Sue par bon cœur et la considère comme sa fille.
    SUSAN  : Je m’appelle Susan Trinder. J’ai grandi à Land Street. On avait la meilleure vue sur la potence. Les jours de pendaison, les gens payaient pour en profiter.
    En parallèle, une autre jeune fille se présente. Elle se nomme Maud Lilly.
    MAUD  : Je m’appelle Maud Lilly. J’ai grandi dans l’asile où ma mère est morte en me mettant au monde.
    Durant ce premier épisode, conté par Sue, nous découvrons l’enfance des deux jeunes femmes et leur rencontre. Élevée par son oncle dans un manoir isolé, Maud est devenue sa secrétaire et lectrice d’une littérature érotique qui sent le soufre. Elle fait un jour la connaissance de Mr Richard Rivers (Rupert Evans).
    Rivers, également connu sous le pseudonyme de Gentleman, est un joueur désargenté et ruiné qui se présente un jour à Land Street afin de proposer une arnaque à Sue. Il a besoin d’une associée pour escroquer Maud Lilly, qui est une riche héritière. Le plan est simple. Susan doit devenir la bonne de la jeune femme, puis son amie et finalement la convaincre d’épouser Rivers avant que celui-ci ne la fasse interner. Une fois Maud enfermée à l’hôpital psychiatrique, Rivers touchera son magot et le partagera avec Sue.
    Munie d’une fausse lettre de références réalisée par Gentleman, Sue se présente aux Églantiers et devient la nouvelle bonne de Miss Lilly. Enfermée dans cet immense manoir mystérieux où règne une atmosphère étouffante et passionnée, Sue se rapproche de Maud. Elle lui tire les cartes, lui apprend à danser et devient très amie avec la jeune femme.
    Sue et Maud se rapprochent et dorment ensemble, Maud faisant régulièrement des cauchemars et ayant besoin de la présence de Susan pour la réconforter. Et puis un soir, alors que Rivers a enfin demandé Maud en mariage et que celle-ci a accepté, cette dernière interroge Sue pour savoir ce qui se passera durant sa nuit de noce. Susan commence par faire semblant d’être endormie mais, démasquée, elle est obligée de lui expliquer. Devant la peur et l’angoisse de Maud, elle lui montre en l’embrassant. Et toutes les deux finissent par faire l’amour.
    MAUD  : Sue, au cours de la nuit de noces, que doit faire une épouse ? Je sais que tu ne dors pas. Sue !
    SUSAN  : Pour l’amour de Dieu ! Vous devez savoir.
    MAUD  : Je sais ce que j’ai lu dans les livres.
    SUSAN  : Comment ça, dans les livres ?
    MAUD  : Tu as raison. Je ne sais rien, rien ! Qu’arrivera-t-il ? Il va m’embrasser ?
    SUSAN  : Je pense bien.
    MAUD  : Où ?
    SUSAN  : Sur les lèvres.
    MAUD  : C’est tout ?
    SUSAN  : Non, miss. Les baisers vous exciteront. Ça viendra tout seul.
    MAUD  : Danser n’est pas venu tout seul, tu m’as appris. Ils ne m’exciteront pas. Ceux de M. Rivers ne l’ont jamais fait.
    SUSAN  : Vous êtes une magnifique jeune fille. Montrez-moi vos lèvres. Non, pas comme ça. Imaginez que je suis M. Rivers.
    Elles s’embrassent.
    SUSAN  : Voilà. Vous avez senti ?
    MAUD  : C’est… une étrange sensation de désir.
    SUSAN  : Pour M. Rivers.
    MAUD  : Je ne peux pas.
    SUSAN  : Mais si. Vous devrez bien. Enfin, je sais pas. Vous devrez bien le faire un jour ou l’autre.
    MAUD  : J’ai peur.
    SUSAN  : Il faut pas. Une fois qu’on commence. (Et là, elles font l’amour)
    Ensuite, Maud et Susan font comme si rien ne s’était passé. Elles vaquent à leurs occupations habituelles et Maud épouse Rivers après s’être enfuie de chez son oncle. Quelques jours après le mariage, isolée dans une ferme anglaise, Maud commence à perdre la tête. Encouragée par Rivers, Susan ment aux psychiatres et déclare que sa maîtresse est folle.
    Le premier DVD se termine sur Maud, Rivers et Susan se présentant aux portes de l’hôpital psychiatrique. Là, ce n’est pas Maud qui est enfermée, mais Sue.
    Lorsque la seconde partie débute, ce n’est plus du point de vue de Susan, mais de celui de Maud. Et l’éclairage est totalement différent. Maud n’est pas la jeune femme sensible, douce et innocente qu’elle semblait être. Elle est intelligente, froide et manipulatrice. En effet, elle savait depuis le début que Sue était un imposteur et son plan consistait à la faire enfermer à sa place en hôpital psychiatrique afin d’être enfin libre.
    On apprend que Maud a manipulé Susan depuis le début, bien qu’elle soit tombée amoureuse de la jeune femme à un moment donné. Après avoir aidé Rivers à faire enfermer Sue, Maud l’accompagne à Londres et découvre une vie de misère qui lui fait horreur. Elle s’installe chez Mrs Sucksby qui la retient prisonnière chez elle.
    Seulement, contrairement à Sue, elle ne parvient pas à s’évader. Susan, de son côté, réussit à s’enfuir de l’hôpital psychiatrique avec l’aide bienvenue d’un garçon timide, un cireur qu’elle avait connu lorsqu’elle travaillait aux Églantiers. Elle regagne Londres pour retrouver la seule personne qui l’ait jamais aimée, Mrs Sucksby. Mais là, elle découvre désespérée que Maud a pris sa place auprès de la seule mère qu’elle ait jamais eue.
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    Lorsque Maud et Susan se retrouvent dans la même pièce, elles s’affrontent et Mrs Sucksby ne parvient pas à les séparer. L’arrivée de Rivers ne fait qu’aggraver la situation et Maud le tue d’un coup de couteau. Mrs Sucksby décide alors d’endosser le crime pour la simple et bonne raison que Maud est sa fille naturelle. Elle a en effet, échangé deux bébés à la naissance, sa fille contre la fille de mademoiselle Lilly. Susan est en fait une véritable dame. Sa mère est morte dans un asile et elle est à la tête d’une véritable fortune. Maud n’est qu’une fille du peuple, l’enfant d’une voleuse.
    Heureusement tout est bien qui finit bien. Mrs Sucksby est pendue pour le crime de Rivers. Maud regagne la maison de son oncle, qui n’était pas son oncle mais celui de Susan et où elle écrit des livres érotiques pour gagner sa vie. Susan, à la recherche d’un lieu où vivre, se rend aux Églantiers où elle retrouve Maud. Les deux jeunes femmes tombent alors dans les bras l’une de l’autre.
    MAUD  : Tu es venue pour me tuer ?
    SUSAN  : Comment pourrais-je te faire du mal ? Je sais tout.
    MAUD  : Tu sais ? Tu ne sais rien. Tu ne me connais pas. (Elle s’empare d’un livre et lit) « J’aperçus l’éclat de ses épaules d’ivoire en l’entraînant sur le sofa. Je savais à peine ce que je faisais. Tout en nous s’activait ardemment : nos langues, nos lèvres, nos ventres, nos cuisses, nos bras, nos jambes, nos postérieurs. Le tout s’agitant voluptueusement. » (Susan lui arrache le livre)
    SUSAN  : Ils sont tous de ce genre ?
    MAUD  : Chacun d’eux. Je les écris moi-même. Il faut bien que je gagne ma vie. Je ne suis pas la fille douce et pure que tu croyais. Voilà ce que je suis. Tu dois me détester.
    SUSAN  : Je ne te déteste pas.
    MAUD  : Je regrette ce que je t’ai fait, Sue. Je regrette.
    SUSAN  : Ils nous ont piégées. J’ai trouvé ça dans sa robe. On me l’a lu.
    MAUD  : L’argent est à toi.
    SUSAN  : Savais-tu qui était ma mère, depuis le début ?
    MAUD  : Pas avant d’arriver à Londres. Mme Sucksby ne voulait pas que tu le découvres. Elle t’aimait. C’est vrai, Sue. Elle a dit qu’elle avait eu tort de faire d’une perle telle que toi.
    SUSAN  : Une perle ?
    MAUD  : De faire de toi une fille ordinaire. Je l’ai tué. Je l’ai suppliée de dire la vérité, mais tout ce qu’elle acceptait de dire, c’était qu’elle l’avait fait. Point final.
    SUSAN  : Je sais… (Susan se rapproche de Maud et essuie l’encre qu’elle a sur le front). Dans quel état tu t’es mise. (Maud regarde Susan de manière intense, s’appuie sur le bureau et fait tomber par terre tout ce qu’elle venait d’écrire. Sue et Maud s’agenouillent pour ramasser les feuilles de papier. Sue pose sa main sur celle de la jeune femme et demande). Qu’y a-t-il d’écrit ?
    MAUD  : Tous ces mots disent… que je te veux… que… je t’aime. (Elles se rapprochent, s’embrassent et c’est la fin)
    Fingersmith est une adaptation réussie du roman de Sarah Waters. J’ai beaucoup apprécié le fait que les scénaristes gardent ce découpage en deux parties, l’une contée par Susan, l’autre par Maud. La découverte de la véritable personnalité de Maud, est aussi frappante que dans le livre. Le téléspectateur ressent le même sentiment de trahison et réalise qu’il s’est fait berner. La douce, tendre, chaste et innocente jeune fille n’était pas ce qu’elle semblait être. Et là, tout d’un coup, elle prend toute sa saveur et devient terriblement humaine.
    La scène d’amour est très bien amenée et respecte le livre mais le plus réussi reste le premier baiser entre Maud et Susan. C’est Maud qui supplie Susan de lui montrer et de lui apprendre. Sue accepte de lui enseigner et dépose un doux et chaste baiser sur les lèvres de sa maîtresse. Les lèvres se joignent, se découvrent et Maud ne résiste plus et impose un baiser plus profond plus sensuel. C’est extrêmement bien filmé et bien joué. Ça c’est du baiser mes amies.
    Une adaptation qui égale celle de Tipping The Velvet. À découvrir absolument pour sa superbe reconstruction de l’Angleterre du XIXème siècle, pour la réalisation parfaite et par-dessus tout pour les actrices époustouflantes.
    Aujourd’hui, la question est : « Quel est le prochain roman lesbien que la BBC va adapter ? » Gageons que ce sera encore une réussite.
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