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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Blue de Kiriko Nananan il y a 19 ans et 5 mois
Paru en 1996 dans la revue « Comic Are », puis édité par Magazine House, Blue est emblématique de l’œuvre de Kiriko Nananan, dédiée aux tourments de la jeunesse japonaise d’aujourd’hui.
Le bleu, c’est celui de la […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Macaron Citron de Claire Mazard il y a 19 ans et 5 mois
Qu’est-ce que Colline aime, dans la vie ?
Jean-Jacques Goldman, les macarons citron et. Sara. Elle est au lycée, en première. Son premier amour.
Pas facile, à seize ans, d’être amoureuse !
Pas facile à vivre, […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Comprendre l'homosexualité de Marina Castaneda il y a 19 ans et 6 mois
Comprendre l’homosexualité est un livre de la psychothérapeute Marina Castaneda sorti en 1999.
Si aujourd’hui on affirme et on revendique son homosexualité, l’incompréhension, la méfiance, voire la haine, deme […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Maman a Tort de Mylène Farmer il y a 19 ans et 7 mois
“Maman a tort” est le premier single de Mylène Farmer. Celui qui la fera connaître dès 1984 et lui permettra de vendre son album, Cendres de Lune. Écrit par Laurent Boutonnat, il marque le début d’une coll […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Une Femme avec une Femme (Mujer contra Mujer) de Mecano il y a 19 ans et 7 mois
Une balade pop extrêmement douce et romantique. En clair, une superbe chanson d’amour. Une femme avec une femme est la traduction française du titre Mujer contra Mujer sortie en 1990 en Espagne et rééditée plus […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, La Rivale il y a 19 ans et 7 mois
Dans La Rivale, Katharina est une femme ordinaire qui jongle entre sa vie professionnelle et familiale. Elle est cadre dans une grande entreprise, est mariée et mère de deux enfants. Tout se passe pour le mieux j […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Canary Bay (Indochine) il y a 19 ans et 7 mois
Formé en 1981, le groupe Indochine révolutionna le rock français. Des textes forts porteurs d’un véritable message associés à un synthétiseur et à une guitare permettent à ce groupe de créer des morceaux dansants […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, La Différence de Lara Fabian il y a 19 ans et 7 mois
Après avoir obtenu le succès au Canada, Lara Fabian se lance (comme sa compatriote Céline Dion) à la conquête de la France en 1997 avec son troisième album, Pure. Le public européen découvre la jeune femme et la p […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Pour ne pas vivre seul (Dalida) il y a 19 ans et 7 mois
Comment présenter Dalida ? Comme une icône gay ? Comme l’idole d’une génération ? Comme la sœur d’Orlando ? En fait, je crois qu’il n’est pas besoin de la présenter tant elle est connue. Même si vous n’aimez pa […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Dikkenek il y a 19 ans et 7 mois
Steph et JC sont amis depuis leur plus tendre enfance et sont inséparables. Steph est un homme timide et sensible qui rêve du grand amour mais ne fait rien pour le trouver. JC de son côté est le type même du dikk […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Le Dahlia Noir il y a 19 ans et 7 mois
Le Dahlia Noir se déroule à Los Angeles dans les années 40. Bucky et Lee sont tous les deux inspecteurs de police et également boxeurs amateurs. Ils font équipe depuis plusieurs années et ont d’excellents résul […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, All The Things She Said de Tatu il y a 19 ans et 7 mois
Lorsqu’elles intègrent le groupe Taty rebaptisé Tatu un peu plus tard, Yulia et Lena ont respectivement 15 et 16 ans. Elles se connaissaient déjà lors du casting et leur complicité a donné l’idée à leur product […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Cynara – Poetry In Motion il y a 19 ans et 7 mois
1883, Baycliff sur les berges d’un village anglais. Cynara est une sculptrice qui vit dans une maison isolée. Un jour, elle rencontre Byron, une femme qui vient de quitter Paris et s’avère malheureuse de ce c […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Possession il y a 19 ans et 8 mois
Possession est un film américain de Neil LaBute sorti en 2001.
Roland Michell est un étudiant américain qui travaille en Angleterre. Un jour il découvre une lettre d’amour inconnue. Celle-ci prouve la liaison adu […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, She Creature il y a 19 ans et 8 mois
She Creature se déroule en Irlande, en 1905. Angus et Lilly parcourent le pays de fêtes itinérantes en fêtes itinérantes. Ils présentent leur spectacle composé d’un zombie et d’une sirène. Lilly n’est pas une vér […]

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Robin's Hood il y a 19 ans et 8 mois
Dans Robin’s Hood, Robin est une travailleuse sociale afro-américaine qui officie à Oakland. Un jour, elle est virée parce que ses supérieurs considèrent qu’elle est trop proche de ses clients.
Elle croise alor […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, In Her Line Of Fire il y a 19 ans et 8 mois
Alors que le vice-président et son escorte sont au-dessus de l’océan, Air Force Two a soudain un problème technique et se crashe sur une île du Pacifique.
Les quelques survivants se regroupent mais sont rap […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Interview de K.D. Lang, la chanteuse à la voix d'or il y a 19 ans et 10 mois
Vous allez être de la cérémonie d’ouverture des Outgames mondiaux dans quelques jours…
Ça va être un événement fantastique, j’en suis convaincue. Je suis très fière d’y participer.
Auriez-vous pu croire, […]
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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Sugar Rush : article basé sur des interviews des actrices il y a 19 ans et 10 mois
Kim et Sugar sont de retour pour une deuxième saison de Sugar Rush sur Channel 4, mais Sugar a une nouvelle rivale…
Lorsque l’homosexualité a commencé à être clairement abordée dans les fictions télévisées britanniques, les réactions ont été diverses. Quand, en 2004, les scénaristes de Footballers’ Wives ont projeté de diffuser une très brève scène de sexe entre deux hommes, le Daily Star s’est indigné et a encouragé ses lecteurs à envoyer des lettres de plainte à la chaîne. Cette pression effectuée par le tabloïd a finalement eu raison de la scène visée qui a été coupée avant la diffusion de l’épisode. Deux ans plus tard, la même série comportait une storyline lesbienne assez torride et personne n’a trouvé à y redire. Le cas de la première saison de Sugar Rush diffusée en 2005 est similaire. Sugar Rush est une “dramedie” à propos d’une adolescente, Kim, qui a craqué sur Sugar, son amie. Contrairement à Queer as Folk de 1999, qui suivait un jeune homme gay et ses relations sexuelles avec d’autres hommes, Sugar Rush ne va pas aussi loin. “Je ne pense pas que ce soit très surprenant, c’était une série opportune et très bien reçue” , explique Sarah-Jane Potts, qui joue Saint dans la seconde saison. “Je pense que ça a fait du bruit mais pas une émeute non plus. Sugar Rush n’est pas aussi choquante que Queer as Folk. Je pense qu’avec Queer as Folk ils ont vraiment voulu être délibérément choquant dans la manière dont ils présentaient l’homosexualité. Dans Sugar Rush il y a une exploration de la sexualité et il se trouve que c’est avec une personne du même sexe. Je pense qu’il y a beaucoup plus d’innocence dans Sugar Rush, mais il faut dire qu’il y a aussi, de nos jours, une plus grande ouverture d’esprit lorsqu’on voit des relations homosexuelles à la télévision. Je pense que c’est une bonne chose.”
A la fin de la première saison, Kim est encerclée par la police alors qu’elle s’est enfuie dans un hôtel avec Sugar, l’objet de son affection. Au moment de commencer la deuxième saison, Kim a besoin de nouveaux repères dans sa vie et il semble que Saint, une jeune lesbienne attirante et branchée soit exactement ce qu’il lui faut. “Kim est plus âgée que dans la saison 1; elle tombe amoureuse pour la première fois, et elle a sa première relation avec une femme – Saint” , continue Sarah-Jane Potts. “Ce n’est pas fait gratuitement, même si on fouille en profondeur dans l’intimité pour savoir ce qu’il se passe dans ses relations, comme on l’aurait fait pour un garçon et une fille. Il se trouve juste qu’ici ce sont deux femmes. L’élément important à retenir, c’est qu’elles sont amoureuses l’une de l’autre. Je pense que la saison dernière était comme une dragée: c’était ce cadeau sucré, joli et coloré que l’on reçoit au milieu de quelque chose. Cette année, pas d’enrobage sucré, on va droit au but.”
L’actrice de 28 ans, qui a déjà joué dans quelques films et eu des rôles dans les séries Felicity et Keen Eddie, savourait l’idée de jouer un personnage ‘de l’autre côté de la barrière’. “Jouer une lesbienne a été une expérience vraiment, vraiment intéressante pour moi. C’était un véritable challenge que d’arriver à m’accorder de cette manière avec Olivia Hallinan,” ajoute Sarah-Jane Potts. “Tu peux te sentir un peu vulnérable en faisant ça, parce que c’est une chose à laquelle tu n’es pas habituée. Mais j’ai trouvé ça vraiment amusant. Explorer ce côté de moi-même était une chose que je n’avais jamais faite auparavant. Saint est DJ dans une boîte de nuit. C’est une fille très cool, le genre de fille que chaque lycéenne rêve d’être.”
Alors qu’il y a une grande différence d’âge entre Saint et Kim (27 et 17 ans), la première possède certaines qualités de Sugar, et en particulier sa capacité à mettre en confiance Kim. “Kim se sent en sécurité avec elle. Elle est plus vieille, elle a un peu plus de 25 ans, et littéralement tout le monde veut être son ami(e) et faire partie de la vie mystérieuse mais passionnante qu’elle a,” termine Sarah-Jane Potts en parlant de son personnage. “C’est vraiment amusant parce que je ne suis pas comme ça, je suis plutôt le genre de fille maladroite. Lorsqu’on m’a demandé de jouer Saint je me suis sentie très heureuse. Je dois jouer quelqu’un qui est ‘too-cool-for-school’ !”
Sugar, jouée par Lenora Crichlow, a passé la plupart du temps de la première saison à tourner autour des garçons tel un renard affamé, pendant que son amie Kim, accro à elle, ne pouvait que la regarder consternée. Elle est de retour dans la deuxième saison avec une attitude désinvolte et une nouvelle philosophie de vie : vivre pour le moment présent.
“Je pense que la série parle plus des personnages, de l’amitié et des relations que du sexe ou du côté sordide,” nous dit Lenora Crichlow à propos des côtés osés de la série. “Chaque chose est mise en contexte et tout est là pour une raison expliquée, donc on oublie le côté provoquant au profit de l’histoire. Quand Kim et Sugar s’embrassent pour la première fois, cela a un grand impact sur les deux personnages. Ensuite, quand elles s’embrassent à la fin, tout a été construit pour arriver à cette scène, elle est donc belle et tendre et est juste une partie de l’histoire. Kim est simplement une adolescente qui a craqué pour sa copine et pas une lesbienne enragée. Elle a un béguin auquel tous les ados peuvent s’identifier, hétéros ou homos.”
Lenora Crichlow poursuit en expliquant si pour Kim c’est le grand amour ou juste une poussée d’hormones passagère. “Je pense que Kim aime Sugar, et dans la deuxième saison vous allez voir qu’il y a un lien très fort entre elles,” explique-t-elle. “Je pense vraiment qu’elle l’aime, pas seulement dans un sens romantique, mais comme une amie, une compagne, et quelqu’un dont elle veut prendre soin. Il y a là quelque chose de très profond dont on se rend encore plus compte dans la deuxième saison. Il y a un lien invisible entre elles, et elles sont incapables de se quitter l’une l’autre, donc leur amitié est la chose la plus forte, et c’est ce qui est le fil conducteur de la seconde saison. C’est une amitié avec une frontière floue.”
Dans la première saison de la série, basée sur un roman de Julie Burchill, Sugar (Melissa Sweet de son vrai nom) ne pense que très rarement aux conséquences de ses actes et de ses flirts, mais si elle veut récupérer Kim qui est partie vers Saint, comme amie ou comme petite amie, elle doit changer certaines choses dans son comportement. Bien sur, on peut s’attendre à ce qu’une fille de ce genre préfère rester hétéro.
“Il y a des conséquences à leurs actions; Sugar va en prison quand elles commencent. Mais à la fin, elles sont ensemble, leur amitié renforcée, et c’est le sens qu’elles veulent donner à leur aventure,” explique Lenora Crichlow. “Elles sont sur le point de partir et de faire quelque chose de mal! Il y a énormément d’aventures dans la saison 2.”
Sugar Rush, comme l’a découvert Lenora Crichlow dans les lettres des fans qu’elle a reçues, plaît à des groupes d’âges très variés, ce que l’actrice apprécie.
“Je pense que la série plaît à de nombreuses catégories d’âge,” dit-elle. “J’ai reçu des lettres de nombreuses personnes de tous âges, et ça a l’air de plaire surtout aux jeunes. Son côté coloré et son originalité leurs plaisent. Ca a l’air de toucher aussi pas mal de jeunes ados, ce qui est bien. ‘Kim est une lesbienne’ n’est pas le fondement de l’histoire; vous pouvez être aussi intéressé par toutes ses aventures.”
Au centre de tout ce pétillement, ses démêlés et ses peurs, il y a Kim, le personnage de Olivia Hallinan.
“Dans la première saison, Kim était à un âge où elle essayait de venir à bout de cet horrible fardeau qu’est l’adolescence, et avec ça elle avait aussi sa famille de cinglés, et le fait qu’elle est homosexuelle,” explique Olivia Hallinan. “Sugar est la seule personne stable dans sa vie. Elle est devenue son support et, en même temps, Kim est une évasion pour Sugar. Vous allez le voir encore plus dans cette nouvelle saison. Sugar compte plus sur elle pour la soutenir. Je pense que toutes les deux ont autant besoin l’une de l’autre.”
Alors que Julie Burchill confiait à un moment qu’elle serait “bouleversée si personne n’est bouleversé” par le contenu de la série, il y avait des indices qui indiquaient que certains téléspectateurs étaient choqués par le sujet abordé. “Sugar Rush ne fait rien juste dans le but de faire du sensationnalisme ou pour choquer et provoquer des réactions,” dit Olivia Hallinan. “La série n’est pas juste un ‘drama à propos d’adolescentes lesbiennes’ et ça n’est pas non plus une excuse pour voir deux filles le faire! Ca va complètement à l’opposé de ça.”
A propos de la saison 2, l’actrice explique: “Nous sommes 18 mois après la fin de la première saison, Kim a avancé dans la vie. Elle va mieux, elle est fier de ce qu’elle est et est à la recherche d’une copine. Sugar a du mal à assumer le fait que Kim n’aie plus autant besoin d’elle qu’auparavant. On a une sorte de triangle amoureux qui apparaît. Kim est toujours amoureuse de Sugar, il y a un lien très fort entre elles qui ne s’en ira pas de sitôt.”
La série, malgré ses intrigues sérieuses, arrive aussi à avoir des moments d’humour, notamment en introduisant un groupe qui dit pouvoir ‘guérir’ l’homosexualité.
“J’ai trouvé ça très drôle à filmer,” déclare l’actrice à propos de cette intrigue. “L’homme jouant le ‘guérisseur’, le gourou était tellement hilarant. Tout était dingue, comme ces 10 semaines de travail intense. Tout allait si vite et il fallait être partout à la fois, mais on y est arrivé. Parfois, on n’avait plus l’impression de travailler. On n’avait pas la possibilité de se détendre beaucoup en-dehors du tournage parce qu’on travaillait aussi la nuit. Nous étions tous dans le même hôtel, on s’amusait bien.”
La deuxième saison de Sugar Rush est diffusée depuis le 15 juin dernier sur Channel 4 au Royaume-Uni. Aucune chaîne francophone ne semble s’y être intéressée pour le moment mais qui sait ? Cela viendra peut-être.
Interview Originale sur Serieslive

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Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, The L-Word : interview de Guinevere Turner, ancienne scénariste il y a 19 ans et 10 mois
« The L Word », un gros coup d’elles
Rencontre avec Guinevere Turner, 38 ans, figure phare de la galaxie lesbienne d’Hollywood et ex-coscénariste de la série.
Aux Etats-Unis, on la qualifierait de « lipstick », qui veut dire « rouge à lèvres » mais aussi, dans le langage codé homosexuel, une lesbienne chic donc forcément fardée. Ce matin-là, Guinevere Turner, 38 ans, est arrivée sans maquillage, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une sacrée dégaine. Et, en ça, conforme au superbe casting de The L-Word. Miss Turner est de passage à Paris pour rendre visite à des amies, dont la costar de Go Fish, premier long métrage d’auteur lesbien qui l’a révélée en 1994. Née à Boston et élevée à Chicago, elle est devenue à Hollywood l’une des plus importantes figures d’un microréseau les lesbiennes moins caché qu’avant. Ilene Chaiken, créatrice de The L-Word, lui a proposé d’en concevoir les scénarios. Le contact s’est fait via une autre membre éminente de cette galaxie underground, la réalisatrice Rose Troche, qui, après Go Fish, fit deux films assez moyens, avant de collaborer à Six Feet Under et The L-Word. Guinevere Turner, moins d’un mètre soixante et plein de rires en stock, a coécrit American Psycho, signé un biopic de Betty Page et un film de vampires cryptolesbien, BloodRayne. Dopée par l’expérience The L-Word, elle s’est mise à l’écriture de sa propre série. L’héroïne sera une agent du gouvernement chargée du programme de protection des témoins. Donc « undercover », y compris à propos de sa sexualité. « Le temps du pilote, à l’issue duquel on me dira sûrement : “Où est son petit copain ?” Une fois qu’un studio aura dit OK, je glisserai qu’elle préfère les filles. » Etrange précaution ? Pas vraiment : « Malgré les mentalités qui changent, il y a un avantage professionnel certain à ne pas dire qu’on est gay, encore aujourd’hui à Hollywood. »A L’ORIGINE DE « The L-Word »
« J’ai collaboré aux deux premières saisons de The L-Word. On était une petite dizaine à l’écriture : Ilene Chaiken, mon amie Rose Troche, moi, plus un homme hétéro, quatre lesbiennes et deux nanas hétéro. Mélange parfait. Pour la première saison, on s’est enfermés au bureau tous les jours pendant six semaines, de 9 heures du matin à 7 heures du soir, à parler, parler, parler. On développe des intrigues les uns devant les autres et parfois, après deux jours passés à creuser une piste, on entend : “Non, c’est nul ton truc.” La meilleure à ce jeu, c’est Rose Troche. Elle n’hésite pas à dire : “OK, c’est à ce moment que les téléspectateurs se lèvent pour aller chercher du pop-corn !” Chaque scénariste se retrouve avec l’un des six premiers épisodes à écrire. Scénarios qu’Ilene, Rose et moi reprenons, réécrivons le cas échéant. »L’ECRITURE
« C’est vraiment différent du cinéma, car là on est à la moitié du processus, qu’on commence déjà à tourner. Parfois, ça crée des soucis. Lors de la saison 1, la production avait engagé une actrice qui, dans les épisodes suivants, devait avoir un rôle important. Mais elle était si mauvaise qu’en deux jours j’ai dû réécrire tout un épisode en l’escamotant presque entièrement.
Sinon, on s’inspire vraiment de nos histoires. A Los Angeles, je vis comme les personnages de The L-Word (mis à part le fait que j’ai une petite amie et que je ne veux pas d’enfants), y compris dans les anecdotes. Un exemple ? Lors de notre première semaine de travail, on s’ennuyait un peu avec Angela Robinson (réalisatrice de Debs et scénariste de The L-Word). La connaissant de vue, mais sans plus, je lui ai dit : “Angela, je suis sûre qu’on peut tracer plein de liens entre nous, via nos ami(e)s et nos ex.” On a commencé à faire de grandes flèches sur le mur, suivant le principe des six degrés de séparation. Puis Rose Troche est arrivée, s’y est mise aussi, enfin Ilene est entrée, et après s’être moquée de nous, elle a dit : “Attendez, attendez, c’est génial.” C’est ainsi qu’est né le “mur” d’Alice dans la série. »LA SAISON 2
« Le succès était là. Ce qui signifie : plus de moyens, mais aussi une attente énorme, notamment dans la communauté homosexuelle. C’est normal. Si je n’avais pas travaillé sur The L-Word, peut-être serais-je critique, comme toute lesbienne (ou, plus largement, membre d’une minorité) jugeant la première représentation fictionnelle de soi. Parfois, c’est assez casse-pieds. Aux Etats-Unis, on nous a reproché de ne pas avoir assez de personnages butch, que les actrices sont trop jolies et que sais-je encore. Je me souviens d’une projection-test où une grosse lesbienne aux cheveux ras s’est levée : “Mais où est la gouine chauffeuse de poids-lourds ?” Ça nous avait fait rire ! Bien sûr que les actrices de The L-Word sont branchées et ultramignonnes, il ne manquerait plus que ça (rires). C’est aussi un choix politique que de représenter des filles féminines qui ne soient pas “menaçantes” pour le grand public non gay. C’est frustrant, mais bon si j’avais montré toutes les sortes de lesbiennes que je connais, les gens auraient pris peur ! Il ne faut pas oublier qu’on fait de la télé, qu’on s’adresse à un public le plus large possible et à qui l’on fait quand même découvrir un continent inconnu. »LA FIN DE L’HISTOIRE
« Lors de l’écriture de la saison 2, il y a eu des tiraillements entre Ilene et moi. Il fallait trouver le bon équilibre entre le côté série dramatique et la légèreté, car les gens n’ont pas envie de regarder un show de lesbiennes qui se coupent les cheveux en quatre. Mon credo, c’était d’aller vers la légèreté, une certaine drôlerie ; après tout, The L-Word est un peu un soap opera. Alors qu’Ilene Chaiken avait une écriture plus portée vers la noirceur. A l’arrivée, j’ai été débarquée du show. Je pense que je l’ai trop ouverte ! La plupart du temps, je travaille sur des films dont je suis l’auteure. Là, j’avais une patronne et ça allait à toute vitesse. Ça m’aura au moins appris ça : travailler vite. »
Interview Originale sur Ecrans.fr

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