Tru Love : Interview de la réalisatrice et scénariste du film, Kate Johnston

Kate Johnston - Tru Love

Interview accordée à Ken Williams le 29 mai 2014 pour le site Sdgln.com

Kate Johnston engrange beaucoup de compliments avec son premier long-métrage, Tru Love, coréalisé et coécrit avec Shauna Mac Donald, la star du film et également la coproductrice.

Tru Love a été présenté comme le film lesbien majeur du seizième festival du film LGBT de San Diego, FilmOut.

Johnston est connue du public de FilmOut puisqu’elle était coproductrice du film Margarita, qui avait été diffusé lors du quinzième festival. Elle est également scénariste, réalisatrice et productrice du court-métrage Stormcloud, actuellement en post-production.

Kate Johnston a craché le morceau et nous a dit si Tru Love était une histoire fictive, si le tournage en hiver était symbolique et elle nous a parlé des défis à relever en tant que coréalisatrice.

Sur quoi est basée l’histoire de Tru Love ? Est-ce purement fictionnel ou bien est-ce inspiré de vraies personnes ?

J’ai été inspirée par une amie, une jeune lesbienne, qui m’a parlé d’une superbe veuve plus âgée qu’elle avec qui elle avait développé une forte amitié au fil des années. Elles dînent ensemble une fois par an, boivent du vin et elles apprécient toutes les deux ce petit flirt innocent. Une idée a germé en moi. Ça semblait être une bonne base pour un film. Mais les personnages et l’histoire en elle-même ne sont que pure fiction.

Le film est basé sur ce « et si… ». Je me suis dit « et si » ces deux femmes se rencontraient et, qu’aussi invraisemblable que cela puisse paraître, se liaient et tombaient accidentellement amoureuses, que se passerait-il ? Qui sont ces deux femmes ? Le conflit nécessitait un troisième personnage, qui est devenu la fille. Voilà donc le triangle mère, fille, amie. J’ai commencé l’écriture en court-métrage et j’avais comme idée de départ une espèce d’analyse de la solitude et de l’isolement (dont nous avons déjà tous fait l’expérience) et bien sûr également de l’attirance et de cet amour inattendu qui leur permet alors de se libérer elles-mêmes et de se libérer des autres.

Puis, j’ai été encouragée par Shauna et les autres à le développer en long-métrage. On m’a dit que l’histoire était trop bonne pour être gâchée dans un court-métrage. J’ai écrit la première version du scénario du long-métrage en moins d’un mois, ensuite Shauna a travaillé avec moi sur les scenarii suivants en tant que coscénariste, puis nous avons fait de nombreux tests avec les acteurs avant que ce ne soit bon. Et voilà, on connait la suite.

La romance évocatrice qui bouillonne entre Tru et la mère de son ex-petite-amie, Alice, prépare le terrain pour un conflit fascinant avec Suzanne. Kate, Shauna, nous nous devons de vous faire des éloges pour nous avoir présenté trois personnages féminins forts. Comment avez-vous recruté l’élégante Christine Horne dans le rôle de Suzanne, et comment était-ce de travailler avec elle ?

Merci ! L’élégante Christine Horne a le même agent que Shauna, donc c’était super ! J’étais également familière de son travail (j’étais productrice associée dans le long-métrage lesbien Margarita) et lorsque notre directeur de casting, Sharon Forrest, nous a proposé de la prendre, Shauna et moi avons toutes deux sauté sur l’occasion de pouvoir travailler avec elle. C’est une actrice brillante, c’est super de travailler avec elle. Elle en dit tellement sans dire un mot. Elle transmet tellement d’émotions dans un simple regard qu’elle a hissé les mots et le personnage à un niveau que je n’aurais jamais pu imaginer.

Le scénario était délicat, l’histoire puissante et le jeu d’acteur génial. Que dit-on de votre film dans les festivals ?

Merci ! Je dois dire que, pour l’instant, les retours sont très bons. Les critiques ont été tout aussi positives (je touche du bois !). Nous avons fait notre première mondiale au festival de Raindance à Londres en octobre 2013, où nous étions diffusés et critiqués pour la première fois et par la suite nous avons été inclus dans le top dix des films de 2013 au Huffington Post du Royaume-Uni (juste derrière Gravity). C’était génial. Nous venons juste de revenir, encore une fois, de Londres et du BFI Flare : un festival du film LGBT. Encore une fois, c’était un super festival. Le buzz a continué et maintenant le film est entré dans le circuit international des films LGBT. On ne pourrait être plus heureux. Nous sommes également distribués par Wolfe Releasing aux États-Unis, Juice au Canada, Peccadillo Pictures au Royaume-Uni et Salzgeber en Allemagne.

Y avait-il une raison particulière pour tourner en hiver, avec des scènes en extérieur dans la neige, sous le climat rude de Toronto ? Était-ce pour le symbole ou pour une question pratique ? Les esprits curieux veulent savoir !

Pour plusieurs raisons : le budget et la disponibilité des acteurs et de l’équipe ! Et bien sûr, oui, le symbolisme est important. L’hiver était la meilleure des saisons pour tourner le film. Une beauté aussi pure. Poétique. La glace, la ville, les paysages, la métaphore d’être gelée dans votre vie puis dégelée au printemps. Vous ne pouvez pas avoir ça autrement. Je crois que c’est beaucoup mieux pour le film qu’il soit raconté en hiver.

Pourquoi avez-vous décidé de coréaliser avec Shauna ? Avez-vous eu une approche plutôt individuelle ou collaborative de la réalisation ? Comment cela a fonctionné au final ? Qu’en avez-vous retenu ?

Et bien, Shauna était ma collaboratrice en création depuis la fin du premier brouillon du long-métrage Tru Love. J’étais la réalisatrice sur le plateau, je faisais les maquettes, créais les images, je dirigeais les acteurs et je le faisais également au tout début de la première version. Shauna devait se concentrer sur son rôle de Tru sur le plateau, ce qui était important, mais avec sa vision très pointue des choses (elle est des yeux formidables pour les détails) elle pouvait examiner les scènes à tourner, aider à faire des changements si nécessaires, revérifier tous les tournages et aussi regarder les rushes à la recherche d’erreurs – c’était super. Après la première version, elle était avec moi dans la pièce de montage, tous les jours, en tant que coréalisatrice. C’était ma première réalisation de film (et la sienne aussi) donc c’était primordial pour nous de travailler ensemble, à l’unisson, afin de faire ce qui était le mieux pour le film lui-même. C’était une vraie collaboration.

Je me suis découvert plusieurs forces (je suis très forte pour raconter une histoire visuellement et savoir où se situe la tension) et j’ai aussi beaucoup à apprendre des autres, notamment sur le plan technique, ce qui demande beaucoup d’apprentissage, et je suis reconnaissante de pouvoir progresser.

Que voulez-vous que le public retienne du film ?

Que l’amour est possible. Qu’il faut commencer par nous. C’est un travail sur soi. Vivre dans la peur d’aimer peut vous paralyser. Ce que dit Alice résume parfaitement cela pour moi : « J’espère que tu trouveras quelqu’un à aimer de tout ton cœur, et si ton cœur doit se briser, j’espère qu’il se brisera en mille morceaux ».

Quels sont vos futurs projets ?

Je suis en train d’écrire deux scenarii : l’un est un drame (avec de l’humour bien entendu) et l’autre une comédie romantique. Je les réaliserai tous les deux. Et je collabore à l’écriture d’un long-métrage avec deux femmes des États-Unis.

Dîtes-nous quelque chose que vos fans ignorent à votre sujet.

Mon père dirigeait un cinéma et j’ai grandi dans une cabine de projection. J’étais actrice avant d’être scénariste/réalisatrice mais je préfère de loin raconter des histoires derrière la caméra, en silence.

Si vous pouviez avoir trois vœux, quels seraient-ils ?

Faire plus de films. Retomber amoureuse. Voyager plus.

Interview Originale sur le site Sdgln.com

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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