Deux Mamans et un bébé : Quatrième de Couverture
« Sur mon lit d’accouchement, mon bébé dans les bras, je suis une de ces milliers de femmes qui, à chaque seconde dans le monde, donnent la vie. Mais c’est une autre femme qui m’a accompagnée dans l’effort, une femme que j’aime. Une femme avec qui j’ai désiré cet enfant et qui m’a suivie dans un long parcours à l’étranger. Dans notre pays, la France, on nous reconnaît le droit d’être lesbiennes. Nous pouvons même nous unir légalement. Mais on ne nous autorise toujours pas ce droit pourtant élémentaire : celui d’avoir des enfants. […] Les politiciens, les psychologues, les intellectuels, défilent dans les médias pour donner gravement leur avis sur le sujet. Et pendant ce temps-là, sans attendre leur autorisation, nous sommes des milliers, hommes et femmes, à devenir parents. »
Militante de longue date en faveur de l’homoparentalité, Muriel Douru est l’auteure de Dis… Maman, le premier livre pour enfants ayant pour cadre une famille homoparentale, publié en 2003. De son histoire personnelle et de ses rencontres est né Deux Mamans et un bébé. Cet essai autobiographique relate le parcours du combattant que doivent entreprendre les homosexuels de France pour fonder une famille.
Deux Mamans et un bébé : Avis Personnel
Difficile de donner un avis sur un livre qu’on aurait tant aimé adorer mais dont on a, au final, un avis mitigé. Pour commencer, j’apprécie beaucoup le travail de Muriel Douru pour l’homoparentalité, son combat, son investissement, ses livres pour enfants… Ce roman, son histoire, permet de toucher au plus vrai son histoire, ses difficultés, ses attentes, ses désirs, ses espérances et ses désillusions. On voit la manière dont ses rêves ont évolués et à quel point elle s’est battue pour avoir la famille qu’elle a aujourd’hui.
C’est important et vital pour une communauté d’avoir ce genre de témoignages. Maintenant, comme n’importe quel témoignage, au bout d’un moment, si ça dure trop, ça ne nous touche plus parce que c’est avant tout l’histoire d’une autre personne et qu’en tant que tel, elle nous échappe aussi. J’ai un peu eu ce sentiment à la fin. Sur les dernières inséminations artificielles notamment. On sent la lassitude de la jeune femme qui désire tomber enceinte et on se lasse nous aussi.
Après malheureusement, même si je sais que de manière théorique ce genre de livre est crucial, il n’empêche que j’ai eu de grandes difficultés à la lecture de certains passages. La vision de l’homoparentalité de Muriel Douru est belle et intéressante. Elle apporte beaucoup au débat et on comprend qu’elle soit devenue une militante et une porte-parole dans ce domaine. Elle est très réaliste quand elle parle de la loi française et de l’absence de reconnaissance des couples homoparentaux ; par contre, sa vision de l’homosexualité, m’a beaucoup gênée. Pour vous donner une idée, page 30 : « Je ne suis pas lesbienne par rejet des hommes, je le suis sûrement par déception d’eux. » Là, je reconnais, ça va à l’encontre de ce qu’on sait et de ce que je pense. Plus loin elle explique que pour elle l’homosexualité est un choix.
Je comprends que la question de l’homoparentalité est intrinsèquement liée à celle de l’homosexualité. Le problème c’est que ce type de phrases a, pour moi, terni le propos sur l’homoparentalité. Parce que quand elle parle de l’homosexualité, des femmes plus féminines dans les couples qui portent les enfants, ça me gêne profondément.
Du coup difficile de donner un avis sur un livre où les ¾ sont un beau témoignage sur les difficultés de l’homoparentalité et ¼ des idées que je considère comme rétrogrades voire dangereuses sur l’homosexualité. Je ne peux que vous conseiller de juger par vous-même. Bonne lecture.
Deux Mamans et un bébé : Extraits
« Dans une ultime poussée, je la sens glisser entre mes cuisses, dans un torrent de liquide et de sang. Je viens de réussir l’épreuve la plus difficile de ma vie : faire sortir, par la force et avec une énergie extraordinaire, la petite fille qui habite mon ventre depuis neuf mois.
J’ai l’impression d’être une sportive de haut niveau. Je viens de réaliser un exploit et je me demande encore comment j’y suis arrivée.
Mes amies déjà mamans m’avaient prévenue qu’accoucher était long et fatiguant. Mais je ne m’attendais pas à ce final éprouvant, à cet enjeu qui paraît insurmontable. Je me sens trahie par la solidarité féminine qui ne m’a pas soutenue en me disant la vérité sur l’enfantement.
J’étais arrivée à la maternité après des heures de contractions douloureuses. C’était la troisième fois que je venais, mais cette fois-ci, ce n’était plus une fausse alerte. Je m’attendais à une issue rapide, or l’accouchement ne faisait que commencer.
La fatigue s’est accumulée. La nuit s’annonce longue… Heureusement ma compagne, ma Douce, est à mes côtés. Elle me suit partout, jusqu’à la table de travail. Nous accouchons l’une avec l’autre, dans un tête-à-tête intime, seulement troublé par le ballet des sages-femmes. » (Pages 9-10)
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