La Fille du Squat de Ragnfrid Trohaug

La Fille du Squat de Ragnfrid Trohaug

Titre Français : La Fille du Squat

Titre Original : Okkupert Kjaeleik

Auteur : Ragnfrid Trohaug

Date de Sortie : 19 Octobre 2004

Nationalité : Norvégienne

Genre : Jeunesse

Nombre de Pages : 169 pages

Éditeur : Editions Thierry Magnier

ISBN : 2-84420-328-0

La Fille du Squat : Quatrième de Couverture

« Je ne suis celle de personne ! » affirme, péremptoire, Ida. Personne puisqu’elle n’accepte pas la mort de son grand-père, avec qui son frère et elle avaient une belle complicité. Personne non plus depuis que Thomas vit avec sa petite amie Maria, qu’Ida déteste évidemment. Personne décidément, puisque ses parents sont partis en Afrique pour leurs bonnes œuvres. C’est alors que surgit Linn, dix-sept ans, les yeux vairons, qui vit dans un squat. Immédiatement, Ida tombe amoureuse. Mais l’amour entre Linn et Ida est compliqué. Linn, exclusive et capricieuse, exige une attention constante d’Ida qui trouve pesante cette autorité.

La Fille du Squat : Avis Personnel

La Fille du Squat est un roman qui s’adresse aux jeunes adolescents et qui convient pourtant aux adultes moins jeunes. Parce qu’il faut dépasser certains poncifs du genre, certains personnages stéréotypés comme le squat, le rasta, le grand frère idéalisé… pour se laisser emporter par l’histoire d’Ida. Ida, une adolescente à la vie relativement simple et commune qui a perdu son grand-père récemment et ne parvient pas à se remettre des conséquences de ce deuil. Ida qui voit ses parents partir seuls en vacances en la laissant avec son frère. Ida qui voit son frère grandir et se détacher d’elle.

Elle essaie d’attirer l’attention de ceux qui l’entourent en se teignant les cheveux, en se faisant une coupe immonde, en étant agressive et blessante et pourtant personne ne repère son mal-être. Elle va croiser une fille qui va l’attirer et la surprendre et va bientôt tomber amoureuse. En tombant amoureuse de Linn, Ida s’éloigne de son frère avec lequel elle vivait une relation exclusive et tombe dans une relation qu’elle va rapidement trouver étouffante. Cette première histoire d’amour n’est pas montrée comme idyllique comme c’est souvent le cas. Il est plus question de possession et de domination au sein d’un couple que de véritable échange.

La bisexualité ou même plus justement l’homosexualité puisque Ida s’exclame à un moment donné « jamais je n’aurai de petit ami, jamais de la vie ! »  n’est pas nommée. C’est Thomas qui fait une réflexion sur l’absence de besoin de capote et Linn qui explique à Ida qu’elle n’a pas besoin de loucher sur cette fille parce qu’elle est hétéro à 100% et qui confrontent Ida au fait que la personne dont elle est amoureuse est une fille. Mais pas de crise, pas de prise de tête, pas de coming-out déchirant. Simplement la découverte d’un premier amour et des difficultés liées au fait de grandir et de mûrir.

A découvrir.

La Fille du Squat : Extraits

« Je suis assise dans l’arbre. Pas question de descendre. Je ne bougerai que lorsque la branche commencera à se dessécher, lorsque le tronc se brisera sous l’effet de l’âge. J’ai mal au dos : le bois dur frotte contre mes os. Les veines de mon corps, les veines du bois.
Tu verras, ça va être un été super, Ida.
Ma mère qui s’affairait, pliant les blouses de médecin, vérifiant que le spray buccal et les essuie-mains étaient facilement accessibles dans le sac de voyage, me donnant des tapes dans le dos en disant que ça allait bien se passer. Ma mère et mon père qui s’en allaient sauver le monde. Ca se passera pas bien du tout ; je me mords la lèvre inférieure, j’ai mal à la tête ; ça se passera pas bien du tout. Mais je n’ai pas eu le courage de protester. Elle n’avait même pas remarqué que je m’étais teint les cheveux en mauve. » (Page 7)

« Une porte se referme. Thomas a disparu. Je m’assieds à la table de la cuisine, sors une feuille de papier froissée de ma poche et me mets à écrire avec un feutre.
Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent, je vais bien, j’ai besoin de voir clair en moi, besoin d’être seule, inutile de me chercher, oui, je mange ce qu’il faut, je leur ferai signe, mais je vais habiter ailleurs, ils ont leur vie dont je ne fais pas partie, j’ai besoin d’une vie à moi, il ne faut pas qu’ils aient peur, je n’ai pas été kidnappée, je suis seulement amoureuse.
Les mots sortent tout seuls. En général je ne suis pas très douée pour les mots, mais là ils sortent tout seuls. Je regarde la feuille. Seulement amoureuse. De grosses lettres en bas de la page. Tout le temps amoureuse, c’est ça que j’ai été, c’est ça que je suis. Pluto aboie près du portail et je sors en courant. » (Pages 92-93)

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

Répondre