Les Vieux Chats

Une lesbienne droguée souhaite récupérer l'appartement de sa mère

Année de Production : 2010

Date de Sortie : 25 Avril 2012

Réalisation : Sebastián Silva, Pedro Peirano

Scénario : Sebastián Silva, Pedro Peirano

Avec : Belgica Castro (Isadora), Claudia Celedón (Rosario), Catalina Saavedra (Hugo), Alejandro Sieveking (Enrique), Alejandro Goic (Manuel), Alicia Luz Rodriguez (Valentina)

Nationalité : Américano-chilienne

Genre : Drame

Durée : 1h 29 min.

Titre Original : Gatos Viejos

Les Vieux Chats : Résumé

Les Vieux Chats est un film de Sebastián Silva, Pedro Peirano sorti en 2012.

Isidora et une femme de quatre-vingt-onze ans qui vit avec son mari, Enrique, dans leur appartement au huitième étage d’un immeuble cossu de Santiago, au Chili. Un matin, alors qu’elle est réveillée par les miaulements de ses chats, Isidora reçoit un appel de sa fille, Rosario. Celle-ci rentre de voyage et souhaite lui montrer les photos de son périple.

Lorsque Rosario arrive, quelques heures plus tard, elle propose surtout à sa mère de lui signer un document pour mettre en vente son appartement de manière à lui trouver un logement au rez-de-chaussée et à garder la différence pour créer son entreprise. Malgré son grand âge, Isidora n’est pas prête à se laisser dépouiller…

Les Vieux Chats est un film de Sebastián Silva, Pedro Peirano sorti en 2012. Isidora et une femme de quatre-vingt-onze ans qui vit avec son mari, Enrique, dans leur appartement au huitième étage d'un immeuble cossu de Santiago, au Chili. Un matin, alors qu'elle est réveillée par les miaulements de ses chats, Isidora reçoit un appel de sa fille, Rosario. Celle-ci rentre de voyage et souhaite lui montrer les photos de son périple. Lorsque Rosario arrive, quelques heures plus tard, elle propose surtout à sa mère de lui signer un document pour mettre en vente son appartement de manière à…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Touchant et juste.

Note des lectrices : Soyez la première !
54

Les Vieux Chats est un film bouleversant que je ne suis pas prête d’oublier. Je ne m’attendais à rien de particulier. Certains ont comparé ce long-métrage à ceux de Pedro Almodóvar d’autre ont dit que ça n’avait rien à voir. Le fait est qu’en mauvaise critique de cinéma, je n’ai jamais vu un seul film d’Almodóvar donc ça m’a facilité la tâche. Ce film est donc le second du duo de scénaristes et réalisateurs Sebastián Silva/Pedro Peirano et pour moi c’est une belle réussite.

L’histoire est celle d’Isadora, une femme âgée de quatre-vingt-onze ans qui vit tranquillement chez elle avec son mari et ses deux chats. Elle fait la grasse matinée le matin, râle auprès de son mari parce qu’il laisse trop miauler les chats, va faire les courses tous les jours, bref, elle a sa petite routine. Sauf que ce jour-là, tout est mis à mal. L’ascenseur est en panne l’empêchant de quitter son domicile. En effet, elle habite au huitième étage et elle ne peut descendre les escaliers. Ensuite sa fille avec qui elle ne s’entend pas a décidé de venir. Enfin, ses moments d’absence se font de plus en plus présents.

C’est une œuvre sensible et forte que nous offrent les deux réalisateurs. Ils portent un regard sans concession sur cette femme dont on admire la force de caractère et la lutte au quotidien (notamment pour descendre les escaliers ou faire la lessive) et en même temps on comprend parfaitement que sa fille lui en veuille. Rosario rêvait de tendresse et d’amour or elle n’a jamais eu tout cela, sa mère en étant incapable. Depuis elle attire l’attention de celle-ci en lui demandant de l’argent pour des projets voués à l’échec.

J’ai adoré apprendre que les réalisateurs souhaitaient avant tout retravailler avec Belgica Castro et que c’est la raison pour laquelle ils ont écrit le script. L’actrice a réellement quatre-vingt-onze ans et anecdote assez amusante, l’acteur qui joue son mari est son époux dans la réalité. L’appartement où le film est tourné est le leur et ce sont également leurs chats. Ou quand la réalité se confond avec la fiction.

Ce que j’ai trouvé intéressant, au-delà de l’histoire, c’est le personnage de Rosario et celui d’Hugo. Elles sont ensemble, elles sont amoureuses et sont ouvertement lesbiennes. Leur amour n’est jamais remis en cause d’ailleurs Hugo confie très simplement à Isadora qu’elle aime sa fille. Ce qui est rare c’est qu’elles ne sont pas vraiment antipathiques mais pas non plus aimables. Elles se droguent, elles fument, Rosario donne des coups de pieds aux chats, elle râle, se plaint, utilise la culpabilité de sa mère pour arriver à ses fins, bref, elle a énormément de défauts. Hugo se nomme en fait Beatriz mais veut qu’on l’appelle Hugo. Rosario l’appelle Hugo, tout comme Enrique mais Isadora en est incapable. Jusqu’à la fin du film où elle accepte enfin sa fille comme elle est et Hugo également. Ce qui à mon sens est intéressant c’est que ce couple aurait pu être hétéro sans problème, c’était d’ailleurs le souhait de Sebastián Silva mais en tant que couple homo, il n’est ni meilleur ni pire que les autres. Et ça, c’est juste un bel exemple de banalisation.

Un film touchant et bouleversant au niveau de ses personnages, égoïstes et seuls qui cherchent à se retrouver. La représentation lesbienne n’est pas au centre de l’œuvre même si elle est bien présente.

Les Vieux Chats : Critiques Presse et Récompenses

« (…) Comédie savoureuse, humaine et plus politique qu’il n’y paraît, défendue par quatre acteurs truculents et très aimés au Chili. » Alexis Campion (Le Journal du Dimanche)

« Du grand spectacle de divertissement au service d’une histoire simple et épique. » Stéphanie Belpêche (Le Journal du Dimanche)

« Passant du cocasse au pathétique, cette version chilienne et petit-bourgeoise de l’affaire Bettencourt touche par son humanité et son interprétation. » Michel Berjon (Les Fiches du Cinéma)

« [Les réalisateurs] confirment leur faculté à ausculter la société avec justesse, sans se lancer dans de grands débats ou délivrer le moindre message. Ils ciblent, creusent et appuient là où ça grattouille. On n’a plus qu’à ronronner. » Christophe Carrière (L’Express)

« Découvert à Cannes l’an dernier à l’Acid et revu pour sa sortie, ce film touchant n’a pas pris une ride. » Jean Roy (L’Humanité)

« Sebastián Silva et Pedro Peirano ont le talent de nous éviter toute purée psychologique. Ils filment simplement les frontières spongieuses de l’âme délabrée, quand le monde s’émiette au thé glacé d’une disette dont nos enfants sont devenus le diabète. » Eric Loret (Libération)

« Un bonbon poivré agréable à croquer. » Mehdi Omaïs (Metro)

« Miaulant dans le registre de la tragiComédie, ces Vieux Chats griffent les travers de personnages au réalisme troublant. » Alain Spira Paris (Match)

« Entre drame et Comédie, un film sans artifices et d’une grande justesse, porté par quatre formidables acteurs. » Florence Raillard (TéléCinéObs)

« Le film est captivant dans sa manière d’investir les lieux comme par effraction, en silence (…). Il joue aussi avec nos paresses de spectateurs, trop vite tentés de croire à une issue réconfortante. » Louis Guichard (Télérama)

« La noirceur du trait, parfois un peu trop appuyé, est l’un des atouts majeurs de cette Comédie qui fait grincer des dents et rire jaune en capturant les travers de chacun. » Caroline Vié (20 Minutes)

« Travaillant un terrain connu et rebattu, le film de Silva et Peirano dessine, l’air de rien, une petite mais pas anodine dissertation sur le rapport de l’être humain à la vie qu’il laisse couler. » Benoît Smith (Critikat.com)

« Si Les vieux chats, peinture d’une famille au bord de la crise de nerfs et regard attendrissant sur la vieillesse, traine souvent la patte, c’est aussi pour mieux nous cueillir quand on ne s’y attend plus. » Mélissa Blanco (Ecran Large)

« Variation frontale sur les affres de la vieillesse et le fossé des générations, ce film hérisse d’abord, puis finit par caresser le spectateur dans le sens du poil grâce à la qualité des acteurs et à la finesse psychologique des personnages. » Hubert Lizé (Le Parisien)

« Le portrait de famille frise parfois le théâtre filmé, au casting certes impeccable. Mais il est vite équilibré, et favorise les ambiguïtés des personnages (…). Et l’aspect documentaire du film a un aspect vérité décisif. » Léo Soesanto (Les Inrockuptibles)

« Parfaitement dialogué et joué (…), Les Vieux Chats est un énième drame familial sans vraiment de surprises, mais dont le très joli épilogue excuse à lui seul le manque d’ambition général. » Christophe Narbonne (Première)

« [Le film] n’impose presque jamais la puissance émotionnelle espérée. (…) Sur un superbe schéma dramatique, le scénario des Vieux Chats se contente d’aligner les points de conflits dans un cadre délibérément ennuyeux mais pas moins lourd pour autant. » Lucie Pedrola (Excessif)

« Les deux cinéastes chiliens nous avaient emballé avec leur précédent long-métrage, La Nana, à miauler de plaisir. En revanche, leur nouvel opus, Les Vieux Chats, ronronne. » Emmanuelle Frois (Le Figaroscope)

« À force de mouvements aller-retour, les coups de griffes que s’échangent ces félines fatiguées finissent par irriter, là où une patte plus délicate aurait sans doute mieux pris soin des blessures ici ravivées. » Aureliano Tonet (Le Monde)

Les Vieux Chats : Extraits

ROSARIO : Salut, maman ! Ça va, ce matin ?
ISIDORA : On vient de se réveiller. On traîne au lit. Et toi, ça va ?
ROSARIO : Bien. Je reviens du Pérou. Tu te souviens ?
ISIDORA : C’était bien ?
ROSARIO : Bien, super. Écoute, j’ai qu’à venir pour te montrer les photos et te raconter.
ISIDORA : Aujourd’hui ?
ROSARIO : Ben oui, aujourd’hui !
ISIDORA : Tu me prends de court.
ROSARIO : Maman, t’es pas drôle. Bon, je viens à 6h, et j’ai une énorme surprise.
ISIDORA : Rosario ! Je n’aime pas les surprises.
ROSARIO : Oui, c’est ça. Je serais là à 6h. Prépare-moi un de ces goûters dont tu as le secret. Ça va être chouette. Salue Enrique pour moi. Ciao.

ISIDORA : L’ascenseur est encore en panne !
ENRIQUE : On a besoin de quoi ?
ISIDORA : Du fromage. Du pain. Des avocats… Je ne sais pas.
ENRIQUE : Rosario vient seule ou avec Hugo ?
ISIDORA : Seule, j’espère. Et ne l’appelle pas Hugo, s’il-te-plaît.
ENRIQUE : Tu as pris tes médicaments ?

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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