Memento Mori

Un traitement esthétique de l'homosexualité féminine dans un film fantastique coréen

Année de Production : 1999

Date de Sortie : 08 Mai 2002

Réalisation : Kim Tae-Yong, Min Kyu-Dong

Scénario : Kim Tae-Yong

Avec : Kim Min-sun (Min-ah), Park Yen-jin (Hyo-shin), Lee Young-jin (Shi-eun), Jong-hak Baek

Nationalité : Sud-Coréenne

Genre : Fantastique & Science-Fiction

Durée : 1h 37min.

Titre Original : Memento Mori

Memento Mori : Résumé

Memento Mori se déroule dans un lycée pour filles au sud de la Corée. Min-ah, une adolescente, découvre un jour un journal intime. Celui-ci est rédigé alternativement par deux camarades de classe. Alors qu’elle prend connaissance de son contenu, elle est soudain victime d’étranges hallucinations.

Afin de lire ce journal intime plus au calme, Min-ah feint un malaise. Elle est transportée à l’infirmerie où elle surprend involontairement une étreinte amoureuse entre les deux rédactrices du journal, Hyo-shin et Shi-eun.

Quelques jours plus tard, alors que les adolescentes doivent passer un examen de santé annuel, Hyo-shin se défenestre. Elle meurt sur le coup. Aussi surprenant que cela puisse paraître vu leur relation, Shi-eun ne semble ni émue ni affectée par ce décès. Elle apparaît totalement indifférente. A partir de cet instant, d’étranges phénomènes se produisent dans le lycée et bouleversent la vie de Minh-ah.

Memento Mori se déroule dans un lycée pour filles au sud de la Corée. Min-ah, une adolescente, découvre un jour un journal intime. Celui-ci est rédigé alternativement par deux camarades de classe. Alors qu'elle prend connaissance de son contenu, elle est soudain victime d'étranges hallucinations. Afin de lire ce journal intime plus au calme, Min-ah feint un malaise. Elle est transportée à l'infirmerie où elle surprend involontairement une étreinte amoureuse entre les deux rédactrices du journal, Hyo-shin et Shi-eun. Quelques jours plus tard, alors que les adolescentes doivent passer un examen de santé annuel, Hyo-shin se défenestre. Elle meurt sur…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
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Lez/Bi Qualité

Résumé : Un film étrange et surprenant.

Note des lectrices : 4.8 ( 1 votes)
41

Un film surprenant, intriguant, singulier et étrange que l’on pourrait qualifier de conte fantastique. Il possède une esthétique parfaite et une atmosphère enivrante.

Les actrices sont excellentes et donnent vie à des personnages riches, à la fois ordinaires et hors du commun. L’histoire est intéressante et aborde l’homosexualité féminine avec délicatesse, pudeur et sensibilité. Le réalisateur plonge dans l’intimité des deux adolescentes et nous fait découvrir leurs sentiments et leurs pensées. Elles se révèlent petit à petit.

Tout démarre simplement et même plutôt banalement jusqu’au décès brutal de l’une des héroïnes principales. Le film sombre ensuite dans un univers d’horreur et d’angoisse.

Ce long-métrage est une ode à la tolérance et un plaidoyer contre l’homophobie. Tout cela dans un seul et unique univers, le lycée.

Memento Mori : Critiques Presse et Récompenses

« Un tel film ne laisse pas tranquille. Il nous triture, nous essore et finit par nous happer dans le tambour de sa machine à chambouler les repères sensoriels. » Vincent Ostria (Les Inrockuptibles)

« Cette oeuvre singulière est guidée par des forces télépathiques étranges, à l’image de ses héroïnes nonchalantes, meurtrières et envoûtantes. Mêmes si quelques effets de mise en scène pourront paraître artificiels à certains, cette histoire est une véritable peinture de l’horreur et du mal être. Fascinant. » Olivier Salvano (MCinéma.com)

« Memento Mori fait donc preuve de vérisme sous ses allures baroques fantastiques, dans un documentaire d’époque sur la jeunesse coréenne. » Gilles Lyon-Caen (Objectif Cinéma)

« Souvent, le film dérive vers le fantastique. Comme si l’au­delà et le présent se répondaient constamment. Il s’en dégage un évanescent parfum morbide, que la mise en scène, étrangement, dote d’une inépuisable énergie – celle du désespoir de ne pas s’imaginer adulte ? » Philippe Piazzo (Aden)

« Doté d’une structure scénaristique volontairement alambiquée, cet étonnant premier film ausculte avec une vigueur de tous les instants les tourments existentiels d’une poignée de donzelles fâchées avec la vie sociale. » Olivier De Bruyn (Le Point)

« Miraculeusement, à l’exception d’un final un peu grand-guignol, la version exploitée conserve un perturbant impact, un spleen romanesque des plus troublants. » Alex Masson (Novaplanet.com)

« Un final étiré ne gâche que partiellement ce film énergique qui regarde les douleurs adolescentes dans le blanc des yeux bridés. » Olivier De Bruyn (Première)

« Certes, leurs ardeurs les mènent à s’égarer dans la confusion. Bien sûr, leur travail manque parfois de cohérence esthétique. Mais la vigueur et la hargne dont ils font preuve suscitent au pire la curiosité, au mieux l’envie. » Stéphane Brisset (Zurban)

« Même si le film souffre de longueurs, il crée avec brio une athmosphère d’adolescence exaltée, morbide et passionnée, et réussit un intéressant mélange de vérité psychologique et de terreur fantasmatique. » Marie-Noëlle Tranchant (Le Figaroscope)

« Les deux auteurs ont eu le temps de démontrer une sensibilité certaine et une ambition peu ordinaire. C’est suffisant. » Sophie Grassin (L’Express)

« La beauté des filles, les ralentis affectés, le filtre bleu qui tue, les socquettes lavées avec la meilleure lessive, celle capable de décaper l’hémoglobine la plus insistante : tout fait ventre. Du coup, ce petit monde a des airs de cadavre et chaque plan est filmé comme si ces filles étaient porteuses de toute la trouille du monde. Ce qui est, ma foi, une définition de l’adolescence aussi valable qu’une autre. » Philippe Azoury (Libération)

« Heureusement porté par la beauté de ses interprètes, Memento Mori souffre parfois de cette surcharge d’effets qui lui donne son originalité mais qui, en fait, édulcore paradoxalement dans l’emphase la force intrinsèque des situations montrées. » Jean-François Rauger (Le Monde)

« C’est la limite du film, mais c’est aussi sa beauté bizarre, d’exaucer ainsi littéralement des chimères de jeunes filles rangées et dérangées, comme tout le monde. » Louis Guichard (Télérama)

« Trop de défauts de mise en scène empêchent donc Memento Mori d’exploiter l’émotion vraie qu’il génère à quelques moments, et qui cède trop souvent le pas à l’artifice. » Grégoire Bénabent (Chronic’art.com)

« Un film inégal, qui, grâce à la qualité de son interprétation, réussit malgré tout à toucher l’âme du spectateur. Si ça vous tente… » Laure Croiset (Studio Magazine)

« (…) Memento Mori déborde de tics esthétiques, jusqu’à la nausée, mais dégage aussi une incroyable énergie communicative. » Jean-Sébastien Chauvin (Cahiers du Cinéma)

« (…) les auteurs ont beau convoquer l’esprit de Carrie, l’esprit vengeur de leur film carbure finalement plus au Valium qu’à l’ecsta. » Philippe Paumier (Ciné Live)

« (…) noyé sous un déluge d’images tape-à-l’oeil, on décroche doucement, mais sûrement. » Grégoire Leménager (TéléCinéObs)

Memento Mori : Extraits

Le premier jour, une fille est morte, la tête vidée. Elle s’était peut-être souvenue de la vérité. Le deuxième jour, une fille est morte, les jambes mutilées. Elle s’était peut-être rapprochée de la vérité. Le troisième jour, une fille est morte, les oreilles coupées. Elle avait peut-être entendu la vérité. Le quatrième jour, une fille est morte, les yeux arrachés. Elle avait peut-être vu la vérité. Le cinquième jour, une fille est morte, la langue coupée. Elle avait peut-être dit la vérité. Le sixième jour, une fille est morte, les mains amputées. Elle avait peut-être écrit la vérité. Le septième jour, une fille va mourir. Elle a peut-être.

HYO-SHIN  : Quand t’es pas à côté de moi, je me sens nerveuse.
SHI-EUN  : Qu’est-ce que tu veux ? Qu’on se colle l’une à l’autre ?
HYO-SHIN  : Si tu t’absentes, même une seconde, j’ai l’impression que tu as disparu.
SHI-EUN  : C’est plutôt toi qui en serais capable.
HYO-SHIN  : Mais toi, ça ne te rend pas nerveuse.
SHI-EUN  : C’est parce que… je te fais confiance.
HYO-SHIN  : Menteuse.
SHI-EUN  : Comment tu as deviné ?

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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