Monsieur Vénus de Juliette

Monsieur Vénus de Juliette

Extrait de l'Album : Irrésistible

Date de Sortie : 1993

Paroles : Juliette Noureddine

Musique : Pierre Philippe

Nationalité : Française

Genre : Variété Française

Durée : 7 : 27 minutes

Titre Original : Monsieur Vénus

Monsieur Vénus : Avis Personnel

Juliette Noureddine dont le nom de scène est simplement Juliette est une chanteuse, compositrice et auteur française. Née le 25 septembre 1962 à Paris d’un grand père kabyle arrivée en France dans les années 20, elle baigne très tôt dans la musique, son père étant saxophoniste.

Après s’être essayé aux études, Juliette décide de se lancer dans la chanson, elle débute à Toulouse et se produit dans des pianos bars et des restaurants. En 1985 et 1986, Juliette participe aux Découvertes du Printemps de Bourges, festival destiné à présenter de jeunes talents. Après plusieurs premières parties dont celles de Gilbert Laffaille et Jean Guidoni, elle rencontre Pierre Philippe en 1990. Ce dernier collabore sur de nombreux textes de Juliette et les succès et récompenses s’enchaînent.

Son premier album ¿Que tal?, enregistré en public au Théâtre d’Ivry sort en 1991. Puis en 1993 sort Irrésistible dont ce titre, « Monsieur Vénus » est extrait. Il est directement inspiré du roman de Rachilde, Monsieur Vénus, sorti en 1884.

Paroles

Je viens dans cette chambre m’étendre auprès de toi
Beau cadavre qui râle au gré de mes délices
Douce chair embaumée et blanche comme ce lys
Qu’avant l’amour j’ai mis sur ton long torse froid

Je ne suis pas un monstre mais une fille douce
Que le désir des hommes jamais n’intéressa
Je voulais être un autre et toi, vice versa
Tu avais tout l’attrait des belles garces rousses

Oui, roussot tu l’étais, dans tes roses en satin
Expert en fleurs factices, toi l’Hercule Farnèse
C’était, il m’en souvient, en l’an quatre-vingt-treize
Alors je décidai de tordre nos destins

Tu acceptas le jeu, les chapeaux, les voilettes
Les bijoux, les parfums, la soie, le chinchilla
L’hôtel particulier, les bouquets de lilas
Et que je te vis nu choisissant tes toilettes

Que dire de nos étreintes qui puisse être entendu ?
Réinventant l’amour nous n’avions pas de normes
Moi l’homme et toi la femme, ce rien était énorme
Et pour te prendre rien ne semblait défendu

Échangeant nos deux rôles dans notre mise-en-scène
À toi la bouche peinte et les seins maquillés
Les longues pâmoisons dans les blancs oreillers
J’avais, moi, la cravache et les ordres obscènes

Mais il y avait un homme qui m’aimait sans retour
Un officier glorieux et droit comme une tige
Il nous surprit un soir et connut le vertige
De voir comment bifurquent les chemins de l’amour

Or, de quel crime étais-je la plus coupable en somme
Celui de le tromper pour l’un de ses pareils
Ou celui d’adorer l’équivoque merveille
Face aux appâs de qui il se sentait moins homme ?

Il exigea qu’en duel l’affront se terminât
Et c’est moi qu’il convia à payer nos audaces
Mais dans le petit jour c’est toi qui prit ma place
Qui prit mon habit noir et c’est toi qu’il tua

Alors je m’en fus chez un grand taxidermiste
Qui t’embauma, mon cher, et qui t’articula
Mit des reliefs ici et des béances là
Faisant de tout ton corps un rêve mécaniste

Voilà pourquoi je peux lorsque s’enfuit le jour
M’étendre auprès de toi, ma virile amoureuse
Dans le parfum qui sied, phénol et tubéreuse
Et, mort, te posséder de mon vivant amour

Qui peut me condamner ? Le coeur est un rébus
L’amour est un désordre et rien ne le commande
Il reste obscur et muet si d’aucuns lui demandent
Qui de toi ou de moi était Monsieur Vénus

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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