Oublier Cheyenne

La difficulté de créer une relation amoureuse

Année de Production : 2005

Date de Sortie : 22 Mars 2006

Réalisation : Valérie Minetto

Scénario : Valérie Minetto, Cécile Vargaftig

Avec : Mila Dekker (Cheyenne), Aurélia Petit (Sonia), Laurence Côte (Edith), Malik Zidi (Pierre), Guilaine Londez (Béatrice), Eléonore Michelin (Sandy), Miglen Mirtchev (Vladimir)

Nationalité : Française

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 30min.

Titre Original : Oublier Cheyenne

Oublier Cheyenne : Résumé

Dans Oublier Cheyenne, Sonia est professeur de physique chimie dans un lycée parisien. Elle est passionnée par son métier et se raccroche à celui-ci pour oublier la femme qu’elle aime et qui vient de la quitter. En effet, Cheyenne, journaliste au chômage et en fin de droits a abandonné la capitale pour vivre retirée et indépendante à la campagne.

Afin d’oublier Cheyenne, Sonia couche avec un homme, Pierre, qui lui déclare son amour et lui demande de lui faire un enfant. Puis elle rencontre Béatrice qui lui propose une histoire passionnée.

Mais tout n’est pas aussi simple et Sonia ne peut se résoudre à oublier celle qu’elle aime encore.

Dans Oublier Cheyenne, Sonia est professeur de physique chimie dans un lycée parisien. Elle est passionnée par son métier et se raccroche à celui-ci pour oublier la femme qu'elle aime et qui vient de la quitter. En effet, Cheyenne, journaliste au chômage et en fin de droits a abandonné la capitale pour vivre retirée et indépendante à la campagne. Afin d'oublier Cheyenne, Sonia couche avec un homme, Pierre, qui lui déclare son amour et lui demande de lui faire un enfant. Puis elle rencontre Béatrice qui lui propose une histoire passionnée. Mais tout n'est pas aussi simple et Sonia ne…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Une romance lesbienne française.

Note des lectrices : 2.6 ( 1 votes)
54

Oublier Cheyenne est le premier film de la réalisatrice et co-scénariste Valérie Minetto qui s’est énormément impliquée pour que son projet voit le jour. Le long métrage, a connu une histoire plutôt épique puisqu’une fois le scénario achevé, Valérie Minetto a du se battre pour trouver une productrice providentielle en la personne de Dominique Crèvecoeur qui crut beaucoup en la réalisation de ce projet. Mais ne bénéficiant ni de distributeur ni de chaîne de télévision, le film a été financé avec l’avance sur les recettes du CNC et l’aide de la région Franche Comté.

Tous ces ingrédients lui donnent la saveur particulière de ces œuvres réalisées avec un petit financement et le sentiment que l’on a à faire à une famille très soudée. Les acteurs et actrices sont exceptionnels et justes. Avec une mention spéciale pour Aurélia Petit qui rayonne dans le rôle de la prof idéaliste et motivée qui vient de perdre l’amour de sa vie. Mila Dekker qui tient le rôle principal même si ce n’est pas celui qui est au premier plan a tout d’une indienne et le nom de son personnage lui va à ravir. Elle est à la fois sauvage et douce. Idéaliste et désabusée. Malik Zidi est parfait, comme à son habitude et apporte une fraîcheur et un humour salvateurs. A ce titre, le passage avec les voisins est tout simplement génial, inventif et surprenant.

Présenté au Festival de Cannes 2005 dans le cadre du programme de l’ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), le film a conquis le public lesbien et c’est tout légitime. L’histoire d’amour est belle, crédible et réaliste loin des clichés habituels. En plus, pour une fois, on nous épargne le sempiternel couplet sur les enfants et c’est un soulagement.

Loin de n’être qu’une simple histoire d’amour homosexuelle, le long métrage aborde des questions de fond plus graves telles que la politique, la société de consommation et la croissance économique. Bien sûr il traite d’engagement et de partage mais c’est cet équilibre réussi entre relation amoureuse et ouverture sur le monde qui lui donne toute sa force.

Un film à découvrir d’urgence ! Et fierté oblige, j’avoue avec passion et satisfaction qu’il est français. Incontournable.

Oublier Cheyenne : Critiques Presse et Récompenses

« Oublier Cheyenne est une tragiComédie sceptique, un film de nos temps post-utopiques. On ne l’oubliera pas. » Serge Kaganski (Les Inrockuptibles)

« Oublier Cheyenne est un film subtil et aigu, (…) magnifiquement découpé (…). » Jean-Christophe Ferrari (Positif)

« (…) un film qui ne sombre pas dans la noirceur, évite les clichés liés à la marginalité et la morale à trois balles. » Marie-José Sirach (L’Humanité)

« Avec un ton singulier, Valérie Minetto réussit à poser la question de l’engagement politique dans la société. » Bijan Anquetil (TéléCinéObs)

« Une Comédie de moeurs – libres – qui séduit par son ton, sa lucidité désespérée, son optimisme salvateur et sa distribution sans faille. » Alain Spira (Paris Match)

« (…) jubilatoire car éminemment critique » Eric Loret (Le Figaroscope)

« (…) un film politique bourré d’humour et d’émotion, qui s’appuie sur des Comédiennes formidables » Eric Quéméré (Zurban)

« [Valérie Minetto] a trouvé un ton singulier, qui fait d’un premier film fauché une balade vive et fine à travers les interrogations de l’époque. On guette la suite. » Aurélien Ferenczi (Télérama)

« (…) une réflexion audacieuse, des personnages féminins touchants et un film qui fait preuve d’une grande noblesse cinématographique. A voir. » Romain Cole (Score)

« Romantique et social, exigeant et léger, Oublier Cheyenne pourrait ouvrir une brèche dans le jeune cinéma français dit l’auteur. » Isabelle Daniel (Première)

« (…) un certain nombre de maladresses et d’hésitations qui ne nuisent pourtant pas au plaisir que prend le spectateur devant ce premier film très prometteur et qui bénéficie d’un véritable regard de cinéaste. » Virgile Dumez (aVoir-aLire.com)

« (…) un projet qui n’aurait pris ni le risque de la sophistication romanesque ni la liberté de s’éloigner un tant soit peu de soi-même. » Jacques Mandelbaum (Le Monde)

« La fable du premier long-métrage de Valérie Minetto vire à la démonstration (…) » Cyril Neyrat (Cahiers du Cinéma)

« Des questions existentielles très sommaires et convenues dans un psychodrame aux dialogues volontiers pompeux et sentencieux. » La Rédaction (Ouest France)

Oublier Cheyenne : Extraits

CHEYENNE  : Mon amour, tu refuses de me parler, tu déchires mes lettres, il me reste que la transmission de pensées alors écoutes-moi bien. Je veux pas croire que notre amour soit impossible, je veux pas croire que tu supportes ce monde absurde.
SONIA  : Mon amour. Y a des choses que tu veux pas comprendre. Moi non plus, je suis pas d’accord avec ce monde mais j’en fais partie alors je vais pas cracher dans la soupe. Je peux pas être comme toi et je le veux pas. Je peux pas me résoudre à ta misanthropie. Moi, le monde, j’en fais partie alors j’essaie de l’aimer. Tout à l’heure j’ai dragué un mec au café. Je l’ai ramené chez moi. Je sais, c’est le genre de truc qui t’énerve mais rassure-toi, moi aussi, ça m’énerve. Je voudrai être radicale, comme toi mais que ça me coûte rien. Ni solitude, ni inconfort moral ou matériel. Tu vois, de nous deux, c’est moi l’idéaliste.

SONIA  : Qu’est-ce que tu veux ?
PIERRE  : Ben je suis amoureux de toi.
SONIA  : J’ai pas envie de ça en ce moment.
PIERRE  : Ça ! On choisit pas. On choisit pas.
SONIA  : Je suis homosexuelle.
PIERRE  : Ben non, on a couché ensemble. T’es bisexuelle. (Elle éclate de rire et lui sourit) Y a quelqu’un dans ta vie. Une fille, c’est ça. (Elle hoche la tête de manière affirmative) Ben pour moi, ça ne change rien. Je suis pas jaloux. Je t’aime et je veux un enfant de toi.
SONIA  : Mais t’es complètement dingue !
PIERRE  : Ben peut être, ouais.

SONIA  : Tu sais, j’ai réfléchi. Je pourrai peut être demander ma mutation. Évidemment, je l’aurai pour l’année prochaine mais. on pourrait essayer de s’installer dans la région. Ensemble. Qu’est-ce que t’en pense.
CHEYENNE  : Je sais pas, faut réfléchir.
SONIA  : Qu’est-ce que tu veux dire.
CHEYENNE  : Il te faudra une voiture pour aller au lycée et puis il te faudra de l’électricité pour corriger tes copies.
SONIA  : Ben oui.
CHEYENNE  : Mais je veux pas d’un pavillon de banlieue à la campagne. On en a déjà parlé.
SONIA  : Tu veux pas qu’on vive ensemble, c’est ça !

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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