Queer As Folk (US) : article basé sur une interview de Hal Sparks

Interview liée à la série Queer As Folk (US)

Hal Sparks

Interview accordée à Louise Bernier le 12 mars 2003 pour le site technikart.com

Apres avoir scandalisé l’Amérique, la version U.S de Queer As Folk est arrivée en force en France. Une série sur les homos qui regorge de sexe, rock et poppers. Hal Sparks, l’un des beaux gosses de la série, nous confie comment il en est arrivé là.

Ni folles, ni pédales, juste Queer. Il faut dire que Hal Sparks, jeune comédien d’une trentaine d’années, a un nom qui scintille (Sparks en anglais signifie étincelles) et qui semblait le destiner à un futur tout tracé. Il commence sa carrière de comédien à l’age de 14 ans à Chicago, élu par la presse « l’ado le plus rigolo de la ville ». Puis Hal bouge à L.A où il joue en tant que comique sur les planches de The Improv et The Comedy Store. Il apparaît dans des séries telles que Politically incorrect, Hollywood Squares et Martial Law. Pour la première fois, Hal joue le rôle d’un homo dans la version trash américaine de Queer As Folk. Michael (Hal), narrateur principal (l’histoire est souvent vue à travers ses impressions et ses état-d’âmes) est un jeune gay mal dans sa peau et timide qui vit avec ses meilleurs potes tous homos à Pittsburgh. Michael est adulé par sa mère, militante de la communauté gay et de surcroît amoureux de son pote d’enfance, Brian, un yuppie qui fornique avec tout le monde. Le premier épisode commence avec Michael qui nous confesse : « En fait, il ne s’agit que de sexe ! C’est vrai ! On dit que les hommes pensent à ça toutes les 28 secondes. Enfin, pour les hétéros. Les gays, c’est 9 secondes […] » .

Safe sex chez Warner Bros

Rendez-vous chez Warner pour l’interview. Sur les murs gris métalliques, des écrans plats géants qui diffusent les dernières sorties de films en France. La secrétaire nous annonce que nous pouvons monter. Digicodes, ascenseurs en verre ultra blindés, cet endroit fait penser à Matrix, je me dis à voix basse : « Je fais quoi si je veux faire pipi, faut peut-être que je passe par le détecteur de métaux au cas où je placerais une bombe dans la cuvette ». L’assistante de l’assistante arrive pour annoncer que l’interview précédente est finie. Il manque un journaliste qui a dû se paumer entre l’ascenseur et la réception (4 portes de sécurité). Nous arrivons à la table de conférence et l’assistante nous balance un paquet de préservatifs multicolores. L’interview va être chaude !

« Etes vous homo ? » je lui demande. Hal répond d’un air très relax comme si cette question lui avait déjà été posée cent fois.

« Non je ne le suis pas, je suis straight (hétéro) ceux qui le sont c’est Peter Paige (Emmett) et Randy Harrisson qui incarne Justin ». Il affirme que l’intérêt de cette série c’est que « nous ne sommes pas représentants d’un univers gay, je n’ai jamais hésité à faire ce rôle ». Son manager lui avait dit que la série originale Anglaise avait eu beaucoup de succès, en soulignant que c’est la vision la plus provocatrice du milieu homo. Normal avec des scènes de cul d’une certaine crudité et l’usage de certaines drogues (GHB, Coke .) et de Poppers en veux-tu en voilà. Beaucoup d’autres acteurs avaient refusé le rôle ; en l’acceptant, Hal a voulu leur montrer de quoi il était capable.

Hal a trois boucles d’oreilles sur le même lobe et une bague rebelle sur l’index. Je lui demande s’il a refusé de faire certaines scènes mais il esquive en m’expliquant qu’il aurait aimé créer un personnage « borderline » pour la série ; du style le déjanté Emmett. Quant à son personnage de Michael, Hal dit qu’il représente beaucoup de personnes à la fois, que ce soit des homos ou des hétéros qui ont du mal à marquer leur territoire. Et précise : « Michael est une personne à part entière ».

Queer as clone ?

Alors qu’il avoue n’avoir jamais vu la version originale anglaise, il affirme vouloir interpréter son personnage à sa manière et présenter une composition inédite pour l’audience américaine. Malheureusement, il aurait mieux fait de la regarder car à quelques différences près, il est identique à Vince, son double anglais. Les deux séries sont similaires à la ligne près. Certains plans dans la première saison sont les « copiers-collers » de la version anglaise. Exemple : la scène où Brian déshabille Justin dans sa cuisine. On y voit les mêmes gestes et les mêmes prises de vues qu’entre Vince et Nathan dans la version originale anglaise. Peut-être que la version américaine est plus glamour, mais pour les initiés de Queer As Folk, on ne peut s’empêcher de la comparer à la version originale certes très British mais plus terre à terre. Et cette description bien vaillante de l’homosexualité est-elle bien reçue ? « Beaucoup de femmes aiment l’émission et on pourrait penser que les gens peuvent maintenant l’accepter, le fait est à chaque fois qu’on sort un nouvel épisode, il y a encore une certaine tension ». Hal parle de son rôle comme d’une mission à accomplir, normaliser la vie quotidienne des homos auprès du téléspectateur américain. Mais tout n’est pas rose dans l’Amérique des Bush où la sortie de QAF a scandalisé une bonne partie du public. Dans le premier épisode de la première saison, Brian et Justin (qui n’a que 17 ans à l’époque) font des choses pas très catho dans la cuisine. Mais l’honneur reste sauf puisque l’âge du consentement est de 16 ans dans l’État de Pennsylvanie (lieu de tournage). Certains types ont quand même traité Brian de pédophile durant le show de Larry King.

Chapeau de cow-boy et string de cuir

Selon Hal, la série a changé le point de vue des gens sur les gays. Il certifie que « la série a permis d’ouvrir l’esprit des parents qui rejetaient leurs enfants gays. Elle a également décoincé quelques mecs, enfin sortis du placard ». Hal est peut-être petit, mais il a de la présence, de la finesse et un véritable impact sur l’audience. Il semble sincère dans sa volonté d’aider les gays. En tant que blanc aux États-Unis, il n’aurait jamais pu jouer un Malcom X. Michael, son personnage d’homo blanc, est donc devenu son combat. Ce que pensent les gays de cette émission ? « Dur, dur. car les avis sont partagés. Certains sont furieux car ils se disent trop typés. Maintenant, je pense qu’il y a à peu près 20% des gays qui ne nous apprécient pas, ils regardent la série pour voir ce qui les mécontente. Mais les 80 % restants, ceux que je rencontre, nous remercient avant tout ». Pour ce jeune acteur passionné de Kung Fu, cette série reste une sorte de grand écart car son rêve reste de jouer un jour dans les comédies « bourre piffe » de Jacky Chang. Queer As Folk nous présente un portrait courageux de la communauté gay et merveilleusement interprété.

Article original sur le site Technikart.com

QAF Article Hal Sparks

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A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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