Interview accordée à Trish Bendix le 9 juillet 2015 pour le site Afterellen.com
Comment ont-elles su ou bien comment avez-vous su quand vous arrêter de filmer ? Vous êtes encore en vie, vous pourriez encore être en train de filmer !
Oui, elles ont dû arrêter à un moment parce qu’elles n’avaient plus de budget et qu’il n’y avait pas vraiment de moment bien défini pour arrêter. Il fallait juste vraiment qu’elles arrêtent. Il y avait d’autres choses que je voulais… je les encourageais à simplement laisser l’histoire se raconter, et peut-être que d’autres choses se seraient présentées et qu’elles auraient continué encore un peu. Et je crois qu’elles ont un peu dépassé leur budget. Elles devaient tout simplement arrêter. Il le fallait. Mais je trouve que ce qu’elles ont capturé sont de très bons exemples de moi essayant de me reconstruire après avoir tout perdu.
L’une de mes parties préférées du film est la construction de votre relation avec Stephanie. Est-ce que cela a été un problème pour l’une de vous de commencer cette nouvelle relation sous les caméras ? Qu’en pensiez-vous ?
Je ne pensais à rien [rires]. Elle m’a parlé de ça ce matin ou hier soir en allant au lit ou en se réveillant, je ne me rappelle plus. On nous a posé cette question l’autre jour et elle m’a dit « Tu sais quoi ? Ça ne m’avait jamais traversé l’esprit avant que quelqu’un nous le demande en interview », je lui ai répondu « Honnêtement, ça ne m’avait pas traversé l’esprit non plus ». J’ai eu tellement de relations par le passé, qui ont toutes été, pour la plupart, merveilleuses, douces, remplies d’amour, mais je ne pensais pas vouloir être avec quelqu’un pour toujours et vouloir me marier. L’un des premiers signes pour moi concernant ma relation avec Stephanie a été lorsque j’ai fait habiter le frère de Stephanie et sa petite-amie dans ma dépendance, sans me poser de questions. Je me suis juste dit « Ce serait trop bien que Dylan vive ici ! ». Puis j’ai repensé à toutes mes autres relations et je n’avais jamais accueilli qui que ce soit de leur famille sur mon terrain. Il n’y avait aucune chance que cela ne se puisse arriver avant. Je pense que c’est juste pareil avec le film. Je n’y ai même pas pensé. Je ne dis pas que j’ai fait les choses correctement. Je dis que j’ai pris des risques.
Cela aurait pu mal se passer, ne pas marcher et je ne sais pas comment aurait fini le film. Mais je suis contente que tout se soit bien passé !
Au début, je sortais avec deux-trois autres personnes comme ça, mais ça s’est arrêté quand c’est devenu sérieux entre moi et Stephanie.
Vous présentez aussi Clown Service à l’Outfest, sur lequel je sais que vous travaillez depuis quelques années. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce court-métrage ?
Il est basé sur des faits réels. C’est l’histoire de quand, je suppose que je devais avoir dans les 21 ans, je traversais une rupture et j’étais vraiment mal. J’ai dit à une amie que la seule chose qui me ferait sentir mieux serait qu’un clown vienne chez moi. Elle m’a dit « Oh, la vache, c’est trop marrant ! Si tu arrives à en faire venir un, je le paierai ! ». Mais personne n’a voulu envoyer de clown parce qu’il ne s’agissait que de moi et que j’ai appelé en étant très déprimée, avec une voix monotone. Ils essayaient de savoir de quel genre de fête il s’agissait et je n’arrêtais pas d’expliquer que c’était juste pour moi. Ils étaient très mal à l’aise et n’ont pas envoyé le clown. J’ai écrit la fin du court-métrage et le clown vient bien.
Combien de temps cela a-t-il pris pour faire démarrer ce projet ? Je sais que vous avez fait une campagne de crowdfunding via Kickstarter, pas vrai ? [Note : j’ai fait un don pour cette campagne]
Oui et dès que j’ai réussi à réunir les fonds, on m’a diagnostiqué un cancer. J’ai commencé la campagne de crowdfunding après avoir fait une pneumonie, être contaminée par une C. difficile, avoir perdu ma mère et avoir rompu avec ma petite-amie. Je m’étais dit « Tu sais quoi ? Il faut juste que tu te trouves quelque chose à faire ». J’ai donc commencé une campagne de crowdfunding puis j’ai été diagnostiquée et j’ai mis le projet en pause pendant que je traversais tout ça. J’ai commencé à être davantage occupée et à aller mieux et ensuite il a juste fallu que je me prenne un week-end de libre et que je boucle le tournage en deux-trois jours. Je suis vraiment contente du résultat. Je suis vraiment très contente de ce petit film. Je pense que je m’en suis plutôt bien sortie.
Pour finir, je sais que vous revenez de la saison 2 de Transparent. Pouvez-vous nous dire avez qui vous partagerez des scènes ou si l’on peut espérer vous voir souvent dans cette saison ?
Vous savez, pour l’instant j’ai eu des scènes avec à la fois [Tammy et Sarah]. J’étais censée aller à la séance de lecture aujourd’hui – je crois que j’ai une grosse scène avec le personnage d’Amy [Landercker] – mais je monte mon épisode spécial pour HBO, donc je n’ai pas pu m’y rendre. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Je pense que pour l’instant je suis dans quatre ou cinq épisodes et rien ne transparait vraiment de ce que mon personnage fait, mais c’est vrai que je joue beaucoup plus. Je trouve la série phénoménale, tout comme les personnes impliquées et… vraiment, c’est juste un chef d’œuvre.
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