Une Femme, Un Jour

Je ne suis pas comme ça et je dois être normale

Affiche : Une Femme, Un Jour

Année de Production : 1977

Réalisation : Léonard Keigel

Scénario : Simone Bach

Avec : Mélanie Brévan (Nicky), Caroline Cellier (Caroline), Jean-Luc Bideau (Le dentiste), Henri Garcin (Jean-Paul, le mari), Gilles Bony (Patrick), Léonard Keigel (Le médecin), Jacqueline Porel (La mère)

Nationalité : Française

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 19min.

Titre Original : Une Femme, Un Jour

Une Femme, Un Jour : Résumé

Caroline est une trentenaire mère d’un petit garçon d’une dizaine d’années, Patrick. Alors que son mari vient d’être hospitalisé une nouvelle fois, elle lui annonce qu’elle demande le divorce. Sans revenu depuis que son époux a vu sa maison d’édition faire faillite, Caroline est obligée de trouver du travail.

Fragile et seule, Caroline cherche réconfort, soutien et tendresse dans les bras de son amie Nicky. Cette dernière tient un stand au marché aux puces et entoure la jeune femme dont elle est amoureuse du mieux qu’elle le peut.

Lorsque Patrick découvre sa mère au lit avec Nicky, Caroline s’éloigne de celle-ci. Elle accepte alors de sortir avec son dentiste…
Caroline est une trentenaire mère d’un petit garçon d’une dizaine d’années, Patrick. Alors que son mari vient d’être hospitalisé une nouvelle fois, elle lui annonce qu’elle demande le divorce. Sans revenu depuis que son époux a vu sa maison d’édition faire faillite, Caroline est obligée de trouver du travail. Fragile et seule, Caroline cherche réconfort, soutien et tendresse dans les bras de son amie Nicky. Cette dernière tient un stand au marché aux puces et entoure la jeune femme dont elle est amoureuse du mieux qu’elle le peut. Lorsque Patrick découvre sa mère au lit avec Nicky, Caroline s’éloigne de…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Une romance lesbienne en 1977.

Note des lectrices : Soyez la première !
46

Ce film à beau dater de 1977, lorsqu’on le regarde, on ne peut s’empêcher de prendre une claque. Pas à cause des décors, des voitures, des tenues et des coiffures, ces détails sont rapidement oubliés. Non, à cause de l’histoire, du poids de la morale, de cette pression sociale et de l’impossibilité pour une femme d’être indépendante et maître de sa vie.

Au tout début, lorsque Patrick dessine son père et sa mère sur le mur du WC avant de pisser dessus, il s’attarde sur le dessin de celle-ci au lieu de son père. Il la juge coupable, la considère comme le problème et le film ne va cesser d’aller dans ce sens. Caroline, en petite bourgeoise doit faire ce que l’on attend d’elle. Elle doit soutenir son mari, elle doit élever son fils, elle doit rester, elle n’a que des obligations dont elle ne retire aucun plaisir. Le fait qu’elle souhaite se libérer et tout quitter pour connaître le bonheur lui est interdit. Et même si elle avance dans cette voie, on sent dès le premier instant qu’elle ne pourra jamais aller jusqu’au bout.

L’homosexualité n’est jamais clairement nommée. Pire même, Nicky est identifiée comme ayant toujours couché avec des femmes par sa mère. Cette dernière souhaite que sa fille change, ait une vie normale parce qu’elle n’est plus si jeune mais en même temps le gros mot n’est pas prononcé. Caroline, elle, dira à plusieurs reprises « Je ne suis pas comme ça. » Comme ça quoi ? Comme ça attirée par les femmes ? Comme ça amoureuse d’une femme ? Comme ça quoi ?

Et plus le film avance moins le choix de liberté de Caroline se comprend. Elle s’enlise, se montre faible, calculatrice, manipulatrice, fausse et finalement on sait qu’elle va plier. Elle va revenir dans le « droit chemin » pour satisfaire tout le monde.

Nicky est lesbienne. On n’a pas besoin que cela soit dit pour qu’on le comprenne. Son travail bohème, ses vêtements, ses attitudes, même s’ils reprennent des clichés du genre permettent de l’identifier. Nicky, elle, est libre. En apparence seulement. Elle est avant tout prisonnière d’un amour pour une femme qui ne s’engagera jamais avec elle. Et quand elle essaie à la fin du film de coucher avec un homme, même si le tout peut paraître risible à travers l’attitude de ce macho, on ne peut que retenir son souffle en espérant qu’elle n’aille pas jusqu’au bout.

Alors, même si le long métrage ne se termine pas par une mort, il n’empêche que c’est la morale bien pensante qui gagne. Caroline a suivi le chemin qu’elle devait suivre. Et pourtant, ses pensées la ramènent toujours vers Nicky.

Le début d’une évolution. Une époque où les femmes finissaient avec les hommes en pensant aux femmes. Depuis elles finissent ensemble. Heureusement pour nous.

Une Femme, Un Jour : Extraits

NICKY : Tu es sortie avec ton beau frère, c’est tout ce que tu as trouvé ?
CAROLINE : Ecoute, j’ai l’impression d’entendre mon mari. C’est bien la peine de me séparer de lui pour avoir ce genre de rapport avec toi.
NICKY : J’ai passé une soirée affreuse. Je comprenais vraiment pas pourquoi tu t’étais décommandée.
CAROLINE : Ce que tu peux être fatigante. Tu crois que ça m’amuse de mettre Patrick en pension ?
NICKY : Rien ne t’y oblige.
CAROLINE : Son père est dans l’incapacité de travailler. Et moi je ne peux pas m’occuper de lui et gagner ma vie. Oh elle m’énerve cette valise.
NICKY : Je vais la faire.
CAROLINE : Qu’est-ce que je ferais sans Patrick et sans toi ?
NICKY : Non. Sans moi… et sans Patrick.

CAROLINE : D’abord qu’est-ce que c’est que ce genre. Je suis pas comme ça, je suis normale.

SA MERE : Ton amie dort dans la même chambre que son fils ?
NICKY : Bien sûr.
SA MERE : C’est comme d’habitude, Nicole ? Ecoute ma grande, tu sais ce que tu as à faire et moi surtout je veux me mêler de rien. Mais, ça va durer comme ça jusqu’à la fin de ta vie ? Quand tu étais encore très très jeune, j’avais encore l’espoir que ça allait s’arranger. Seulement maintenant tu as 26 ans. Pourquoi n’essaie-tu pas ?
NICKY : Mais quoi ?
SA MERE : D’avoir une vie normale ?
NICKY : Ca veut dire quoi, normal ?
SA MERE : Ah… Ah voilà, je m’y suis encore mal prise. Comme d’habitude. Ah, le tact et moi.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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