interview de Lucy Lawless, l’interprète de Lucretia

Interview liée à la série Spartacus

Lucy Lawless

Interview accordée à Brent Hartinger le 13 Janvier 2010 pour le site AfeterElton.com

Lucy Lawless est de retour !

En réalité, elle n’est jamais vraiment partie. Depuis qu’elle a raccroché son chakram de Xena, princesse guerrière en 2001, elle a trouvé à s’occuper, apparaissant dans des rôles comme le Cylon numéro 3 dans Battlestar Galactica et terminant seconde en 2006 dans l’émission qui a enchanté les foules, Celebrity Duets. Elle a aussi été la guest star de nombreuses séries télé, de The L-Word en passant par Les Experts : Miami.

Mais aujourd’hui elle est de retour à plein temps dans la série télévisée Spartacus : du sang et du sable, un programme bourré d’images de synthèse retraçant l’histoire de Spartacus, un esclave rebelle, diffusé à partir du 22 janvier sur Starz, une chaîne du câble.

Bien que son rôle d’épouse du propriétaire d’une école de gladiateurs soit très différent de celui de Xena, et que la série elle-même adopte un ton bien plus sérieux, Spartacus est bel et bien une autre série fantastique se déroulant dans des temps anciens. Elle a été co-créée (avec le réalisateur de Spiderman, Sam Raimi) par son mari, Rob Tapert, également à l’origine de Xena.

Lucy déclare : « Les gens à Hollywood me demandaient « Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça ? Spartacus rappelle trop Xena. C’est comme si tu revenais en arrière. » Et je leur répondais : « C’est une très bonne série. Vraiment très bonne. » « Ils ne pouvaient pas savoir ce que je sais à propos de mon mari. »

Je me suis récemment assis avec Lucy pour discuter de cette série et de son statut d’icône gay. Et bien que je n’ai pas du tout été étonné de voir combien elle était réceptive au sujet de ses fans gay, j’ai été agréablement surpris par son sens de l’humour irrévérencieux et presque espiègle.

Lucy, pourquoi pensez-vous être une icône gay ?

Est-ce que c’est parce que les gens croient que je suis un homme ? [Rires] Un drag queen ou un truc dans le genre ?

Il est évident que vous êtes une icône lesbienne, mais vous êtes aussi un symbole pour de nombreux gay. Je me demande si vous y avez déjà réfléchi ?

Je pense que c’est l’héroïsme d’une personne ordinaire dans Xena. Vous parlez de Xena par opposition à moi. Son personnage fait ce qui est juste même si c’est douloureux. Je trouve qu‘à notre époque, même à Los Angeles, être ouvertement homosexuel(le) demande tellement de courage.

Je suis allée manifester en faveur du NON concernant la proposition 8 et nous étions sur un viaduc et je n’arrivais pas à croire à toute la haine dirigée vers nous qui émanait des voitures en contrebas. Les autres étaient du genre : « Ah, peu importe… » Mais j’étais choquée. On est à Los Angeles !

Je sais que c’est devenu en quelque sorte un enjeu religieux et inter-ethnique à Los Angeles, mais je suis allée dans un temple Maya une fois et j’ai vu des tas de gens [des homosexuels] de toutes les couleurs, des grands types baraqués. Donc si des personnes de chaque ethnie veulent croire que ça n’a rien à voir avec elles, je veux leur dire : l’homosexualité est là, et elle l’a toujours été. Voulez-vous que vos enfants se cachent, qu’ils sentent qu’ils n’ont pas le droit de vivre au grand jour ? Vous voulez qu’ils aient peur et qu’ils perdent le droit de vote ? Ce serait juste une tragédie. Qui veut élever ses enfants dans ces conditions ?

Vous véhiculez l’idée que, à l’époque où cette nouvelle série se situe, il n’existe pas vraiment de concept intrinsèque d’être gay, ça fait juste partie d’un ensemble. Est-ce que vous embrassez des filles dans cette première saison ?

Il y a ce personnage qui n’arrête pas de m’embrasser et mon personnage réagit du genre : « Quoi ? De quoi s’agit-il ? » [Rires] Je ne m’y attendais pas parce que je n’arrive pas à comprendre les motivations politiques de cette jeune femme. Son personnage est une sorte de Paris Hilton. J’essaie de trouver le moyen d’en faire ma MAPLV (Meilleure Amie Pour La Vie) et c’est un peu une relation « je t’aime/moi non plus ».

[Mais] on ne fera pas de mon personnage une lesbienne. J’en doute. Je ne crois pas que ça marcherait pour la série. Il se peut qu’il y en ait ; John Hannah, qui joue mon mari, partageait un bain avec cinq femmes nues, donc il y a amplement matière pour les gens qui aiment les poitrines et il y a matière pour ceux qui aiment les corps masculins dénudés. Pour autant, tous ces trucs sont sans intérêt si vous ne vous attachez pas aux personnages. C’est essentiel. Il ne s’agit pas de qui couche avec qui. Ce sont juste des âmes essayant de s’en sortir.

En quoi votre rôle de Lucretia est-il différent de Xena ?

Ce rôle est un défi pour moi parce que j’ai tendance à prendre une direction comique. Tout naturellement, je veux tout rendre [elle fait un bruit exprimant la folie]. Je veux juste faire la fête tout le temps. Il n’y a vraiment pas de place pour ça dans cette série. Il faut que ce soit très sobre et très naturel pour pouvoir pénétrer dans ce monde, pour qu’il soit vraiment super crédible, parce que dans cette série tout le monde tient pour acquis des choses qui de nos jours sont complètement taboues.

Comme l’homosexualité. Un des gladiateurs est gay et a une relation avec un des jeunes hommes qui travaillent ici, et il n’y a pas de clichés assortis. Ils ne le diabolisent pas. Ils ne le font pas parader avec un boa en plumes. Il ne porte pas de satané string pailleté brillant. Il n’y a rien de drôle. On dirait juste que ça fait partie de la vie à cette époque. En fait, il est même chanceux parce qu’il a son compagnon avec lui dans le Ludus, qui est une sorte de prison. Tous les autres hommes regardent leurs épouses à travers les grilles mais ces garçons ont une relation très tendre.

Vous avez dit que c’est la relation la plus saine ?

Ouais, c’est le cas. C’est sain et c’est masculin.

Avez-vous été attirée par le rôle de Lucretia en partie parce qu’elle est tellement différente de Xena, parce que c’est une méchante ?

Je pense qu’elle devient juste plus machiavélique au fur et à mesure que les chosent se dressent contre elle et son mari. Elle pense toujours avoir raison. Elle est forcée de faire ces choses terribles. Elle sait que ce n’est pas bien, mais elle n’a pas d’autre choix. Si quelqu’un fait quoi que ce soit qui contrarie le business familial, son mari et l’affaire de gladiateurs, alors quelqu’un doit le payer de sa vie. Elle s’arrangera pour que ce soit le cas, pour couvrir le tout et pour que ça réussisse. Elle soutient vraiment son mari quoi qu’il en coûte. Elle applique la loi du plus fort. Et elle aime son mari. Le fait qu’ils soient si complètement dysfonctionnels ajoute juste du piment à l’intrigue dramatique.

Je sais que vous avez passé les dix dernières années à parler de Xena mais je dois vous dire à quel point cette série m’a donné du plaisir. Être assis là avec vous, me rappelle combien j’ai été ému par l’épisode final, quand Xena s’estompe, morte, et que Gabrielle (jouée par Reneé O’Connor) reste sur le bateau, seule.

Je souhaiterais presque qu’on ne l’ait pas fait, en vérité. À l’époque, on a pensé que c’était un choix vraiment audacieux mais je pense que ça a beaucoup blessé les fans.

Ma théorie a toujours été que Xena et Gabrielle avaient échangé leurs places. Elles se complétaient l’une l’autre et Gabrielle est devenue la guerrière et Xena est devenue cette personne désintéressée au service du Bien, comme Gabrielle.

Et n’est-ce pas étrange, comment, lorsqu’une personne meurt, vous l’absorbez en quelque sorte et elle devient désormais accessible à tout instant. Peut-être qu’avec le temps, les fans deviendront moins…

Ils sont toujours en colère.

Ils sont toujours en colère ?

Ils sont toujours en colère, mais j’ai pensé que c’était grandiose. Les six années qu’elles ont passées ensemble étaient géniales et la série s’achève lorsque leur relation s’achève. Je n’aimais pas l’idée qu’elles continuent dans des aventures que je n’aurais pas pu regarder. Donc ça a fonctionné pour moi, mais j’en connais d’autres…

Je pense qu’en fait ça les a blessés. C’est comme de raconter une blague déplacée, ou de rire aux dépens d’un autre groupe. Vous pensez : « Allez, c’est marrant ! » Mais ensuite, c’est plutôt : « Mais ça fait vraiment du mal aux gens. » Et finalement ça fait tilt et vous réalisez : « Oh. Voilà pourquoi ce n’est pas drôle, parce que quelqu’un en souffre. »

Traduction Magali Pumpkin

Interview Originale sur le Site Afterelton.com

Lucy Lawless

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