4 Minutes

En quête de rédemption

Année de Production : 2006

Date de Sortie : 16 Janvier 2008

Réalisation : Chris Kraus

Scénario : Chris Kraus

Avec : Monica Bleibtreu (Traude Krüger), Hannah Herzsprung (Jenny), Sven Pippig (Mütze), Richy Müller (Kowalski), Jasmin Tabatabai (Ayse), Stefan Kurt (le directeur Meyerbeer)

Nationalité : Allemande

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 52min.

Titre Original : Vier Minuten

4 Minutes : Résumé

Depuis plus de 60 ans, Traude Krüger enseigne le piano dans une prison pour femmes. Un jour, elle rencontre une jeune femme caractérielle, Jenny, incarcérée pour meurtre. En quelques instants elle comprend qu’elle a devant elle une musicienne prodige.

Touchée par le talent de Jenny, Traude décide de la faire participer aux leçons de piano et de l’inscrire au concours d’entrée pour le conservatoire. Malheureusement, violente et suicidaire, Jenny n’est pas prête à l’aider dans cette tâche. Réfractaire à toute forme de discipline, cette dernière oblige Traude à adapter son comportement pour l’apprivoiser.

Depuis plus de 60 ans, Traude Krüger enseigne le piano dans une prison pour femmes. Un jour, elle rencontre une jeune femme caractérielle, Jenny, incarcérée pour meurtre. En quelques instants elle comprend qu’elle a devant elle une musicienne prodige. Touchée par le talent de Jenny, Traude décide de la faire participer aux leçons de piano et de l’inscrire au concours d’entrée pour le conservatoire. Malheureusement, violente et suicidaire, Jenny n’est pas prête à l’aider dans cette tâche. Réfractaire à toute forme de discipline, cette dernière oblige Traude à adapter son comportement pour l’apprivoiser.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Touchant et inoubliable.

Note des lectrices : 4.15 ( 1 votes)
63

Le réalisateur et scénariste, Chris Kraus a déclaré que l’idée du film lui était venue d’une photographie qui l’avait interpellé : « Il y a huit ans, je suis tombé par hasard, dans un quotidien, sur la photo d’une vieille dame de 80 ans, professeure de piano. Elle était assise au piano, dans une cellule de prison. On la voyait de profil. (…). Elle avait l’air très forte, très masculine. Elle portait un chignon, qui était comme plaqué. Mon regard s’est promené sur ses mains posées sur le piano, des mains très tendres, très jeunes. (…) Les mains n’allaient pas avec le visage. Le piano n’allait pas avec la cellule. C’est sans doute en raison de ce décalage que cette photo m’a hanté. J’ai fini par comprendre que, derrière cette femme, dont le journal disait seulement qu’elle donnait des cours de piano en prison depuis 60 ans, devait se cacher une histoire de passion, de volonté et aussi de folie. Je l’ai peut-être seulement imaginé. Mais c’est ce qui est génial avec ces photos. La vérité est dans le regard de celui qui observe. »

À partir de là est née l’idée de Traude Krüger, une femme au passé trouble qui cherche sa rédemption dans un lieu austère, une prison pour femmes. Elle va petit à petit se dévoiler et montrer toute sa profondeur au contact de Jenny. Jenny, un personnage terriblement fort et dérangeant qui occupe l’écran comme rarement cela a été le cas. L’actrice est tout simplement époustouflante et totalement habitée par le rôle.

4 Minutes est un film noir qui aborde de très nombreux sujets, la prison, la guerre, l’homosexualité, la souffrance, la culpabilité, le pardon et l’amour… Tout cela avec la musique, symbolisée par le piano qui répand ses sonates du début à la fin du long-métrage.

On sent très bien que l’auteur est parti d’un bon sentiment et a souhaité aborder ces sujets de manière sérieuse et réaliste. Pourtant, j’ai eu du mal à entrer dans le film. Peut-être à cause des flash-backs réguliers destinés à cerner la personnalité de Traude, peut-être à cause du sentiment d’oppression relatif à la prison ou peut-être pour d’autres raisons encore.

Le film montre la solitude de deux individus, deux femmes. Traude est seule parce qu’elle a empêché les êtres humains de l’approcher depuis le décès de la femme qu’elle aimait. Elle a choisi de s’isoler à cause d’un important sentiment de culpabilité. Pourtant, d’un autre côté, tous les jours elle se rend dans cette prison, elle parle aux mêmes gardiens, elle rencontre les mêmes prisonnières comme pour purger sa propre peine… Quelque part, elle s’oblige à survivre en quête d’une rédemption qu’elle sait que les autres ne lui offriront jamais.
Jenny est également enfermée, à plusieurs titres. Même si elle a été condamnée et qu’elle est prisonnière entre quatre murs, c’est avant tout en elle qu’elle est enfermée. Elle se détruit volontairement parce qu’elle pense que son génie a toujours fait souffrir ceux qu’elle aime. Elle est seule, elle a toujours été seule. Seule au milieu de centaines d’autres femmes, seule sans son enfant, seule sans famille.

Ces deux vies se retrouvent à travers leurs souffrances et leur solitude. Elles recherchent, chacune à leur manière, la rédemption et sont en quête de liberté.

Les deux interprètes principales sont sublimes et époustouflantes. Elles ont un jeu qui bouleverse du début à la fin et qui, rien que par sa force, fait tout l’intérêt de ce long-métrage. À voir.

4 Minutes : Critiques Presse et Récompenses

« (…) un film d’une densité émotionnelle rare et d’une violente beauté visuelle et sonore. » Viviane Pescheux (Télé 7 Jours)

 « La sauce prend (…) grâce au réalisateur Chris Kraus, dont la main ne tremble jamais dans la conduite de ce mélodrame réaliste, tentative de réconciliation entre Sirk et Loach (…) » Jean Roy (L’Humanité)

 « [L]es actrices justifient à elles seules la découverte de Quatre Minutes (…). Si Monica Bleibtreu est parfaite dans [son] rôle, Hannah Herzsprung s’impose quant à elle comme une révélation majeure. » Pascal Mérigeau (Le Nouvel Observateur)

 « (…) si ce film allemand n’évite pas certaines ornières scénaristiques, il en impose par son climat carcéral, sa violence, l’irrésistible crescendo de sa narration, et par la puissance de jeu de ses deux principales interprètes. » Alain Spira (Paris Match)

 « Cette chronique couverte de prix sonne juste, les acteurs sont excellents et la mise en scène rigoureuse. » Caroline Vié (20 Minutes)

 « (…) au-delà de (…) quelques maladresses et surcharges, [le film] contribue à sa manière à ce mouvement du cinéma d’Outre-Rhin qui tente de s’interroger sur les tragédies d’un passé longtemps enfoui sous une chape de silence. » La rédaction (Ouest France)

 « On est époustouflé par la scène finale, au point qu’on se cacherait bien dans la salle pour voir le film une deuxième fois. » Héléna Villovitch (Elle)

 « On retiendra l’interprétation brillante des deux actrices principales et la charge émotionnelle de leur face-à-face. La trame psychologique de l’histoire, avec ses flash-back alambiqués, se révèle en revanche assez pesante. » Hubert Lizé (Le Parisien)

 « Si le scénario n’est pas sans maladresses, reste un film tourné avec une parfaite maîtrise du mouvement et servi par deux actrices formidables (…) » Laurent Larcher (La Croix)

 « (…) la tension constante de la mise en scène, la force émotionnelle des scènes entre les deux héroïnes, la puissance de conviction des deux actrices (…) font oublier les quelques fausses notes du film (…). » Samuel Douhaire (Télérama)

 « Entre Berlin, pour son côté auteur et l’attention portée aux personnages, et Hollywood, pour l’efficacité et la vigueur des scènes dramatiques, notamment le concert final, le long métrage de Chris Kraus- même s’il est moins original que Good Bye Lenin! et La Vie des autres-confirme cependant le renouveau international et la vitalité du cinéma allemand. » Jean-Pierre Lacomme (Le Journal du Dimanche)

 « Servi par deux actrices totalement investies dans leurs rôles, ce long métrage allemand se révèle souvent captivant. (…) Une oeuvre inégale, mais avec des partis pris forts qui valent le détour. » Rémy Batteault (MCinéma.com)

 « Si les deux Comédiennes sont remarquables et si l’ensemble fait preuve d’une belle maîtrise (…) le scénario aurait gagné à aller lui aussi vers plus d’épure (…) ces Quatre Minutes finissent par frôler le trop plein dramatique. » Didier Roth-Bettoni (Première)

 « Dommage cependant que Chris Kraus verse trop facilement dans le mélodrame et les effets attendus, (…). Tuant ainsi toute émotion… » Marie Bernard (aVoir-aLire.com)

 « Chris Kraus, non content de signer une mise en scène inutilement maniérée (…), ne cesse de rajouter à cette trame exceptionnelle des couches narratives qui ne sont pas moins pimentées et finissent par provoquer l’indigestion. » Jacques Mandelbaum (Le Monde)

 « Sous les sonates et les fugues aériennes, rien de moins que la relecture en Z mineur des pires Van-Damme-films des années 1980. » Vincent Malausa (Cahiers du Cinéma)

 « (…) à force d’aligner les séquences et les affrontements extrêmes, le film finit par étouffer sous son propre pathos et par flirter avec une complaisance qui fait barrage à l’émotion. » Bernard Achour (TéléCinéObs)

4 Minutes : Extraits

TRAUDE : Où avez-vous appris à jouer comme ça ?
JENNY : Merde.
TRAUDE : Ça ne m’intéresse pas non plus. Ça ne vaut rien cette musique de nègre. Mais… c’était exceptionnel. Dieu vous a donné manifestement du talent. Je vous trouve méprisable, je dois vous le dire… mais vous avez du talent. Et vous avez donc le devoir de le préserver. Après que vous aurez payé pour ce que vous avez commis aujourd’hui je pourrai vous offrir mon aide. Cette aide ne vous concernera pas en tant que personne. Cela jamais. Je peux vous apprendre à mieux jouer… mais je ne peux vous améliorer, vous. Réfléchissez-y.

TRAUDE : Je ne vois pas les mots « excuses », « s’il vous plaît » et « merci » dans votre lettre.
JENNY : Excuses, s’il vous plaît, merci.
TRAUDE : Mangez.
JENNY : Je dois manger la lettre ? Pourquoi ?
TRAUDE : Règle 1.
JENNY : Je dois manger quoi pour la règle 2 ?
TRAUDE : La leçon que j’ai à vous offrir requiert humilité. C’est la règle 1. Vous faites ce que je vous dis sans vous plaindre ni en paroles ni en regards.
JENNY : Je dois être votre esclave larmoyante ?

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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