Allez au Diable Vauvert De Isabelle Blondie

Allez au Diable Vauvert De Isabelle Blondie

Titre Français : Allez au Diable Vauvert

Titre Original : Allez au Diable Vauvert

Auteur : Isabelle Blondie

Date de Sortie : Octobre 2009

Nationalité : Française

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 197 pages

Éditeur : D'un Noir si Bleu

ISBN : 978-2-9164-9934-5

Allez au Diable Vauvert : Quatrième de Couverture

« J’ai peur… non du résultat, mais de le leur annoncer, peur qu’ils ne prennent la proie pour l’ombre et pensent qu’ils avaient tous raison et que ceci expliquera cela. Ce serait trop facile… et surtout tellement faux ! »
La voix de Véronique accompagne Céline. Elle est là, dans ce petit cahier rouge, un journal aux derniers mots noyés dans une tache d’encre dont on ne connaît pas l’auteur. Et Céline, son amie d’enfance, tente de comprendre, cherche, rage et tourne les pages.
Laure aussi, habitée par sa foi et hantée par le journal de sa soeur, y cherche la vérité. Elle partira en Italie, dans un couvent, après, peut-être…

Dans le Jardin du Luxembourg, écho aux gisements enfouis du désir, toutes deux tournent autour de l’absence de Véronique et nous interrogent. L’amour, le vrai, serait-il une échappée à la putréfaction, une résurrection dans les yeux de l’autre ?

Allez au Diable Vauvert : Avis Personnel

Véronique vient de se donner la mort. Elle s’est suicidée et sa meilleure amie, Céline, ne comprend pas ce geste. Après avoir assisté à l’enterrement, elle a accepté l’invitation de la mère de Véronique et elle a pris un objet appartenant à son amie, sa meilleure amie décédée. Son journal intime. Une fois rentrée chez elle, elle décide de le lire. Mais comment le lire et par où commencer ?

Les bribes écrites par Véronique raisonnent en elle plus qu’elle ne veut l’admettre. Ce n’est pas sa maladie qui empirait et qui l’entraînait inexorablement vers la mort qui l’a amenée à hâter celle-ci. Mais quoi alors ? Céline cherche à comprendre pourquoi afin de laisser Véronique reposer en paix. Dans sa quête de sens, elle nous permet de découvrir que Véronique était lesbienne et l’aimait d’un amour véritable et pur depuis des années. Mais cet amour n’était pas partagé par Céline qui collectionne encore et toujours les amants de passage.

Malgré sa douleur, Céline se laisse approcher par Laure, la petite sœur de Véronique. Laure, qui a décidé, à l’âge de 18 ans, d’entrer dans les ordres et qui s’apprête à partir pour vivre dans un couvent en Italie. Laure, qui croit en Dieu mais ment à tous ceux qu’elle aime pour les protéger. Laure, qui a effacé les dernières lignes du journal de Véronique. Laure, qui dit avoir lu tout le journal.

Ce journal intime qui sert de pont entre tous les protagonistes de ce roman reste un mystère. Personne ne le découvrira en totalité. Tout le monde en retiendra ce qu’il veut. Mais au fil de l’histoire il va permettre de révéler le véritable amour qui unit deux personnes se refusant à l’admettre et à le vivre. Et il faudra finalement toute l’horreur d’une mort pour apporter la vie.

J’ai tout d’abord eu du mal à entrer dans l’histoire tant la manière d’écrire est surprenante et le début si morcelé. Mais cette complexité est finalement ce qui attire et ce tourbillon de pensées et de souvenirs du début qui reflète bien toute l’incompréhension d’un acte aussi terrible, est très bien retranscrit par une écriture saccadée. Et puis petit à petit les zones d’ombre s’éclairent et l’on comprend ce qui est dit à demi mot. Jusqu’à ce que les sentiments deviennent impossibles à nier et s’imposent par leur force.

Un roman superbe, que je conseille vivement. Une belle histoire d’amour et une écriture qui ne s’oublie pas. Avec en prime cette phrase qui reste même une fois le livre refermé : « C’est vrai qu’en regardant tes yeux, je ressuscite à une vitesse prodigieuse. »

Allez au Diable Vauvert : Extraits

« Le mieux c’est de dire que ça s’est fait comme ça. Comment, au juste, je n’en sais rien. Sa mère m’a laissée quelques secondes, je l’ai cherché, je l’ai pris. Je n’avais que très peu de temps et aucun pour le remords.
Maintenant il est sur mes genoux. Ouvert en son milieu. Et je lis ces quelques lignes énigmatiques datées d’il y a une semaine :
« J’ai peur… non du résultat, mais de leur annoncer, peur qu’ils ne prennent la proie pour l’ombre et pensent qu’ils avaient tous raison et que ceci expliquera cela. Ce serait trop facile… et surtout tellement faux ! »
Peut-être que tout s’est décidé au Luxembourg ; j’adore ce jardin. Nous l’adorions, devrais-je dire, et c’était le jardin des décades.
Véronique et moi nous sommes rencontrées enfants, dans une cour de récréation, alors que j’étais en train de me faire passer à tabac par un petit morveux. Une rencontre sous le signe du coup de poing, celui qu’elle lui infligea pour voler à mon secours.
À la sortie de classe, elle m’a entraînée dans le jardin, « juste pour une minute ! » alors que je devais bien sagement attendre maman dans l’école. Ça m’a valu une autre volée, plus sonore et à l’unisson de l’inquiétude de ma mère. Une volée mais aussi le bonheur d’assister au printemps du Luxembourg.
Nous avions sept ans et demi. C’est ce qu’on appelle un mythe fondateur, et ce lieu reste pour moi celui des révélations, des métamorphoses, de la révolte. Que je n’ai pas toujours aimé car à cette époque-là ses grilles me semblaient extraordinairement hautes et je m’imaginais n’en sortir que par effraction, profitant de la petitesse de mon enfance. » (Pages 13-14)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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