interview de Mandana Jones, l’interprète de Nikki Wade

Interview liée à la série Bad Girls

Mandana Jones

Interview accordée à LeeAnn Kriegh le 9 Octobre 2006 pour le site Afterellen.com

Durant les trois premières années de la série télévisée britannique Bad Girls, Mandana Jones joue Nikki Wade, une lesbienne placée derrière les barreaux après avoir assassiné un officier de police qui avait attaqué sa petite amie. Dans la série, Jones tombe amoureuse de la directrice de la prison, Helen Stewart (Simone Lahbib) durant une ligne narrative complexe et prolongée qui s’est développée sur plusieurs saisons, et a fait des deux actrices des icônes lesbiennes en dépit du fait qu’elles sont toutes les deux hétérosexuelles.

Le DVD de la première saison de Bad Girls est disponible aux Etats-Unis depuis 2005 et la sortie de la seconde saison est en train d’être planifiée. En outre, le FX Network est actuellement en train de développer une version américaine de la série, dont ont attend qu’elle contienne la plupart des mêmes personnages et des histoires originales, incluant le développement de la relation entre Nikki et Helen.

Jones aujourd’hui mère de 39 ans, discute pour la première fois avec une publication américaine du rôle qui l’a rendu célèbre, de l’alchimie avec sa co-star Lahbib, et de la responsabilité dont elle s’est sentie investie pour la communauté lesbienne.

Bad Girls est l’une des rares séries à comporter une relation lesbienne et à attirer un public large et varié. Pourquoi pensez-vous que la série a réussi là où les autres ont échouées ?

Je suppose, tout d’abord, que c’est parce qu’ils ont traité la relation amoureuse avec le même degré de détails qu’ils l’auraient fait avec une relation hétérosexuelle. En Grande-Bretagne, ici, depuis que c’est une société politiquement correcte, vous devez toujours avoir la famille asiatique et la famille noire et le couple gay. C’est souvent un peu trop marqué. Je pense que Bad Girls a, pour la première fois autant que je me rappelle, dépeint autant de détails et d’observation [pour la relation lesbienne].

Parlez-moi un peu plus du personnage que vous interprétez, Nikki Wade.

Elle était cette sorte de personnage archétypal, dur à l’extérieur mais réellement douce à l’intérieur. Dans le schéma complet de la série, il y a un grand nombre de ces sortes de prisonnières excentriques mais d’une façon ou d’une autre, Nikki était (en dépit du fait qu’elle avait son lot de problèmes et de faiblesses), elle était un genre de pivot central moral. C’était une solitaire. Elle pouvait aller à l’intérieur ou à l’extérieur de la foule mais elle gardait sa propre identité et elle n’avait pas besoin d’appartenir à un groupe.

Cela peut paraître une question étrange mais est-ce que le personnage vous a déjà manqué ?

Est-ce qu’elle me manque ? Elle était, elle est, un personnage fantastique, et oui, elle me manque. Avoir un bref contrat à long terme pour la télévision dans lequel vous obtenez un personnage très bien dessiné, vous ne voulez pas perdre cela. Vous n’obtenez pas de jouer un rôle aussi viscéral que l’était celui de Nikki. Donc oui, elle me manque, elle me manque.

Pour l’arc de votre carrière, avez-vous un quelconque regret à l’idée d’avoir accepté ce rôle ?

Non, non, pas du tout. En fait, il était très éducatif pour moi.

De quelle manière ?

Nous avons fait quelques visites en prison et je n’avais jamais été dans une prison ou autour avant cela. Précédemment, je n’avais jamais été forcée de regarder à droite ou à gauche mais seulement droit devant moi. J’ai trouvé que la prison était tout ce qui ne fonctionnait pas dans notre société et qu’elle nous montre réellement ce qui est erroné dans notre société.

Certaines lignes ou scènes de l’histoire restent-elles en vous ?

Une reste toujours en moi dans la première saison, une scène avec le personnage de Monica. Nikki s’énerve contre Monica qui a tenté de se suicider juste avant d’être libérée, gâchant de cette manière ce pourquoi de nombreuses personnes emprisonnées prient.

Je pense que cela est probablement un bon aperçu des raisons pour lesquelles j’aime le plus le personnage de Nikki, cette force et cette compassion mais également les limites de son humanité, elle pourrait être encore plus gênée et fâchée et compatissante et à l’écoute en même temps. C’était un mélange génial, et j’aime ce genre de choses. Je pense que ce qui fait des situations et des histoires incroyablement mouvantes c’est quand vous voyez le conflit des émotions, et je pense que la vie est simplement cela, vraiment.

Vous avez dit que vous aviez intégré la série à cause de la qualité de l’écriture.

Je pense qu’en matière de communication, 80% est réellement non verbal et que Bad Girls nous a donné l’occasion de jouer une substance qui n’était pas vraiment dans le texte. Très souvent, toute la construction d’un script est instantanée et rapide-rapide-rapide pour garder l’attention des téléspectateurs. Dans Bad Girls, il y a un grand nombre de subtexts qui passent au travers pas juste dans la relation Nikki-Helen mais dans toutes les relations. Vous avez la ligne du coming out, mais les téléspectateurs sont intéressés par cela parce qu’il a des subtexts, il y a tout ce qui n’est pas dit qui parle.

Pouvez-vous nous dire pourquoi l’alchimie entre Simone Lahbib qui joue Helen Stewart, l’amoureuse de Nikki et vous fonctionne si bien ?

C’est une chose très étrange. Je pense que c’était réellement du au fait qu’on arrivait sur le set, aussi bien qu’on le pouvait, et qu’on ignorait l’incrédulité. On était très à l’aise en compagnie l’une de l’autre et nous pouvions aller aussi loin ensemble parce qu’il n’y avait aucun embarras d’un point de vue personnel. Je pense que d’une certaine façon c’était assez libérant et étonnant.

A la première d’un film, vous et Simone vous teniez par la main et vous embrassiez en public. Étiez-vous simplement deux amies en train de s’amuser ou s’agissait-il d’une prise de position politique ?

En toute honnêteté, c’était un peu en fonction de la foule, je dois dire. [Rires] Je me rappelle qu’à un moment on m’a dit de porter un tailleur à la première et je l’ai regardé. Je me suis dit, hé bien pourquoi ? Nous ne sommes pas Nikki et Helen, nous sommes réellement Simone et Mandana qui sortons. J’ai dit “Je ne porterai pas un tailleur ; je porterai une robe, c’est tout. A moins que vous ne me trouviez un magnifique tailleur pour y aller.” [Rires] C’était un peu. quand on vous dit de porter un tailleur, vous savez ce que l’on attend de vous face au public, donc je pense que c’était un peu un début de signe dans cette direction.

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A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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