interview de Mandana Jones, l’interprète de Nikki Wade

Interview liée à la série Bad Girls

Mandana Jones

Interview accordée à LeeAnn Kriegh le 9 Octobre 2006 pour le site Afterellen.com

Il y a toujours un tôlé général autour du fait que Simone et vous repreniez vos rôles dans un film ou un format similaire. Est-ce que cela va se produire ?

Je n’ai jamais été approché pour aucune de ces formes. Je pense qu’il y a beaucoup d’intérêts en jeu. Je pense que ce serait terriblement intéressant. Et je pense que ce qui est également très intéressant c’est que Simone a eu son bébé un mois avant moi. J’ai souvent pensé que le fait que nos enfants soient nés avec moins de quatre semaines d’intervalle est curieux, et nous devons continuer à avoir un arc semblable en terme de vie.

Donc vous n’êtes pas opposée à l’idée de reprendre votre rôle si le script est bon.

Non, je ne le suis pas. Je pense que l’intégrité de l’histoire sera importante pour moi. Je ne serais pas vraiment intéressée par une reprise parce que vous pourriez faire beaucoup de publicité et le vendre, globalement. Après avoir dit ça. [Rires], je devrais peut-être peser un peu plus mes mots étant donné qu’il y a maintenant un bébé au milieu. Je le voudrai si l’on en parlait vraiment. Je le voudrai vraiment s’ils venaient avec quelque chose d’intéressant et un vrai développement et s’ils avaient quelque chose à dire.

Votre fils a maintenant 11 mois. Comment le fait de l’élever vous a-t-il affecté ?

Quand bien même j’adore mon fils, et c’est une grande joie, il est comme une sentence de prison. [Rires] Ça l’est vraiment et personne ne vous le dit. Personne ne vous prépare au fait que votre style de vie va totalement changer et à quel point c’est implacable, et vous pensez juste, hé bien, c’est comme cela que ça va être. Je ne sais pas quand je vais redormir à nouveau. [Rires]

J’ai accouché naturellement à la maison, sans drogue. Je me suis sentie comme si je me perdais dedans. C’est incomparable. Vous pouvez aller en Inde et revenir différent ou vous pouvez aller en Inde et revenir en disant ” N’était-ce pas de belles vacances ?” Vivre ce que vivaient les mères avant, je voulais vraiment le savoir, et ne pas avoir des pointes qui m’effleuraient et vivre une expérience superficielle. Maintenant, j’ai changé d’avis. [Rires] Maintenant, je veux une expérience superficielle et des drogues.

C’est l’heure de la péridural ?

Je suis un peu en retard pour la péridurale mais il y a toujours la vodka. [Rires]

De nombreuses actrices, à la trentaine, luttent pour trouver des rôles de qualité. Craignez-vous de devoir lutter maintenant pour travailler après avoir pris du temps pour votre fils ?

J’ai 39 ans maintenant, et je l’ai déjà éprouvé. Vous allez chercher du travail pour vendre des sachets de thé ou n’importe quoi d’autre, ce n’est pas vraiment intéressant, sincèrement. Je pense que vous savez quand ça arrive, et vous êtes préparé à cela, vraiment. Vous ne le réalisez pas soudainement. Il semble que vous deviez attendre jusqu’à ce que vous soyez assez âgé pour jouer Gertrude dans “Hamlet”.

La maternité a-t-elle changé votre manière de voir votre métier ?

Je sens que je serai heureuse et gai d’obtenir n’importe quoi. Je ne suis pas devenue plus humble. Il y a un incroyable nombre de personnes talentueuses à l’extérieur, et j’étais très chanceuse d’avoir eu le rôle de Nikki Wade parce que c’est rare d’avoir à jouer un personnage qui peut avoir un impact dans le monde entier. Vous n’obtenez réellement pas beaucoup de rôles qui peuvent affecter et changer la vie des gens.

Je suis stupéfaite que quelque chose que j’ai tourné et dit huit ans plus tôt ait un impact sur une personne en Lituanie qui m’envoie une lettre disant “J’ai 57 ans. Votre programme m’a donné la confiance de faire mon coming out. Maintenant je vais aller au-dessus et réveiller ma mère invalide et alitée de 85 ans et lui dire que je suis lesbienne.” Et vous pensez, “Non ! Ne fais pas ça, pour l’amour de Dieu !” [Rires]

Ressentez-vous une responsabilité particulière envers la communauté gay ?

Oui, je le ressens. Mais alors je pense également que j’ai vraiment réussi si on me demande “Quel personnage jouez-vous ?” et que je dis “Nikki Wade” et que je n’ai pas à rajouter “celle qui est gay”. Le fait est, malheureusement, que neuf fois sur dix, je dois préciser qu’il s’agit du personnage lesbien. Peut-être que c’est parce que vous ne pouvez pas changer le regard des générations avec une performance. “Laquelle est-ce ? La lesbienne ?” J’ai toujours senti que c’était une honte. J’ai échoué dans ce cas mais c’est comme ça.

Ça semble le bon moment pour évoquer deux mots qui semblent inévitablement être soulevés lors de chacune de vos interviews à Simone et vous : icônes lesbiennes.

Est-ce qu’on peut recommencer ? International. [Rires]

La pression sur deux femmes hétérosexuelles pour représenter une communauté, ce doit être incroyablement intense ?

Oui, je pense que ça l’était. Définitivement. Dans une certaine mesure, vous êtes juste un imposteur, essayant de jouer aussi juste que possible, mais en n’étant jamais sûre que vous arriverez à sortir le lapin du chapeau. Donc oui, il y a toujours ce sentiment, vous savez, nous sommes deux actrices hétéros et est-ce que nous sommes justes ? Est-ce que les cloches sonnent pour vous ?

Je me suis dit dans un sens “Je dois bien jouer cela et si je ne le fais pas, et bien cela renforcera les préjugés habituels”. J’ai très profondément ressenti cela. Donc, pour moi, j’en suis toujours revenue au fait de jouer une histoire d’amour. Ca n’a simplement pas d’importance. Le genre n’est pas pertinent. Si vous vous souciez du fait que ce soit gay, vous le mettez dans un ghetto.

Je trouve cela offensant, vous ne parlez pas des couples hétérosexuels. Vous ne parlez pas de la famille blanche. Vous ne parlez pas de tout cela. Vous n’employez pas ce préfixe. Alors laissez-nous juste essayer de nous en débarrasser et de le rabaisser. Elle est militante, elle est gay, elle est out. Je ne pourrais pas en arriver à cela. Je pourrais seulement arriver à ma vérité qui est : c’est l’amour, c’est universel.

Traduction Isabelle B. Price

Interview Originale sur le Site Afterellen.com

Mandana Jones

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A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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