Black Swan

De l’émancipation à l’entrée dans la folie

Affiche : Black Swan

Année de Production : 2010

Date de Sortie : 09 Février 2011

Réalisation : Darren Aronofsky

Scénario : Mark Heyman, Andres Heinz, John J. McLaughlin

Avec : Natalie Portman (Nina Sayers), Mila Kunis (Lily), Vincent Cassel (Thomas Leroy), Barbara Hershey (Erica Sayers), Winona Ryder (Beth Macintyre), Benjamin Millepied (David), Ksenia Solo (Veronica), Kristina Anapau (Galina), Janet Montgomery (Madeline)

Nationalité : Américaine

Genre : Drame

Durée : 1h 48min.

Titre Original : Black Swan

Black Swan : Résumé

Nina Sayers est ballerine dans la troupe du New York City Ballet. Elle rêve depuis des années d’obtenir un grand rôle. Quand Thomas Leroy annonce qu’il va diriger le Lac des Cygnes, elle fait tout pour obtenir le rôle.

Choisie par Thomas, Nina doit maintenant travailler sans relâche pour interpréter le rôle du cygne blanc et celui de son jumeau maléfique, le cygne noir. Elle s’investit corps et âme mais Lily, une nouvelle recrue, vient mettre en péril son rêve de gloire et de perfection…

Nina Sayers est ballerine dans la troupe du New York City Ballet. Elle rêve depuis des années d’obtenir un grand rôle. Quand Thomas Leroy annonce qu’il va diriger le Lac des Cygnes, elle fait tout pour obtenir le rôle. Choisie par Thomas, Nina doit maintenant travailler sans relâche pour interpréter le rôle du cygne blanc et celui de son jumeau maléfique, le cygne noir. Elle s’investit corps et âme mais Lily, une nouvelle recrue, vient mettre en péril son rêve de gloire et de perfection…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Intérêt lesbien minime.

Note des lectrices : 4.46 ( 4 votes)
53

Black Swan est un film d’une incroyable puissance qui vous hantera assurément pendant longtemps une fois son visionnage terminé. C’est plus qu’un simple long-métrage, c’est une véritable œuvre d’art, noire, dure et dérangeante à souhait. Mais c’est maîtrisé du début à la fin par un réalisateur au talent immense, Darren Aronofsky. Il possède une maîtrise de ses acteurs, de sa caméra et de son sujet qui lui permettent d’arriver et de prendre le spectateur dans ses filets dès les premières images.

Nina, interprétée par l’éblouissante Natalie Portman qui n’a volé ni son Golden Globe ni son Oscar pour ce rôle complexe, est une danseuse de ballet. Elle travaille dans la même compagnie depuis des années et rêve de percer et d’incarner le rôle principal d’un opéra. Lorsqu’elle apprend que la danseuse étoile de sa troupe ne dansera plus à l’avenir, elle décide de tenter sa chance et de prouver son talent au directeur, Thomas Leroy. Ce dernier connaît son désir de perfection et son obstination acharnée lors des répétitions. Mais il souhaite voir plus et veut que Nina perde le contrôle et s’oublie dans son rôle.

Et Nina va s’oublier dans son rôle au point de remettre en question tout ce qui l’entoure. Elle a 28 ans et vit toujours avec sa mère, une danseuse comme elle qui a abandonné sa carrière pour élever sa fille de nombreuses années auparavant. En étant la meilleure, Nina satisfait donc sa mère, omniprésente dans sa vie qui exerce un réel contrôle sur la jeune femme.

Et on découvre l’envers du décor d’un métier terrible, dur, où la compétition est le maître mot. Chacune cherche à se dépasser et à dépasser les autres et le climat que l’on ressent est tendu et lourd. Il est également impressionnant de voir le rapport de Nina à la nourriture. En quelques images et des plans où elle vomit, on comprend tout le contrôle qu’elle exerce sur son corps et la maîtrise de ce qu’elle mange qui vire au pathologique.

Parce que du pathologique il y en a dans ce film. Les médecins et les psychologues vous diraient que c’est l’histoire d’une personne qui décompense une psychose. Il paraît qu’il y a tous les signes. Le délire, la persécution qui entraînent le repli sur soi, les hallucinations qui deviennent de plus en plus fortes… Mais ce qui est marquant c’est au-delà de ça, la manière dont l’histoire nous est montrée. Les effets spéciaux sont intégrés de telle façon que vous vivez l’histoire comme Nina, vous ne distinguez donc pas la différence entre la réalité et le délire avant d’y être confronté de plein fouet. Et il y a des scènes marquantes notamment avec les ongles et la peau.

J’ai trouvé très intéressante, également, la quête d’indépendance de Nina. On se dit qu’à 28 ans, ce n’est pas trop tôt, mais en même temps quand on voit ce dont est capable sa mère, maltraitante, on comprend qu’elle ait joué les petites filles parfaites pour ne pas être confrontée à cette violence.

Un dernier petit mot sur l’histoire lesbienne. Il n’y a pas d’histoire lesbienne à proprement parler, soyons honnête. Il y a une scène qui passe de l’euphorie à l’envie au désir et qui a pour conséquence un cunnilingus comme le cinéma en a très peu montré dans les films grand public et les grosses productions de ce genre. C’est limpide, rapide et très bien joué. C’est une femme qui fait plaisir à une autre femme et ça s’arrête comme ça a commencé, sans autre conséquence.

Black Swan est à mon avis un long-métrage extrêmement réussi, maîtrisé du début à la fin, consacrant un réalisateur et une actrice pour leur travail. Si vous avez le cœur bien accroché, n’hésitez pas et foncez, vous en ressortirez différente.

Black Swan : Critiques Presse et Récompenses

 « Ne pensez pas que ce film est casse-noisettes si vous exécrez le ballet. Vous vous en mordriez les doigts d’avoir raté ce film inclassable, brillant et noir (…) Black Swan est vraiment le sacre de Darren Aronofsky.  » Eric Coubard (Brazil)

« Ce n’est donc pas par plaisir sadique ou goût de la manipulation qu’Aronofsky filme cette descente aux enfers. Il a une vraie obsession, qui lui tient à coeur, et qui le pousse à filmer : la quête de la perfection. » Stéphane Delorme (Les Cahiers du Cinéma)

« Aronofsky filme les douleurs du corps que les danseuses du New York City Ballet s’infligent et surpassent, mais aussi le point de bascule vers la schizophrénie (…) dans ce thriller psychologique bien plus noir que blanc. » Florence Ben Sadoun (Elle)

« Au-delà des influences, Black Swan s’impose comme un électrochoc sensoriel et opératique. » Romain Le Vern (Excessif)

« Le cinéaste est allé jusqu’au bout de ses fantasmes, de ses hallucinations. Au mépris de la bienséance et de la vraisemblance, il les agence sur un rythme exaltant et épuisant, pour la plus grande gloire de Natalie Portman (…) » Thomas Sotinel (Le Monde)

« S’il joue sans cesse sur l’opposition entre le blanc et le noir, le bien et le mal, Black Swan est surtout un film rouge sang qui séduit par son outrance. » Marie Sauvion (Le Parisien)

« Black Swan ouvre la plus belle danse cinématographique de ce début d’année 2011. » Nathalie Dassa (L’Ecran Fantastique)

« La fascination qu’exerce le film sur son spectateur et sa réussite résident dans ce paradoxe : l’adresse de saltimbanque d’Aronofsky à jongler avec de lourds symboles, avec des personnages archétypiques fortement connotés comme s’ils étaient légers comme une plume (…). » Jean-Baptiste Morain (Les Inrockuptibles)

« Musique bien sûr, intrigue, décors, mise en scène, direction d’acteurs, tout est somptueux. Au croisement des Chaussons rouges, de Powell et Pressburger, de Répulsion, de Roman Polanski, et de Faux-Semblants, de David Cronenberg, Black Swan est de ces rares films dont on est sûr qu’on ne les oubliera jamais. » Jean Roy (L’Humanité)

« (…) le film de Darren Aronofsky s’impose d’emblée comme l’une des réussites majeures de cette nouvelle année. » Jean-Baptiste Herment (Mad Movies)

« Déjouant tous les clichés du genre, Aronofsky signe de loin son meilleur film, transcendé par une Natalie Portman époustouflante. » Jérôme Vermelin (Metro)

« Chaque scène est un morceau de bravoure où le fantastique, le cinéma indépendant et l’exercice de style forniquent jusqu’au vertige final (…). » Julien Welter (Première)

« Cette réflexion sur les sacrifices imposés par la création est éclairée par la présence de la Comédienne à l’apogée de son talent. » Caroline Vié (20 Minutes)

« Lyrique, parfois brutal, Darren Aronofsky a le sens du mouvement, du contact des corps, du fantastique. Inspiré par son héroïne qu’il pousse jusqu’au bout de sa folie et de ses délires érotiques, il signe une mise en scène vertigineuse. » Jean-Luc Wachthausen (Le Figaroscope)

« (…) un thriller angoissant et à l’esthétisme ultra-maîtrisé. » Barbara Théate (Le Journal du Dimanche)

« S’il continue de ne plus chuter, Darren Aronofsky commencera véritablement à s’imposer comme le rejeton naturel de Brian De Palma. Dans ce cas, ce troublant et performant Black Swan est un peu son Carrie au bal du diable. » Philippe Azoury (Libération)

« [Aronofsky] se régale et nous épate d’une mise en scène délibérément ampoulée dans sa virtuosité. Il s’imprègne de la musique (…) de Tchaïkovski pour installer un univers baroque et fantastique (…) un bel exercice de cinéma qui donne le goût du spectacle à l’écran. » La rédaction (Ouest France)

Black Swan : Extraits

THOMAS LEROY : Bonjour. On connait tous l’histoire de l’innocente, pure et douce jeune fille métamorphosée en Cygne. Elle attend d’être délivrée. Seul le véritable amour brisera le sortilège.L’amour apparaît sous les traits d’un prince. Mais, alors qu’il allait déclarer sa flamme… il se laisse envoûter par les artifices séducteurs de son double : le Cygne Noir. Désespéré, le Cygne Blanc se jette dans les eaux du lac et meurt. Elle est enfin… libérée. Nous allons ouvrir la saison avec le Lac des Cygnes. Rien de bien original, en apparence mais attendez de voir. On va le dépoussiérer. Je veux de l’intensité, de l’instinct. Qui dit nouveau spectacle dit nouvelle Reine des Cygnes. Un nouveau visage. Mais qui sera capable d’interpréter le Cygne aux deux visages ? Le Blanc et le Noir. Pour les danseuses étoile sélectionnées, répétitions cet après-midi. Pour les autres, on se retrouve dans la salle de danse à 17h.

LA MÈRE : Comment ça s’est passé ? Tu ne rentrais pas, j’ai appelé Susie. Une audition !
C’était pas prévu. Alors ?
NINA : C’était pas mal.
LA MÈRE : Pas mal ? Mon ange, raconte-moi ce qui s’est passé.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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