Interview de Jessica Szohr, l’interprète de Gretchen Polk

Interview liée à la série Complications

Jessica Szohr - complications

Interview accordée à Jenna Lykes le 13 août 2015 pour le site Afterellen.com

Si vous avez regardé la série Complications sur la chaîne USA cet été, vous savez déjà à quel point l’infirmière Gretchen Polk déchire. Pour ceux qui ne l’auraient pas regardée, Gretchen est la complice super cool et rentre-dedans du docteur-justicier John Ellison. Ces deux-là se retrouvent impliqués dans pas mal de magouilles en très peu de temps, et Jessica Szohr, qui interprète Gretchen, l’infirmière insolente avec le cœur sur la main, s’est révélée exceptionnelle dans cette série estivale.

Nous avons discuté de Complications avec Jessica avant l’épisode final de ce soir.

Vous savez, lorsque j’ai commencé à regarder Complications, j’ai d’abord supposé que ce serait une série médicale classique, mais je dois dire que j’ai été agréablement surprise. C’est beaucoup plus que ça. Qu’est-ce qui, à la base, vous a attiré dans cette série, qu’y avez-vous aimé ?

Lorsque j’ai lu le pilote pour la première fois, j’ai eu votre réaction. « Ok, c’est juste une série médicale ? Si j’ai le rôle, est-ce quelque chose que j’ai envie de faire pendant six ans ? ». Jouer une infirmière, être dans un hôpital, vous savez, tout ça. Mais à force de lire, je voyais une profondeur en Gretchen et dans sa relation avec John. J’ai toujours été une grande fan de l’écriture de Matt Nix [ndlt : le créateur, réalisateur et scénariste de Complications], et je lui en ai parlé pour avoir sa vision des choses. Puis, j’ai réalisé que, non, ce n’était pas une série classique. C’est un docteur et une infirmière qui se retrouvent coincés dans une guerre de gangs et le privé se retrouve mêlé aux problèmes à l’hôpital. Gretchen est vraiment très différente de ce que j’ai eu l’occasion d’interpréter jusqu’ici. Ce fut stimulant et j’ai compris que c’était loin d’être une simple série médicale. Donc je me suis dit « Ok, ça peut carrément déchirer ».

Et je crois que ça a été valable pour tous les acteurs. J’ai l’impression que lorsqu’on lisait le pilote on ne savait pas vraiment où allaient les intrigues, qui allait rencontrer qui, de qui vous alliez tomber amoureux, ou qui allait survivre ou mourir. On a découvert nos personnages au fur et à mesure. Vous savez, il y avait des choses dans l’épisode cinq que j’ignorais complètement sur Gretchen. Enfin, évidemment, pour que je puisse jouer quelque chose, je lui ai créé un passé. J’ignorais des choses sur Gretchen deux mois avant de tourner, ce qui est à la fois amusant, effrayant et palpitant. J’ai été agréablement surprise par le scénario, par toutes les surprises et les tournants qu’il comporte et à quel point Gretchen déchire.

Il a été révélé que Gretchen était lesbienne dans l’épisode trois il me semble. Quand avez-vous su qu’elle serait homo ? Quelle a été votre réaction ?

Je l’ai découvert en commençant à tourner. Et je me souviens d’une amie qui regardait la série, qui m’a appelée pour me dire « Oh mon Dieu, tu ne me l’avais pas dit ! Tu le savais ? Ils n’étaient pas censés te le dire ? » Mais j’étais genre « Pourquoi ? ». Il s’agit juste des personnes qu’elle aime. Je ne savais du tout à quoi ressemblerait la vie romantique de Gretchen. Quand j’ai lu le scénario du premier épisode, j’ai un peu eu l’impression, au début, que sa petite-amie était sa coloc’. Vous voyez, elle rentre à la maison, attrape une bière et puis elles se prennent dans les bras. Et puis après, je l’ai simplement considérée comme la personne qu’elle aime. Peu importe que ce soit une femme ou un homme, on s’en fiche.

Mais, oui, je l’ai découvert en lisant le scénario du troisième épisode et j’en étais contente ! Ça a été sympa à interpréter. Je n’avais jamais joué de lesbienne auparavant ou de personnage amoureux de femmes, donc j’en ai vraiment profité. Et sa relation avec Liz est super spéciale et très différente de toutes les autres relations qu’elle a dans la série. C’est génial à jouer pour moi, je m’amuse vraiment. Parce que comme vous le voyez au fur et à mesure de la série, Gretchen a aussi un lourd passé, entre sa relation avec sa sœur, le fait d’avoir été placée plusieurs fois en famille d’accueil et tout ça. Et puis, on voit que cette relation solide a pris possession du cœur de Gretchen.

Avez-vous ressenti une quelconque pression lorsque vous avez découvert que vous représenteriez un personnage homosexuel ?

Je ne l’ai pas vraiment approchée différemment en le découvrant. Je l’ai réellement interprétée de la même façon qu’avant. Vous savez, je n’en parle vraiment, et l’on me pose des questions à ce sujet, que lors d’interviews. Pour de vrai, je me suis juste dit que voilà c’est sa petite-amie et c’est tout. Je n’ai pas essayé de rendre Gretchen différente, d’agir d’une certaine façon, de l’interpréter comme ci ou comme ça. J’ai juste continué à jouer celle que j’interprétais.

Cool. Je voulais juste vous dire, en tant que lesbienne j’ai vraiment aimé votre réplique « C’est ma coloc’. Avec qui je couche ». Vous ne vous imaginez même pas le nombre de fois où j’ai voulu dire quelque chose du genre aux gens. Alors, merci.

[Rires] Ah ouai ! Eh bien, c’est super marrant parce que Gretchen et John sont complices, ils se respectent mutuellement et ont besoin l’un de l’autre pour sauver des gens et s’entraider, mais pourtant ils abordent les situations très différemment. Gretchen est vraiment dans l’instant présent. Elle veut que les choses soient faites de suite sans toujours y réfléchir totalement. Et John est très « il nous faut un plan », très structuré. Donc, parfois lors de ces moments un peu houleux, je crois que… elle était probablement énervée ! Il savait que c’était ma petite-amie. Il ne m’avait jamais vu me comporter si gentiment avec quelqu’un. Je suis chez moi, je l’enlace. On sort et il me dit « C’est ta… coloc’ ? ». Pour moi, toute cette dynamique et cette réplique étaient drôles parce qu’elle voulait sans doute le gifler à ce moment-là et lui dire « Tu sais que c’est ma petite-amie. Arrête tes conneries ». Ce sont aussi des petites choses comme ça qui me font aimer leur relation.

En parlant de relations, une autre que j’ai vraiment aimée, est celle de Gretchen et de sa sœur. Il y avait une super alchimie entre vous et Tiffany Boone depuis le début. Avez-vous été impliquée d’une façon ou d’une autre dans le choix du casting ?

Je l’ai rencontrée avant qu’elle ne tourne la première scène, la scène où vous la rencontrez, dans la cuisine, quand elle est derrière le frigo. Donc, non, je ne l’avais pas rencontrée avant. C’est une très bonne actrice et nous avons juste tout de suite accroché. Je crois que l’on a aussi toutes les deux beaucoup travaillé sur leur passé commun et que nous savions très bien d’où nous venions, par rapport à ces familles d’accueil. Nous avons travaillé sur ce passé, chacune de notre côté, et ça nous a vraiment aidé à enclencher les choses directement par la suite.

Qu’est-ce que vous préférez chez Gretchen ? Avez-vous des points communs avec elle ?

Ce que j’aime vraiment chez Gretchen c’est qu’elle cherche à obtenir ce qu’elle veut et fait en sorte que les choses de fassent. Ça j’aime vraiment beaucoup. Je crois que je lui ressemble un peu dans la vie : je suis vraiment mes envies. Mais elle prend de bien plus gros risques, des risques que je ne prendrais jamais. Elle fait certaines choses… elle pourrait finir en prison, ou mourir à tout moment. Je trouve ça incroyablement courageux de sa part. Et je crois aussi que c’est pour ça qu’elle est folle. [rires] Elle est clairement tout le temps sur la défensive et elle ne se laisse pas emmerder. J’apprécie aussi beaucoup ça. Vous savez, j’espère qu’au fur et à mesure des saisons, si la série continue, ses remparts tomberont un peu pour qu’elle ne soit pas toujours si dure avec tout le monde. Et j’aime quand on voit son côté doux. Mais bon, ce n’est pas qui elle est. C’est ce caractère dur, genre je me contrefiche des conséquences, je fais ce que je veux, qui fait ce qu’elle est.

Vous avez joué Vanessa dans Gossip Girl pendant cinq ans. Comment s’est passée cette transition, le fait de sortir de ce rôle après si longtemps ? Étiez-vous impatiente de rejouer un personnage pour la télé ? Préférez-vous la télé ou cinéma ?

J’ai vraiment aimé jouer Vanessa. Enfin, parfois, elle me tapait sur le système. Je crois que c’est parce qu’elle était [rires] écrite comme cette meuf artistique, bohème et indépendante de Brooklyn qui ne pouvait pas voir l’Upper East Side de Manhattan, mais qui pourtant se retrouvait toujours là-bas. Elle a été la seule à coucher avec tous les mecs de l’Upper East Side. Non mais genre, c’est quoi son but ? Donner lui une vraie histoire. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à la jouer, et elle avait certaines caractéristiques de Gretchen. Elle se fichait de ce que les gens pensaient d’elle, mais comme elle était beaucoup plus jeune, elle ne savait pas toujours où était sa place. Du coup, elle s’en fichait, mais pas tant que ça. Ce fut merveilleux. Je me suis fait d’excellents amis et ce fut une super expérience de travailler dans l’une des meilleures villes du monde. C’était une série sur la mode, la culture populaire, c’était une super série et on avait des fans géniaux. Donc je n’ai rien à regretter. Ce fut un super moment de ma vie. Mais je crois que lorsqu’on a terminé la série, j’étais prête à passer à autre chose.

Et ça m’a pris une minute. J’ai reçu beaucoup d’offres, beaucoup de propositions de rôles pour des filles bohémiennes artistiques. J’ai pris une minute pour lire les scenarii, noter leurs noms, passer des auditions et pour savoir ce [que je voulais faire]. Du cinéma ? De la télé ? Au final, pour moi, en tant qu’actrice et artiste, l’important est de travailler avec de bons acteurs, de bons réalisateurs et de raconter de belles histoires. Que cela se passe à la télé, au cinéma ou au théâtre, n’a pas d’importance à mes yeux. Je veux juste raconter une bonne histoire et que les gens retiennent quelque chose de mon travail. Et de Gossip Girl à aujourd’hui, je trouve que la télé a vraiment changé. Je veux dire, a) il y a beaucoup plus de chaînes, b) il y a d’excellents scenarii à la télé maintenant. Et puis, il y a tellement de gens qui se sont tournés vers la télé et qui veulent y participer. Je veux dire, à l’époque où nous tournions Gossip Girl, Martin Scorsese ne réalisait pas de pilotes. Vous voyez ce que je veux dire ? Dustin Hoffman et Kevin Spacey ne faisaient pas de télé. J’ai donc l’impression que l’écriture des séries et beaucoup d’autres choses ont changé à la télévision, ce qui est génial et impressionnant. Mais oui, moi, j’aime juste travailler avec des gens bien, apprendre encore et toujours et raconter une histoire pour que les gens puissent en retirer quelque chose.

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A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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