Interview accordée à Heather Hogan le 23 septembre 2014 pour le site Afterellen.com
Vous et vos jeux de mots ! Je crois que les fans seront ravis de voir qu’il y a autant de jeux de mots dans votre livre que dans vos vidéos. Il y a même une double page de jeux de mots coquins sur le maïs.
[Rires] Ces jeux de mots sur le maïs ont été ajoutés à la dernière minute. J’ai fait les illustrations du livre avec une de mes amies, Robin Roemer ; je l’ai épuisée. Nous avons réalisé toutes les recettes et toutes les photos nous-mêmes. Nous faisions ça dans sa cuisine ou la mienne. Je cuisinais, elle photographiait et je préparais le plat suivant, et puis on commençait à paniquer : il nous manquait un bol ! Il fallait faire la vaisselle !
Le visuel joue tellement. Vous avez fait du super boulot. Mais parlons d’autre chose maintenant : vous êtes devenue une icône lesbienne ! Lors de notre première interview, juste après le lancement de votre chaîne Youtube, vous m’aviez dit qu’être out gênerait peut-être votre carrière, mais que vous vous en fichiez. Et aujourd’hui vous êtes l’une des lesbiennes les plus connues d’Internet, et une icône de mode par-dessus le marché !
C’est dingue de vous entendre dire ça ! Je crois que mon style se situe quelque part entre celui de Seth Rogen et celui de Kanye West, mais version lesbienne.
Avez-vous déjà été rejetée à cause de votre homosexualité ? Vous êtes out sans concession. Est-ce que les gens vous mènent la vie dure à cause de ça ?
J’ai vraiment eu de la chance que les gens reçoivent aussi bien mes projets. À chaque fois il y a bien un imbécile ou deux, mais, de manière générale, tout a été super. Ceci dit, je traverse quand même les mêmes épreuves que toutes les lesbiennes traversent. Les problèmes liés au fait d’être homosexuelle dans un monde hétérosexuel ne changent pas, peu importe que vous écriviez un livre ou créiez une chaîne Youtube. Quand je suis en voiture avec une petite-amie dans la Californie rurale, je lui dis « euh, peut-être qu’on ne devrait pas se tenir la main en sortant de la voiture ». En revanche, comme le monde du spectacle est dirigé par les gays, tout va bien.
Oui, mais vous étiez out avant que les coming-out à Hollywood soient totalement acceptés. Au tout début de votre carrière, vous étiez out alors que la DOMA [ndlt : Defense of Marriage Act, c’est-à-dire la Loi de Défense du Mariage, qui ne reconnaissait pas le mariage homosexuel] n’avait pas été en partie invalidée et que le « Don’t Ask, Don’t Tell » était encore d’actualité.
J’aimerais pouvoir mettre en bouteille tout l’amour et l’acceptation que je reçois et les donner à ceux qui ne sont pas out ou qui ne le peuvent pas pour raison de sécurité ou d’acceptation religieuse. Lorsque j’ai commencé à travailler, je me suis dit « je suppose qu’il faudra que je fasse mon coming-out… un jour ? », et puis finalement j’ai réfléchi « et puis non ! Tu sais quoi, je vais faire mon coming-out sans en faire un problème. Du genre, voilà la vérité, d’accord ? D’accord ! » Et ça a été !
J’aime vraiment beaucoup la partie « coming-out » de votre livre. Vous expliquez que c’est quelque chose que l’on fait tout au long de sa vie. Le plus dur est de faire son coming-out à soi-même, mais une fois que cela est fait, tout le reste devient plus facile.
J’aime bien l’étape n° 4 : faire son coming-out à chacun, à chaque fois, à chaque discussion. Vous ferez votre coming-out éternellement. L’intensité des coming-out diminue simplement avec le temps parce que le plus dur a été fait.
J’aime bien l’étape n° 5 : faire son coming-out à Dieu. Ce n’est pas un drame, il le savait depuis le début.
Je devais le mettre. Vous et moi venons toutes deux de familles chrétiennes conservatives, donc vous comprenez à quel point il est important de dire aux gens que vous et Dieu êtes en bons termes.
Avez-vous des retours de personnes religieuses conservatrices qui ont changé d’avis du fait que vous soyez lesbienne ?
Mes retours préférés sont ceux de chrétiens qui étaient dans le placard, qui avaient peur de faire leur coming-out, mais qui, une fois fait, ont trouvé des communautés aimantes et acceptantes au sein même de leur église. Je leur explique comment j’ai réussi à concilier ma foi avec le monde moderne et ils me disent comment eux ont fait. Je ne pourrais en aucun cas faire ce que je fais sans ces gens qui partagent leurs histoires avec moi.
Vous savez, Heather, je vous connaissais déjà lorsque j’étais dans mon placard. Ce sont des sites comme AfterEllen, qui sont de tels ambassadeurs de la communauté homosexuelle, qui m’ont aidée et m’ont inspirée. J’adore les communautés que l’on crée sur Internet, on peut y partager nos histoires, nos sentiments.
Ouep, c’est bien ce partage de sentiments que j’imaginais. Une dernière question : beaucoup de personnes qui adorent votre chaîne Youtube, ne cuisinent pourtant pas. Quelle est, selon vous, LA recette de ce livre que tout le monde devrait essayer au moins une fois ?
Le gâteau-pizza ! C’est un super plat pour les débutants !
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