Interview de Maria Beatty

Maria Beatty

Interview accordée à Delphine Aunis le 19 Septembre 2007 pour le site Têtu.com

Maria Beatty, la fétichiste du skateboard

Lesbienne, engagée, réalisatrice de films porno 100% filles, Maria Beatty sort cet automne deux nouvelles réalisations sur son label indépendant Bleu Productions. Au menu: éjaculations féminines et scènes de cul entre skateuses fétichistes de leur planche à roulettes, absolument torrides.

Dans Skateboard kink freak, vous mettez en scène les jeux SM de deux adeptes du skateboard. Pourquoi ce choix?

J’aime jouer avec les clichés, détourner les codes classiques du film porno et les idées reçues sur le SM. Dès que mon travail devient trop «chic», ça m’ennuie et j’essaie d’autres voies. Selon moi, le skate est un objet très sexe, à fort pouvoir érotisant. Alors, j’ai joué sur ça, en détournant la planche à roulettes de son usage courant, avec la complicité des deux actrices, deux rideuses très connues à L.A. (où le film a été tourné). Michelle Aston, la dominatrice, a une approche très animale de la sexualité. Elle vénère sa planche et pratique le «skateboard SM sex». En gros, elle ligote sa partenaire consentante sur sa planche, transformée pour l’occasion en sex-toy à roulettes. Ingénieux!

Dans Sex mannequin, le second film qui sort en septembre, vous montrez une éjaculation féminine. Quel message voulez-vous faire passer aux femmes?

 L’éjaculation féminine n’est pas un mythe! En filmant ce moment intense en très gros plan, j’espère inciter les femmes à cette pratique. C’est terriblement sexy, visuellement très beau et pour les femmes une façon très efficace d’affirmer leur pouvoir sexuel. En tant qu’artiste, c’est ma façon de militer pour la liberté sexuelle et le droit d’utiliser son corps comme on veut. C’est un acte politique!

Lors du tournage, quelle relation se noue entre vous et les actrices?

J’essaie de réduire les paroles au minimum pour cristalliser la tension sur la relation qui se noue entre mes deux actrices. Je suis absolument fascinée par le pouvoir hypnotique des corps. Dans Sex mannequin, les deux actrices dégagent une complicité époustouflante. Leur peau reflète la lumière, il y a une vraie énergie. J’essaie toujours de saisir cette alchimie particulière entre deux femmes.

Vous avez vécu pendant un certain temps comme esclave soumise dans un donjon new-yorkais. Vos films sont-ils autobiographiques?

C’est clair, j’ai toujours été fascinée par l’érotisme et l’univers SM. La plupart de mes films reflète cette vie dans les «donjons», ces maisons de fantasmes et de jeux de rôles sexuels, où j’ai travaillé pendant plus de douze ans. Aujourd’hui, je vis à Paris. Mais je retourne souvent à New-York, c’est très inspirant. Là-bas, il y a une frénésie et une liberté sexuelle incroyable…

Quels sont vos projets pour les mois à venir? D’autres films en perspective?

J’ai plein de projets en cours: la production d’un film érotique pour la télévision française et le tournage d’une série de quatre moyens métrages queer/BDSM/Fétish en novembre prochain dans le désert de Las Vegas. Sortie prévue au printemps 2008.

Interview Originale sur Têtu

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

Répondre