Kittens in a Cage : Interview d’Erin Anderson, l’interprète de Vickie

Interview accordée à Trish Bendix le 10 mars 2015 pour le site Afterellen.com

Si vous avez déjà regardé Kittens in a Cage (la série télé inspirée de la pièce de théâtre de Kelleen Conway Blanchard) vous êtes sans nul doute devenu fan du couple formé par Junie et Vickie. Ces codétenues devenues amantes forment maintenant un joli petit duo blond butch/fem des années cinquante. De plus, Erin Anderson interprète Vickie avec pile la bonne dose de swag.

Nous avons discuté avec Erin de cette série super queer qui, en plus, nous présente des personnages principaux féminins. Elle nous a dit aimer embrasser Rebecca Mozo [l’interprète de Junie], son amie dans la vraie vie.

Était-ce sympa de tourner cette série ?

Oh oui ! Et comme je n’ai pas peur des jeux de mots, je dirais même que c’était une tuerie ! Je n’ai pas honte du tout de mes jeux de mots et je continuerai à en faire. Nous avons passé des moments merveilleux et je savais que ça collerait entre Mozo et moi parce que nous étions déjà amies avant Kittens in a Cage, nous avions travaillé ensemble au théâtre et nous nous étions très bien entendues à l‘époque. Quand je me suis engagée dans cette série et que j’ai vu que tout se goupillait bien je me suis dit « Attends deux secondes, suis-je au Paradis ? » Ma famille ressemble beaucoup à cette équipe, c’était un monde que je comprenais déjà. J’ai grandi avec de vieux films, avec Stanwyck, Bette Davis et Fast-Talking Dames. J’ai gardé ça en tête toute ma vie, et là on me donnait l’occasion de jouer comme Barbara Stanwyck et Jimmy Cagney avec les personnes les plus drôles que j’ai jamais rencontrées ? C’est fou, je suis trop chanceuse !

Je sais que vous êtes arrivée dans la série un peu tardivement. Combien de temps avez-vous eu pour vous préparer et apprendre votre rôle ?

Comme nous avions déjà travaillé ensemble, que nous nous étions bien entendues et que nous avions eu une bonne alchimie en tant qu’actrices, Mozo a parlé de moi à Jill. J’ai donc rencontré Jill et les autres membres de l’équipe, nous avons tous bien accroché et nous nous sommes mis au travail. Jill me disait « Ok, tu veux nous rejoindre et jouer avec nous ? Alors embarque avec nous à bord de ce super bateau pirate. » Je lui ai dit que j’étais carrément prête à embarquer, et je crois que mon premier jour de plateau a eu lieu deux-trois semaines après cela. C’était rapide mais j’avais l’impression d’intégrer quelque chose, tout comme j’avais eu l’impression d’être en famille dès le début parce qu’on s’était tous très bien entendus. En plus, on était là pour jouer donc tout fut vraiment facile. Je crois que c’est toujours bon signe lorsque vous faites quelque chose et que tout coule de source.

Comment est-ce de tourner des scènes d’amour avec quelqu’un que vous connaissez déjà ? Est-ce plus facile ou plus gênant ?

Non, non, j’ai trouvé ça génial : on se connaissait très bien, on s’entendait bien et on était très en confiance, par rapport à notre amitié je veux dire. On s’est dit « Ok, ma puce, on y va ! » C’était facile à faire. C’était très marrant. Nous avons beaucoup ri.

Le plateau était composé de beaucoup femmes. Était-ce pareil avec l’équipe ?

Oui, en effet. Jilly [la directrice Jillian Armenante] nous a dit que Mozo et moi étions comme de jeunes chiots ! Très joueuses ! C’est l’impression qu’on a eue avec tout le monde. Il y avait toutes ces femmes et on se sentait juste… Ce n’est pas tous les jours que l’on a ce sentiment de camaraderie sur un plateau. J’ai eu l’impression de vivre la meilleure et plus longue soirée pyjama de ma vie : on était en soirée pyjama toute la journée et on la poursuivait également souvent la nuit. Puis, on a commencé à traîner ensemble et maintenant on est une bonne petite troupe. Ce sont des femmes que je vois tout le temps et que j’ai envie de voir. Si nous pouvions avoir la chance de refaire ça toutes ensemble, ce serait super. C’est vrai, le plateau était très chargé en œstrogènes. Il y avait bien quelques mecs par-ci par-là mais on était dans notre soirée pyjama et c’était génial.

Mis à part cette énergie à la Barbara Stanwyck, qu’est-ce qui, chez Vickie, vous a donné envie de jouer ce personnage ?

Dans ce genre d’environnement, tout le monde doit porter une sorte de masque, il le faut pour pouvoir survivre à cette situation plutôt désagréable. Vickie est très sûre d’elle. Elle ne cherche pas les ennuis mais il ne vaut mieux pas pour vous que vous la cherchiez trop parce qu’elle se défendra, protègera son territoire et c’est une dure à cuire. Ce que je trouve vraiment fort c’est que derrière tous ces masques se cache une certaine vulnérabilité. D’une certaine façon les gens ont souffert et ce masque leur sert de protection pour essayer de dissimuler leur douleur. Donc cette énergie-là, ces dialogues et cette façon d’agir de Vickie, tout cela cache sans aucun doute quelque chose. La série est ancrée dans la réalité et c’est vraiment important pour nous tous qu’elle le soit. C’est aussi ça la clé du succès. J’ai été attirée par la complexité d’un personnage comme celui-là. Lorsque vous êtes si seule, dès que vous rencontrez quelqu’un avec qui vous avez une sorte de connexion, tout votre monde peut rapidement s’écrouler : vous rencontrez une personne sympathique dans un endroit qui ne l’est pas. C’est pour cela que c’est intéressant. Comment gérer cela ? Que faire quand quelqu’un se rapproche indéniablement de vous ? Tout cela, de son espèce de petit cœur tout mou, à sa façon de se présenter aux gens en général et aux gens avec qui elle est enfermée en particulier, tout cela était fascinant pour moi.

Était-ce la première fois que vous jouiez une lesbienne ?

J’en avais jouées auparavant dans des films indépendants et dans quelques projets. Mais vous savez, ici, on sentait que c’était ouvert à tout le monde, que tout le monde pouvait s’y retrouver. On peut tous, d’une façon ou d’une autre, s’identifier au personnage. C’est juste super, c’est une histoire qui a du sens, une vraie histoire d’amour. Ce sont deux personnes qui essaient de se connecter, tout comme dans n’importe quelle autre histoire d’amour. Toute cette expérience me tient vraiment à cœur et je ronge mon frein en attendant de pouvoir recommencer.

Avez-vous eu de bons retours de la part de vos fans sur Twitter ?

Je suis toute nouvelle sur Twitter. J’étais sur les réseaux sociaux depuis longtemps mais pas sur Twitter, et Mozo me disait « Meuf, il faut que tu te mettes à Twitter ! » Si Mozo le dit ! Maintenant je reçois des messages de personnes que je ne connais pas. Ils sont vraiment contents, ils trouvent ça marrant, touchant ou alors ils s’identifient au couple Junie/Vickie. J’ai aussi reçu quelques tweets personnels. Ça en dit long, parce qu’en fin de compte, je crois que l’on tient aux personnes impliquées dans l’histoire, sinon où serait l’intérêt ? Représenter une relation à laquelle les gens peuvent s’intéresser, c’est ça qui nous lie avec le public et c’est pour ça que je l’ai fait. Mission accomplie, vous voyez ? Les acteurs font ce travail pour se lier avec les gens et les gens réagissent par rapport aux histoires racontées, du genre « Ah, mais alors je ne suis pas la seule dans cette situation. » Les gens s’identifient à certaines choses, c’est chouette ! Je commence donc tout juste à tremper les orteils dans le bain Twitter ; un nouveau monde s’ouvre à moi.

Interview Originale sur le site Afterellen.com

A propos de Lou Morin

Traductrice Anglais/Français

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