Le nouvel ordre sexuel de Serge Hefez

Le nouvel ordre sexuel serge hefez

Titre Français : Le Nouvel Ordre sexuel

Titre Original : Le Nouvel Ordre sexuel

Auteur : Serge Hefez

Date de Sortie : 2012

Nationalité : Française

Genre : Essai

Nombre de Pages : 200 Pages pages

Éditeur : Kero

ISBN : 978-2366580037

Le Nouvel Ordre sexuel : Quatrième de Couverture

Qu’est-ce que le masculin ? Le féminin ? Que signifie être un homme, être une femme aujourd’hui ? Un essai incisif du psychiatre Serge Hefez.

Dans ce monde où tout change si vite, l’éternelle opposition entre hommes et femmes fait de la résistance. Pourquoi la question des relations homme/femme suscite-t-elle toujours autant de débats passionnés, aussi bien en privé – dans les familles, dès qu’on aborde l’éducation des enfants, la répartition des tâches ménagères ? qu’au travail ou sur la scène publique – à l’Assemblée ou dans les médias quand il est fait débat sur la place des femmes aux postes de décision, l’égalité des salaires, la parité ? Pourquoi leur évolution, qui semble pourtant inévitable, provoque-t-elle tant de remous y compris dans les rangs des plus progressistes ? Comment expliquer que l’on puisse être à la fois pour le mariage homosexuel et hostile s’il concerne l’un de nos enfants ? Pourquoi toutes ces questions rendent-elles les politiques si perplexes, et les psys, nouveaux censeurs, si hystériques ? Et pourquoi nous font-elles si peur ? Que nous dit notre inconscient lorsque l’on aborde ces questions d’identité sexuelle, d’égalité des sexes, de parité ? Parler du genre, c’est parler de soi. Un livre-miroir qui nous révèle une partie de nous-mêmes : et si nous étions à la fois queer et réac ?

Le Nouvel Ordre sexuel : Avis Personnel

J’ai abordé ce livre avec une légère appréhension : certes, j’étais déjà conquise à l’avance par le sujet, en revanche le fait qu’il soit écrit par un psychiatre m’effrayait bien plus. Je craignais de voir défiler sur les pages des monceaux de clichés mal dégrossis dont l’auteur n’aurait fait que confirmer la toute-puissance au lieu de la combattre… Eh bien c’est tout l’inverse !

Autant le dire tout de suite, j’ai adoré ce livre. C’est un petit bijou d’intelligence, de clarté et de précision. Si vous commencez seulement à vous intéresser aux gender studies, vous trouverez là de nombreuses clefs de compréhension de ce qui façonne l’identité dite féminine et l’identité dite masculine, ainsi que tout ce qui en découle : perception des «déviances» de comportement sexuel, de l’homosexualité, des rapports de force qui régentent la société et dont on est parfois bien surpris.e.s de constater qu’ils émanent tous des constructions de genre… Bien sur, si vous êtes déjà expert.e.s dans le domaine des études de genre, vous n’apprendrez rien de neuf ! Mais ce livre offre néanmoins un petit concentré de ce que chacun devrait bien comprendre pour rendre notre monde un peu plus respirable, et ça ne fait jamais de mal de le lire même quand on le sait déjà…

En bref, Serge Hefez signe ici un livre qui semble destiné à devenir un incontournable parmi les réflexions sur les questions de genre, et qui fait un bien fou aux neurones !

À lire absolument, d’autant plus qu’il vient tout juste d’être réédité au Livre de Poche et donc pour une somme tout à fait abordable… À mettre entre toutes les mains ! (et à ce prix-là, surtout entre celles de nos chers concitoyens du Printemps Français qui auraient bien besoin de s’instruire un peu…).

Le Nouvel Ordre sexuel : Extraits

« Faut-il avoir des seins pour faire la vaisselle, et en avoir dans le pantalon pour descendre la poubelle ? Quel rôle pour une «première dame» en France ? Pourquoi, à travail égal, les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? Comment expliquer qu’elles effectuent les deux tiers des tâches domestiques ? Comment réglementer le harcèlement sexuel, la prostitution, la gestation pour autrui ? Un père peut-il être une bonne mère, et une mère un bon père ? Combien de femmes au gouvernement, et à quand la parité dans les entreprises ? Faut-il offrir des poupées aux petits garçons, et des garages aux petites filles ? Le gouvernement australien met-il en péril l’ordre de la nature en autorisant, pour la première fois de l’histoire du monde, à faire figurer la mention «sexe neutre» sur des papiers d’identité ? Les manuels scolaires sèment-ils la confusion en stipulant que le genre est une construction sociale et non une donnée de la nature ? Les familles homoparentales sont-elles des familles «comme les autres» ? Masculin, féminin, virilité, féminité, pourquoi est-ce si compliqué alors que ça a l’air si simple ? »

« Même si ce sont elles qui les posent de manière frontale, les «questions de genre» dépassent largement les revendications des communautés lesbienne, gay, bi(sexuelle), trans(sexuelle). S’interroger sur le genre, c’est avant tout essayer de comprendre, en profondeur, la manière dont chacun d’entre nous s’approprie, ou pas, sa masculinité et sa féminité, et tout simplement ce que ces mots peuvent bien signifier.
Si ces questions apparaissent si confuses, c’est que le terme même de «genre» regroupe des acceptions très différentes. L’une désigne la distinction masculin/féminin telle qu’elle apparaît dans les mœurs, les manières de se comporter, les rôles et les statuts, l’organisation de la vie sociale en général. Chacun sait combien ces distinctions sont variables et personne ne prétendrait aujourd’hui qu’elles reposent sur des différences naturelles tant elles varient selon les époques et selon les pays, pour ne pas dire les régions ou même les quartiers. L’autre procède davantage d’une théorie de l’individu, de son identité, de son esprit, de ses pensées conscientes et inconscientes ; un individu qui serait constitué de deux grandes propriétés : son sexe et son genre. Chacun serait ainsi doté d’un sexe biologique ou anatomique duquel découlerait un certain nombre de caractéristiques dites «naturelles», et d’un moi doté d’un genre «psychique» réputé social et culturel. »

A propos de Julia Clieuterpe

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Chroniqueuse occasionnelle

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