Les Biches

L'amour, la possession, la mort

Année de Production : 1968

Date de Sortie : 22 Mars 1969

Réalisation : Claude Chabrol

Scénario : Claude Chabrol, Paul Gégauff

Avec : Jean-Louis Trintignant (Paul), Stéphane Audran (Frédérique), Jacqueline Sassard (Why), Henri Attal (Robégue), Nane Germon (Violetta), Dominique Zardi (Riais), Serge Bento (Libraire)

Nationalité : Française

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 28min.

Titre Original : Les Biches

Les Biches : Résumé

Dans Les Biches, Frédérique est une jeune bourgeoise mondaine qui s’ennuie. À Paris, elle fait la connaissance de Why, une femme énigmatique qui peint des biches sur le trottoir pour gagner sa vie. Frédérique la séduit et l’invite dans sa villa à Saint Tropez.

Là-bas, les deux femmes vivent dans l’opulence. Elles rencontrent un jour Paul, un architecte. Why passe une nuit avec celui-ci mais Paul tombe amoureux de Frédérique. Frédérique tombe également amoureuse du jeune homme.

Rapidement, Paul s’installe dans la villa de Frédérique. Why donne l’impression d’accepter leur liaison parce qu’elle les aime tous les deux mais devient rapidement jalouse et folle.

Dans Les Biches, Frédérique est une jeune bourgeoise mondaine qui s'ennuie. À Paris, elle fait la connaissance de Why, une femme énigmatique qui peint des biches sur le trottoir pour gagner sa vie. Frédérique la séduit et l'invite dans sa villa à Saint Tropez. Là-bas, les deux femmes vivent dans l'opulence. Elles rencontrent un jour Paul, un architecte. Why passe une nuit avec celui-ci mais Paul tombe amoureux de Frédérique. Frédérique tombe également amoureuse du jeune homme. Rapidement, Paul s'installe dans la villa de Frédérique. Why donne l'impression d'accepter leur liaison parce qu'elle les aime tous les deux mais devient…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Un film culte de 1968.

Note des lectrices : Soyez la première !
55

Claude Chabrol est un monument du cinéma français. Ce film qu’il a réalisé en 1968, Les Biches, propose une vision cruelle de la haute bourgeoisie décadente. Le sujet est simple. Il s’agit du banal triangle amoureux. Why aime Paul qui aime Frédérique qui aime Paul. Oui, mais ce triangle amoureux se corse, parce que Why aime également Frédérique qui l’a elle-même aimée. Vous suivez ?

Les Biches s’attache à trois personnages ou plutôt deux : Frédérique et Why. Lorsque Frédérique séduit Why et l’entraîne chez elle, Why a tout d’une jeune ingénue qui s’est fait piéger. Elle vit dans la rue et elle est avant tout en quête de confort. Elle refuse que Frédérique la voie nue et alors qu’elle s’est habillée et qu’elle s’approche de la jeune femme, celle-ci noue les pans de sa chemise et découvre son nombril. Puis elle défait le bouton du pantalon et glisse sa main avant que l’écran ne devienne totalement noir.

Pas besoin d’être sorti de Saint Cyr pour comprendre qu’à partir de cet instant, les deux jeunes femmes sont devenues amantes. Frédérique a séduit Why qui s’est laissée emprisonner et a offert son corps contre la sécurité financière d’une femme qui va l’entretenir. Oui, mais tout se complique lorsque toutes les deux arrivent à Saint Tropez.

Déjà, elles font chambre à part, et puis aucune ne se définit comme lesbienne, préférant parler des hommes qu’elles continuent à séduire. Cependant, il y a ces gestes équivoques, ces caresses et ces baisers qui laissent penser qu’elles sont amantes mais rien de plus. Arrive alors un homme ! Forcément ! Un homme qui va jeter le trouble puisqu’il fait l’amour avec Why avant de l’abandonner lâchement et de tomber amoureux de Frédérique.

Dans ce milieu protégé, riche et basé sur les faux-semblants, chacun des protagonistes cherche un exutoire à son ennui. Dépourvus de sentiments, ils donnent l’impression de s’amuser à se manipuler et à se faire souffrir. L’ingénue se révèle finalement folle et perverse alors que la manipulatrice tombe amoureuse et rêve d’un avenir serein et heureux. Finalement, tout se termine mal puisque Why, rejetée par Paul et Frédérique, avouera qu’elle est amoureuse des deux mais qu’elle ne supporte pas l’attitude de son amie et l’assassinera.

L’homosexualité comme remède à l’ennui, en 1968 c’était osé. Par contre, la fin était prévisible bien que j’ai d’abord pensé que Why allait se suicider avant de réaliser qu’elle voulait devenir Frédérique, prisonnière de son admiration et de sa jalousie.

Les Biches est un film regorgeant de clichés sur l’homosexualité féminine mais qui possède une réalisation d’une réelle élégance, un scénario sûr et par-dessus tout une morale extrêmement noire et totalement désenchantée.

Les Biches : Critiques Presse et Récompenses

Ours d’Argent au Festival de Berlin en 1968 dans la Catégorie Meilleure Actrice pour Stéphane Audran.

« C’est une vision noire, féroce mais aussi absurde de la nature humaine que Chabrol cisèle, en orfèvre amoureux de Fritz Lang. » (Télérama)

« Le meilleur film de Chabrol » (The New York Times)

Les Biches : Extraits

WHY : Merci.
FRÉDÉRIQUE : Je vous en prie.
WHY : Pourquoi vous avez fait ça ?
FRÉDÉRIQUE : Fait quoi ?
WHY : Oh je vous en prie, le billet de 50 000.
FRÉDÉRIQUE : J’estime que c’est le prix.
WHY : Vous vous fichez de moi ?
FRÉDÉRIQUE : Pas du tout.
WHY : Qu’est-ce que vous voulez ?
FRÉDÉRIQUE : Rien. J’ai trouvé votre petite scène champêtre très réussie. Vous avez énormément de talent.
WHY : Les biches, je ne fais que ça depuis des siècles. On voit que vous ne traversez pas souvent la Seine.
FRÉDÉRIQUE : Pour la bonne raison que j’habite le midi.

WHY : Et maintenant, partez !
FRÉDÉRIQUE : Pourquoi ?
WHY : Je sors du bain.
FRÉDÉRIQUE : Je comprends pas.
WHY : J’aime pas qu’on me voit nue.
FRÉDÉRIQUE : Allons, allons, allons, entre femmes…
WHY : Ben justement, entre femmes. Et d’abord, je n’aime pas ce mot.

WHY : Tu aimes faire l’amour, toi.
FRÉDÉRIQUE : Oui. Enfin ça dépend avec qui. Et toi ? Pourquoi tu me demandes ça d’abord ?
WHY : Je sais pas.
FRÉDÉRIQUE : Et toi ? […] Non, mais je veux dire et toi ? Ça te plait ?
WHY : Quoi ?
FRÉDÉRIQUE : Ça te plaît de faire l’amour ?
WHY : Je sais pas.
FRÉDÉRIQUE : Tu sais pas… Oh dis donc. Si tu sais pas, c’est pas très bon signe, ça.
WHY : Je suis vierge.
FRÉDÉRIQUE : Te moques pas de moi.
WHY : Tu me crois pas, hein. Pourtant j’ai aucune raison de te mentir. Je ne m’en vante pas d’ailleurs, au contraire. Oh je sais ce que tu penses. La vie que j’ai menée, les types avec qui j’ai dû dormir faute de lit. Ceux qui me payaient un sandwich pour se croire tout permis sans compter les autres, les plus nombreux, qui me sautaient dessus, carrément.
FRÉDÉRIQUE : C’est ce que j’appelle du mérite.
WHY : Tu me crois pas, hein ?
FRÉDÉRIQUE : Oh si, t’es folle. T’es folle, j’te crois. J’te crois.
WHY : Et toi, les hommes ?
FRÉDÉRIQUE : Tu sais, ici, l’hiver, c’est différent. Partie de boules l’après-midi, partie de cartes le soir, partie tout court, quand on veut. Sans compter les plaisirs de l’esprit. La belle vie, quoi, tu vois. J’ai l’impression que tu en as besoin.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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