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    • Chronique lue, je me suis dit que ca pourrait etre intéressant, et j’ai lu la BD aujourd’hui parce qu’il faut dire que ça ne coure pas les rues non plus.
      J’ai bien aimé, j’avoue que certaines scenes sont assez osés pour de la BD de ce type, je ne m’y attendais pas, mais c’est bien. Le dessin est très plaisant (du moins il m’a plut) et ça me fait toujours rire comme quoi un simple costume de super héro fait qu’on ne vous reconnait pas avec des vêtements “normaux”.
      Sinon que dire… L’histoire est plutot bien, les répliques cinglantes sont un vrai plaisir.
      Tu dis dans ta chronique que c’est un premier tome mais si certes c’est bien le premier, c’est surtout le dernier!! Donc le bémol de tout cela c’est que c’est quand meme très court et très rapide. C’est une qualité comme un défaut puisqu’au final, on n’a même pas le temps de s’ennuyer.
      Bref, lecture sympa et surtout originale, j’ai bien aimé 😀

      • Merci pour ton retour @atta, je suis contente que ma chronique t’as donné envie de lire la bd et d’apprendre qu’effectivement, après lecture, ça t’a plu.
        Eh oui, il fallait bien préciser que c’était un tome 1 mais effectivement pas de suite disponible à l’heure actuelle 🙁
        Cependant l’album est assez récent (il a un an et demi) donc on peut encore espérer une suite, en plus, point positif, le site de Miss Deeplane est régulièrement mis à jour http://missdeeplane.blogspot.fr 🙂

    • ah! super! merci pour l’adresse du blog, je regarderais tout ca en détail 🙂

  • Tierra de Lobos Cristabel Tierra de Lobos Cristabel Tierra de Lobos Cristabel
    Nous voici à nouveau ensemble pour une dernière chronique qui marquera l’enterrement définitif de l’histoire d’amour entre Isabel et Cristina. Je vais reprendre brièvement ma description des épisodes et évènements avant de conclure sur cette fin de saison.

    Isabel ne semble pas en vouloir à Cristina d’avoir couché avec Jorge et va lui rendre visite dès qu’elle le peut. Elle part donc en direction de la maison de Cristina et Jorge la suit. Après avoir fait l’amour avec Cristina, Isabel s’en va et Jorge en profite pour taper à la porte afin de vérifier qui habite ici. Il est extrêmement étonné de se retrouver nez-à-nez avec Cristina. Cette dernière invente un mensonge auquel il croit : elle luit dit qu’Isabel était là pour la questionner sur sa relation avec son mari car elle l’a vue quitter la maison l’autre jour.

    CRISTINA : Lieutenant.
    JORGE : Qu’est-ce que tu faisais là avec ma femme. Pourquoi était-elle ici ? Réponds-moi.
    CRISTINA : Tu ferais mieux de partir.
    Jorge entre de force à l’intérieur de la maison de Cristina.
    CRISTINA : Elle est venue me questionner.
    JORGE : Quoi ?
    CRISTINA : Elle sait que nous avons couché ensemble.
    JORGE : Comment elle le sait ?
    CRISTINA : Elle m’a vue partir.

    Jorge croit à la version de Cristina et décide de parler à Isabel pour lui avouer son infidélité et lui promettre qu’il ne recommencera plus. Seulement il n’apprécie pas que l’information ne plaise pas à Isabel et il ressent le besoin de la remettre en place, ce qui a donné lieu à un dialogue un peu particulier, qui m’a bien donné envie de m’arracher tous les cheveux sur la tête, un par un.

    JORGE (à Isabel) : Pardonne-moi… Tous les maris trompent leurs femmes. Ils passent la moitié de leur vie au bordel. Je n’ai pas à me justifier, mais je ne suis pas comme ça. Je n’ai pas envie d’être comme ça.

    Donc en gros, Isabel devrait se réjouir et la fermer parce que c’est normal qu’un mari trompe sa femme, et elle devrait le remercier de lui faire l’honneur de se justifier, car bien sûr, en tant que mâle dominant il n’avait pas à le faire.

    Je suis un peu dure avec Jorge qui somme toute n’est pas si détestable, il essaie d’être honnête au maximum et Isabel n’est pas toute blanche non plus, mais il n’empêche que ça m’énerve d’entendre des âneries pareilles.

    Plus tard, nous voyons Isabel se disputer avec Cristina, Isabel est jalouse et n’est pas sûre que Cristina n’a pas recouché avec Jorge. Elles se giflent (encore), s’embrassent (encore), et Isabel qui n’en peut plus décide qu’il vaut mieux qu’elles rompent pendant un temps. Elle s’en va en laissant Cristina seule.

    Cristina pleure chez elle quand quelqu’un sonne à la porte. Il s’agit de Jorge qui est perdu et qui ne sait plus quoi faire par rapport à Isabel. Il essaie d’abord de se rapprocher, Cristina le repousse et il s’excuse. Finalement, après un bref moment de silence, c’est Cristina qui revient vers lui, qui l’embrasse, et qui le prend dans ses bras. J’ai bien vu ce que je viens de voir et de décrire ????? L’horreur. On n’arrive même plus à respecter Cristina et à lui trouver des circonstances atténuantes.

    Deux épisodes plus tard nous avons Cristina qui annonce d’emblée à Isabel qu’elle est enceinte. Magnifique, merveilleux il ne manquait plus que ça. Elle lui demande quand même de qui (de mieux en mieux), Cristina lui dit que c’est de Jorge puisqu’elle n’a jamais trompé Isabel avec personne d’autre.

    ISABEL : Enceinte… C’est comme ça que tu m’aimes ?
    CRISTINA : Quoi ? Je veux juste être avec toi.
    ISABEL : Comment fais-tu pour être une telle pute ?
    CRISTINA : Toi pareil. Isabel, s’il te plaît. Je t’aime.
    ISABEL : Je maudis le jour où je suis rentrée dans cette pièce (ndlr : la pièce où elle a rencontré Cristina). Je ne serais pas là aujourd’hui, et je serais une femme normale.

    Et sur ces belles paroles Isabel s’en va. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve que c’est parfait, maintenant Isabel regrette de ne pas être « normale », magnifique pour la représentation lesbienne, vraiment du beau boulot.

    Ensuite Isabel fait l’effort de coucher avec son mari, c’est tout de même son devoir d’épouse loyale. Cristina retourne au bordel demander de l’aider pour se faire avorter. Une sorte de guérisseuse lui fait manger des herbes. Évidemment puisque, au cas où vous ne l’auriez pas compris, nous assistons à une descente aux enfers, le remède ne va pas fonctionner, au contraire. Cristina se met à vomir plein de sang et à dire qu’elle va mourir. Lola, la tenancière du bordel, appelle un docteur qui confirme qu’elle peut mourir à tout moment. Il dit qu’elle a été empoisonnée et que maintenant son destin est dans les mains de Dieu. Sur ce qui semble être désormais son lit de mort, Cristina fait part de sa dernière volonté : revoir Isabel. Lola prévient donc Isabel qui vient lui rendre visite. Elle se montre à nouveau amoureuse et regrette tout ce qu’il s’est passé et ce qui a été dit. Je vous passe le dialogue pathétique de Cristina qui fait tout un laïus sur le fait que même si sa vie a été courte ça valait la peine de vivre ce qu’elle a vécu, qu’elle n’oubliera pas leur histoire et bla bla bla. En temps normal j’aurais sorti les mouchoirs, mais là je suis juste usée et blasée de ce que je vois et entends.

    Deux épisodes plus tard, Cristina a survécu comme par magie mais elle est toujours enceinte. Je sais que c’est difficile à croire mais que voulez-vous. Isabel finit par accepter l’idée et soumet à Cristina l’idée de s’enfuir. En fin de compte elles pourraient s’installer ailleurs pour vivre ensemble et élever le bébé.

    Avant de s’enfuir avec Cristina, Isabel a la brillante idée d’aller dire à son mari que bien qu’il ait de grandes qualités, elle ne l’aime pas et ne l’a jamais aimé. Ce dernier est triste donc il va au bordel prendre une cuite, et là bien sûr il aperçoit Cristina. Il la rejoint dans une chambre et commence à se confier à elle. Elle le réconforte et là il essaie de coucher avec elle. Elle le repousse en lui disant qu’elle n’est plus une prostituée depuis longtemps et s’en va.

    Le lendemain Isabel vole des bijoux chez elle pour avoir de l’argent lors de leur fuite. Elle rejoint Cristina dans le bois (le même bois où son père les avait déjà surprises) et elles décident toutes les deux de se rejoindre au bordel le soir même et de s’enfuir aux alentours de minuit. Elles sont heureuses et s’embrassent. Et bien sûr, à ce moment-là le mari cocu arrive sur son cheval et les voit s’embrasser à pleine bouche, mais les filles ne remarquent rien. Encore une fois ce n’est pas crédible, je vais vous mettre les captures d’écran à l’appui, le mari ne doit même pas être à deux mètres et il arrive sur son cheval qui fait des gros bruits de galop mais elles ne remarquent rien et ne cherchent d’ailleurs même pas à se cacher, comme si elles n’avaient pas assez eu de problème comme ça.

    Le soir-même Jorge fou de rage retrouve Cristina au bordel pour s’expliquer. Précisons quand même qu’il l’attend bien énervé avec un pistolet à la main, la confrontation ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.

    JORGE : Comment as-tu pu salope ? Je vous ai vues. J’ai vu comment tu as perverti ma femme. Qu’as-tu fait à Isabel ?
    CRISTINA : Je ne lui ai rien fait.
    JORGE : Je ne sais pas ce que tu as essayé de faire en te mêlant à notre mariage, mais écoute-moi bien parce que je ne te le dirai qu’une fois. C’est fini. C’est ma femme.
    Jorge se lève pour partir mais Cristina prend la parole.
    CRISTINA : Je l’aime.
    JORGE : Ferme-la.
    CRISTINA : Non. Je l’ai fermée trop longtemps. Je l’aime et elle m’aime.
    JORGE : Je t’ai dit de la fermer.
    CRISTINA : Pourquoi est-ce que tu crois qu’elle t’a épousé ? Parce que son père l’a obligée, c’était soit ça, soit mourir dans un couvent. Tu veux savoir pourquoi j’ai couché avec toi, hein ? Quand tu m’as trouvée dans ton lit, elle est moi venions juste de faire l’amour. Et c’était le seul moyen pour que tu ne le découvre pas. Elle ne supportait pas de coucher avec toi, et chaque fois qu’elle le faisait elle pensait à moi.
    JORGE : Ferme-la.

    Il la pousse pour qu’elle se taise et là Cristina fait une mauvaise chute. Sa tête heurte la commode et elle tombe morte net.

    Le soir quand Isabel vient chercher Cristina pour s’enfuir, elle trouve le cadavre par terre dans la chambre.

    Voilà donc la triste fin de l’histoire d’amour entre Isabel et Cristina de Tierra de Lobos. Pour les curieuses, les aventures continuent pour Isabel au-delà de cet événement, elle porte bien sûr le lourd poids du deuil de son amour, et apprendra que Jorge a tué Cristina par accident.

    À mes yeux la question la plus importante est la suivante : est-il possible de garder un souvenir positif de cette série au niveau de la représentation lesbienne ?
    J’ai conscience de la radicalité d’un tel questionnement. Il soulève le ratage total de la saison 3, un ratage tellement énorme qu’il en vient à affecter la légitimité toute entière de l’histoire d’amour entre Isabel et Cristina. C’est comme s’il éclaboussait de noirceur l’édifice tout entier, comme si l’avant du pont se dérobait en entraînant dans sa chute l’arrière qui était pourtant de bonne facture.

    J’ai l’impression que c’est un peu ce qui est arrivé à Tierra de Lobos lors de la saison précédente, malgré les grosses difficultés qu’avaient eues nos héroïnes à surmonter, c’était beau et plein d’amour. On avait le sentiment que malgré les embuches, nos héroïnes pourraient tout surmonter, un peu comme dans un conte de fées où l’on sait qu’au fond le bien triomphera du mal quoiqu’il arrive.

    Pour celles et ceux qui aiment la série en règle générale ou pour les grands optimistes, vous pouvez toujours suivre la suite, qui sait, peut-être se passera-t-il à nouveau des événements susceptibles de nous intéresser, mais je le dis et je le pense, il faudrait vraiment un miracle pour faire renaître quelque chose sur les restes de ce qui a été dévasté cette saison.

  • Edwine Morin a écrit un nouvel article, Nurse 3D il y a 11 ans et 10 mois

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    Madeleine Gagnon raconte aussi les amitiés, primordiales, avec Annie Leclerc, Christiane Rochefort, entre autres. Les luttes féministes, avec tous les rêves et toutes les déchirures qu’elles portent. Le temps qui transforme tout, la disparition des parents. Les nouvelles passions, qui seules nous permettent de continuer la route, comme celle de comprendre le lien cruel et mystérieux qui unit les femmes et la guerre.

  • Madeleine Gagnon est une femme de lettres canadienne née en 1938. Féministe impliquée à l’époque où la discipline n’en était qu’à ses balbutiements, elle partagera une partie de sa vie entre son Canada natal e […]

  • Vignette
    Chose promise, chose due, voici donc la suite et presque fin (oui s’il-vous-plaît abrégez nos souffrances) de la saison 3 de Tierra de Lobos.

    Nous retrouvons une Isabel mariée qui rend visite à Cristina en […]

    • C’est vrai que la scène entre Jorge et Christina est triste et assez glauque… coucher avec le mari de son amante, c’est pas ce qu’il y a de mieux !

      Mais j’avoue que j’ai trouvé la scène très forte dans le sens où si Christina couche avec le mari, c’est très réfléchi dans le sens où elle se sacrifie pour Isabel.
      Isabel ne sait pas satisfaire son mari au lit. Christina, en grande “professionnelle” si je puis dire le fait donc à sa place, elle couche avec Jorge pour qu’il ne soit plus frustré sexuellement et qu’il ne demande plus à Isabel de coucher avec lui, car cette dernière a beaucoup de mal à le faire.

      C’est comme ça que moi je l’ai compris en tout cas.

      • J’aime beaucoup ton analyse qui rend le tableau moins noir, malheureusement je n’arrive pas à être convaincue à 100%. Je me demande si quelqu’un d’autre avait interprété les choses comme toi, ce point de vue est très intéressant et tellement plus optimiste !

  • VignetteAu secours, je cherche mon envie d’écrire ? Je l’ai perdue il y a quelques temps, très exactement depuis mon visionnage de la fin de la nouvelle saison de Tierra de Lobos. Elle a pris ses jambes à son […]

    • Je suis arrêtée bien avant la fin et si j’en crois ce que j’en lis , j’ai eu bien raison !!!
      RIP à Tierra de lobos !!!

      Sinon je suis fan de ton interlude et oraison funèbre !!! j’ai rie ce qui permet de dédramatisé cet fin de saison !!!

      • Merci beaucoup, ça me fait plaisir de savoir que j’ai réussi à faire rire, surtout à ce sujet là !!!
        Si tu veux malgré tout découvrir la fin, je vais décrire la saison dans deux futures chroniques.

  • Edwine Morin a modifié l’image de son profil il y a 12 ans

  • Edwine Morin a écrit un nouvel article, Trauma il y a 12 ans et 1 mois

    Trauma est une série télévisée médicale québécoise créée par Fabienne Larouche et réalisée par François Gingras. Elle se compose de 54 épisodes répartis sur cinq saisons diffusées sur la chaîne Radio-Canada entre 2010 et 2014.
    La série est centrée sur la vie personnelle et professionnelle de personnes travaillant dans le service de traumatologie de l’hôpital Saint-Arsène. Le Professeur Antoine Légaré (Gilbert Sicotte) est le chef du département de psychiatrie de l’hôpital Saint-Arsène. Il est celui qui accueille, dans le premier épisode, les résidents qu’il va transformer en chirurgiens de l’urgence. Le Docteur Julie Lemieux (Isabel Richer) dirige le département de traumatologie.

  • Oui oui, vous avez bien entendu, j’ai dit « espoir ». Rappelez-vous, Isabel et Cristina s’aiment toujours autant et leur relation reprend à la fin de l’épisode 4 de la saison 3. Alors oui « espoir », même si Isabel est fraichement mariée, même si les éléments sont contre elles, leur couple tient le coup et c’est assez beau pour être souligné.

    L’épisode 5 s’ouvre sur Isabel en tant de peigner son cheval à l’écurie. Cristina arrive par surprise et l’embrasse. Ses ardeurs sont calmées par Isabel qui lui dit qu’elle doit à tout prix rester discrète et qu’elle ne doit pas oublier que désormais elle est une femme mariée. Avant de partir, Cristina lui fait promettre de revenir la voir au bordel où elle se cache. Seulement, malgré sa promesse Isabel ne vient pas au bordel et Cristina l’attend en tentant difficilement de garder espoir. Il faut dire que ce n’est pas facile de rester optimiste quand on se prend un lapin et que la tenancière du bordel vous regarde avec son air blasé et vous dit : « Eh oui chérie, tu crois que tu es la première pute à tomber amoureuse ? ». Une autre prostituée arrive en courant avec une information capitale : il y a eu une disparition chez les Lobo (le fils de la sœur je crois, mais je vous avoue que ma compréhension de l’espagnol à des limites, une prostituée sous ecstasy qui parle le castillan à 200km/h fait totalement partie de ces limites), tout le monde s’est donc mobilisé pour retrouver le mystérieux disparu, y compris bien sûr Isabel et son tendre époux. Voici donc où se trouvait Isabel.

    La pauvre Cristina dont l’amour dévastateur la fait ressembler à une toxicomane en plein sevrage (oui je vous assure, maquillage à l’appui) trouve la géniale idée d’aller aider la famille Lobo à mener la battue. Elle rejoint donc Isabel dans les bois et surprend cette dernière en train d’embrasser son mari. Une fois le mari parti Cristina s’approche d’Isabel et bien évidemment Isabel se montre très froide et distante : Cristina en étant fugitive ne peut l’aider d’aucune façon, au contraire elle les met toutes les deux en danger. C’est donc très froidement qu’Isabel somme Cristina de retourner au bordel et de ne pas l’y attendre.

    Cristina prend cela pour un rejet. Elle souffre tellement qu’elle devient de moins en moins cohérente. Nous la retrouvons un peu plus tard dans l’entrée de la maison des Lobo, en train de dire à la servante qu’elle veut avoir une entrevue avec le père. Elle est sérieuse, là ? Mes pauvres oreilles malmenées par tant de langue étrangère sont-elles en train de saturer ? Est-ce une hallucination auditive ? Je vous jure ça existe.
    Je rembobine… on ne sait jamais.
    Entre les années lycée qui remontent à tellement longtemps que je n’ose nommer le chiffre, et le verbe « rembobiner » qui est désormais une relique bonne pour le cimetière, je me rends compte de la dure réalité : je ne suis plus de toute première jeunesse. Mais je divague et le rembobinage arrive à son terme.

    Replay :
    CRISTINA : Je veux parler au seigneur Lobo.
    SERVANTE : Je vais voir s’il est disponible. Un moment s’il-vous-plait.
    ISABEL : Je m’en occupe, ne vous embêtez pas.

    On notera deux choses bien importantes :
    Déjà, comme vous avez dû le comprendre, Isabel est arrivée à temps pour empêcher le drame, quoi que si on est parano (et c’est ce qui nous pend au nez avec cette série qui enchaîne les rebondissements à un rythme qui est mauvais pour le cœur) on peut se laisser aller à supposer que malgré l’intervention d’Isabel la servante a reconnu Cristina et va balancer le truc à Lobo. Mais laissons donc la suite venir.
    La seconde chose : ce n’était pas une hallucination auditive et là je me fais du souci pour Cristina. À ce stade d’insanité mentale, il ne lui manque plus que l’écume au coin des lèvres et c’est parti pour l’abattoir. Franchement je ne sais pas ce qu’on va faire d’elle, mais vu comment elle morfle, les chances pour elle de s’en sortir sont minces.

    Isabel arrive à temps pour empêcher le drame et découvre que Cristina voulait en finir avec la vie. Il s’agissait réellement d’une opération suicide. Isabel la rassure, l’embrasse et lui promet de la rejoindre plus tard.

    Plus tard, Cristina est allongée et endormie et Isabel vient la réveiller en l’embrassant tendrement. Encore une fois les scènes où elles se retrouvent ensemble sont très mignonnes. Isabel donne une clé à Cristina. Impression de déjà-vu, je mets pause, je réfléchis, peut-être une symbolique, un croisé de l’époque où c’était Cristina qui était venue libérer Isabel du couvent grâce à la clé du portail (rappelez-vous c’était ici) comme une sorte de retour d’ascenseur… Et là, la lumière fût. La clé ! LA CLÉ !
    Petit message aux accessoiristes : franchement les gars réutiliser la même clé que celle du couvent, c’était déjà nul la première fois, mais là on va vous organiser un crowdfunding et toutes se cotiser à univers-l parce qu’il faut faire quelque chose. Cristina qui est toujours habillée pareil, soit, c’est une prise de parti, mais réutiliser le même accessoire à toutes les sauces c’est pas classe.

    Isabel a acheté une maison à Cristina, loin de la ville pour qu’elle puisse vivre tranquille sans avoir à se cacher. Isabel pourra même venir lui rendre visite en cachette. Elle lui donne également de l’argent pour vivre et tenir le coup sans travailler. Alors évidemment la situation est frustrante, et Cristina est déçue :

    CRISTINA : À croire que je suis vouée à rester la pute de l’un des Lobo.
    ISABEL : Je t’aime. Et je te jure qu’un jour nous serons réunies.
    CRISTINA : Pardonne-moi. J’ai tant besoin de toi.
    ISABEL : Je ne pourrais pas venir te voir autant de fois que je ne le souhaite. Mais même si nous sommes loin l’une de l’autre, je penserai à toi.
    CRISTINA : Ne t’inquiète pas. Chaque jour avec toi m’aidera à endurer une année entière.

    Cependant, il y a quelque chose qui m’a fait réfléchir. Isabelle, j’ai nommé la cheffe d’univers-l, m’a fait remarquer que dans mon article précédent « l’espoir est-il encore possible ? » j’avais réussi à attiser la curiosité, sans toutefois développer les fameuses scènes de retrouvailles entre les deux amantes, comme quelque chose que l’on attendait et qui aurait manqué. Alors merci Isabelle pour m’en avoir fait prendre conscience, la triste vérité est là : il n’y a plus de scènes entre les deux. Fini la dépravation au milieu des bois, l’amour le midi, le soir et encore le matin, le déshabillage en règle de toutes les couches de fringues du moyen-âge, les filets de baves (ah non pardon je confonds avec un autre film là).
    Plus j’y pense, plus je me dis que la question soulevée par cet article aurait dû être « Isabel et Cristina ont-elles encore des relations sexuelles ? ». Et forcées de reconnaître que ce n’est plus le cas, nous aurions essayé de comprendre pourquoi, nous aurions pu prendre le parti d’éliminer tout de suite la sédentarité ou la routine comme causes de pannes sexuelles, quoiqu’apparemment avoir une vie de merde et le monde entier contre soi, c’est un peu la routine pour Isabel et Cristina, et, ne leur jetons pas la pierre, ça en découragerait plus d’un. Cela dit, ça nous aurait également fourni une explication à la nervosité de Cristina et à l’aigreur d’Isabel…

    Alors je vous le dis, je ne sais pas pour vous mais tout ça moi ça me fait déprimer. Alors une, et une seule, question se pose : espoir vous avez dit espoir ? À ça je réponds : espérons…

  • Résumé Officiel :
    Los Angeles, ville des anges et de quatre femmes hors du commun. Angela, Tiphany, Mia et Auti sont drôles, vives, belles et paralysées. Ce docu du réel nous propose de suivre le quotidien mouvementé de ces héroïnes d’un Sex and the City en fauteuil roulant. Un jour, la vie de nos quatre amies a pris un chemin inattendu. À cause d’un accident ou d’une maladie, elles se sont retrouvées paralysées. Mais alors que leurs jambes ne sont plus capables de les porter, leur esprit, lui, reste très éveillé. De leur handicap, ce quatuor de choc trouve l’énergie de faire face à la vie et poursuit sa quête du bonheur !
    Angela est la réaliste de la bande. Mannequin éblouissante, elle essaie de prouver désormais son indépendance. Séductrice et blagueuse, Tiphany se pose de son côté beaucoup de questions sur sa sexualité et sur le fait de s’installer de façon un peu plus posée dans sa vie. Mia, elle, est une ancienne championne de natation sur le point de nager à nouveau pour la première fois depuis son accident médical. Quant à Auti, à la fois danseuse, rappeuse, actrice et véritable pile électrique, elle croise les doigts pour avoir – à l’âge de 42 ans – un bébé avec son mari.

    Avis Personnel :
    Push Girls est mon coup de cœur de cette année et, j’en suis certaine, des années à venir. Ça va être difficile de trouver une émission de télé qui pourra détrôner Push Girls de la première place du podium sur lequel je l’ai placée.
    Comme résumé plus haut il s’agit de l’histoire de quatre amies qui habitent à Los Angeles et qui, à travers leurs choix et la manière dont elles vivent leur vie, se battent pour la visibilité et l’égalité des personnes à mobilité réduite. Le montage et les interviews sont extrêmement efficaces et sont faits de telle manière qu’on intègre presque instantanément leur quotidien. La rapidité avec laquelle le ton est donné est déconcertante : dès le début on comprend ces filles et on s’identifie à elles. On s’identifie d’abord car on se dit qu’un accident est vite arrivé, nous pourrions être celle qui se fait percuter par un chauffard ivre en voiture, il y a des choses que nous ne pouvons pas contrôler, et parfois le destin relève de la loterie, pourquoi elles et pourquoi pas nous ?
    Cependant, l’identification s’arrête ici. Je m’explique : presque instantanément, même s’il n’est pas question pour les héroïnes de l’émission de se poser en faiseuses de morale, ou de tenir des grands discours sur ce que doit être la vie et comment celle-ci doit être vécue, leur force crève l’écran. Le résultat est une immense réussite car à aucun moment il n’est question pour les filles de s’apitoyer sur leur sort, de se considérer comme différentes (au sens discriminatoire du terme), de montrer de manière collégiale ce qui va et ce qui ne va pas dans la société à l’égard des personnes en situation de handicap. Non, le tout vous éclate au visage dans toute sa vérité, dans toute sa limpidité et sans qu’aucun pathos ne viennent surenchérir par-dessus ça. On comprend dès les premières secondes qu’il ne sera pas question de voyeurisme, c’est comme si pour la première fois à la télévision on avait trouvé une réelle légitimité aux émissions-réalité. Push Girls donne ses lettres de noblesse à ce genre télévisuel qui nous a trop souvent habitués à de l’affligeante télé-poubelle. Le genre est si parfaitement exploité que ces femmes apparaissent dans tout ce qu’elles ont de plus exemplaire et les regarder évoluer à Los Angeles est mille fois plus éloquent que tous les discours remâchés sur l’égalité et l’accessibilité que nous connaissons tous et qui n’ont plus aucun impact tant ils sont usés et ont perdu leur âme.
    Dès le départ la couleur est annoncée : nos héroïnes ont pour point commun de refuser farouchement l’aide extérieure qui viendrait entacher leur si chère indépendance, et elles veulent faire tout comme tout le monde, voire même beaucoup plus. À hauteur de fauteuil, on partage leurs joies et leurs peines, leurs échecs et leurs réussites. Nous les accompagnons à la salle de sport, au restaurant, dans des soirées de speed-dating, dans leurs flirts, au ski, en parachute ascensionnel, au volant de divers véhicules, aller aux enchères et ramener sans l’aide de personne des meubles plutôt volumineux, dans des déménagements, en train de faire de la danse dans leur troupe, partir en week-end, prendre l’avion pour le Mexique et rendre chèvre l’hôtesse car elles finissent toujours par aller s’asseoir où elles veulent, participer à un concours de danse au milieu de personnes valides, faire des compétitions sportives (notamment natation)… J’en passe et à chaque fois que je les regarde je me rends compte de l’étendue de ma fainéantise, et je pense avec un peu de culpabilité à mon abonnement à la salle de sport qui est doucement en train de mourir dans un coin.
    Même si on le sait déjà, on se rend vraiment compte, dans notre société qui n’est pas aménagée, à quel point le plus infime des gestes peut devenir problématique pour des personnes à mobilité réduite, tout est une question de perpétuelle organisation et les difficultés se trouvent littéralement à chaque coin de rue. Partir en virée shopping devient un vrai casse-tête que les filles parviennent quand même à résoudre au prix de leur courage, de leurs efforts et de leur motivation sans faille. Il faut ajouter à cela le regard des autres, qui est insistant, bête, méchant, souvent tendre aussi, mais quoi qu’il en soit des intentions d’autrui, nous savons tous à quel point ça peut devenir pesant d’être scruté et d’être traité différemment, et lorsqu’il s’agit d’un lot quotidien, cela demande une force de caractère incroyable pour passer outre.
    Les quatre amies ont toutes un parcours et des personnalités différents et sont percutantes chacune à leur manière. Une mention spéciale pour Angela qui était actrice et mannequin et qui est devenue tétraplégique après un accident de voiture. Contrairement aux autres filles qui sont paraplégiques et qui peuvent utiliser le haut du corps à souhait, Angela a également perdu de la mobilité au niveau de ses bras. Elle a besoin d’énormément de soins dans sa vie quotidienne. Malgré ces difficultés supplémentaires, elle va se battre pour retrouver du travail dans le mannequinat afin d’ouvrir la voie aux personnes handicapées dans ce métier et dans cette ville de Los Angeles qui, plus que tout ailleurs, est focalisée sur l’apparence.
    Pour finir, un mot sur Tiphany qui justifie que nous parlions de la série ici. Après avoir hésité en ayant peur des possibles retombées négatives pour les membres de sa famille, elle a fait le choix de dévoiler sa sexualité dans l’émission en s’affichant dans la saison 1 en couple avec une jeune femme qui s’appelle Yoko et plus tard dans les soirée gays de Los Angeles où elle rencontrera Liz. Cela donnera lieu à de jolis moments, notamment dans l’épisode 7 de la saison 2 où Liz se met à la place de Tiphany et la suit à travers les rues de la ville en fauteuil roulant. Un beau geste qui permet de prendre conscience de ce que vit sa petite amie au quotidien. Tiphany est présentée comme bisexuelle bien que dès l’épisode 1 de la saison 1 elle clarifie les choses en disant qu’elle ne veut pas d’une étiquette et qu’elle aime des personnes et non des sexes.
    Je pourrais m’épancher pendant des jours alors je vais conclure sur un conseil, bien que ce fût prévisible et qu’on savait toutes comment ma petite chronique allait finir : partez vite à la rencontre des push girls, vous risqueriez de vous surprendre à y trouver de la beauté, de la poésie, ce petit supplément d’âme touchant et surtout contagieux. En somme, d’un simple visionnage vous risqueriez de vous en sortir grandi !

    Prix et Récompenses :
    La série a été élue Best Reality Series à la cérémonie des Critics’ Choice Television Awards en 2013.
    Push Girls

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