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Gaëlle Carrion a écrit un nouvel article, Interview Isabelle B. Price la créatrice d'Univers-L il y a 12 ans
Parle-nous un peu de toi, qui se cache derrière Isabelle B. Price ?
[Rires] Dès la première question c’est difficile de répondre. J’aurais dû proposer mon interview par moi-même ça aurait été beaucoup plus facile. Je me serais fait quelques questions simples et c’était réglé.
Je m’appelle vraiment Isabelle et je suis infirmière de profession. J’ai fêté mes trente ans l’année dernière et heu, je fais 1m74… Ça suffit comme description ?
Pourquoi avoir créé Univers-L ? Comment t’est venue l’idée ?
J’aime les films, les séries télé et les livres depuis toujours. J’ai eu l’idée du site quand j’avais 19-20 ans. J’étais en stage dans une clinique pour mes études d’infirmière et j’étais hébergée par mon oncle comme c’était à presque deux heures de route de chez moi et que je n’avais qu’un scooter à l’époque. Bref, la seule chose que j’avais pour occuper mes journées quand je n’étais pas à la clinique c’était Internet.
J’avais découvert quelques mois plus tôt le site Afterellen.com. C’était les débuts de ce dernier mais tout était en anglais et j’étais élève infirmière mon anglais était, comment dire, médiocre. Donc j’imprimais les articles et je les traduisais avec mon petit dico des cours de lycée. Puis un jour alors que je n’arrivais pas à traduire une phrase je me suis dit que moi aussi je pouvais faire des articles comme ça et directement en français ce qui serait bien plus simple ! C’était avant d’apprendre que Sarah Warn, la créatrice d’Afterellen avait fait Harvard…
J’ai écrit mes premiers articles sur Buffy parce que j’étais fan de cette série à cette époque-là. On était en 2004. Ce n’était rien de plus au départ. Mais mes deux frères étaient des passionnés d’informatique et ils m’ont dit que si ça m’intéressait ça pouvait intéresser d’autres personnes. Ils m’ont invitée à créer un site web.
Je ne savais pas faire. Il m’a fallu un peu moins de trois ans pour arriver à faire un site web et Univers-L était né.
Univers-L est-il un site professionnel ?
J’ai le droit de dire qu’avec cette nouvelle version tout le monde va le penser ? [Rires] Non, plus sérieusement, Univers-L est un site 100% bénévole.
Les 5-6 premières années je payais tout de ma poche. Aujourd’hui les publicités nous permettent de payer l’hébergement qui nous coûte de plus en plus cher parce que le site est volumineux et qu’il nous faut des capacités plus importantes qu’au début.
Mais les auteures des chroniques et fiches, les traductrices et les créatrices de sous-titres, les animatrices de la communauté, toutes sont bénévoles.
Comment gères-tu les choses entre le site et ton véritable travail ?
Je serais tentée de dire mal mais ma compagne risque de me tomber dessus en me disant que je suis trop dure avec moi. Donc je ne vais pas le dire. Concrètement je bosse toute la journée à l’hôpital. Et tous les soirs de la semaine, en rentrant du boulot je passe en moyenne 2 à 3 heures sur le site.
J’ai changé de service donc je ne fais presque plus d’heures supplémentaires ce qui est une excellente chose. Maintenant je suis en couple depuis quatre ans donc j’ai aussi arrêté de lire des romans lesbiens jusqu’à 4h du matin et de passer une journée complète à enchaîner les films avachie dans le canapé. Bon par contre j’impose de magnifiques navets à ma copine qui, heureusement pour moi, a une mémoire de poisson rouge. Donc une semaine après avoir vu le film elle ne s’en souvient plus et ça m’arrange !
Et en général je bosse entre 5 à 10 heures par week-end sur le site si on n’a rien de prévu. Après je sais quand même déconnecter, hein… Faut juste m’y obliger.
Comment est née l’équipe autour d’Univers-L ?
Elle est née de beaux échanges. La première personne à m’avoir proposé son aide pour le site m’avait envoyé un message pour me donner une liste de films manquants sur le site. Pour celles qui connaissent les anciennes membres de l’équipe, il s’agissait de fifi (Céline Avnet). Je lui ai répondu que je rajoutais le tout à ma propre liste et on a continué à échanger plusieurs messages. Comme elle adorait le site, elle a proposé de m’aider. De fil en aiguille d’autres personnes nous ont rejointes.
Mais Univers-L est super chronophage et comme c’est bénévole l’équipe a beaucoup évolué au fil des ans. Aujourd’hui on a une équipe assez fantastique avec des profils très différents. On a Nathalie qui est bilingue français/allemand et qui adore les soaps. Vous savez ces péchés mignons qu’on n’avouera jamais dévorer et suivre avec passion. Lou est bilingue anglais/français et elle nous dégote des interviews assez fantastiques. Et puis elle est à l’origine des dernières webseries sous-titrées. Edwine qui termine son doctorat en philosophie est notre relectrice attitrée. Mais comme elle adore les séries elle nous a aussi fait des articles absolument incroyables. Fanny est étudiante et c’est une boulimique de séries télévisées. Elle peut passer des heures à enchaîner les épisodes et du coup elle nous présente pas mal de nouveautés. Cécile est notre spécialiste informatique. Elle est à l’origine de cette nouvelle version. Gaëlle travaille dans la communication digitale. Du coup elle a fait les flyers pour faire connaître le site, a retravaillé le logo et s’occupe des partenariats. Et enfin Audrey est l’ancienne modératrice du forum, elle est aujourd’hui animatrice de la communauté Univers-L.
As-tu souvent des retours des lectrices sur le site ?
De temps en temps. J’ai souvent des messages pour me donner les titres de films, séries ou livres qui ne sont pas encore sur le site. Et j’ai aussi des fois des mails pour nous féliciter pour le travail accompli. Ah et il y a aussi des filles qui se sont rencontrées grâce à Univers-L et qui sont en couple depuis. J’attends encore les faire-part de mariage. [Rires]
Pensais-tu que le site en arriverait là un jour ?
Oh non ! Pas du tout du tout ! La première version d’Univers-L a été développée dans le salon de mes parents sur l’ordinateur familial. Avec mon plus jeune frère on se battait pour savoir de quel couleur on allait le faire. J’étais pour le rouge et lui voulait du bleu. On s’est disputés une bonne heure je pense à se crier dessus. Mon père n’arrivait pas à suivre son film tellement on campait sur nos positions. Et quand mon père a dit « Vous n’avez qu’à le faire en jaune » on s’est regardés et on s’est dit que c’était pas mal le jaune. La première version en ligne du site (il y a eu une version jamais en ligne avant avec des frames) était donc jaune et familiale ! Le logo était fait sur paint. Une horreur !
Je ne pensais pas du tout qu’un jour on aurait une véritable spécialiste de la création de site web dans l’équipe et qu’elle serait capable de faire ça ! Ni une spécialiste marketing qui m’expliquerait les couleurs de manière plus réfléchie que ce qu’on avait décidé avec mon frère et mon père. Et puis il y a eu ces rencontres avec les membres de l’équipe et ces échanges.
Ce que j’aime le plus aujourd’hui c’est de pouvoir retrouver une info que je cherche sur le site. J’ai l’impression qu’il remplit sa vocation première d’information. Mais jamais je n’ai pensé qu’un jour il serait aussi énorme. Jamais.
Quelle est l’expérience la plus marquante qu’Univers-L t’ait apportée ?
Il y en a plusieurs mais je dirais que la principale restera la rencontre et l’interview de Shamim Sarif et d’Hanan Kattan (I Can’t Think Straight et The World Unseen) à Lille. Parce que c’était pour moi une super star et que je pouvais la rencontrer et lui parler. Je me suis même surprise à tenter quelques mots en anglais. Heureusement Hanan la femme de Shamim a vécu à Paris plusieurs années et parlait mieux français que moi donc ça a aidé. L’affiche de The World Unseen qu’elles m’ont dédicacée est encadrée et affichée à la maison.
Et puis ce jour-là j’ai aussi rencontré la femme que j’aime et avec qui je vis aujourd’hui donc autant dire tout de suite que c’est une journée inoubliable !
Combien de visiteurs viennent sur Univers-L aujourd’hui ?
Houlà, je ne suis pas douée avec les chiffres. Je sais juste que les statistiques avaient un peu baissé ces dernières années mais j’espère qu’elles vont remonter avec cette nouvelle version du site. Je dirais environ 3 000 visiteurs par jour. On a été pendant longtemps a une moyenne de 100 000 visiteurs par mois.
Faudra que je vous redise avec cette nouvelle version qui en plus est super pratique sur mobile et tablette ! Je suis sûre que ça va augmenter !
Quels sont tes futurs projets pour le site ?
J’en ai des tonnes mais faut que je les fasse valider d’abord par l’équipe. Des fois je suis super emballée par une idée et quand je l’explique aux filles je suis à fond, persuadée que ça va marcher et là elles me regardent sans rien dire dubitatives. En général ça veut dire que ce n’était pas une si bonne idée que ça. Mais bon seule Gaëlle sait me dire cash « Non, c’est nul. » les autres filles privilégient le silence le temps que je réalise par moi-même. C’est moins violent…
Donc les prochains projets : Proposer une notation des livres parce qu’on n’a pas eu le temps de le faire avant. Intégrer les liens pour acheter les films en VOD parce que maintenant c’est pas cher du tout et super intéressant. Proposer un nouveau type de jeux pour passer le temps. Offrir des regards différents de femmes lesbiennes avec plusieurs blogs de personnalités. Étoffer la partie webserie parce que c’est devenu un média fantastique et gratuit. Créer les Univers-L Awards parce que la planète en or serait juste magnifique.
C’est déjà pas mal, non ?
Tu es une personne plutôt discrète et peu de personnes te connaissent. Pourquoi avoir fait ce choix de rester dans l’ombre ?
Encore une question dure. C’est dégueulasse, j’étais bien dans le truc là. Tu m’as eue. Pourquoi j’étais pas au courant ? Pourquoi j’ai pas validé les questions avant ?
Comme je le dis toujours, si j’avais été à l’aise dans le monde réel, je n’aurais jamais passé autant de temps sur le web et je ne me serais jamais créé cette identité sur Internet. Le problème c’est qu’aujourd’hui j’ai l’impression qu’on attend de moi que je sois aussi à l’aise en vrai que sur le web. C’est juste pas possible, je ne sais pas faire. Je suis une femme réservée, timide, pas sûre d’elle, mal à l’aise en public. Je fais des efforts et je m’améliore un peu tous les jours mais il y a encore pas mal de boulot !
Rester dans l’ombre c’est donc simplement une manière de me protéger. Je ne le fais pas consciemment, c’est juste la vraie personne que je suis.
As-tu un message particulier à faire passer aux lectrices du site ?
Merci pour vos messages d’encouragement. Il m’arrive d’avoir des baisses de régime et les messages de félicitations et de soutien sont juste magiques. En général, ils font tellement de bien et donnent tellement de baume au cœur que je les partage avec le reste de l’équipe. Ils donnent un petit coup de fouet et redonnent des forces pour continuer. Donc merci à toutes.
Merci aussi pour les listes de films ou de livres que vous nous faites parvenir. Même si on aimerait, on n’est pas au courant de tout et on a conscience que le site n’est pas exhaustif, loin de là. Du coup on apprécie quand certaines nous disent qu’elles ont vu un film ou lu un livre qu’elles ont adoré et dont on ignore tout.
Et juste pour finir, on n’est pas inaccessibles donc n’hésitez pas à nous écrire. Je sais par exemple que les vieux articles ont des fautes d’orthographe. Du coup, plutôt que de m’envoyer des mails agressifs ou de poster des commentaires sous les articles pour le dire, envoyez-moi un petit mail ou un message privé avec les fautes soulignées et corrigées et je changerai ça dès que je peux. Promis !
Comment perçois-tu la représentation des lesbiennes et bisexuelles aujourd’hui en France ? Est-ce que les choses ont évolué depuis la création du site ?
C’est le sujet d’une conférence que tu veux que je fasse ? [Rires] Franchement, je ne vais pas développer ou je vais être chi… ennuyeuse. Si on regarde depuis la création du site, l’évolution a été incroyable. On est passé du cliché de la lesbienne ou bisexuelle morte ou mauvaise à celle de la lesbienne ou bisexuelle mère de famille. C’est pas mal. C’est pas parfait, loin de là mais c’est pas mal.
On a beaucoup moins de films ou de séries qui traitent du coming out de manière déprimante pour vous faire verser toutes les larmes de votre corps. On est moins dans le pathos. Après je suis toujours surprise par le fait que soit on représente les jeunes, soit les femmes en âge de procréer et/ou avec des enfants mais plus rarement les lesbiennes célibataires ou en couple qui ne veulent pas d’enfant ou sont juste heureuses de bosser et/ou de faire le tour du monde. Les lesbiennes de plus de 40-50 ans, on nous fait toujours croire que ça n’existe pas, sauf exceptions. C’est dommage.
Bon, après en France, les lesbiennes et les bisexuelles dans les films ou les séries sont toujours aussi peu nombreuses. Mais la représentation est plus positive. Dans Commissaire Moulin, il y a dix ans, il fallait que Charlotte se taise, se cache et ne fasse pas de vague. C’était limite mal qu’elle soit homo. Aujourd’hui dans Plus Belle La Vie on a eu deux couples de femmes qui se sont aimées de manière sympathique et romantique.
Je dirais donc que la représentation en général a évolué de manière positive. Bon, on a toujours l’impression que les femmes font l’amour toutes habillées puisqu’à chaque fois qu’elles se lèvent le matin elles ont au minimum un débardeur et un shorty, alors que les mecs sont toujours torses nus. Mais je ne désespère pas que ça change un jour.-
Interview sympathique !
J’adore l’histoire du site, savoir comment cela a commencé et voir où vous en êtes arrivés !
En tout cas bravo, j’adore ! -
Merci pour ton retour @Mourillon.
J’essaierai d’écrire de manière un peu plus détaillé comment est né le site un jour. J’ai des captures d’écran qui piquent les yeux tellement elles sont moches ! Faudra que je vous fasse découvrir tout ça ! -
Super article!!!!!!!!!!!!!! Encore bravo à toute l’équipe pour leur travail dévoué!
J’avoue que certains passages m’ont bien fait rire… 😉 Les faire-parts ne sont pas encore pour aujourd’hui, faut pas déconner non plus ^^ -
Aaaaah depuis le temps que je suis Univers-L, des années et des années, des fois de plus ou moins loin, mais toujours là, à jeter un oeil de temps en temps. Systématiquement, j’ai été admirative du travail effectué de façon totalement désintéressée, généreuse et enthousiasme! Bravo Isa de tout ce travail et surtout merci d’avoir créer le site de LA REFERENCE française de la représentation homo lesbienne et bravo à toute l’équipe et à toute l’énergie que vous nous offrez au quotidien! On se sent moins seule 😉
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Lou Morin a écrit un nouvel article, The Real Girl’s Guide to Everything Else : Interview de la créatrice de la webserie, Carmen Elena Mitchell il y a 12 ans et 1 mois
Cette semaine, le dernier épisode de la courte webserie The Real Girl’s Guide to Everything Else sera diffusé. La créatrice Carmen Elena Mitchell a pris le temps de répondre à nos questions sur l’origine de la série, les acteurs, et les avantages de la production sur Internet par rapport à la télévision.
Quelle est l’histoire à l’origine de The Real Girl’s Guide ? Comment en êtes-vous arrivée à cette webserie ?
Je suis typiquement le genre de personne qui achète le New Yorker à l’aéroport et puis qui, finalement, se retrouve plongée dans la comédie sentimentale pour filles ultra-prévisible diffusée dans l’avion. Et puis, je me dis « Mais pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? ». Cette webserie vient donc du fait de vouloir raconter une autre histoire que celle de « la femme blanche désespérée, obsédée par les chaussures, dans la course folle au petit-ami afin de pouvoir procréer avant la ménopause ».
Je voulais voir une histoire de femmes qui n’essaieraient pas de soigner leurs histoires d’amour ratées en achetant des chaussures hors de prix, je voulais voir des femmes qui lisent des livres (en dehors des livres romantiques et de développement personnel). Je voulais voir une histoire avec des lesbiennes et des femmes de couleur. Je voulais voir une histoire de femmes qui portent des sous-vêtements en coton, qui font leurs courses à PaylessShoeSource et pour qui le but ultime de la vie n’est pas le mariage.
En regardant la webserie, je ne pouvais pas m’empêcher de voir The Real Girl’s Guide comme un Sex and the City avec une sensibilité lesbienne/féministe. La webserie s’inspire-t-elle de cette série ?
La webserie s’inspire et répond à cette série. Rasha, Vanna, Sydney et Angie sont toutes librement inspirées de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte de Sex and the City. Je crois que je me suis demandée « Si ces femmes étaient réelles (si elles étaient mes amies), qui seraient-elles ? ». Elles auraient des origines diverses, seraient passionnées, hilarantes, fortes, intellectuelles, bosseuses, maladroites, avec de fortes opinions, homos et hétéros. Elles discuteraient toutes les semaines d’autre chose que de relations amoureuses et de shopping. C’était comme jouer au jeu du « et si ? ».
De plus, que se passerait-il SI nous n’étions pas si effrayés du mot commençant pas F (féminisme) ? Et si c’était une discussion comme une autre ? Et si l’on supposait juste que ce soit une bonne chose et quelque chose à glorifier plutôt qu’un mot à utiliser avec prudence ?
Vous avez d’excellents acteurs. Pouvez-vous nous parler un peu de chacun d’eux ?
Eh bien, Reena Dutt (Sydney) et Jennifer Weaver (Liz) sont toutes les deux productrices de The Real Girl’s Guide et ce sont également des actrices avec un talent phénoménal. Ce projet n’aurait pas abouti sans leur soutien, leur imagination et leur travail incroyables. En réalité, j’ai écrit Sydney et Liz spécifiquement pour elles.
Reena, comme Sydney, est complètement folle et ne mâche pas ses mots, mais c’est également une super pro qui a travaillé avec les meilleurs (dont Albert Brooks, Kelsey Grammer, Patricia Arquette et Henry Winkler). Son CV cinématographique inclut également le festival de New-York Mark Taper Forum, la compagnie du National Asian American Theatre, le festival New-York Fringe et le Here! Arts.
Jennifer Weaver, tout comme Liz, est une femme passionnée et acharnée. Elle a récemment joué Mona dans Kill me Deadly produit par le Théâtre de NOTE ; cette pièce s’est jouée à guichets fermés. Récemment, elle a été à la télévision dans Stupidface sur Fuel TV et elle a joué dans le court-métrage diffusé à Cannes, Magdalene, réalisé par Rebecca Cremona, la gagnante du prix de la Guilde des Réalisateurs d’Amérique.
Robin Daléa (Rasha) est la seule actrice avec qui nous n’avions jamais travaillé auparavant, mais nous sommes tous immédiatement tombés sous son charme à l’instant-même où elle est entrée dans la pièce pour auditionner ! Robin est à la fois une comédienne new-yorkaise expérimentée et également une actrice qui a remporté des prix à la télé. Elle apparaît dans F.B.I. Portés Disparus, Ce que j’aime Chez Toi, et dans le drame médical de Jerry Bruckheimer qui sera diffusé à partir du 2 avril sur CBS, Miami Medical.
Nikki Brown (Vanna), en plus d’être une actrice fabuleuse, est également productrice/réalisatrice. Actuellement, elle produit (et joue dans) la webserie qui sortira bientôt : Sheroes. C’est une comédie qui parle de quatre femmes qui découvrent qu’elles ont des superpouvoirs. Elle possède également sa propre société de production, Rizen Routez Productions et elle réalisera un court thriller, Turn Off the Dark, cet automne.
Bruno Olivier (« Big ») est mon voisin d’à-côté ! Il participe souvent à Serial Killers de SacredFools. Il est apparut à la télé dans Dr. House, Mad Men et Modern Family.
Quant à moi, je suis dans la comédie depuis que je suis petite. Je suis obsédée par le jeu depuis mes sept ans, j’ai joué sur les scènes de Chicago, Londres, Seattle et Los Angeles. Récemment, je suis apparue dans les courts-métrages Rations et Who Could Ask for More ? et je joue aussi dans le court-métrage Evidence, que j’ai également écrit et produit.
Pouvez-vous partager avec nous des anecdotes mémorables de tournage ?
Nous étions comme des enfants de cinq ans qui auraient mangé trop de sucre. Entre les prises, nous faisions toujours tout un tas d’idioties. À un moment, Nikki Brown a commencé à imiter une grand-mère mal embouchée. Dès qu’Heather de Michele (notre directrice) criait « coupez », Vanna disparaissait et la grand-mère arrivait et donnait des conseils, dont personne ne voulait, à tout le monde. C’était tellement bidon et hilarant. Et j’ai même fini par intégrer la grand-mère dans une publicité que nous avons faite pour la webserie il y a quelques mois.
Mais je crois que l’un de mes moments préférés est lorsque notre réalisatrice, Heather de Michele, en plein milieu du tournage, a eu l’idée d’utiliser les légumes que Liz coupait dans la cuisine (épisode deux) pour faire des enchiladas pour tout le monde. Donc, entre les prises, elle vérifiait la nourriture, faisait des remarques aux acteurs, ajoutait une pincée de sel, faisait attention à ce que personne ne touche accidentellement le four, ajustait le feu, elle était en mode Martha Stewart détendue. Et elle a géré ça à la perfection parce que nous avons pu finir de tourner dans les temps et nous avons eu ces fabuleuses enchiladas pour le dîner.
Dans le passé vous étiez plutôt dramaturgie et fiction, comment en êtes-vous arrivée à écrire le scénario de The Real Girl’s Guide ?
Toute ma vie, j’ai écrit différentes choses. Au lycée, c’était de la poésie, puis de courtes histoires et puis des romans. Lorsque j’ai déménagé à Los Angeles, tous ceux que je rencontrais écrivaient un scénario. J’avais un petit côté rebelle donc je me suis battue pour ne pas suivre le mouvement.
Mais en 2006, j’ai été invitée pour faire partie de ce projet de film collaboratif et cela m’a ouvert les yeux sur une toute nouvelle façon de conter des histoires. Les auteurs de romans ont tendance à travailler leur écriture indéfiniment. Vous pouvez travailler sur une histoire de dix pages pendant des années et personne, en dehors de votre groupe d’écrivains, ne le verra. Même lorsque c’est publié, votre public est généralement assez petit et restreint à un type de personnes.
J’ai eu l’idée de The Real Girl’s Guide à l’été 2008. Nous étions dans la dernière partie des élections présidentielles, la proposition 8 était au vote, le film Sex and the City venait juste de sortir, c’était le moment parfait. Je connaissais un gars qui avait eu un très grand succès dans le monde entier avec sa webserie. Je me suis dit « Je peux le faire ! ». Et peu importe ce qu’il advient, au moins je pourrais partager mon histoire plutôt que d’attendre qu’on m’en donne la permission.
Quelle est la suite pour The Real Girl’s Guide ? Y aura-t-il une saison deux ?
Actuellement, nous avons une seconde saison de dix épisodes prête à être tournée et nous sommes en train de collecter des fonds et de parler à des sponsors et investisseurs potentiels. Dans la saison deux, nous apprenons vraiment à connaître Vanna, Angie et Sydney et parlons de débats tels que l’égalité au mariage et la sexualité d’une manière très étrange. Ah, et il y a des chansons ! Et des chiens !
Et quel futur se présente à vous et à Off-Chance Productions ?
En plus de la saison deux de The Real Girl’s Guide, nous avons près d’une demi-douzaine d’autres projets à différents niveaux de développement, dont la première pièce au monde jouée uniquement par une femme : Shaheed : The Dream and Death of Benazir Bhutto. Cette pièce est écrite et jouée par Anna Khaja (Aliyah dans l’épisode cinq de The Real Girl’s Guide) et réalisée par Heather de Michele. Elle se jouera du 30 avril au 22 mai aux studios Stephanie Fuery à Los Angeles. Nous avons un autre court-métrage(écrit par Luis Reyes), pour l’instant en post-production, que j’ai réalisé : Eat, Dream, Play, S-t, Die.
Nous préparons également un long-métrage (avec Jen Weaver, Reena Dutt et Carla Tassara) et un court-métrage basé sur une histoire de l’écrivain de science-fiction encensé par la critique, David Gerrold (écrit par Luis Reyes et réalisé par Steven Calcote). De plus, nous travaillons sur deux pièces pour le théâtre : The Limitations of Genetic Technology de Luis Reyes et Relay de Steven Calcote.
Quels sont les avantages et les dangers de la production pour le web ?
Les avantages sont que l’on touche un public international de tout niveau social et que l’on construit une base de fans vraiment attirés par ce que vous produisez. De plus, j’aime l’opportunité de poursuivre l’histoire via des sites interactifs et des vidéos bonus.
Honnêtement, je ne vois pas de dangers. Les gens n’arrêtent pas de me dire qu’il n’y a pas d’argent sur Internet. Mais y a-t-il jamais eu de l’argent pour les projets indépendants, multiculturels, activistes et menés par des femmes ?
Je crois que ce que nous pouvons faire en ligne (et que l’on ne peut pas vraiment faire ailleurs) c’est de montrer qu’il EXISTE une demande pour ces projets. Récemment, nous sommes allés dans un centre de diffusion des nouveaux médias où ils présentaient la dernière webserie financée par un studio. Le panel de spectateurs était entièrement constitué d’hommes blancs, les personnages de la série étaient des hommes blancs, et le contenu n’aurait pas pu être plus clair sur le public visé : une série d’actions enjôleuses sur des hommes blancs intelligents et sexys et des femmes facilement séduites.
Nous avons parlé du public à l’un des dirigeants après la diffusion et lui avons demandé s’ils avaient ne serait-ce que l’intention d’élargir le public visé et d’inclure des histoires centrées sur les femmes, les personnes de couleur, les LGBT, etc. Il nous a dit que, malheureusement, non « pas dans un futur proche ». Il a expliqué que, pour l’instant, ils avaient besoin de se lancer sur un « marché connu » et qu’ils devraient attendre l’avis marketing pour tenter un marché de niche.
Mon idée là-dessus (après m’être remise du fait que les femmes – soit 52% de la population – soit considérées comme une« niche ») c’est que peut-être nous ne devrions pas nous tourner vers cette source de financement. Faisons ça avec NPR et finançons notre série avec des dons de dix ou vingt dollars de la part de personnes qui croient en ce que nous faisons.
Dans ma théorie, toutes ces « niches » (les femmes, les gens de couleur, les LGBT) associées représentent la majorité des spectateurs, particulièrement en ligne. Parce que comme ces publics (pour la plus grande part) ne se voient pas représentés à la télé, ils vont sur Internet pour voir des séries qui les représentent.
Interview Originale sur le site Afterellen.com - En afficher davantage
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