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  • Isabelle B. Price a écrit un nouvel article, Monster il y a 20 ans et 6 mois

    Monster est un film de Patty Jenkins sorti en 2004.
    Depuis toujours Aileen (interprétée par Charlize Theron) survit en se prostituant. Le reste du temps, elle erre sans but et s’autodétruit. Un soir, alors qu’ […]

  • Dans 101 Reykjavik, Hlynur est un jeune homme de trente ans qui vit chez sa mère et touche le RMI. Il ne fait rien de ses journées et son existence se résume à sortir le soir avec ses amis, à se saouler et à surfe […]

  • À douze ans, alors qu’ils sont en avion, Ryan et Jennifer font connaissance. Dès les premiers échanges, leurs différences sont flagrantes et rapidement les deux enfants finissent par se détester.
    Tous les deux […]

  • Dans Girl Next Door, Matthew, 18 ans, est un étudiant de terminale modèle. Il passe son temps à travailler, plongé dans les livres. Il n’a jamais réellement eu d’adolescence et ne partage pas l’insouciance de se […]

  • Dans Sous Le Soleil De Toscane, Frances Mayers est une jeune romancière de 35 ans qui travaille à San Francisco. Elle a une vie parfaite qui bascule le jour où elle découvre que son mari la trompe. Leur div […]

  • Dans Eulogy, le patriarche de la famille Collins vient de mourir. Tout le monde se réunit pour son enterrement. À cette occasion, tous les problèmes, dysfonctionnements et secrets de famille resurgissent.
    Et il […]

  • Gabrielle Christian est une actrice de 21 ans qui joue Spencer, une adolescente remettant en cause sa sexualité dans la nouvelle série télévisée South of Nowhere, à l’écran chaque vendredi à 20h30 sur la chaîne The-N. Elle a récemment parlé à Afterellen.com de la relation de Spencer et Ashley, de son obtention du rôle et de sa rencontre avec Mandy Musgrave.
    Alors, comment avez-vous obtenu le rôle de Spencer ?
    Ca a été un long processus. J’avais auditionné pour ce rôle depuis juillet 2004. Nous avons finalement filmé le pilote en octobre 2004, et nous avons appris que la série serait retenue en janvier 2005. Mais ils ont recasté certains personnages de la série et ont voulu savoir si chacun était certain de son rôle. Je n’ai pas reçu de contrat avant mai et nous avons commencé à tourner en juillet. Donc ça a pris plus d’un an et demi depuis le tout début du processus.
    J’étais si excitée quand j’ai obtenu le script parce que c’était un rôle tellement unique et c’était un défi et quelque chose que vous ne voyez pas tous les jours. Je suis juste tombée amoureuse d’elle dès le premier jour et je me suis dis « Oh mon Dieu, je dois jouer Spencer ! »
    La série est la première à se focaliser sur ce sujet de la sorte et sur cette catégorie d’âge. Vous touchez à la sexualité des adolescents, aux problèmes gays et lesbiens, à la violence raciale. Avez-vous conscience au niveau de la distribution et de l’équipe que vous faites quelque chose de vraiment spécial ?
    Oui, nous avons des moments où nous mesurons l’impact global et nous sommes très excités. Nous parlons de combien nous sommes reconnaissants et honorés d’être présents dans une série qui véhicule un bon message et ouvrira, nous l’espérons, les yeux d’un grand nombre de personnes à travers le monde. Être juste une partie de cela en tant qu’acteur (travailler en tant qu’acteur est une chose parce que c’est si dur d’obtenir un travail pour la première fois ! (Rires) Mais faire quelque chose qui signifie réellement beaucoup et espérons le, changera le regard des gens qui verront ces choses et transformera l’ignorance et leurs jugements faciles) nous l’apprécions tous chaque jours sur le plateau. Chacun et tellement excité d’être ici.
    Vous êtes-vous rendue compte des objections ou des publicités négatives à propos de South of Nowhere ?
    Personnellement, je n’ai jamais éprouvé cela. Je viens d’une jolie ville conservatrice d’une banlieue du Maryland qui a des similitudes avec celle de Spencer dans l’Ohio. Petit esprit de banlieue avec des personnes plus conservatrices et traditionnelles.
    Au début, ils étaient choqués par le sujet de la série. C’est une nouvelle approche – l’homosexualité a déjà été traitée dans de nombreux films mais habituellement pas avec des femmes. Donc, pour ceux de ma ville qui me connaissent et m’on vu toute ma vie à l’Eglise catholique, c’est comme une ouverture. Ils sont du genre « Whoa, c’est à propos de quoi ? »
    Comment vos amis et votre famille ont-ils réagi lorsque vous avez obtenu ce rôle ?
    Mon père est plutôt le genre de personne que vous imaginez s’opposant à la série. Il est catholique, conservateur, traditionnel. Il est d’Europe et toute sa vie il a été écrasé par ses traditions et la manière dont il a été élevé. Au début, il a été assez choqué. Il a vu le pilote et c’était un peu beaucoup pour lui particulièrement lorsque l’on considère le fait que je suis sa fille. Mais c’est drôle parce sa famille est comme lui (il a cinq frères et sours) et ils sont tous excités par la série. Ils nous ont envoyé une masse énorme de mails. Je n’ai pas besoin de publiciste en ce moment parce que ma famille est tellement excitée !
    Je n’aurai jamais imaginé qu’ils feraient cela parce qu’ils devraient techniquement être identifiés comme des gens qui s’opposent à la série. Mais ils sont tous pour elle !
    Cela donne l’impression que cette série a déjà bouleversé votre cercle personnel.
    Oui, définitivement. Et nous espérons que ce sera le cas pour tous les autres.
    Avez-vous parlé à des gens de votre âge ou plus jeunes qui ont fait l’expérience de certaines choses que les personnages de la série traversent ?
    Au lycée, j’ai eu un grand nombre d’amis qui vivaient ce genre de choses et j’avais mes propres problèmes que j’essayais de régler. Vous savez, au lycée, chacun traverse une crise identitaire que ce soit de genre, de race ou de sexualité. J’étais dans un drame et je suivais un programme d’art, et vous savez, les artistes sont plus ouverts à ce genre de sentiments. Donc, je connais ça. J’avais des amis qui s’interrogeaient sur leur sexualité, des amis issus de familles mixtes. Ils essayaient juste d’être en accord avec eux-mêmes. Spécialement dans le District de Washington, vous avez des gens des quatre coins du monde dans ce lieu.
    Tout le monde semble traverser quelque chose. Maintenant que je sors à Los Angeles, je suis comme tous ceux de mon âge (au lycée). C’est une chose ordinaire pour ceux qui essayent d’être ce qu’ils sont et essayent d’être acceptés. J’ai un peu eu les mêmes journées que Spencer quand j’ai quitté le Maryland pour L.A. J’ai fait face au même choc des cultures et j’étais simplement un être humain dans un autre environnement. C’était si facile de jouer cette partie parce que j’ai encore la mentalité du Maryland. L’écriture de la série est fantastique et c’est si réel et si vrai par rapport à ma propre expérience personnelle.
    Qu’avez-vous en commun avec Spencer (en ajoutant l’anxiété de la nouvelle localisation) et qu’est-ce qui vous a attiré dans ce rôle ?
    Je suis simplement tombée amoureuse d’elle parce qu’elle est si jeune et si forte. Elle a ses propres insécurités mais elle n’est pas effrayée à l’idée de les affronter. Bien qu’elle ait des problèmes avec sa famille, ses amis, l’équipe des pom-poms girls, ses frères, elle y fait face. Pourvoir jouer cela est un tel honneur. Dans les films, à la télévision et dans le monde du divertissement, il y a tellement de femmes vulnérables. Alors pourvoir jouer un personnage fort, tout spécialement à un âge aussi jeune est réellement merveilleux.
    Les autres similitudes avec le choc des cultures ? Le lycée et le fait d’être soi même, avoir des parents qui essayent de vous enseigner le chemin. Spencer a une mère catholique qui tente de la garder et fait des choses conventionnelles, mais son père est un travailleur social plus ouvert. Elle est constamment au cour de batailles entre ce que son père et sa mère disent, entre ce que ses amis disent, entre ce que ses frères disent. Chacun traverse cela au lycée.
    Les personnages sont décrits de manière tellement complexe. Leurs vies ne sont pas simples. Et vous avez plusieurs jeunes filles et femmes fortes dans la série comme Spencer, Ashley, Madison. Avec toutes ces fortes personnalités, cela semble être une bonne série pour les actrices.
    Oui, et elles sont tellement colorées. Comme la saison continue, c’est incroyable le tournant qu’elles prennent. Par exemple, Madison (Valery M. Ortiz), vous pensez qu’elle est vicieuse et diabolique mais plus la saison avance plus vous découvrez qu’elle a ses propres problèmes comme le fait d’être une fille populaire, de chercher à découvrir qui elle est, sa propre identité et qui est véritablement Madison. Elle s’acharne sur Spencer tout le temps pour avoir choisi un chemin différent de ce qu’elle aurait choisi. Mais elle est peu sûre d’elle et elle fait face à ses propres problèmes.
    Et, en total opposition, vous avez Ashley (Mandy Musgrave) qui dit « Voici qui je suis et vous pouvez dire ce que vous voulez, je m’en fou ». Elle est forte et c’est la raison pour laquelle elle attire Spencer. Spencer est un peu comme ça aussi, elle s’en soucie et elle ne s’en soucie pas en même temps. Et Ashley est une personne forte qui sait que c’est okay d’être différent. Ashley a ses propres insécurités aussi, avec son père et sa mère. Elle n’a pas de base familiale mais elle essaye toujours d’être cool et forte. Chacun a ses propres insécurités et ses propres chemins et tente de rester cool au lycée.

    Vous avez mentionné Mandy Musgrave. Quelle a été votre première impression la concernant ?
    En tant qu’actrice ? Ou son personnage ?
    Les deux.
    Le personnage de Mandy et mon personnage sont si proches de nos personnalités dans la vie réelle que nous avons une grande alchimie à un niveau personnel. A la première audition pour la série, à l’extérieur de la pièce, avec 25 filles, je suis venue et je me suis assise à côté de Mandy. Nous avons parlé tout le temps, durant 2 heures dans le vestibule. Tommy Lynch (le producteur) nous a convoqué de nombreuses et nombreuses fois pour lire ensemble. C’était étrange. Nous étions amies mais nous nous étions juste rencontrées ce jour là. Alors plus le processus d’audition prenait de la profondeur plus les liens se resserraient entre Mandy et moi.
    Et maintenant, elle est ma meilleure amie à L.A. Nous sommes comme Spencer et Ashley, nous allons partout ensemble et nous faisons tout ensemble. Nous partageons une très bonne amitié et cela nous aide à développer nos personnages.
    Avez-vous passé beaucoup de temps à parler de l’interprétation de ces personnages et des nuances de leur relation ?
    Oui. Il y avait un pilote pour UPN tournant autour de deux lesbiennes. Nous l’avons vu et rencontré les actrices qui jouaient dedans. Elles nous ont parlé de leurs expériences et comment elles étaient entrées dans leurs personnages. Elles sont sorties en public un jour et ont fait comme si elles avaient une liaison et ont regardé comment les gens réagissaient. Elles nous ont donné des conseils pour être plus impliquées dans nos personnages. Cela nous a vraiment aidé. Nous avons fini avec beaucoup de matière.
    Quel était le nom de la série ?
    Elle s’appelait Nikki & Nora, un pilote pour UPN. Et Nancylee Myatt (notre productrice exécutive), avait écrit, créé et produit Nikki & Nora. Donc quand ils ne l’ont pas retenu, elle est venue sur South of Nowhere.
    Alors est-ce que Mandy et vous avez fait l’expérience sociale de voir comment vous étiez considérées ?
    Nous sommes sorties dans quelques clubs pour voir ce que c’était et découvrir les gens et les vibrations. Nous y sommes allées en tant qu’amies et non en tant que couple mais il était intéressant de voir un monde si différent du notre. C’est important quand vous jouez un personnage de sortir de votre univers pour entrer dans le sien.
    Et c’est la première fois que vous jouez une lesbienne ou une bisexuelle dans un film ou à la télévision ?
    Oui.
    Est-ce que quelqu’un vous a dit que cela risquait de nuire à votre carrière ?
    Non. Au début, mon agence voulait vraiment que je le fasse et je voulais vraiment le faire parce que c’était grand. Ils ont pensé que c’était nouveau et différent et que ça avait un grand potentiel. Et je sentais la même chose. Chacun était très encourageant. J’ai été étonnée quand je me suis rendue au casting parce que je pensais qu’il y aurait un nombre énorme de personnes qui se présenteraient. Et j’ai appris par mon agence que beaucoup de filles n’étaient pas venues à cause du contenu. Il les effrayait, ce que je n’aurais jamais imaginé.
    Je devine que ce n’est pas une surprise si l’on considère la politique générale aux Etats-Unis en ce moment.
    Oui. Mischa Barton (de la série Newport Beach – The O.C.) a juste eu sa grande « expérience lesbienne » mais ce n’était qu’à propos de l’aspect lascif et pervers du « divertissement ». Ce processus, le voyage émotionnel que les filles de cet âge traversent en plus de s’interroger sur leur orientation sexuelle va bien au delà de ça. Je ne connais aucune série pour cette catégorie d’âge qui l’ait jamais approché de cette manière. Il y a toujours l’ami gay en second plan et c’est habituellement un garçon. Où il y a cette fille qui craque pour vous mais dont l’histoire n’est pas réellement abordée.
    Qu’est-ce qui est important dans la série, est-ce la question de l’orientation sexuelle ou le contexte avec le problème de la famille ? Ce personnage est une partie de la famille, sa sexualité n’est pas un problème secondaire. La série apporte vraiment une approche intégrale de ces sujets (l’orientation sexuelle, la violence raciale, les parents en proie à leur mariage, le catholicisme de la mère).
    C’est un drame familial et je souhaite que les parents puissent le regarder et comprendre comment aider leurs enfants. La principale cible est d’aider les enfants à être plus tolérants et plus ouverts mais c’est important pour les parents de voir cela.
    Ma mère dans la série (Maeve Quinlan) est du genre ordinaire. Tout le monde a un parent aussi strict et un peu conservateur et traditionnel. J’espère que les parents pourront regarder la série avec leurs enfants et avoir une idée de ce qu’ils peuvent traverser. C’est plus que la partie sexuelle, il y a un parcourt émotionnel qui l’accompagne et de nombreuses personnes ne le réalisent pas.
    Est-ce que ce rôle et votre implication dans cette série ont eu un impact sur votre personnalité ?
    Être une personne différente et tenter de se connecter à son parcours émotionnel et au personnage en général vous ouvre beaucoup les yeux. Même pour moi il y avait matière à penser que cela pouvait se passer pour la première fois, comme être dans cette position lorsque ma mère me hurle dessus et à la fin de la saison, je cris également et elle ne peut simplement pas m’accepter pour ce que je suis. A ce moment, je veux simplement hurler parce que c’est trop injuste et il y a tellement d’enfants qui doivent probablement ressentir cela.
    Quand vous tournez, vous êtes entièrement dans un autre monde et vous êtes dans les baskets de quelqu’un d’autre, vous avez une relation que quelqu’un d’autre a totalement créée pour vous. Dans la série, mon frère essaie de m’organiser un rendez-vous avec un garçon parce qu’il ne peut pas accepter que sa sour puisse être gay. Il pense que c’est simplement une phase.
    Vivre ce moment m’a vraiment ouvert les yeux. Les choses que vous pouvez dire aux gens ou la façon que vous avez de les traiter peut les blesser. Dans le premier épisode, Spencer fait des cauchemars à propos des pom-poms girls parce qu’elle est effrayée à l’idée qu’elles ne l’acceptent pas pour ce qu’elle est. C’est vraiment triste.
    Et je me suis assise et j’ai regardé le moniteur pour plus de matière. Ils filmaient Clay (Danso Gordon) et sa journée et ce que c’est que d’être un enfant Africain Américain avec son éducation et comment il est différent et issu d’une famille blanche.
    Etiez-vous intéressée par la politique avec de rejoindre la série ? Est-ce que cela vous a donné envie de vous impliquer ?
    La série m’a donnée envie d’être plus impliquée. Je voulais m’ouvrir encore plus les yeux, j’ai commencé à lire plus. Je connais un article intéressant qui vient juste de sortir dans le Time à propos des gays au lycée. Ma mère m’envoie des articles issus du Washington Times et du Washington Post et des magazines qui traitent des problèmes de l’homosexualité au lycée. J’ai grandi en voulant en apprendre plus, et j’aime être capable de parler et d’être éduquée à propos de ce que je montre au monde.
    Jusqu’à récemment je n’étais pas vraiment impliquée, mais ma vie entière j’ai eu un grand nombre d’amis qui ont traversé des crises d’identité sexuelles et raciales.
    Quels autres rôles allez-vous interpréter dans l’avenir ?
    Je vais jouer un rôle secondaire dans un film indépendant appelé South Of Pico. Je joue une autre lycéenne. Elle a 15 ans, son nom est Astrid. Et c’est la fille la plus hétéro que vous verrez dans votre vie entière ! Elle est folle des hommes, alors c’est un type de rôle complètement différent.
    C’est amusant, après South of Nowhere mon agence a commencé à m’envoyer à des auditions et je voulais plus de contenu lesbien dans les seconds rôles. J’étais du genre « Qu’est-ce que c’est ? Un casting type ? » (Rires) Mais malheureusement je n’ai jamais obtenu l’un des ces rôles.
    Mais le film indépendant sera mieux. Je n’avais pas travaillé autant sur un film avant, alors je suis très excitée. Je dis à tout le monde que nous devrions faire South Of Nowhere : The Movie. Vous savez, Spencer et Ashley en Europe !
    Interview Originale sur Afterellen.com
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     En 2004, la chaîne télévisées américaine UPN commandait l’épisode pilote d’une nouvelle série : Nikki & Nora. Cette série policière innovante avait de nombreux atouts pour séduire. Elle se déroulait à la Nouvelle Orléans, comportait des acteurs et actrices déjà connus des habitués de la petite lucarne, possédait son lot d’action, de violence et d’enquêtes policières et nouveauté, était centrée sur un couple principal lesbien. Malheureusement le pilote ne séduisit personne et le projet fut avorté. Voilà pourquoi cette série n’a jamais vu le jour.
    Un unique pilote d’une durée de 35 minutes destiné à séduire les dirigeants des chaînes et le public. Pari raté. Dommage. Cette série aurait pu être intéressante. Il est vrai que je suis plutôt bon public mais le visionnage de ce pilote m’a relativement séduite. Il n’est pas parfait, de nombreux points apparaissent communs et connus mais il n’empêche qu’il y a certaines bonnes idées qui auraient méritées d’être exploitées.
    L’histoire policière est simple, prévisible et le retournement de dernière minute est franchement exagéré et peu crédible. Une femme se fait assassiner, son frère, présent est rapidement soupçonné. Il est interrogé et s’avère innocent. Les soupçons s’orientent alors sur l’ancien petit-ami de la victime qui évidement lui aussi innocent. Un témoin, accuse un policier. Le policier crie son innocence, révèle un alibi compromettant pour sa carrière et finalement c’est son coéquipier qui s’avère coupable. Un peu tiré par les cheveux mais pas mal.
    Le traitement de l’histoire est lui-même relativement convenu. Après l’innovation visuelle engendrée par 24 Heures Chrono, le traitement narratif revu et corrigé par Boomtown et la déferlante de séries policières novatrices tel Les Experts, il faut reconnaître que Nikki & Nora n’apporte rien de nouveau. L’approche de l’enquête est linéaire et simple. Un corps est découvert, la police est appelée et les inspecteurs chargés de l’enquête. enquêtent. Il y a pourtant cette visualisation du crime en noir et blanc qui aurait pu devenir la marque de fabrique de la série. C’est réellement rafraîchissant.
    Mais là où la série innove et retient l’attention c’est justement grâce à son duo d’enquêteurs. Ce duo se compose de deux femmes magnifiques, séduisantes en diable, fortes et intelligentes. Et alors que l’on sait pertinemment que dans toutes les séries policières, le duo se composera d’un homme et d’une femme qui seront amoureux en secret mais ne pourront jamais consumer leur amour pour x raisons dont la principale est qu’ils sont collègues et travaillent ensemble, ici, il s’agit de deux femmes. Deux femmes qui contre toutes attente, sont toutes les deux lesbiennes et en couple. Première excellente surprise.
    Après cette découverte, le téléspectateur ne souhaite qu’une chose, oublier l’enquête et se concentrer sur les deux héroïnes. Mais là déception, elles passent le plus clair de l’épisode à travailler. Quelques petits gestes d’intimité tel un T-Shirt tiré par Nikki pour dissimuler le tatouage porté par Nora au bas de son dos. Puis une scène de baignoire sexy laissent augurer un traitement relativement intéressant de leur liaison dans les épisodes à venir. Malheureusement, il n’y eu pas d’autres épisodes.
    Un autre point fort, la famille. Les histoires de famille qui permettent d’en apprendre plus sur les personnages principaux sont effleurées dans le pilote. La famille de Nikki est au courant de sa sexualité et de sa liaison avec Nora et l’accepte alors que les parents de Nora l’ignorent. Pourtant, le petit frère de Nora, policier comme elle, est au courant de sa relation privilégiée avec sa partenaire. Et cette réalité familiale est source de tension entre les deux jeunes femmes comme le prouve leur dispute à ce sujet alors qu’elles se rendent sur le port. Les prémices d’un conflit familial qui ne demande qu’à s’approfondir.
    Un seul véritable regret, le traitement de ce pilote. L’accent est mis sur l’aspect policier au détriment du reste. Il est clair que la série à venir se voulait principalement procédurale et centrée sur les enquêtes plutôt que sur la vie privée des personnages. C’est réellement dommage. Après Les Experts, New York District, New York Unité Spéciale, New York Section Criminelle, qui s’attachent uniquement aux enquêtes et laissent volontairement de côté la vie des policiers, on rêve de découvrir ceux-ci dans l’intimité comme c’est le cas avec les héros de la série Urgences ou de NYPD Blue.
    Dernière critique, les dialogues. Trop simplistes, peu accrocheurs, ils méritaient d’être plus fouillés et de laisser véritablement transparaître cette ironie, ce second degré et cet humour qui apparaissent parfois quand on ne s’y attend pas. En fin de compte ce pilote hésite entre le sérieux et l’humour et c’est peut-être ce qui l’a perdu.
    Créée par Nancylee Myatt, ce pilote méritait de déboucher sur une série. Liz Vassey interprète Nikki. Elle est connue Outre-Atlantique pour son rôle dans le soap opéra All My Children et aujourd’hui pour son interprétation du Dr. Carrie Allen dans la seconde saison de Tru Calling. Christina Cox est Nora Delaney. La jeune femme s’est fait connaître dans la série FX : Effets Spéciaux puis a joué dans la série The Crow: Stairway to Heaven et dans de nombreux films dont Better Than Chocolate. Shemar Moore est un habitué des seconds rôles que ce soit dans Birds of Prey (Les Anges de la Nuit) ou dans The Young and the Restless (Les Feux de l’Amour en France).
    De bonnes idées, des pistes à explorer lancées dès ce pilote. Malgré quelques faiblesses apparentes, la série Nikki & Nora méritait la chance qu’elle n’a jamais eu.
    Un projet avorté qui aurait pu donner d’excellents résultats.
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    Lors de la saison 2, Christian a eu un fils qui n’est pas de lui ; Julia a fait un test de paternité et sait qui est le véritable père de Matt ; Sean essaye de se réconcilier avec sa femme et d’oublier Megan et Liz, aujourd’hui célibataire, est toujours à son poste.
    Le début de la saison ne présente pas d’intérêt particulier pour l’anesthésiste qui est égale à elle-même et se dispute toujours autant avec Christian. Pourtant, lors du sixième épisode intitulé « Bobbi Broderick », Liz surprend Sean et Christian en déclarant qu’elle veut un enfant. En effet, alors qu’elle est seule au bloc opératoire, Liz regarde son reflet dans une vitre et caresse son ventre. Sean arrive et lui demande si elle va bien.
    SEAN  : Salut. Ça va ?
    LIZ  : Oui. Une petite allergie.
    SEAN  : T’as jamais fait d’allergie.
    LIZ  : C’est juste mais les amis comprennent qu’avec ce genre de réponse, faut me ficher la paix. Excuse-moi. Je suis un peu à fleur de peau depuis que je prends toutes ces hormones.
    SEAN  : Tu vas être ménopausée ?
    LIZ  : Non, Sean. Si tu veux tout savoir, j’aimerai avoir un enfant.
    SEAN  : Ah, je l’ignorais.
    LIZ  : Oui, enfin les gens du centre de fécondation de South Day pensent que je devrais essayer de bien y réfléchir une fois que j’aurais pris en considération la quantité énorme de risques potentiels dus au fait d’être enceinte à mon âge avancé. J’ai encore beaucoup d’œufs à donner mais ils ne veulent pas que je les fasses féconder.
    CHRISTIAN  : Waouh ! Médusa veut se reproduire ! Faut alerter les services génétiques.
    SEAN  : Christian.
    CHRISTIAN  : Mais non, je suis tout à fait pour. Avec les progrès de la science aujourd’hui, il n’y a aucune raison pour que nos seniors encore en forme ne puissent pas faire des bébés. Pense plutôt aux économies que tu vas faire en couches, en garderie, en petits pots lyophilisés de pois cassés.
    LIZ  : T’es qu’un con ! (Elle quitte la pièce après avoir fini de se laver les mains)
    CHRISTIAN  : Quoi ? Elle refuse d’accepter son âge, il faut bien que quelqu’un lui ouvre les yeux.
    Ce désir d’enfant est très fort comme le montre la conversation suivante entre Liz et Christian. La décision de la jeune femme est mûrement réfléchie. Seulement il faut effectivement prendre en compte son âge. Liz a quarante ans, c’est la limite naturelle et physiologique du point de vue de la maternité pour de nombreuses femmes. En décidant d’être enceinte, elle fait courir des risques à sa vie et à celle de son futur enfant.
    Cependant, Liz a conscience de ces risques mais son désir est plus fort que tout. Elle l’explique elle-même à Christian. Alors qu’ils sont tous les deux dans la salle de repos, Christian tente de lui expliquer qu’il existe d’autres solutions pour être mère.
    CHRISTIAN  : Tu te rappelles, il y a quelques années, ce gamin imprudent qui est tombé sur les rails du petit train du zoo. Il s’est cogné, la femelle gorille l’a ramassé, l’a bercé jusqu’à ce que les secours arrivent.
    LIZ  : Te moquer de mes efforts pour tomber enceinte c’est une chose mais me comparer à Coco la gorille, tu exagère.
    CHRISTIAN  : Calme-toi Lizzie. Tu es la petite sœur que je n’ai jamais pu torturer.
    LIZ  : On n’est pas de la même famille. Et d’ailleurs, on n’est même pas de la même sous espèce.
    CHRISTIAN  : Coco n’était pas non plus de celle du gamin mais tu as vu ce qui s’est passé. Tu n’es pas obligé de mettre au monde un enfant pour arriver à l’aimer.
    LIZ  : Écoute, je sais très bien ce que tu peux éprouver depuis que tu as perdu Wilbert mais là, ça n’a rien à voir. J’ai toujours eu envie de ressentir la vie s’épanouir dans mon ventre.
    CHRISTIAN  : Alors pourquoi as-tu attendu au point de faire prendre des risques à toi et à l’enfant ?
    LIZ  : C’est à cause de mon père. Quand il a découvert que j’étais lesbienne, il a dit à ma mère : « Au moins, il n’y aura pas d’enfant ».
    CHRISTIAN  : Ce qui me surprend, c’est que tu te sois pas fait mettre en cloque rien que pour lui faire les pieds.
    LIZ  : Non, j’ai préféré attendre. Je n’avais pas envie d’avoir un bébé par esprit de contradiction. Ce bébé et moi, on va former une famille. Et on s’aimera tous les deux quoi qu’en pensent les gens.
    CHRISTIAN  : Tu sais, avec ta clinique, si les choses deviennent trop compliquées, et bien dis-toi que si jamais tu cherches un donneur. J’arrive à produire plus de semence que nécessaire.
    LIZ  : Ça me secoue ce que tu me dis là. Je pense, je suis même sûre que nous devons avoir quelques attentions l’un envers l’autre toutes les années bissextiles et voilà qu’aujourd’hui tu viens m’offrir ton sperme !
    CHRISTIAN  : C’est toi ou les toilettes.
    LIZ  : Bon, je crois que cette conversation aurait du s’arrêter à Coco.
    CHRISTIAN  : Je suis sérieux. C’est un sentiment fort de devenir parent. Et je ne voudrais pas que tu rates ça.
    LIZ  : Il faut que j’y réfléchisses. Fécondation in vitro, on est bien d’accord.
    CHRISTIAN  : Bien sûr, je n’ai aucune envie de coucher avec toi.
    SEAN  : J’ai l’impression que je vous dérange.
    LIZ  : Oui. Je suis sur le point de faire une syncope. Christian me propose de me donner son sperme.

    Dans la série, l’homoparentalité n’est pas réellement le seul sujet traité. Tout d’abord, Liz n’est pas en couple, il s’agit donc de la création d’une famille monoparentale. Ensuite, chose rare, à la télévision de nos jours, Nip/Tuck, aborde la question du désir d’enfant pour une femme qui a bientôt atteint la limite d’âge. Aujourd’hui, les femmes attendent de plus en plus tard pour avoir des enfants. Elles repoussent les limites au maximum grâce aux progrès de la science. Mais cela n’est pas sans danger.
    Pour la première fois, une série ose aborder ce problème de manière directe et réaliste. Parce que le désir de Liz est parfaitement compréhensible. Mais en même temps, contrairement aux hommes, les femmes ont une limite naturellement imposée.
    A la fin de cet épisode, Liz déclare à Christian que ces deux amis homosexuels à qui elle a demandé un don de sperme ont refusé parce qu’elle est trop âgée. Ils lui ont fait part des statistiques et l’ont laissé payer la note du restaurant. Elle demande donc à Christian si son offre tient toujours. Ce dernier déclare qu’il n’a qu’une parole.
    Au cours de l’épisode 8, « Agatha Ripp », Sean et Christian sont sollicités par la jeune femme du même nom qui souhaite que les chirurgiens fassent disparaître les stigmates apparus sur son corps. Cette ancienne prostituée droguée a été canonisée par toute une paroisse. Lors de l’intervention, Liz, Sean et Christian discutent de la Foi.
    CHRISTIAN  : Vous arrivez à croire ces paroissiens, ils ont tellement besoin de croire en quelque chose qu’ils ont canonisé une prostituée.
    LIZ  : Tu sais quoi, Christian, je les comprends. J’aimais bien être catholique quand j’étais gosse. Le côté théâtral, la sensation qu’il y avait un homme mystérieux dans les cieux qui veillait sur moi.
    SEAN  : Quand as-tu arrêté de pratiquer ?
    LIZ  : Quand je suis devenue une lesbienne pro-avortement. Mais je me demande si je n’enverrai pas mon gamin à l’église comme moi à l’époque. Vous savez pour le côté “structure et réconfort”.
    CHRISTIAN  : Tu es enceinte ?
    LIZ  : Quelques semaines, c’est récent.
    CHRISTIAN  : Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?
    LIZ  : Me regarde pas comme ça, je viens de l’apprendre. Je fêterai ça dans quelques mois, tu auras le temps de t’acheter un costume, fais-moi confiance.
    SEAN  : Félicitations à tous les deux. J’espère que je serai un aussi bon parrain pour votre bébé que Christian l’a été pour Matt.
    CHRISTIAN  : Tu te souviens du baptême de Matt ?
    SEAN  : Il n’y en a pas eu.
    CHRISTIAN  : Exactement ce que je dis, mais on a quand même organisé une petite bouffe pour fêter l’évènement même s’il n’y pas eu de cérémonie religieuse ! C’est une tradition que j’aimerais perpétuer !
    LIZ  : Désolé mon grand, mais les robes de baptême sont sublimes ! Je vais faire baptiser mon enfant !
    CHRISTIAN  : Faudra me passer sur le corps !
    LIZ  : Sans problème ! Même si vous n’êtes pas religieux, viendrez-vous au baptême, Mr le Parrain ?
    SEAN  : Je suis religieux, si la religion signifie croire en une cause plus grande et plus précieuse que sa petite personne. Ma foi réside dans deux puissances supérieures, mon cabinet et ma famille.
    Ça y est. Liz est finalement enceinte. de Christian qui est plutôt heureux de la nouvelle même si des divergences d’opinion apparaissent déjà concernant l’éducation de l’enfant à venir. Pourtant, lorsqu’elle a peur pour le bébé, la première réaction de Liz est d’aller voir Christian. C’est lui qui observe ses serviettes hygiéniques et la rassure sur la bonne santé de leur enfant. Il est à la fois un futur père et un médecin.
    Cependant, lorsqu’il avoue à Liz qu’il est touché par son geste parce qu’il commençait à avoir l’impression qu’elle ne voulait pas de lui dans la vie de leur enfant, la jeune femme se contente de répondre qu’elle ne pouvait pas aller chez le gynécologue avant le lendemain. Est-elle honnête ou tente-t-elle de se protéger en taisant son besoin d’une présence amie ? Peu importe en fait.
    Liz prouve pourtant qu’elle veut être la seule à décider en ce qui concerne la vie de cet enfant. Elle ne veut pas de la présence de Christian à ses côtés comme père mais simplement comme ami. Malgré la proposition de Christian de l’accompagner chez le gynécologue, elle s’y rend seule. Et c’est seule qu’elle apprend cette terrible nouvelle.
    CYNTHIA  : Tu as eu raison de m’appeler à propos des pertes. Il n’y en a plus dernièrement ?
    LIZ  : Hier, j’avais 3 taches, aujourd’hui 6. Est-ce que je vais faire une fausse couche ?
    CYNTHIA  : On dirait qu’il y a… Il y a une diminution du taux d’alpha foetoprotéine, ce qui peut signifier une anomalie chromosomique spécifique au syndrome de Down.
    LIZ  : C’est possible que ce ne soit pas ça ?
    CYNTHIA  : Malheureusement, Liz, tu vas être dans l’incertitude pendant un certain temps. Je suis désolée.
    LIZ  : Je ne gère pas très bien l’incertitude, Cynthia.
    CYNTHIA  : Mais c’est l’essence même du fait d’être mère, Liz. Tu passes ta vie à faire confiance à l’inconnu.
    LIZ  : D’où vient la confiance ?
    CYNTHIA  : La Foi.
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    Alors qu’Agatha, la jeune femme qu’ils ont opéré au cabinet est victime de nouveaux stigmates, Liz nettoie les plaies de cette dernière apparus sur ses pieds. Elles parlent d’enfants, du bébé de Liz et celle-ci déclare :
    LIZ  : Je crois que mon bébé a quelque chose qui ne va pas. Je le sens. J’ai des pertes et mon médecin me dit que je dois avoir la foi, j’essaye mais j’ai besoin d’un petit coup de pouce. Agatha, vous connaissez l’histoire dans la Bible de la femme qui saignait tout le temps ? Cette femme avait dépensé tous ses biens et avait passé 12 années de sa vie à essayer de guérir de ses hémorragies. Elle n’avait pas le droit de toucher qui que ce soit ou quoi que ce soit, car ce qu’elle avait touché était jugé impropre. Elle était rejetée par la société.
    AGATHA  : Comme moi.
    LIZ  : Mais un jour, Jésus Christ vint prêcher et la femme, soudainement, étendit le bras pour le toucher. Elle était une des seules dans la foule à croire en lui et ses saignements cessèrent tout d’un coup. Et Jésus lui a dit : “Vis une vie confortable, ta Foi t’a rendue unique”.
    AGATHA  : C’est une belle histoire.
    LIZ  : Ce n’est qu’une histoire, Agatha ?
    AGATHA  : Je raconte pas de bobards. Personne me croit.
    LIZ  : Je ressens la même chose que Jésus Christ. Et je ressens la même chose que cette femme qui a besoin d’un miracle. S’il-vous-plait. Je veux croire en vous. J’ai tellement besoin de croire en quelque chose.
    Liz a peur. Et parce qu’elle a peur, elle a besoin de croire que tout va bien se passer, que chaque chose à une raison d’être, qu’il existe une Force, un Dieu puissant et bienfaisant qui veille sur elle.
    Un peu plus tard, Liz retrouve Agatha. Cette dernière lui demande où en sont les saignements. Liz lui avoue qu’ils se sont arrêtés à l’instant où Agatha l’a touchée. L’anesthésiste apparaît confiante et rassurée sur l’avenir de son enfant. jusqu’à l’appel du Dr Adams.
    Liz est ensuite présentée chez sa gynécologue, en chemise d’hôpital. Elle est allongée en position gynécologique et elle subit ce que le téléspectateur découvre ensuite comme étant un avortement.
    Un peu plus tard, de retour à la clinique où elle travaille, Liz croise Christian dans la pharmacie.
    CHRISTIAN  : Il faut qu’on parle.
    LIZ  : A propos de quoi ?
    CHRISTIAN  : Que vous ne vouliez pas d’aide pendant votre grossesse, je comprends, mais une fois qu’on aura cet enfant, j’ai des droits ! Je veux le voir, je veux passer du temps avec lui. Vous ne pouvez pas me tenir à l’écart tout le temps, Liz. Ce n’est pas ce qui était prévu.
    LIZ  : On n’avait rien prévu. Que ce soit du point de vue légal ou autre. On aurait probablement dû, mais… On improvisait plus qu’autre chose.
    CHRISTIAN  : On improvisait ? Vous avez fait une fausse couche ?
    LIZ  : Pas une fausse couche.
    CHRISTIAN  : Vous vous êtes débarrassée de notre bébé et vous ne m’en avez pas parlé ?
    LIZ  : C’est mon corps, Christian. Et ça allait être mon fardeau ! Alors épargnez-moi le sermon. Je vous connais, les voitures, les femmes, les maisons, vous aimez que tout soit beau. Je ne pense que vous ayez été dévoué à un enfant qui aurait attiré tous les regards, non pas à cause de sa beauté, mais à cause de son handicap.
    CHRISTIAN  : J’aurais aimé cet enfant de toutes façons. Je vous aurais aidée. Ça n’aurait pas été facile tous les jours mais on s’en serait sortis !
    LIZ  : Je n’avais pas cette foi, Christian. Quand je regardais au plus profond de moi, je ne voyais que des doutes. Je ne pensais pas être capable de prendre soin d’un enfant quand moi-même, je me sens si mal dans ma peau. Mon instinct était la seule chose en quoi j’aie eu foi. Et je me suis dit que je pouvais pas le faire.
    CHRISTIAN  : Si vous ne vouliez pas d’un co-parent qui avait autant de droits que vous dans cette décision, pourquoi ne pas avoir choisi la solution de facilité et être allée dans une banque de sperme ?
    LIZ  : Je voulais l’assurance que mon enfant aurait au moins un de ses parents qui serait beau ! Ça facilite la vie, vous l’aviez pas remarqué ?
    CHRISTIAN  : C’est tout ce que j’étais pour vous, une belle gueule ? C’est tout ce que vous recherchiez en moi ?
    LIZ  : La beauté est une chose que j’ai toujours tellement désirée et que je n’ai jamais obtenue ! J’en ai honte ! Mais c’est vrai !
    Comment réagir face à un tel diagnostic, comment gérer le risque d’avoir un enfant handicapé, quelle décision prendre ? Autant de questions qui ont hanté de nombreuses personnes et de nombreux couples et qui existent de plus en plus de nos jours grâce aux avancées scientifiques. Comment appréhender l’inconnu, comment accepter d’avoir un enfant qui ne soit pas parfait, qui ne soit pas dans la norme en toute connaissance de cause ? Liz n’a pas pu alors que Christian réagit de manière totalement différente.
    Et même si Christian donne l’impression qu’il aurait assumé un enfant handicapé, Il est impossible de blâmer Liz. Son choix est un choix personnel. Avorter ou garder l’enfant, les deux choix comportent leur lot de risque et de souffrance. Les deux choix se justifient. Le téléspectateur se trouve là au cour d’un débat éthique.
    Au cours de cet échange, Liz souffre. Elle souffre terriblement et pour se protéger et peut-être aussi pour se venger, elle fait à son tour souffrir quelqu’un qui lui est proche, Christian en l’occurrence. Mais quelque part, elle est extrêmement honnête. Parce que ce n’est pas la première fois qu’elle déclare ne pas se trouver belle. Elle semble réellement avoir été blessée par le regard des autres lorsqu’elle était plus jeune.
    Nip/Tuck est une série qui ne se contente pas d’aborder un sujet à la fois mais les traite tous ensemble. Lorsque Liz décide d’être enceinte, ce n’est pas uniquement l’homoparentalité qui est abordée mais aussi la limite d’âge de la procréation, le culte du corps, la possibilité d’avoir un enfant handicapé et la manière d’aborder ce risque.
    Une trame multiple riche et intelligente pour un personnage hors du commun. Même si Liz n’est qu’un personnage secondaire, elle demeure l’une des lesbiennes à la télévision qui possède les histoires les plus intéressantes à l’heure qu’il est. En effet, Nip/Tuck est une série juste qui réserve le même traitement à tous ses protagonistes.
    Une série surprenante qui a repoussé les limites du visible à la télévision. Les trames sont riches, intéressantes, intelligentes et créatives. Nip/Tuck a même osé aller plus loin en faisant de Famke Janssen une transsexuelle et en permettant à un homme de se faire greffer deux implants mammaires. Oui, ils ont osé.
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