Katherine Mansfield

Katherine Mansfield

Biographie

Katherine Mansfield Beauchamp Murry , née le 14 Octobre 1888 et morte le 9 Janvier 1923 à Wellington, est une écrivaine et poétesse néo-zélandaise, plus connu sous le nom de Katherine Mansfield. Puisant son inspiration tout autant de ses expériences familiales que de ses nombreux voyages, elle contribua au renouvellement de la nouvelle avec ses récits basés sur l’observation.

Mansfiel est née dans une famille de haut rang social, son père fut d’abord banquier puis devint le président de la Bank of New Zealand. Sa famille déménagea à Karori en 1893, où elle passa ses années les plus heureuses et qui servira pour écrire Prelude.

Sa première nouvelle fut publiée dans le High School Reporter et le Wellington Girl’s High School magazine.

Elle emménagea à Londres en 1903 et fut inscrite au Queen’s College avec ses sœurs. Elle commença à participer au journal de l’école et finit par en devenir l’éditrice. Elle était particulièrement intéressée par Oscar Wilde. C’est à cette période qu’elle rencontra Ida Baker (aussi connu sous le nom de Lesley Moore), sud-africaine, avec qui elle se lia d’amitié.

Entre 1903 et 1906, elle voyagea pas mal en Europe, principalement en Belgique et en Allemagne. C’est en 1906 qu’elle revint en Nouvelle-Zélande,  où elle rencontre Edith Bendall, dont elle s’éprend, ce qui provoque un scandale à Wellington. Trois de ses nouvelles sont publiées dans une revue néo-zélandaise. Elle fut publiée dans le Native Companion qui fut son premier emploi rémunéré et c’est à ce moment-là qu’elle décida de devenir écrivain.

Grâce à l’aide de son amie Ida Constance Baker, Katherine retourne en Angleterre en juillet 1908 avec l’assurance d’une pension annuelle de 100 £ que son père s’engage à lui verser, ce qui lui permet de se consacrer uniquement à l’écriture. Elle part ensuite pour la Bavière, où elle rencontre Floryan Sobienowsky, qui lui fait découvrir l’œuvre de Tchekhov, dont elle s’inspirera par la suite.

En 1910, elle retourne à Londres, où ses nouvelles sont publiées dans le magazine The New Age. Le recueil de nouvelles inspiré de son séjour en Allemagne, In a German Pension, est publié en 1911. Bien que découragée par le manque de succès rencontré, Mansfield envoya une courte histoire au magazine d’avant-garde de l’époque Rythm, dirigé par John Middleton Murry (qu’elle épousera en 1918) et qui la refusera, demandant quelque chose de plus sombre. En retour elle écrivit The Woman at the Store, une histoire  mêlant de meurtre et de maladie mentale.

En janvier 1914, John Middleton Murry et Katherine Mansfield partirent pour Paris, espérant que le changement de cadre lui donne de l’inspiration. La seule histoire écrite fut Something Childish But Very Natural.

En 1915 elle perdit son frère, ce qui l’affecta beaucoup. Mais ce fut aussi entre la fin de 1915 et le début de 1916 qu’elle se mit à beaucoup produire d’écrits. Elle élargit le cercle de ses connaissances notamment en faisant la rencontre de Virginia Woolf (avec qui elle est souvent comparée), T.S. Eliot ou encore Bertrand Russell.

En 1917, elle écrivit de nombreux romans tels que Mr Reginald Peacock’s Day et Dill Pickle, tous deux publiés dans The New Age. C’est à ce moment que fut également écrit Prelude, une histoire centrée sur une famille néo-zélandaise revenant dans leur pays. Même si à l’époque il ne rencontra pas un grand succès, c’est un de ses livres les plus célébrés.

En 1918, elle apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose et décide de rejoindre le climat plus clément de Bandol en France. Elle épouse alors John Middleton Murry. Après un court séjour en Angleterre, elle part pour l’Italie, puis pour Menton. Elle va écrire Je ne parle pas le français.

Le recueil Bliss est publié en 1920. Mansfield part pour Montana en Suisse l’année suivante. The Garden Party et The Doll’s House sont publiés en 1922. Elle écrit sa dernière nouvelle, The Canary, en juillet 1922.

Le 9 Janvier 1923, elle meurt des suites de sa tuberculose à l’institut Gurdjieff situé au Prieuré d’Avon près de Fontainebleau. Elle est enterrée à Avon (en Seine-et-Marne). Deux recueils de nouvelles sont publiés après sa mort, The Dove’s Nest et Something Childish, ainsi que ses lettres et journaux.

Histoire d'un Coming-Out

On ne sait pas grand-chose en ce qui concerne l’homosexualité ou non de cette écrivain, le sujet étant tabou à l’époque à laquelle elle a vécu, donc non exprimé ouvertement. Néanmoins un très bon article a été écrit par Alison Laurie, écrivain, historienne et une activiste gay et qui a travaillé à l’université de Wellington en tant que directrice du Gender and Women’s Studies Programme. Elle a lu et étudié les écrits de Katherine Mansfield et pour elle, comme pour d’autres auteurs, il semblerait que l’écrivain ait entretenu des relations très fortes, amicales ou non ce n’est pas dit clairement, avec deux femmes rencontrées dans sa vie : Maata Mahupuku et Edith Kathleen Bendall.

En ce qui concerne la première, Maat, une femme maori rencontré à Wellington, on retrouve écrit dans son journal en 1907 « Je veux Maata- je la veux comme je l’ai eu », terriblement. C’est impur mais c’est vrai… ». Un des passages les plus intéressants est une histoire que Mansfield a écrite, plaçant un des personnage de son histoire au Thistle Hotel « Je ne peux pas oublier le Thistle Hotel. Je ne peux oublier cette étrange nuit d’hiver…. Ma chambre était à l’opposée de la sienne. Elle a demandé – est-ce que je pouvais lacer son corsage de nuit, il y avait des crochets dans le dos – me dit-elle. Très bien… Elle me dit, alors que nous marchions dans le couloir en direction de sa chambre, qu’elle était contente que la nuit soit arrivée. Je n’ai pas demandé pourquoi. J’étais contente aussi… C’était comme un secret entre nous. Je rentrais dans sa chambre avec elle afin de défaire ces crochets qui l’embêtaient….  Comme un enfant fatigué, elle enleva sa robe et là, soudainement, elle se tourna vers moi et jeta ses bras autour de mon cou…. » La relation ne dura pas, soit parce que le père de Katherine n’approuvait pas cette « amitié » trop forte, soit parce que Maata était maori, le racisme étant encore présent à l’époque.

Quant à la 2ème, Edith Bendall, en juin 1907, Mansfiel décrit un épisode qui s’est passé au cottage Beauchamps, à Day’s Bay, cottage qui est au centre de l’histoire At the Bay. Elle écrit « Je ressens de manière plus puissante toutes ces soi-disants pulsions sexuelles avec elle, bien plus qu’avec aucun homme. Je sens qu’avec ma tête reposant sur ses seins, je ressens ce que la vie peut contenir. Appuyée contre elle, serrant ses mains, son visage contre le mien, je suis un enfant, une femme. Nous restons couchées en silence l’une contre l’autre. Elle, de temps à autre, me serrant contre elle, m’embrassant, ma tête sur ses seins, ses mains autour de mon corps me caressant avec amour – quelle expérience !… Suis-je sensible plus que d’autres aux pulsions ? Je dois l’être, je suppose, mais je me réjouis dès que je la vois. Je veux qu’elle mette ses bras autour de moi et me tienne contre elle. Je pense qu’elle le veut aussi, mais elle a peur et les coutumes l’en empêchent. On devrait partir encore».

Bibliographie

Collections

In a German Pension (1911)
The Garden Party and Other Stories (1922)
The Dove’s Nest and Other Stories (1923)
Bliss and Other Stories (1923)
The Montana Stories (1923)
Poems (1923)
Something Childish (1924)
The Journal of Katherine Mansfield (1927, 1954),
The Letters of Katherine Mansfield (2 vols., 1928–29)
The Aloe (1930)
Novels and Novelists (1930)
The Short Stories of Katherine Mansfield (1937)
The Scrapbook of Katherine Mansfield (1939)
The Collected Stories of Katherine Mansfield (1945, 1974)
Letters to John Middleton-Murry 1913-1922 (1951)
The Urewera Notebook (1978)
The Critical Writings of Katherine Mansfield (1987)
The Collected Letters of Katherine Mansfield (4 vols., 1984–96)
The Katherine Mansfield Notebooks (2 vols., 1997)

Nouvelles

The Woman at the Store (1912)
How Pearl Button was Kidnapped (1912)
Millie (1913)
Something Childish But Very Natural (1914)
The Little Governess (1915)
Pictures (1917)
Feuilles d’Album (1917)
A Dill Pickle (1917)
Je ne parle pas français (1917)
Prelude (1918)
An Indiscreet Journey (1920)
Bliss (1920)
Miss Brill (1920)
Psychology (1920)
Sun and Moon (1920)
The Wind Blows (1920)
Mr Reginald Peacock’s Day (1920)
Marriage à la Mode (1921)
The Voyage (1921)
Her First Ball (1921)
Mr and Mrs Dove (1921)
Life of Ma Parker (1921)
The Daughters of the Late Colonel (1921)
The Stranger (1921)
The Man without a Temperament (1921)
At the Bay (1922)
The Fly (1922)
The Garden Party (1922)
A Cup of Tea (1922)
The Doll’s House (1922)
A Married Man’s Story (1923)
The Canary (1923)

A propos de Jessica Yarck

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Chroniqueuse Chargée de la Section Personnalités

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