Interview accordée à J. Halterman le 10 janvier 2011 pour le site Afterellen.com
« Je n’ai pas porté de soutien-gorge pendant trois mois » déclare l’actrice Marisa Ramirez en abordant qu’une des facettes de son rôle à venir dans la série en six parties Spartacus : les Dieux de l’Arène, diffusée sur Starz. Et quel rôle (avec ou sans soutien-gorge) puisque dans le préquel largement médiatisé de Spartacus : du Sang et du Sable elle joue l’«esclave» de nulle autre que Lucretia, alias Lucy Lawless.
Après avoir tourné trois mois en Nouvelle Zélande, l’actrice qui vit à Los Angeles (et qui a joué une lesbienne dans la série Mental sur Fox en 2009) a raconté à AfterEllen toute la complexité d’être une esclave, le défi de porter des vêtements minuscules, comment parfois, elle ne pouvait s’empêcher de contempler la magnifique Lucy Lawless, et son opinion sur la façon dont Hollywood gère la représentation homosexuelle de nos jours.
Quand nous avions discuté juste avant le début du tournage, vous n’aviez pas été très précise concernant votre personnage, excepté que vous étiez l’esclave de Lucy Lawless. Que pouvez-vous me dire maintenant que le tournage est terminé ?
Je joue Melitta, qui est l’esclave de Lucretia, donc en fait, je suis son assistante. Je suis toujours à ses côtés, je lui apporte toujours ce dont elle a besoin, je lui rends service, je l’habille, je la déshabille. Cela doit faire très longtemps que je suis sous ses ordres parce qu’on a l’air d’avoir un lien et une meilleure relation que celle qu’elle a avec d’autres esclaves. J’ai aussi un mari. Peter Mensah, qui joue Oenomaus, et à qui j’ai été offerte. Il a grandi avec Batiatus, le personnage de John Hannah, donc ça fait très longtemps qu’il appartient à cette maison. Et il a sûrement dû se démarquer pour recevoir une femme en cadeau ! Je crois que beaucoup d’autres esclaves n’ont pas l’air d’avoir de relations amoureuses ou de compagnons, mais Melitta est très chanceuse d’avoir un partenaire et savoir qu’Oenomaus est là pour elle fait d’elle une femme plus forte.
Quand vous dites “esclave”, concrètement vous devez satisfaire les moindres désirs de Lucretia sans poser de questions ? C’est plutôt sexy !
Exactement. Une esclave ne peut jamais se permettre de dire : « Non, je ne veux pas faire ça. Ça me met mal à l’aise. » Un esclave doit obéir, quel que soit l’ordre donné, car il risque la mort s’il va à l’encontre de son maître. En tant qu’esclave, on garde toujours la mort à l’esprit en cas de désobéissance donc on exécute toujours ce qui est ordonné.
Et comment était-ce de travailler avec la merveilleuse Lucy Lawless ?
Je crois que Lucy est l’une des femmes les plus classes que j’ai jamais rencontrées. J’appréciais de la regarder non seulement jouer mais aussi se comporter avec les figurants, l’équipe technique et les autres acteurs. Elle est tellement gracieuse et humble et si belle. C’était vraiment un honneur pour moi de travailler à ses côtés et j’ai l’impression d’avoir appris beaucoup à son contact. C’est vraiment une belle personne et je pense qu’elle irradie d’une lumière intérieure et c’est quelque chose que tout le monde autour d’elle remarque. L’équipe l’adore totalement ! Elle est du genre à apparaître avec le plus gros plateau de chocolats que vous ayez jamais vu et à passer parmi les gens pour leur en offrir. Quelle actrice fait ça ? C’est tellement gentil ! Elle a vraiment les pieds sur terre et elle est tellement fière d’où elle vient et de comment elle est arrivée jusqu’ici. C’est fantastique de la côtoyer !
Qu’avez-vous appris d’autre avec elle ?
Vous savez, j’étais très loin de chez moi donc c’était appréciable d’avoir quelqu’un à qui me confier pour lui dire, par exemple : « Je ne suis pas sûre d’être très à l’aise avec ça. » et elle faisait en sorte que tout se passe bien. Elle m’a fait me sentir beaucoup plus à l’aise avec ce que je faisais là et ce que mon personnage faisait. Elle me rappelait la relation entre Lucretia et Melitta. Ça a fait toute la différence qu’elle fasse ça et de savoir qu’elle était là si j’en avais besoin.
Vous l’habillez, vous la déshabillez… Ça a l’air très intime. Jusqu’où est allée cette intimité ?
Pas avec moi, malheureusement ! C’était plutôt dans la saison 1, avec le personnage de Lesley-Ann Brandt [Naevia, l’esclave de Lucretia dans Spartacus : du Sang et du Sable] ; elles étaient très intimes. On n’était pas si intimes, mais ce genre de choses avait lieu un peu partout aux alentours!
Auriez-vous été partante pour une relation plus physique entre Lucy et vous ?
Oh, bien sûr ! Je pense que c’est plus difficile d’être intime avec des hommes avec lesquels je travaille pour la première fois. Je pense qu’avec une autre femme, ce serait plus facile à jouer. J’aurais été complètement open pour ça.
Et Lucy est tellement sexy !
Et je pense que c’était un autre élément. Je n’arrêtais pas de la fixer en me demandant comment elle faisait pour rester si incroyablement parfaite. Sa peau et tout le reste … c’est dingue ! On dirait de la porcelaine.
En quoi consistait votre garde-robe, si toutefois vous en aviez une ?
En fait, c’est un des rideaux, je pense ! C’est le même tissu que pour les rideaux dans la chambre de Badeaudus et Lucretia ! C’est juste un morceau de tissu découpé et drapé autour de moi et qui tient avec une ceinture de cuir. C’est vraiment très petit et très froid et je n’ai pas porté de soutien-gorge pendant trois mois ! C’était intéressant. J’étais marquée comme une esclave, chaque jour, d’une phrase qui descendait tout le long de mon mollet et qui disait : “au service de Batiatus.”
Je me souviens de mes essayages juste après ma descente d’avion, j’étais allée directement au travail. Barbara, l’habilleuse chef-styliste met ce tissu autour de moi, elle le noue et ensuite elle commence à le couper et à l’ajuster, le recouper et l’ajuster jusqu’à ce qu’il n’en reste presque rien et que tout soit en train de pendouiller. Elle recule d’un pas et dit : « Parfait ! » et je réponds : « Um, ok. J’arrête de manger pendant les trois prochains mois ! »
Vous avez incarné une lesbienne en 2009 dans la série Mental sur la Fox et même si cette intrigue n’a pas eu vraiment une chance de décoller, cette expérience a-t-elle changé votre opinion sur la représentation homosexuelle à la télé et dans les films, par rapport à avant ?
Jouer Chloe dans Mental a effectivement un peu changé mon opinion sur la représentation homosexuelle. J’ai eu l’impression que mon personnage devait toujours balancer qu’elle était lesbienne. Je pense que ça a beaucoup été fait [et] le public n’a pas l’occasion de le découvrir par lui-même parce qu’il faut qu’on rende ça tellement évident pour lui. Ce n’est pas la même chose dans Spartacus parce que c’était différent en ce temps-là. C’est ce que j’ai aimé dans Spartacus. Ça ne donne pas l’impression qu’on essaie de façon exagérée d’avoir des personnages gay. C’est juste qu’il y en a, et que c’est sympa à regarder. C’est presque comme si on était revenu en arrière dans ce qui est accepté.
Personnellement, quelle est votre opinion sur la façon dont Hollywood aborde la représentation homosexuelle ? Nous avons des séries qui s’en sortent bien comme Modern Family et même Spartacus, mais pourtant les homos ne peuvent toujours pas se marier en Californie et dans de nombreux États…
Je pense qu’Hollywood fait du bon boulot avec la représentation homosexuelle. Je ne regarde pas beaucoup la télé, donc je ne pourrais pas vraiment vous dire quels programmes sortent vraiment du lot. Je pense vraiment que le reste du pays rattrape son retard en matière de tolérance. Ça reste encore étrange et dégoutant pour moi que les homos ne puissent pas se marier ici, [en Californie]. Ça n’a aucun sens.
Les personnes haut placées ont juste besoin de dénigrer quelque chose pour se sentir importantes. C’est regrettable. Je pense que ça va juste prendre du temps, comme il en fallu pour que les femmes obtiennent le droit de vote, ou pour que les couples mixtes soient acceptés… C’est tellement injuste de refuser ce droit. Si c’est légal de porter une arme dans certains États, ça ne devrait pas poser problème qu’un couple gay exprime son amour et son engagement mutuel en se mariant.
Spartacus : les Dieux de l’Arène est diffusé à partir du 21 janvier sur la chaîne STARZ.
Interview Originale sur le site Afterellen.com
Traduction Magali Pumpkin
Univers-L Toute la Culture Lesbienne

