The Forgotten (Les Oubliées)

Un court-métrage sur l'Histoire des lesbiennes...

Affiche : The Forgotten (Les Oubliées)

Année de Production : 2013

Date de Sortie : 2014

Réalisation : Line Beaumier

Scénario : Line Beaumier

Avec : Christine Bélanger (Christine), Ana Paule Mota (Ana), Grégoire Cloutier (Fabien), Sophie Lapointe (Marie), Charles-Alexis Agostino (Henri)

Nationalité : Canadienne

Genre : Court-Métrage, Drame

Durée : 16 : 00 minutes

Titre Original : The Forgotten

The Forgotten (Les Oubliées) : Résumé

De bon matin, Christine et Ana discutent des recherches réalisées par la première sur les lesbiennes du passé. Elle fait le point sur l’invisibilité à laquelle elle s’est heurtée et les difficultés qu’elle a rencontrées.

En parallèle s’écrit l’histoire de Marie et Fabien. Tous les deux mariés et parents d’un petit garçon, ils se disputent après la découverte de la liaison de Marie avec une femme…

De bon matin, Christine et Ana discutent des recherches réalisées par la première sur les lesbiennes du passé. Elle fait le point sur l'invisibilité à laquelle elle s'est heurtée et les difficultés qu'elle a rencontrées. En parallèle s'écrit l'histoire de Marie et Fabien. Tous les deux mariés et parents d'un petit garçon, ils se disputent après la découverte de la liaison de Marie avec une femme...

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Moyen. Bof.

Note des lectrices : 0.65 ( 2 votes)
49

Les Oubliées est un court-métrage qui part d’une très bonne intention. Et comme toutes les œuvres de ce genre, j’ai toujours énormément de mal à en dire du mal. D’autant plus qu’ici, l’idée est intéressante car l’objectif principal était de parler de la mémoire homosexuelle et plus précisément lesbienne. Comme l’a expliqué la scénariste et réalisatrice, Line Beaumier : « J’ai voulu raconter l’histoire de deux femmes, une hétéro mariée et l’autre lesbienne en 1940, cette période se déroule ici au Québec. À cette époque, il était impossible de s’affirmer en tant que lesbienne. Un climat de peur était instauré, la violence conjugale était omniprésente, la religion et la pression sociale étaient très fortes. Même s’il y a peu de traces de ces femmes, pourtant elles existaient. Ce sont les années où la deuxième guerre mondiale faisait rage de l’autre côté de l’Atlantique, les homosexuels, lesbiennes étaient déportés par train. Les lesbiennes portaient le triangle noir, les hommes le triangle rose tandis qu’ici des femmes et des hommes vivaient dans l’ombre d’une vraie vie. Les années 2013 sont plus représentatives de ce que nous vivons en ce moment ici et ailleurs. »

Malheureusement malgré tous les bons sentiments du monde, la mayonnaise ne prend pas. On ne s’attache pas aux personnages de 2013, en même temps, ils ne servent que de support pour raconter l’histoire qui se déroule dans les années 40. Et on ne s’attache pas vraiment non plus aux personnages des années 40, la principale scène étant une dispute à table entre le mari et la femme, ce dernier menant toute la conversation.

À trop exacerber le côté dramatique, l’auteure tombe dans le pathos. Même si nous ne parlons pas du même budget, Electrocho était à ce titre bien plus réussi sur les pressions exercées sur les femmes, l’omniprésence de la religion à cette époque et les « traitements » pratiqués pour lutter contre ces « désirs pervers ».

Et pourtant, j’ai appris beaucoup de choses. La première étant que les femmes homosexuelles n’étaient pas assimilées aux hommes durant la Seconde Guerre Mondiale. Pas de triangle rose pour elles mais un triangle noir qui les plaçait avec les alcooliques, les prostituées et les malades mentaux. Un fait que j’ignorais et que je suis heureuse d’avoir appris. Et paradoxalement c’est aussi ce que je regrette le plus, l’absence d’explications plus poussées. L’auteure a visiblement fait de nombreuses recherches mais n’a pas su les exploiter et les présenter de manière intéressante et captivante. C’est réellement dommage.

Mon plus gros regret reste définitivement qu’au lieu de s’attacher à traiter de la double discrimination femme homosexuelle, l’auteure s’est perdue. Quel est le rapport avec les violences faites aux LGBT en France ? Des crimes homophobes il y en a partout à travers le monde. Pareil sur cette femme qui s’est prise une balle dans la tête au Texas. Il aurait été nécessaire de préciser qu’elle avait été agressée alors qu’elle était en compagnie de sa petite amie par un membre de sa famille qui n’acceptait pas son homosexualité. Tout le monde ne se souvient pas de l’histoire. Idem pour les viols en Afrique du Sud.

En donnant trop d’informations généralistes sans donner de précisions ce court-métrage rate son sujet et son objectif. Dommage.

The Forgotten (Les Oubliées) : Extraits

« Durant la Seconde Guerre Mondiale, le triangle noir regroupait divers sous-groupes dont les alcooliques, les drogués, certains malades mentaux, les prostituées et les femmes qui employaient des contraceptifs.

Le triangle noir est également évoqué dans la problématique mémorielle de la persécution de l’homosexualité féminine. »

 

« Henny Scherman

Au début de l’année 1940, Henny fut arrêtée à Francfort et déportée dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. Derrière la photo où on la voit prisonnière, il était écrit : « Jenny (sic) Sara Schermann, née le 19 février 1912 à Francfort sur le Main, Vendeuse célibataire à Francfort sur le Main. Lesbienne licencieuse, ne fréquente que les bars [homosexuels].

En 1942, Henny fut gazée dans le centre d’exécution de Bernbourg. »

 

« Eudy Simelane

Assassinée le 28 avril 2008, elle était footballeuse sud-africaine, membre de l’équipe nationale, et militante pour les droits des personnes LGBT.

Elle a subi un viol collectif et a été poignardée à ving-cinq reprises au visage, à la poitrine et aux jambes. À ce jour, le viol correctif est toujours pratiqué en Afrique du Sud pour guérir les lesbiennes. »

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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