The Kiss

Une virée nocturne qui tourne au drame

Affiche : The Kiss

Année de Production : 2010

Date de Sortie : 01 Août 2010

Réalisation : Ashlee Page

Scénario : Ashlee Page, Peter Goldsworthy

Avec : Nicole Gulasekharam (Aimee), Briony Kent (Steph)

Nationalité : Australienne

Genre : Court-Métrage, Drame

Durée : 16 : 00 minutes

Titre Original : The Kiss

The Kiss : Résumé

Au sortir d’une soirée bien arrosée, deux adolescentes décident de s’offrir un bain de minuit. Un acte bien innocent qui aura pourtant des conséquences tragiques…

Au sortir d’une soirée bien arrosée, deux adolescentes décident de s’offrir un bain de minuit. Un acte bien innocent qui aura pourtant des conséquences tragiques…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Très réussi. A voir.

Note des lectrices : Soyez la première !
65

Ça commence comme un petit film d’ados : deux jeunes filles, probablement lycéennes, qui rentrent d’une fête bien alcoolisée, de nuit, à vélo et dans les bois. À première vue, ça rappellerait même une certaine scène de Skins. Les héroïnes sont toutes mignonnes et insouciantes dans ce décor féérique qui n’a rien à envier à celui du Petit Chaperon rouge. Puis, quand elles font halte pour une pause pipi, on se dit que l’histoire peut prendre deux tournures : soit elles nous sortent le grand jeu et on aura droit avec un peu de chance à une jolie scène de baiser volé, soit un affreux psychopathe va sortir de derrière un arbre centenaire. Ce ne sera finalement ni l’un ni l’autre, mais le dénouement s’avèrera tout aussi funeste.

En effet, poussées par une météo caniculaire, les deux jeunes filles décident de se rafraîchir dans une immense citerne d’eau qui sert de réserve en cas d’incendie. Le ciel est clair, pas âme qui vive à l’horizon, autant dire que nos sirènes improvisées n’hésitent pas longtemps avant de plonger ! Barbotant, nageant en rond, s’éclaboussant, ce ballet aquatique qui donne l’impression que le temps est suspendu sera l’occasion de quelques confidences. Car alors que nos héroïnes s’étaient sensiblement rapprochées, Steph, la blonde, en profite pour divulguer à Aimee, la brune, qu’elle a enfin perdu sa virginité le soir-même avec Tom. Et si cette déclaration abrupte et inattendue jette un “pavé dans la mare”, la révélation qui fera basculer le cours des événements est toute autre…

À cet instant, plusieurs questions nous viennent à l’esprit. Quels liens unissent les deux protagonistes ? Amitié, amour refoulé, rivalité, admiration ? Sûrement un peu de tout cela mélangé, comme c’est souvent le cas à cet âge où chacun est en quête d’identité. Sont-elles coutumières de ces petits bains nocturnes ? Car si les jeunes filles semblent familières des lieux (peut-être est-ce un rituel après chaque fête), ce soir-là un détail auquel elles n’avaient pas prêté attention va s’avérer fatal. S’annonce dès lors un contre la montre, une lutte sans merci pour la survie, dont le pronostic est tout sauf prévisible…

J’ai eu le privilège de voir The Kiss lors du 23ème festival de Cineffable et je dois dire qu’il m’a impressionnée tant tout en lui respire la maîtrise et frôle la perfection. La réalisation de la jeune Ashlee Page (dont c’est le premier court-métrage en tant que scénariste et réalisatrice) est sans faille, ménageant l’effet de surprise et basculant en un quart de seconde de l’insouciance à l’angoisse. Les personnages sont attachants et crédibles et il est assurément impossible de rester de marbre tant leur détresse est communicative. De même, moi qui ne suis pourtant pas fan des huis clos, j’ai cependant admiré la façon dont la réalisatrice met en scène le drame dont nous sommes les témoins : le contraste entre les cris des jeunes filles face au silence assourdissant de la forêt, le phare du vélo qui finit par s’éteindre, symbolique de la vie qui pourrait bien les quitter prématurément…

Quant à la dureté qui se dégage de cette œuvre – car il s’agit tout de même d’une lutte contre la mort -, j’ai apprécié qu’elle soit toujours justifiée et magnifiquement traduite au travers d’une violence plus morale que visuelle.

En conclusion, certaines pourront regretter que la thématique lesbienne soit aussi ténue, mais pour ma part, je ne peux que vous recommander ce court-métrage à la virtuosité implacable et dont vous ne ressortirez assurément pas indemnes.

The Kiss : Critiques Presse et Récompenses

Meilleur Court-Métrage de Fiction 2010 aux American Film Institute Awards.

The Kiss : Extraits

STEPH : (…) Ben justement, Tom et moi, on l’a fait ce soir.
AIMEE : T’es sérieuse ?
STEPH : Ouais ! Quoiqu’il arrive, je ne mourrai pas comme une vieille vierge desséchée… (Rires)

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